19 avril 2011 27

La zone euro s’éclate ! (suite)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe

La situation s’est considérablement dégradée hier lundi 18 avril surtout pour la Grèce et le Portugal qui sont complètement hors normes car la monnaie qui circule dans ces pays est beaucoup trop forte par rapport à leur productivité globale comme le montre l’écart en pourcentage des rendements des bons à 10 ans de leur Trésor par rapport au Bund qui est la référence dans la zone euro,
Graphique 1 :

(cliquer sur les graphiques pour les agrandir)

Le maintien de ces deux pays dans la zone euro n’est dû qu’à l’acharnement des hommes politiques à sauver les apparences pendant encore quelque temps, avant la chute finale et leur sortie de l’euro système (les rendements des bons à 10 ans des Trésors des pays de la zone euro constituent des ersatz de monnaies nationales dont les cours fluctuent librement).
La courbe des taux est inversée (dans ces pays) avec des rendements des 2 ans à 5 ans (à 20 % pour la Grèce !) supérieurs à ceux du 10 ans, ce qui prédit toujours une chute du PIB.

Les prêts accordés à ces pays (des centaines de milliards d’euros) ne servent qu’à retarder et aggraver les échéances inéluctables. D’après des gens de Standard & Poor’s, la restructuration de ces dettes conduirait à un abandon de créances de l’ordre de 15 à 70 % (supporté par les contribuables des pays prêteurs !).

La dévaluation potentielle de l’ersatz de monnaie qui circule en Espagne par rapport au deutschemark rejoint ses tendances normales dans les 80 % après une tentative de la communauté financière et politique euro zonarde de retarder les échéances en diminuant artificiellement ces écarts depuis ces 3 derniers mois,
Graphique 2 :


Il en est de même pour la dévaluation potentielle de la lire italienne par rapport au deutschemark qui rejoint ses tendances lourdes dans les 60 %
Graphique 3 :


… ainsi que la dévaluation potentielle du franc français par rapport au deutschemark qui est dans les 15 %,
Graphique 4 :


Les chiffres donnés par les marchés sont beaucoup plus éloquents que toutes les déclarations trompeuses des hommes politiques reprises par tous les journaleux et bonimenteurs.

Les big banks européennes (et en particulier les Gos banques françaises qui vont devoir enregistrer de grosses pertes, leurs cours plongent dans cette perspective) font croire à tout le monde que l’Amérique est au bord du gouffre alors que c’est l’euro système qui est en train de sombrer.
Le plus étonnant est que ça marche !

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27 réponses à “La zone euro s’éclate ! (suite)”

  1. Isque dit :

    Posons l’hypothèse suivante: les meilleurs éleves de la zone euro la quittent et retrouvent leur monnaie nationale. Concentrons nous sur l’Allemagne. Libérée des boulets, elle verrait le deutschemark s’envoler non seulement par rapport a l’ensemble des principales monnaies (qui seront des monnaies faibles: le dollar le yuan et l’euro), ce qui forcément dégradera son commerce extérieur. Vu l’attachement des allemand a une monnaie forte, il est fort peu probable qu’un gouvernement puisse dévaluer.
    Donc politiquement, il est plus intéressant de rester dans la zone euro que d’avoir a faire face a une dégradation des échanges.Si l’on analyse la situation a court et moyen terme, elle est favorable a l’Allemagne car elle permet un renforcement de son appareil industriel au détriment des autres pays. A ce titre, on peut se demander si l’Allemagne ne freeride pas (les économistes comprendront ) sur les errements des pays du sud.
    Pour résumer, l’un des effets pervers de l’euro est la désindustrialisation de la France et le renforcement de l’appareil industriel allemand. L’euro engendre des couts pour l’Allemagne mais la met aussi dans une situation de rente car cela lui permet d’avoir une monnaie sous évaluée.
    nb1: comme l’a dit un commentateur le fond tout blanc est agressif.
    nb 2: les balises de style sont elles activées dans les commentaires?

    • jp-chevallier dit :

      L’hypothèse de la sortie de l’€ système par l’Allemagne est peu plausible : il est préférable qu’elle y reste et que les PIGS+F en sortent.
      En restant dans un € fort, les excédents de l’Allemagne baisseront mais leur pouvoir d’achat vis-à-vis de l’étranger augmentera, les Allemands y auront tout à y gagner !
      En restant dans le système actuel, les Allemands se font subtiliser leurs excédents ! Ils auraient intérêt à en sortir !
      + : le fond blanc n’est pas agressif, mais très… propre ! et il est possible qu’il n’y ait pas de balises de style pour les commentaires.

  2. fanfan dit :

    Aimant bien mettre les avis en opposition, que pensez vous de cette lecture ?

    http://www.swissinfo.ch/fre/Economie/Reconstruir_le_secteur_financiere/La_crise_et_ses_suites/Le_dollar_va_mourir,_vive_l_euro_!.html?cid=30005786&rss=true

  3. Nam dit :

    Monsieur Chevallier, pourriez-vous nous indiquer si vous voyez un rapport entre le fait qu’il ait des desordres monetaires en zone euro, et le fait que le spread US 2Y/10Y ne redescende pas ??

    Si oui, lequel?

  4. GIL dit :

    Monsieur Chevalier ,selon vous la situation est meilleure aux USA ,mais que dire d’un pays ou la banque centrale (la Fed) achète la dette émise par le Trésor du même pays ?

  5. GoodbyLenine dit :

    Ne serait-il pas possible que la BCE ou un fond conçu dans ce but rachète… les obligations de la Grèce, l’Irlande, le Portugal sur le marché (à 80% ou 70%, ou 60% de leur valeur nominale, ce qui doit être leur cours avec des rendements si élevés) ?

    Ceci couterait-il plus cher ou moins cher (et à qui ?) que de laisser un de ces pays faire défaut ?

    • jp-chevallier dit :

      La BCE ne veut surtout pas le faire vu les pertes que ça donnerait !!! (ils ne sont quand même pas fous à ce point !).
      Le fonds de secours est prévu pour ça et comme je l’ai écrit, ce sont les contribuables qui en feront les frais, mais Sarko & Co. s’en footent !

  6. mike dit :

    Je vous cite:
    D’après des gens de Standard & Poor’s, la restructuration de ces dettes conduirait à un abandon de créances de l’ordre de 15 à 70 % (SUPPORTE PAR LES PAYS PRETEURS !)

    C’est énorme!!
    L’histrion and co vont laisser faire ça?? Et le FMI??
    De toute façon il s’y s’ont mis, et n’ont pas le choix, à moin de restructurer sur 100ans,
    restructuration, quel beau mots pour remplacer le défaut de paiement…

    Enfin bon, tant qu’a être ruiné, j’espère que l’on va avoir l’acropole en contrepartie,une ruine qui vaut! ;-)

  7. Gil dit :

    Bonjour,

    A l’inverse de vous, Christian Saint-Etienne pense que l’Allemagne sortira en premier http://www.youtube.com/watch?v=W1fI_tOHnfM (22:26)

  8. Gil dit :

    Un éclatement par le bas serait fatale aux PIGS qui verraient leurs dettes réévaluées dans des proportions folles une fois convertis dans les nouvelles (anciennes) monnaies.

  9. BA dit :

    - Emprunt à 3 mois :

    Quand l’Allemagne lance un emprunt à 3 mois, elle paye un taux d’intérêt de 0,830 %.

    Quand la France lance un emprunt à 3 mois, elle paye un taux d’intérêt de 0,872 %.

    Et la Grèce ?

    Mardi 19 avril 2011, la Grèce a lancé un emprunt à 3 mois : la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de 4,10 %.

    Les taux sont en hausse : c’était 3,85 % lors de la précédente émission en février 2011.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/04/19/97002-20110419FILWWW00398-la-grece-emprunte-1625-mds-a-3-mois.php

  10. GoodbyLenine dit :

    Entre ceux qui prédisent la fin prochaine de la zone €uro, et ceux qui prévoient la fin prochaine de l’US$ comme monnaie de référence, et qui ont tous de solides arguments, qui croire ?

    Enfin, en fait, la bonne question n’est pas vraiment « qui croire », mais plutôt « où placer son argent », celui qu’on a eu tant de mal à accumuler, et qu’on souhaite protéger au mieux ?

    Faut-il acheter de l’Or (assez improductif…) ou des devises qui pourraient être plus stables (CHF, AU$, CAD ?)

    • jp-chevallier dit :

      Le problème n’est pas de croire quelqu’un ou quelque chose, mais d’observer correctement les données et d’en tirer les bonnes conclusions !
      … et effectivement, plus que jamais, il faut prendre les bonnes décisions pour placer son capital pour l’optimiser, d’où mes analyses et leurs conclusions : investir dans des titres cotés aux US ayant un fort potentiel de hausse et créant de la valeur pour leurs actionnaires…
      Tout est simple…</strong>

  11. pepe dit :

    Content de voir ce nouveau site, par contre je serai tres heureux si vous pouviez modifier les couleurs, ca fait trop blanc sur blanc sur eciture gris très clair voir gris blanc. Très dur de lire ou de naviguer ainsi.
    Le reste est top sinon !

  12. Nono Ladette dit :

    Bonjour, pour profiter de la hausse a venir du deutsche mark contre le franc francais, ne devrait on pas acheter des actifs en Allemagne ? Immobilier (en plus cest un des rares pays a avoir echappe a la bulle des annees 2000) ou actions. Dans le cas des actions, doit on les detenir sur un compte titres dune banque allemande ou peut on les detenir via une banque francaise ?
    Merci

    • jp-chevallier dit :

      Oui, c’est une possibilité. Les Grecs l’ont bien compris : ils ont déjà tranféré 40 milliards € hors de leur pays, certainement en Allemagne.
      Autre possibilité : investir en actions cotées en Allemagne via une bk française, ce qui est un bon plan tant que cette bk ne fait pas faillite !
      D’après DS Oui Kahn, l’Etat sera amené à sauver les bk dans ce cas, c’est donc rassurant !!!

  13. Alain dit :

    Bonjour Monsieur Chevallier,

    Pourquoi s’affoler le Crédit à Bricoles va très bien ? La preuve,

    un article très rassurant sur Capital:

    « Le 20/04/2011 à 08:45

    CREDIT AGRICOLE écarte toute augmentation de capital

    (AOF) – Crédit Agricole a affirmé une nouvelle fois qu’il ne comptait pas procéder à une augmentation de capital. Dans un entretien publié par La Tribune, Jean-Marie Sander, le président de la banque française, a déclaré que la banque pourrait satisfaire aux nouveaux tests de résistance et se conformer aux nouvelles règles bancaires sans avoir besoin de faire appel au marché. »

    Ils n’ont peur de rien.

    Cordialement.

  14. BA dit :

    - Emprunt à 3 mois :

    Mercredi 20 avril 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 3 mois : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 4,046 %.

    Les taux sont en hausse : c’était 3,403 % lors de la précédente émission.

    - Emprunt à 6 mois :

    Mercredi 20 avril 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 6 mois : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 5,529 %.

    Les taux sont en hausse : c’était 5,117 % lors de la précédente émission.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=ab038073bca922aece3e74e1cea491c7

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 10,304 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 10,664 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT3YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 10,911 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT5YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,193 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

  15. Nam dit :

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/04/20/97002-20110420FILWWW00486-suissebanques-normes-plus-strictes.php

    Une petite lueur d’espoir que vous ne soyez pas seul à crier dans le désert, venant de Suisse…

  16. magadates dit :

    L’argent métal semble également un bon substitut à l’or, en plein rattrapage sur son ratio, et un bon vecteur de lutte dans un environnement où on anticipe l’inflation.

  17. Nam dit :

    Une chose que je ne comprend pas dans votre raisonnement: si les bonds du trésor jouent le role d’ersatz de monnaies nationales, pourquoi diable vouloir sortir de l’euro???

    Dans les deux cas, il y a aura de la rigueur dans les pays du Club Med, et un peu plus de facilités dans les pays sérieux (Allemagne, Autriche et Pays-Bas).

    • jp-chevallier dit :

      Les rendements des bons des Trésors €zonards donnent ces indications précieuses dont on tire la conclusion : il faut que les pays qui ont de grands écarts / Bund en sortent pour que leur croissance soit à son potentiel optimal.

      + extrait d’une dépêche…
      BONDS EUROPE/Les taux grecs poursuivent leur envolée
      Paris (awp/afp) – Les taux grecs continuaient à tenir la vedette du marché obligataire mercredi, poursuivant leur envolée dans un marché chaque jour plus convaincu de l’annonce prochaine d’une restructuration de la dette grecque.
      Vers 18H30, les taux grecs à dix ans ont franchi un nouveau cran, s’approchant des 16% à 15,991% contre 15,174% mardi, tandis que ceux à deux ans s’inscrivaient à des niveaux aussi inédits à 24,644% contre 23,512%.
      « L’inversement de la courbe des taux –les rendements sur les échéances courtes sont plus élevés que ceux sur les longues échéances — signifie que la Grèce est dans une situation de quasi-faillite. Elle ne pourra s’en sortir que si une nouvelle aide de la communauté internationale est dégagée ou si une restructuration est annoncée », a expliqué M. Laurent Geronimi, directeur de la gestion taux chez Swiss Life Gestion Privée.
      Pour l’instant, compte tenu de l’opposition de nombreux Européens, Allemands en tête, à renflouer encore une fois la Grèce, « la thèse de la restructuration de la dette est de plus en plus probable et l’inversement de la courbe des taux en est l’illustration », a-t-il ajouté.
      Contrairement à toute logique du marché obligataire, il devient désormais plus risqué de prêter de l’argent à courte échéance à la Grèce qu’à longue échéance.
      L’accès de fièvre sur les taux grecs date de mi-avril quand le ministre allemand de l’Economie a évoqué la possibilité d’une restructuration de la dette de ce pays. Depuis, malgré les démentis répétés de nombreux responsables, le marché n’en démord pas.
      La situation du Portugal, pays qui se débat également avec une situation financière très difficile, n’est guère plus enviable. Les taux portugais progressaient dans le sillage des taux grecs, de la méfiance des investisseurs pour les dettes des pays fragiles et dans l’attente de l’annonce d’un plan de sauvetage pour Lisbonne.
      La courbe des taux s’est également inversée pour le Portugal, mais de manière moins significative que pour la Grèce.
      Les taux longs portugais s’inscrivaient à 9,476 % contre 9,458% mardi. Les taux courts –à deux ans– s’établissaient à 11,486% contre 11,392%.
      Les chefs de mission de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire internationale (FMI) ont entamé la semaine dernière des négociations avec les autorités portugaises pour définir les contours d’un plan de sauvetage qui doit être conclu d’ici à la mi-mai.
      AWP / 27.04.2011

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