26 juin 2011 7

Le scénario du pire : la Grèce en défaut de paiement, etc.

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques : Banques Européennes

Le scénario du pire décrit par Standard & Poor’s le 23 mars dernier est en train de s’accélérer : la Grèce est sur le point d’être déclarée en défaut de paiement par les agences de notation, tel est le résultat des décisions catastrophiques qui viennent d’être prises par les dirigeants politiques lors du sommet de l’UE.

En voulant sauver la Grèce, les hommes (et les femmes) politiques ont pris les mauvaises décisions : celles qui conduisent à une faillite mal contrôlée de l’Etat grec puis des banques grecques qui ont dans leurs comptes pour 45 milliards d’euros de bons de leur Trésor national (d’après la BCE).

La chute de ces premiers dominos va entrainer celle d’autres, en particulier de très grandes difficultés pour les big banks de la zone euro qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement, les Gos banques françaises ayant pour 57 milliards d’euros d’engagements en Grèce d’après la BRI et 34 milliards pour les banques allemandes.

Début juin, Standard & Poor’s et Moody’s ont pourtant clairement prévenu tout le monde de ce risque, ce qui est logique…
En effet, les Etats, les banques et les entreprises ont des produits financiers cotés, ce qui signifie que ce sont les marchés qui en fixent leurs prix (et les rendements associés).
Au fur et à mesure que certaines de ces entités sont sur le point de faire faillite, les prix de leurs obligation baissent, les rendements montent, vertigineusement, dangereusement.

A partir du moment où existe une action concertée entre les créditeurs pour éviter une chute létale de ces prix (la faillite en fait), renouveler de concert les prêts consiste pour les créditeurs à se placer dans une situation hors des marchés, ce qui correspond à un défaut de paiement.

Juergen Stark et même Jean-Claude Le Tricheur sont du même avis.

L’évolution des agrégats monétaires de la zone euro a permis de déceler l’aggravation de problèmes fondamentaux de la zone euro depuis une dizaine d’années.
L’évolution des rendements des bons des Trésors de la zone euro a permis de révéler ces problèmes avant l’annonce des décisions de dégradation par les agences de notation.

Le scénario du pire décrit par Standard & Poor’s le 23 mars prenait en considération un rendement des bons à 10 ans du Portugal à plus de 8 % en… 2012. Il est déjà à 12,32 % !
Graphique 1 :

Tout va très vite, tout ira très vite. Le scénario du pire de Standard & Poor’s est déjà dépassé !
Les rendements des bons à 10 ans des Trésors de la Grèce, du Portugal, et de l’Irlande (pour des raisons tout à fait différentes) sont hors normes,
Graphique 2 :

Le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, a déjà prévenu que l’effondrement de ces cochons de pays du Club Med (dont la France), allait créer des difficultés aux Etats-Unis, surtout s’il est mal contrôlé par les autorités euro-zonardes : les rendements des Notes à 10 ans continuent à baisser,
Graphique 3 :

La crise de l’euro système qui avait éclaté début mai 2010 avec le défaut de paiement surprise de banques (grecques ?) présentant un risque systémique (d’après la BCE) se reproduit en 2011,
Graphique 4 :

Les rendements des Notes à 10 ans et surtout à 2 ans baissent, ces dernières passant sous leurs plus bas historiques, ce qui signifie que les investisseurs placent leurs capitaux (depuis l’annonce de la démission d’Axel Weber de la présidence de la Buba) sur ces placements qui sont considérés comme des refuges sûrs en cas de fortes turbulences,
Graphique 5 :

L’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans baisse mais il reste dans la zone verte haute, ce qui signifie que les marchés anticipent le maintien de la croissance du PIB aux alentours de son potentiel optimal, dans les 2 %,
Graphique 6 :

Le cycle initié par B-2 a l’avantage de rester à un très haut niveau pendant une période prolongée, pour le plus grand bénéfice des Américains qui n’en sont pas tous convaincus,
Graphique 7 :

Le scénario du pire de Standard & Poor’s du 23 mars prédisait pour ces cochons de pays du Club Med une chute de leur PIB de 20 % et de 70 % pour les actions de leurs sociétés dans les 5 ans à venir.

La seule erreur commise par S&P sera certainement celle des dates critiques.

Simple, tout est simple

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7 réponses à “Le scénario du pire : la Grèce en défaut de paiement, etc.”

  1. H. dit :

    Bonjour,

    J’attendais votre billet et ne suis pas surpris par sa teneur.
    Ce qui me surprend le plus, c’est la cécité de nos élites (représentants ou autres). L’émission « l’esprit public » sur France Culture ce matin a abordé le problème de la Grèce. Je n’ai pas pu l’écouter dans son intégralité mais si aucun des intervenants n’a nié la gravité de la crise, les solutions proposées étaient pour le moins timides (la solution sera politique ou ne sera pas). L’approche monétariste, du moins la vôtre, si juste soit-elle, n’est jamais mentionnée bien qu’elle soit furieusement juste.
    Comme nous sommes maintenant au début de la chute des dominos, combien de temps va-t-il s’écouler avant que le domino France soit frappé? Là est la seule question pertinente me semble-t-il?

    Au plaisir de vous lire

  2. BA dit :

    Dimanche 26 juin 2011 :

    Grèce : pas de participation des banques britanniques.

    Il n’y a pas de projet spécifique sur la table prévoyant la participation des banques britanniques à tout plan pour la Grèce impliquant la participation du secteur privé, a déclaré dimanche le Trésor.

    Selon le journal The Observer, le gouvernement britannique a appelé les banques du pays à prendre leurs pertes sur les titres de dette souveraine grecs inscrits dans leur portefeuille, dans le cadre d’un plan européen visant à empêcher que les problèmes grecs ne se transforment en nouvelle crise financière.

    « Le Trésor suit la situation de près, mais aucun projet spécifique pour une implication du secteur privé n’est au programme », a dit une porte-parole du Trésor.

    Les « Big Four » ou quatre grandes banques britanniques – Lloyds, Barclays, Royal Bank of Scotland et HSBC – ont une exposition relativement limitée à la Grèce.

    Elles sont plus exposées à d’autres pays de la zone euro traversant une zone de turbulences, comme l’Espagne et l’Irlande.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/06/26/97002-20110626FILWWW00143-grecegbpas-participation-des-banques.php

  3. Gild dit :

    Bonjour
    Merci pour vos articles. Est-ce que la situation d’Ing Banque est aussi périlleuse que celle des banques françaises? Rassurez-moi ou pas!

  4. Alain dit :

    Restons zen, rions un peu:

    Sarkozy fustige la sortie de l’euro prônée par Marine Le Pen, une « folie » :

    Nicolas Sarkozy a fustigé lundi devant la presse la sortie de l’euro prônée par Marine Le Pen, une « folie » dont il a affirmé qu’elle aboutirait à un doublement ou à un triplement de la dette.
    Assurant que « nous ne laisserons pas tomber la Grèce » et que « nous défendrons l’euro », le chef de l’Etat, menacé par le parti d’extrême droite dans les sondages, a voulu répondre, lors d’une conférence de presse sur le grand emprunt, « à ceux qui proposent cette folie que serait la sortie de l’euro ».
    « Une folie », a-t-il répété, « une chose totalement insensée ».
    « Je rappelle que la France est engagée (dans) une dette de 1.500 milliards d’euros, libellée en euros », a-t-il souligné.
    « Si la France ou tel autre pays sort de l’euro, sa monnaie se dévaluera mais la dette que nous devons reste libellée en euros. Donc la sortie de l’euro consiste à doubler ou à tripler la dette du pays qui sort de l’euro », a-t-il fait valoir.
    « La première chose qui se passe quand vous sortez de l’euro, c’est que la monnaie nationale dévalue par rapport à l’euro » et « si la monnaie nationale dévalue par rapport à l’euro, votre stock de dettes augmente mécaniquement du montant de la dévaluation de l’euro », a insisté le chef de l’Etat.
    « Je pense par ailleurs que l’euro, c’est un acquis formidable pour la construction européenne. C’est l’Europe, l’euro. Et si nous ne sommes plus dans l’Europe, et bien c’est les affrontements », a ajouté Nicolas Sarkozy.
    « Et qui pense qu’on serait plus forts seuls (pour) affronter la dureté du monde, la compétition du monde », a-t-il demandé.
    « Je comprends les réalités de la politique, j’y ai moi-même participé. Mais il y a des limites, la limite c’est la responsabilité », a-t-il conclu.

    http://www.boursorama.com/international/detail_actu_intern.phtml?num=3088c4486925e6bc42d3389638e5bd1b

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