10 septembre 2012 11

Crédit Immobilier de France (CIF) : 4° trimestre… 2011 !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques : Banques françaises

Dans mon premier article sur le CIF, j’ai écrit…
« Un des organes de la propagande de la nomenklatura est rassurant : Le Figaro écrit que Ce nouveau sauvetage, en outre, ne devrait pas coûter d’argent au contribuable car le CIF est fortement capitalisé, avec 2,4 milliards d’euros de fonds propres. Les pouvoirs publics, au contraire, pourraient même réaliser un gain, au final, car les actifs de la banque sont de bonne qualité. »

Ces informations sont contraires à la réalité, c’est-à-dire fausses, dans le but de tromper les investisseurs et le public, ce qui est un délit condamnable mais pas condamné, évidemment.

En effet, le dernier bilan que publie le CIF, celui du 4° trimestre 2011, montre que les capitaux propres se montent à 1,641 milliard d’euros seulement,

Document 1 :

Le multiple d’endettement, leverage en anglais, est aux alentours de 24 ce qui correspond à un ratio Tier 1 réel de l’ordre de 4 %,

Document 2 :

CIF10 Q210 Q411 Q211 Q4
Liabilities40,15238,78940,02138,812
Equity1,6111,6311,6211,641
Leverage (µ)24,923,824,723,7
Tier 1 (%)44,24,14,2

En fait, la nomenklatura prend en considération des capitaux propres incluant les intérêts minoritaires d’un montant de 795,6 millions d’euros ce qui constitue le délit de diffusion de fausse information et de manipulation de cours condamnable : 2 ans de prison et 1,5 million d’euro.

Bien entendu, l’AMF n’existe pas et aucun juge ne condamnera les anciens et actuels dirigeants ni le ministre de l’économie et des finances ni les médias car ils font tous partie de la nomenklatura franchouillarde, et les Français sont des veaux ignares en matière financière.

Cliquer ici pour lire le rapport financier le plus récent publié par le Crédit Immobilier de France (CIF),
Cliquer ici pour lire des informations du Sénat sur le délit de diffusion de fausse information et de manipulation de cours.

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11 réponses à “Crédit Immobilier de France (CIF) : 4° trimestre… 2011 !”

  1. MAGAJA dit :

    Définition de Tier 1 – Lexique de finance
    Tier 1

    Le Tier 1 consiste en la partie jugée la plus solide (le noyau dur) des Capitaux propres des institutions financières. Il rassemble essentiellement le Capital social, les résultats mis en Réserve et les Intérêts minoritaires dans les filiales consolidées moins les actions auto détenues et le goodwill. La notion a été définie par les accords de Bâle I sans être modifiée substantiellement par Bâle II. Le ratio rapportant le Tier 1 au total des actifs ajustés du Risque est un indicateur largement utilisé par les régulateurs afin de mesurer le degré de Capitalisation.html »>Capitalisation des institutions financières ; le minimum requis selon les accords de Bâle I est de 4%. Dans la pratique, la plupart des banques visent au moins 7 %.

    Pourquoi on retrouve de partout le fait que les intérêts minoritaires sont intégrés au ratio tier 1 et donc au capitaux propres, et vous nous dites qu’ils n’ont pas le droit de le faire pour faire leur calcul. J’ai loupé un épisode?

    Merci de vos éclaircissements et désolé pour ma question certainement idiote à votre niveau mais indispensable au mien.

  2. S.A. dit :

    Les « vrais » fonds propres sont le Core Tier 1; c’est-à-dire l’argent amené par les actionnaires et les profits mis en réserve.

    Les intérêts minoritaires représentent qui revient aux actionnaires minoritaires des filiales et non à la société mère. Ce sont des capitaux hybrides.

  3. magaja dit :

    Ok et merci S.A.

  4. magaja dit :

    ca résume bien les faits:

    Patrick Artus de Natixis, a au cours d’un petit déjeuner cette semaine, eu le courage de dire que les autorités européennes ne devraient pas être fières de leur gestion de la crise de la zone Euro, avec des empilements de programmes de restriction budgétaire, une hausse du chômage consécutive à la baisse de l’investissement public et privé, un refus de faire la distinction entre crise de liquidité et crise de solvabilité. Au total il conclut en expliquant que les autorités européennes font preuve d’une insuffisance d’analyse et d’un manque de doctrine…

    • Joel dit :

      Oui, Patrick Artus est clairement doté d’un esprit d’analyse beaucoup plus poussé.

      Parce que vous pensez sincèrement que les 28 banques « too big to fall » (et en particulier Natixis!) ont des directeurs qui n’ont pas d’insuffisance d’analyse???

      Les politiques, aussi inutiles et nuisibles soient-ils, ne sont certes pas les seuls à porter le chapeau de ce qui se passe!

      Merci Monsieur Artus pour vos lumières!

  5. Youpi dit :

    Encore bravo pour vos synthèses.

    Et bravo au directoire du cif qui a validé une indemnité de départ à l’ancien pdg !!!

    http://www.leparisien.fr/economie/l-ex-pdg-du-credit-immobilier-de-france-recevra-bien-une-indemnite-10-09-2012-2158601.php

    • jp-chevallier dit :

      Le CIF, c’est un établissement sérieux et bien gér, ma preuve :

      Sauvetage du CIF: les victimes de l’affaire Apollonia interpellent l’Etat

      MARSEILLE – Les victimes de l’affaire Apollonia, vaste escroquerie présumée aux placements immobiliers défiscalisants, ont appelé mardi le gouvernement à garantir leur indemnisation par le Crédit immobilier de France (CIF), mis en examen dans ce dossier et en cours de sauvetage par l’Etat.

      Nous souhaitons que le gouvernement apporte des garanties quant à l’indemnisation des victimes par le CIF, puisque ce dernier pourrait être amené à disparaître avant l’issue de la procédure judiciaire en cours, a déclaré Claude Michel, président de l’association ANVI-Asdevilm, qui regroupe 350 foyers de l’Hexagone victimes de l’escroquerie, dans un communiqué de presse.

      Selon l’association, qui cite ses comptes semestriels au 30 juin 2011, le groupe CIF détient 316 millions d’euros de créances douteuses issues de l’affaire Apollonia et est en première ligne parmi les banques qui ont conduit ses membres à un surendettement massif après avoir octroyé des prêts sans procéder aux contrôles les plus élémentaires, au mépris des lois et règlements.

      Dans cette affaire instruite depuis quatre ans, aux 1.000 victimes pour un milliard d’euros de préjudice, près de 40% du montant total des prêts et des 3.000 appartements vendus ont été financés par des établissements du CIF (…) On ne peut donc imaginer que l’Etat, désormais aux commandes du CIF, puisse laisser les nouveaux dirigeants du groupe continuer le recouvrement de créances qu’il sait, via la justice, frauduleuses, a conclu Claude Michel.

      La holding et deux filiales du CIF ont été mises en examen, en tant que personne morale, dans le cadre de l’affaire Apollonia en juillet à Marseille, après une trentaine de personnes physiques dont les dirigeants et salariés d’une ancienne société immobilière d’Aix-en-Provence à l’origine de l’escroquerie et qui a donné son nom à l’affaire, ainsi que des notaires, des courtiers et des cadres bancaires.

      La justice leur reproche d’avoir escroqué des centaines de foyers de l’Hexagone dans les années 2000, en leur faisant acheter des appartements dans le cadre du statut des loueurs en meublé professionnels. Revenus locatifs et avantages fiscaux étaient censés couvrir la totalité de leurs investissements, mais les ménages se sont retrouvés en réalité très lourdement endettés.

      Des banques ont cherché depuis à recouvrer leurs créances par des saisies de comptes ou d’appartements, mais la cour de cassation a estimé en juin que celles-ci ne pourraient plus intervenir, désormais, sans décision judiciaire.

      (©AFP / 11 septembre 2012

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