27 janvier 2013 28

Interro écrite : la BCE et les banques

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques : Banques Européennes

Vous avez tort de faire les Marioles : interro écrite surprise aujourd’hui !

Sujet : la BCE et les banques.

Des banques de la zone euro ont emprunté 1 163 milliards d’euros à 1 % à la BCE d’après les chiffres de son dernier bilan.
Comme elles ne font rien de cet argent pour la plupart, elles ont déposé 945 milliards en retour à la BCE avec une rémunération de 0 %.

Question 1 :
Les banques ont-elles gagné ou perdu de l’argent dans cette opération (LTRO) ?

Pour quel montant sur une année pleine ?

Certaines banques s’apprêtent à rembourser 137 milliards à la BCE sur les 1 163 milliards prêtés.

Question 2 :
Quelles en seront les conséquences par rapport aux réponses à la question 1 ?

Question 3 (pour départager les meilleures réponses) :
Quelles conclusions tirez-vous de ces actions de la BCE et des banques ?

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28 réponses à “Interro écrite : la BCE et les banques”

  1. gardiola dit :

    les banques vont devoir passer des reserves dans leur balance sheet

    la bce n aura pas d autre choix de refaire du LTRO pour regler le probleme du LTRO precedent !

    Didier

  2. Alexandre dit :

    Question 1: Coût de 11 Mds
    Question 2: Certaines banques remboursent tout ou partie du capital emprunté.
    Question 3: La BCE joue son rôle en faisant circuler des liquidités. Il n’y a aucune création monétaire tant que l’argent emprunté est remboursé. Une majorité de banques ont toujours des besoins importants de liquidités. Il va falloir prolonger le LTRO.

  3. Didier dit :

    Bonjour,

    Je me lance : à la question 1, je répondrai que les banques doivent par année pleine 11,6 milliards d’euros à la BCE (1% de 1163). Savoir si les banques sont gagnantes ou perdantes dépend donc de ce qu’elles ont fait des 218 milliards qu’elles n’ont pas redéposé à la BCE.

    Pour la question 2, je vois directement que les banques n’auront donc emprunté plus que 1026 milliards. Elles devraient donc aussi diminuer d’autant leurs dépôts à la BCE. Mais c’est là que ce n’est pas si simple pour un néophyte.

    Je pense qu’elles ne pourront pas réduire ces 945 milliards qui sont une réserve qu’elles doivent conserver (solde positif auprès de la BCE ?).

    Mais là … rien de plus.

    Didier

  4. MAGAJA dit :

    Plusieurs aspects se posent.
    Ne pas perdre d’argent est ce déjà un moyen d’en gagner? Dans ce cas là les banques ont gagné de l’argent.
    Compte tenu des dépôts réguliers effectués auprès de la BCE, on peut facilement penser que cet argent en fait n’est jamais rentré dans le système. Le but du LTRO étant d’éviter une diminution de l’octroi de crédit, avec donc un accroissement de la masse monétaire, on aurait alors du constater une reprise du crédit. Cette argent injecté dans le système aurait ainsi du entrainer une inflation plus importante que celle constatée.
    De ce fait, on peut en conclure que le LTRO n’a pas joué son rôle, le marché interbancaire est toujours aussi rigide et bloqué, les banques savent ou sont les cadavres et dans quels placards, alors pourquoi accepter de prêter à une personne que l’on sait pré mortem?
    En déposant à 0,25 les emprunts à 1% on ne gagne pas d’argent cela est une certitude, on limite la casse.
    Toutefois en anticipant un remboursement. certains pourraient aller à dire qu’il y aura une réduction de la masse monétaire, ce qui est vrai d’un côté sur le papier si cet argent est « détruit », mais ce qui est faux d’un autre côté si on considère que cet argent n’a JAMAIS été utilisé par l’économie, puisqu’en permanence dans les caisses de la BCE.
    Etant donné que cet argent était probablement « à l’actif » des banques, on va voir le risque augmenter sur ces dernières. Le leverage va se dégrader.

    L’action de la BCE n’a pas eu l’effet escompté, et la BCE le sait pertinenment étant donné qu’elle reçoit les dépôts des banques. On a vendu du vent, et masqué la fragilité des banques avec ce LTRO.
    On a cherché à éviter le risque déflationniste. Finalement on aimerait certainement de l’inflation mais on arrive pas à en créer.
    La création monétaire en zone euro n’a donc aucun intérêt puisque l’argent créé n’est pas utilisé. Il ne suffit pas de jeter des billets par la fenêtre pour que ceux qui les ramassent les utilisent comme le souhaite le gentil donateur. La confiance a disparu, les banques ne peuvent pas se permettre en Europe de prendre des risques, elles sont déjà trop fragilisées. A contrario des US, elles ne savent pas utiliser l’argent, et elles ne peuvent pas !!!.
    La BCE a vendu du vent. C’est à un risque déflationniste auquel il faut maintenant faire face, même si l’argent n’a pas été utilisée par le système, il est certain que ce remboursement marque une contraction du crédit, une méfiance, la méfiance de la récession, ce qui ne fait qu’amplifier et augmenter la vitesse à laquelle on se dirige dans celle ci.
    Théoriquement, l’euro devrait donc remonter et être une fois de plus une difficulté à surmonter pour les entreprises exportatrices, target 2 va s’aggraver, les prévisions de croissance vont devoir être revues à la baisse, l’explosion de l’euro passe par le haut comme je le disais, et non par le bas. C’est la construction de l’euro qui est en cause essentiellement, associée à la faiblesse des banques et au gel du marché interbancaire.

    Les conséquences peuvent donc être multiples et en cascade. On sous estime bien souvent certains actes…

  5. Paul dit :

    Cher Mr. Chevallier,

    Je pense que votre question est une question piège
    puisque que banques (faibles) qui empruntent auprès de la BCE
    ne sont évidemment pas les mêmes qui déposent leur excès de réserves chez la BCE.

    Je pense que c’est avant tout une bonne affaire pour la BCE qui encaisse de 1% sur la transaction, tout en passant le risque final sur le contribuable…
    Ainsi que pour les banques faibles qui empruntent auprès de la BCE à petit prix
    ( à un taux de 3% à 10% moins élevé que couterait une assurance-credit (CDS)

    Je pense que ce sont les épargnants et les retraités qui paient l’ardoise puisqu’ils voient le revenu de leur épargne supprimée…. et le contribuable le jour que les choses tournent mal et que le casino de mr Draghi implose.

  6. BA dit :

    Je ne réponds pas à l’interro-surprise parce que le ministre du Travail a dit ce qu’il fallait dire.

    Rideau.

    Dimanche 27 janvier 2013 :

    Michel Sapin évoque « un État totalement en faillite. »

    « Il y a un État, mais c’est un État totalement en faillite. » Le diagnostic, dressé par le ministre du Travail, Michel Sapin, ce dimanche sur Radio J, n’est pas nouveau.

    Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, François Fillon, quelques mois après son arrivée à la tête du gouvernement, avait usé des mêmes mots lors d’une visite en Corse. Un même constat alarmant plaidant pour des mesures d’économies.

    «C’est la raison pour laquelle il a fallu mettre en place des programmes de réduction des déficits et aucune sirène ne doit nous détourner de cet objectif», s’est justifié Michel Sapin, répondant là aux critiques de la gauche qui s’élèvent contre l’objectif de ramener le déficit public sous les 3 % du PIB à la fin de l’année.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/01/27/20002-20130127ARTFIG00150-michel-sapin-evoque-un-etat-totalement-en-faillite.php

  7. Frédéric BLANC dit :

    Question1 : 1163M prêter=218 M utilisé par les banque+945 M dépôt a la BCE
    1163-945=218 M utilisé par les banques
    Pertes :
    945*1/100=9.45 M de perte par an
    Calcul des gains nécessaires pour combler les pertes :
    Pour équilibrer les pertes, ces banques doivent prêtés les 218millards empruntés à un taux de 4.335%/an net
    9.45=218*x%
    X=9.45/218*100=4.335
    Conclusion question 1 :
    Si elles ont prêté à un taux supérieur à 4.335%/an net, elle gagne de l’argent
    Si elles ont prêté à un taux inférieur, elles perdent de l’argent.

    Question 2 :
    Hypothèse : Je considère que les 137millards remboursé proviennent de retour d’argent que les banques ont utilisés:
    1026 prêtés par BCE=81 M utilisées par les banques+945 dépôt à la BCE
    218-137=81 M
    81 M d’euro sont utilisée par les banques.
    1163-137=1026 il reste 1026 M prêté par la BCE
    Il reste toujours 945 M d’euro à la BCE rémunéré à 0%
    Donc 9.45Millard de perte par an
    Calcul des gains nécessaire pour combler les pertes :
    Pour équilibrer les pertes les banques doit prêter les 81millards emprunté à un taux de 11.67%/an net
    9.45=81*x%
    X=9.45/81*100=11.67
    Conclusion :Si elles arrivent à utiliser les 81 M d’euro restant à a un taux de 11.67% juste pour ne pas perdre d’argent, elle doivent utiliser des produits à effet de levier et donc augmenter leur expositions aux risques.
    Ou si elle ne peuvent pas gagner 11.67%,elles maintiennent des pertes jusqu’à 9.45 M d’euro par an.
    Et dans le cas où en augmentant leur risques, elles perdent tout ou partie de leur capital des 81 M d’euro investit, les banques peuvent creuser leur perte jusqu’à un niveau maximal de 81 M( si tout le capital est perdu en 1 an)+9.45M d’euro par an, soit un total de 90.45M d’euro en 1an.
    Bien entendu, leur bilan serait dégrader et le risque de défaut d’un établissement bancaire augmente.
    Effet sur la masse monétaire :
    Le remboursement des banques de 137 M d’euro peut diminuer la masse monétaire d’autant si aucun argent n’est créé par la BCE.
    La diminution de la masse monétaire de 137 M aurait un effet déflationniste à pondérer en fonction de ce que cela représente sur la totalité de la masse monétaire : diminution de l’argent en « circulation ».
    Effet inflationniste/déflationniste :
    Le défaut d’un établissement banque augmenterait cette effet déflationniste : Destruction de la masse monétaire en fonction de la taille de l’établissement en faillite.

    Question 3 :
    Tant que les banques peuvent rembourser la BCE, c’est une bonne opération pour la BCE :capitaux placé à 1 % .
    Pour les banques, le LTRO est à la fois une opportunité et un cadeaux empoisonner en fonction de leur appétit pour ce LTRO :Elles n’auraient dû emprunter que les capitaux nécessaire à leur besoin. Celles qui auront été trop gourmande auront une indigestion qui peut leur être fatal.
    Cela permettrait d’aider à affaiblir les banques trop avides, et d’entrainer la faillite de ces établissements mauvais gestionnaire. Cela aurait donc le mérite d’assainir la masse monétaire, d’éliminer les mauvaises banques et de rétablir la circulation normale de l’argent au sain de la zone Euro.
    Si tous les établissements ont été trop gourment, cela pourrait- il entrainer la BCE dans la tourmente ?
    La taille du LTRO de la BCE a-t-il été bien calibré par la BCE pour liquider les moutons noirs sans être soi- même entraîné dans la tourmente ?
    Pour mener sa politique avec succès ( élimination des mauvaises banques, réduction par conséquence de la masse monétaire avec un retour à l’argent sain) Il convient donc d’avoir bien calibrer la taille du LTRO et la taille de la participation de chaque banque pour celui- ci.

    Paradoxalement, le LTRO qui est une création monétaire pourrait permettre d’entrainer un effet déflationniste ciblé .Cela resterait politiquement correct pour la BCE , en disant, pourtant, c’est pas faute d’avoir voulu vous aidez…et en conclusion de dire :sauvez l’euro oui, mais pas les moutons noirs de l’Euro.

  8. Héfaillitos, dieu qui fait l'interrogation dun simple mortel dit :

    Allez, j’essaye… mais c’est très difficile votre truc…

    QE 1 :

    Emprunter à 1% pour replacer le soir même à 0%, c’est forcément une perte.

    Mais selon vos chiffres d’agrégats monétaires des pays, c’est pas les mêmes banques qui déposent, que celles qui empruntent. Vous l’avez d’ailleurs déjà signalé.

    Donc forcément, on sait pas répondre sur des montants exacts… personne ne connait les cadavres dans les placards des banksters franchouillards, les prêts LTRO servent juste à ne pas se retrouver en capitaux propres négatifs quand il est l’heure de prendre les pertes, comme ce fut le cas du crédit kibricole et de groupama en novembre 2011.
    On sait juste que les banques ayant beaucoup emprunté sont celles qui savent qu’elles vont avoir beaucoup de pertes à prendre.

    QE 2 :

    Les banques remboursant les prêts seront moins endettées.
    Elles inspireront confiance tandis que celles ne remboursant pas vont susciter défiance.

    Le marché interbancaire ne sera donc pas rétabli.
    Statut quo sur le marché interbancaire et climat délétère pour les banques ne remboursant pas.

    Les banques excédentaires déposeront à vue et les autres emprunteront tant et plus…
    jusqu’à ce que ce ne soit plus tenable et que les marioles de la bce ne parviennent pas à trouver de gentilles administrations déposant des excédents pour équilibrer le bilan…
    Ce qu’ils ont de plus en plus de mal à faire.

    QE 3
    L’action de la BCE ne fait que retarder le problème.
    Au lieu de laisser failliter quelques banques pourries comme l’ex de goldman sachs Paulson le fit pour la pauvre banque des frères Lehman.
    C’est la bce qui va sauter… donc l’euro.

    bonne nouvelle pour les peuples… cette création infecte va enfin disparaitre.

  9. Feu dit :

    C’est pas drôle Monsieur Chevallier, une interro écrite surprise, sans faire le mariole c’est impossible.

    1) les banques n’ont jamais respecté Bâle 1, II et III, elles écrivent ce qu’elles veulent dans leurs bilans, tout est simple. (hors sujet, zéro pointé)

    2) De temps en temps, elles ont besoin d’une recapitalisation, ou de demander un prêt exceptionnel à la BCE. (zéro +zéro= Tête à Toto)

    3) La BCE est donc la Bad Bank z€uro par défaut en dernier recourt, cela ne peut durer éternellement sauf avec des Marioles. (les contribuables sont vraiment trop nuls, vous en avez la preuve… cela vous facilitera la correction.)

    Amicalement.

  10. JohnnyBoy dit :

    Les banques qui ont un excédent cash le dépose à la BCE le soir. Elles ne gagnent pratiquement rien dessus. On parlent principalement ici des banques Allemandes (cf. l’étude de JPC et l’éclatement de M1 Allemande http://chevallier.biz/2013/01/eclatement-et-m1/).

    Certaines banques, devant faire face à des soucis de liquidité, empruntent (à travers ces fameux LTRO) pour la modique somme de 1% plus d’un milliard. Si on regarde le taux directeur de la BCE (0.75%), on peut en conclure que 1% à 3ans, c’est pas cher payé…(surtout quand on sait la qualité des actifs mis en gage). On parle des banques des pays du club med (ils ont a faire face à une fuites des capitaux).

    Les millions empruntés à la BCE sont utilisés pour acheter des oblig pourries des états sous perfusion. Les oblig achetées proposent des taux bien supérieur à 1%. (sur une base de 4% en moyenne, ils gagnent 4-1% -> environ 35 millards de gain).

    L’argent levé par les états du club med fini bien entendu très rapidement à nouveau dans les mains des banques allemandes.

    La diminution du cash déposé quotidiennement a forcé la BCE à faire éclater cette fameuse rubrique 5.1 du passif du bilan de la BCE qui cacherait la banque KfW.

    En prêtant à 1% sur 3ans, on peut dire je pense assez clairement qu’il y a manipulation des marioles de la BCE. Les taux d’intérêt ayant fortement chuté ces dernières semaines (parce que la crise est terminée et que prêté à des états peu scrupuleux comporte un moindre risque, ceci, aussi grâce accessoirement à la BCE…), la BCE a décidé de réduire son aide aux pays du club med, histoire de réduire ses frais auprès de la KfW (je n’ai pas la moindre idée des taux appliqués par la KfW…) ?

  11. Nam dit :

    Les banques doivent rembourser tous les ans 11,63Md€ d’interet (1% de 1163Md€), et recoivent 0% d’interet sur les 945Md€ de dépot. L’opération en tant que telle leur fait donc perdre de l’argent.

    Ensuite, j’imagine qu’avec les 218Md€ qui leur restent, elles placent des pret à 4% (yc assurances) à des neuneu qui veulent investir dans des valeurs refuges (pièges à cons) genre immobilier.

    Peut-etre qu’elles se font aussi un peu d’argent avec des opérations pour compte propre sur les marchés actions?

    Quand aux oblig, je pense qu’elles ne sont pas assez bete pour inverstir elles memes dans la bulle obligataire, elles laissent la main aux neuneus attirés par la « sécurité » des assurances-vies (elles ne jouent qu’un role d’intermédiaire)…

  12. Nam dit :

    J’imagine que le reste de leurs bénéfices affichés correspondent grosso modo aux encours de crédits distribués à tours de bras depuis une quinzaine d’années ???

  13. artiste dit :

    CONTRE INTERRO
    Vous nous vantez les monétaristes et traitez les non monétaristes d’idiots inutiles, je vous propose de départager les uns des autres : osez nous donner un quelconque support sur les marchés financiers dont nous pourrons suivre de manière objective la valorisation et donc juger qui à tort ou raison des deux écoles.
    merci de répondre à ce défi

  14. DIDIER dit :

    Question 1:

    Tout dépend de la rentabilité des 1163 MMEUR – 945 MMEUR = 218 MMEUR restés dans les banques.
    Comme calculé plus haut, il faut un taux de 4.33% pour équilibrer. Taux net après tous les frais de la banque.
    Le taux nominal auquel les banques devraient prêter à l’extérieur serait donc bien plus élevé, en fonction des coûts internes.
    Là-dessus, il faut rajouter l’inflation, à mon avis, pour que la banque puisse maintenir sa capacité économique de prêt et sa place concurrentielle.

    L’un dans l’autre, on va atteindre rapidement les 10%.

    Cela signifie que l’on se situe sur des investissement à effet de levier.

    Si je suis le patron d’une banque.

    Un échec sur des placements à effet de levier mettraient ma banque en danger grave voire mortel.

    Soit je suis prudent et je ne fais pas l’opération et mes boni personnels fondent. (peu probable)

    Soit je privilégie la position concurrentielle court terme entre banques et mes boni, à la survie de ma banque à long terme.
    On a là un conflit d’intérêt entre les dirigeants de banques et les actionnaires. (ex: Une nationalisation n’est pas nécessairement une catastrophe pour le dirigeant de banque.)

    Soit, il y a d’autres raisons, qui me permettent d’espérer m’en sortir de toute manière, au-delà des chiffres bruts.

    La première bonne raison en tant que dirigeant de banque européenne, est de penser que je ne pourrai jamais être lâché par les gouvernants européens. Cela signifierait une hégémonie de la finance américaine et une perte de souveraineté européenne.

    En réponse initiale à la question 1, il y a nettement nettement plus de chances que ma banque perde de l’argent qu’elle n’en gagne.

    Il faut regarder la rentabilité de la partie banque d’investissement pour se faire une idée.
    Je dois être très bon sur mes placements à effet de levier pour que cela soit justifié, sur la seule base des chiffres.

    Ce serait intéressant de connaître les banques qui ont participé à l’opération et de comparer avec leur ratio d’endettement: un bon indicateur de la réalité des « autres raisons ».

    Question 2:
    Soit les banques qui remboursent ont eu les bénéfices en face. En remboursant, elles améliorent leur ratio d’endettement, mais elles prêteront moins à l’extérieur, d’où un effet déflationniste sur l’économie.

    Soit elles n’ont pas eu les bénéfices correspondants et elles s’affaiblissent, rendant indispensable un second tour de LTRO (ou équivalent), pour maintenir les ratios, surtout face aux banques américaines.

    Encore une fois, la seconde option est de loin la plus probable, au moins en global entre toutes les banques.

    Question 3:
    Le montant des dettes souveraines accumulées est tel qu’il n’est plus remboursable en nominal. Cela mettrait l’économie par terre.
    Avec des calculs grossiers, sur les 20 plus grands pays développés, la dette représentait environ 17% du PIB en 2011 et cela a grimpé depuis.

    La seule manière de rembourser est une combinaison entre:
    1) une amélioration des comptes publics pour stabiliser la dette (plus d’impôts et moins de dépenses).
    2) de l’inflation
    3) un ré-échelonnement de la dette d’une manière plus ou moins directe et affichée.

    Le problème est que les points 1 et 2 sont antinomiques. Une action forte sur les comptes publics est déflationniste; sans compter les problèmes socio-politiques.
    Sur un horizon de plusieurs années, voire d’une décennie, pour les démocraties européennes, avec des échéances électorales multiples, c’est quasiment impossible à gérer.

    La voie inflationniste sera censurée par l’Allemagne. Ou alors, ils sortiront de l’Euro.

    Le point 3 est la solution consensuelle de « facilité » entre les dirigeants politico-financiers européens, surtout avec des institutions européennes non soumises à la volonté des peuples.
    D’où tous les mécanismes de la BCE.

    Cela peut marcher, à condition que l’environnement extérieur le permette, qu’il n’y ait pas d’évènements exogènes imprévus ou volontairement orchestrés par d’autres pays ayant intérêt à affaiblir l’Europe.

    C’est de la roulette russe. Ni plus ni moins.

    Le plus inquiétant est que ces « élites » n’en supporteront pas le coût, car ils auront pris leurs précautions.
    Ce n’est jamais une bonne chose d’avoir des élites « irresponsables » à titre personnel.

    Dans tous les cas, ce sera le contribuable européen qui paiera la note.
    Le pire sera pour le petit rentier qui gardera son argent en Euro.

  15. Nam dit :

     » Des banques de la zone euro ont emprunté 1 163 milliards d’euros à 1 % à la BCE d’après les chiffres de son dernier bilan.
    Comme elles ne font rien de cet argent pour la plupart, elles ont déposé 945 milliards en retour à la BCE avec une rémunération de 0 %.  »

    En fait il faut préciser la question : 1163Md€ empruntés et 945Md€ déposés, ce sont des flux sur une période donnée (2012?) ou bien un bilan total de l’encours de ce qui est emprunt/déposé entre banques et BCE ??

    S’il ne s’agit que d’un flux sur une période donnée, cela veut dire que les banques n’ont aucun mal à se faire leurs bénéf avec les crédits du passé (les 15 ans de bulle immo) sachant qu’en plus les taux n’ont pas toujours été aussi bas que 4%…

    Si c’est un bilan complet de l’encours : il faut vraiment que les banques carburent avec ce quelles pretent aux particuliers, aux entreprises et aux états (tres peu aux états, elles laissent les « bons peres de famille » investir en assurances-vies »), ou bien avec la banque d’investissement, pour pouvoir gagner de l’argent.

  16. J-Ph GAUTHIER dit :

    Question 1 : Les banques ont gagné (en fait économisé) beaucoup d’argent puisque sans le LTRO, elles auraient du se procurer des liquidités sur le marché interbancaire à des conditions bien moins favorables.

    Question 2 : l’argent gagné (économisé) est pour chaque banque inversement proportionnel de leur côte de crédit. Dexia a économisé beaucoup par exemple.

    Question 3 : la BCE a fait du soutien abusif des banques les plus en difficulté et porté atteinte à la concurrence en égalisant le coût des liquidités, le tout en faisant porter tout le risque sur les contribuables (ou plutôt sur les détenteurs d’euros).

  17. Julien dit :

    J’espère que vous vous marrez Mr Chevallier ! Vous vous délectez de nous voir nous débattre et attendez qu’on s’essouffle !

    Mais comme le dit Leonardo Di Caprio dans « Attrape-moi si tu peux » : « c’est l’histoire d’une petite souris tombée dans un pot de crème liquide. A force de se débattre, elle battit la crème si fort qu’elle la transforma en beurre et put ainsi sortir du pot sans se noyer ».
    Alors, la crème, ce sont les gens de Natixis, nous nous sommes des petites souris, et le beurre (et l’argent qui va avec) va dans les poches de….. ?

    Voilà la vraie interrogation ! ^_^

  18. magaja dit :

    C’est quand qu’on a nos notes mdr ? :D et la correction bien sur !!!

  19. ratel dit :

    bonsoir…sympa ce jeu pour une fois que c’est nous qui réfléchissions un peu !

    Question 1 :
    Les banques ont-elles gagné ou perdu de l’argent dans cette opération (LTRO) ? PERDU

    Pour quel montant sur une année pleine ? environ 100 Milliards de pertes

    Question 2 :
    Quelles en seront les conséquences par rapport aux réponses à la question 1 ? le ratio bale 3 encore plus mauvais

    Question 3 (pour départager les meilleures réponses) :
    Quelles conclusions tirez-vous de ces actions de la BCE et des banques ? Ne font qu’amplifier le problème

    merci

  20. ratel dit :

    oups rectif : perte 11 milliards et pas 100 !

  21. Héfaillitos, dieu du think tank, le tank qui coule dit :

    Ouah… y’a vraiment beaucoup de monde qui essaye de répondre.
    Et toutes ces idées deiverses.

    C’est un vrai sink tank qu’il y a sur ce site…

    (pour les non anglophones… think tank : groupe de réflexion…
    mais j’ai joué sur les sonorités en disant « sink » ce qui donne sink tank : un tank qui coule :) )

    Peu importe les résultats, c’est déjà un vrai succès.

  22. Gilles dit :

    M. Chevallier tout d’abord bravo pour cette petite interro! (mdr). Vous devez bien rire à lire nos réponses et parfois la longueur de celles-ci…

    Je me lance:

    Question 1 :
    Les banques ont-elles gagné ou perdu de l’argent dans cette opération (LTRO) ?
    Perdu

    Pour quel montant sur une année pleine ?
    11,63 Milliards

    Certaines banques s’apprêtent à rembourser 137 milliards à la BCE sur les 1 163 milliards prêtés.

    Question 2 :
    Quelles en seront les conséquences par rapport aux réponses à la question 1 ?
    Les pertes ne seront QUE de 10,26 milliards l’année prochaine pour les banques.

    Question 3 (pour départager les meilleures réponses) :
    Quelles conclusions tirez-vous de ces actions de la BCE et des banques ?
    La BCE continue de faire circuler l’argent à la place du marché inter-bancaire.
    La BCE doit trouver 218 Milliards pour équilibrer son bilan cette année.
    Et si les banques empruntent toujours autant auprès de la BCE mais reversent de moins en moins à celle-ci, la BCE devra trouver encore plus de milliards ailleurs pour l’équilibre de son bilan.
    Les Banques continuent de ne pas se faire confiance et préfèrent mettre leur noisettes chez « le moins pire »!

  23. nao dit :

    Ma réponse :
    « Il y a du blanchiment d’argent de tous les placards dans l’air »…

  24. daniel ROND dit :

    Les banques qui empruntent, ne sont pas celles qui déposent; certaines ont donc gagné beaucoup d’argent en prétant à court terme à la GRECE, l’ITALIE ou l’ESPAGNE. Maintenant que les taux rebaissent celà ne les intéresse plus.
    Je crois que la question devrait être posée à TRICHET, dont la compétence reconnue vient de le faire proposer comme administrateur d’EADS !!!!!

  25. Lib dit :

    Q1 : Les banques trouvent dans la BCE une source de financement quasi-infinie, quasi-inconditionnelle. La question de la valeur de ce financement pour elles dépend des conditions du marché. Plus précisément des alternatives au financement BCE.

    S’il n’y avait pas la BCE, les banques devraient se financer en interbancaire (mais le marché est fermé, le risque est trop important) ou en capital. Compte tenu du risque bancaire en Europe, des incertitudes sur les bilans etc… Celles qui parviendraient à lever du capital devraient probablement promettre un return d’au moins 15%.

    Donc les banques sont largement gagnantes d’environ (estimation basse) 150 milliards par an. La réalité est probablement largement supérieure car ce qui a de la valeur pour les banques, ce n’est pas tant l’argent qu’elles ont effectivement emprunté mais le fait même qu’elles aient une garantie de financement (voir ci-dessous)

    Le fait que les banques ne fassent rien de cet argent est secondaire. Elles ont BESOIN de ces fonds, sinon elles font faillite. L’intervention de la BCE leur sauve la vie.

    Q2. Aucun impact. Ce qui sauve la vie des banques c’est la garantie de la BCE, le fait que les banques savent et le marché sait que si les banque sont besoin de financement, elles en trouveront sans limite (1000, 2000, 10000 milliards…) sans condition (tout le monde y a droit) à un coût symbolique (1%). Quand une banque met en place une garantie, elle la facture en fonction du plafond. Le tirage réel importe peu.

    Q3. La BCE sauve les banques qui sauvent les états qui nomment les administrateurs de la BCE. Pendant ce temps le commun des mortels paie ses dettes et ses impôts.

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