28 mars 2013 33

€ffondrement, banques et responsabilités

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques : Banques Européennes

L’€ffondrement de la zone euro a déjà commencé avec de fortes secousses bancaires dans certains pays préludant à son €clatement avec un risque très fort de tsunami, telles sont les conséquences normales de l’hypertrophie de la masse monétaire qui s’y est développée.

Qui en est responsable ?

D’abord et avant tout les autorités monétaires, c’est-à-dire les gens des banques centrales dont l’activité principale est justement de maitriser ces problèmes qui le sont très bien aux Etats-Unis, par ceux de la Fed mais aussi par des universitaires et autres business économistes en liaison avec le gouvernement comme Arthur Laffer qui a fort justement bien exprimé que l’argent sain est le premier pilier des Reaganomics.

Ensuite, les hommes (et les femmes !) politiques de la zone euro qui laissent se développer cet argent non gagné en distribuant des revenus indus par l’instauration de diverses aides dites sociales et en n’adoptant pas les lois et règlements nécessaires au bon fonctionnement des marchés.

Comme je l’ai déjà écrit à maintes reprises, l’éclatement nécessaire de la bulle en M1 ne peut pas se faire en douceur. Pour l’instant, les corrections n’affectent que certains pays de la zone euro avec une récession durable et un taux de chômage de 25 % de la population active.

Comme cette hypertrophie de la masse monétaire passe par l’intermédiaire des banques, leurs bilans devraient donner de bonnes indications sur les risques encourus.

Avec un leverage de 33,9 il était prévisible que Laiki Bank disparaisse à la moindre secousse tellurique à Chypre. Les nuls en connaissances bancaires qui ont prêté ou déposé de l’argent dans cette banque sont effectivement responsables de leur ignorance et doivent logiquement en supporter les pertes.

Ils n’avaient qu’à suivre les bons conseils préconisés par ce bon vieux Greenspan (et repris en particulier par moi) au lieu de faire confiance aux idiots nuisibles et à ces banksters.

Il en sera de même inévitablement un jour avec nos péquenots du Crédit Agricole dont le leverage culmine à 70,6 ! et avec les mécanos de la Générale dont le leverage réel est de 33,1.

Par contre, avec un leverage de 19,1 Bank of Cyprius donnait l’impression d’une relative fiabilité mais comme son bilan n’affiche curieusement pas de goodwill, il est a priori suspect.

En fait, une mention absconse dans son dernier communiqué précise que la banque considérait qu’elle n’avait pas à faire état fin décembre 2012 d’écarts d’acquisition, mais euh, ben… qu’il ne faudrait pas s’étonner qu’il y en ait un jour en cas de secousses bancaires !


Effectivement, c’est ce qui s’est produit.

Là aussi, les autorités bancaires et les dirigeants de cette banque sont responsables car tous ces gens savaient que les chiffres publiés ne donnaient pas une image fidèle de la réalité comme le montre le fait qu’il aura fallu apporter… 17 milliards d’euros pour combler le trou de ces deux banques !

Les comptes de Bank of Cyprius sont certifiés par Ernst & Young qui aurait dû… ne pas les certifier en l’état. Ernst & Young est donc également l’un des responsables des pertes supportées par Bank of Cyprius et devrait en supporter les conséquences comme Arthur Andersen avec Enron.

Les personnes qui ont prêté ou déposé de l’argent dans cette banque ne sont pas responsables des pertes et ne devraient donc pas les supporter, et encore moins les contribuables euro-zonards.

Il en est de même en Slovénie avec NLB et NKBM certifiées elles aussi par… Ernst & Young : les 7 milliards d’euros de pertes répertoriées par le FMI ne sont pas comptabilisés dans les bilans de ces deux principales banques !

Le plus grand désordre règne dans les banques de la zone euro car les règles de bonne gestion ne sont pas appliquées ni même en vigueur.

Et pourtant, tout est simple : les banques doivent respecter un leverage réel inférieur à 10 (cf. mes analyses), les comptes doivent donner une image fidèle de la réalité.

Tout contrevenant doit être sanctionné, condamné. Les victimes doivent être indemnisées, les ignares doivent supporter les conséquences de leur ignorance.

Un minimum de culture bancaire est indispensable maintenant dans un monde fortement bancarisé.

Cliquer ici pour accéder au dernier rapport financier de Bank of Cyprius.

Mots-clés: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

33 réponses à “€ffondrement, banques et responsabilités”

  1. BA dit :

    On vient de me raconter une blague excellente !

    Elle est excellente, mais elle est horrible !

    A la porte de l’Enfer, il y a Satan qui accueille la population de Chypre.

    Satan leur dit :

    « Entrez, Chypre, entrez ! Installez-vous à côté de la population de la Grèce ! Entrez, Chypre, entrez ! C’est par ici ! Et dépêchez-vous ! Plus vite ! Allons, allons, dépêchez-vous ! il y a la Slovénie qui attend derrière ! »

    http://www.romandie.com/news/n/_Slovenie_un_conseiller_du_FMI_pressenti_pour_diriger_la_Banque_centrale76280320130038.asp?

  2. merio dit :

    M.Chevalliez,une petite question Crédit Agricole Suisse est-elle dans le même groupe Français,ou il y a séparation des risques?

  3. jerome dit :

    Le problème Chyrpriote ne s’arrête pas qu’à un problème de banques. Il y aurait aussi une raison politique
    à savoir, embêter les Russes. Je vous invite à lire cet autre aspect de la question Chypriote. Cela me semble
    tout à fait plausible.

    http://leblogalupus.com/2013/03/25/les-clefs-pour-comprendre-chypre-la-vraie-currency-war-est-declaree-par-bruno-bertez/#more-52567

  4. caplain dit :

    Bonjour,

    Mr Chevalliez, vous aviez même dit après rectification pour le Crédit Agricole
    « Ainsi, le leverage réel de Crédit Agricole passe de 62,9 à… 70,6 fin 2012 !!! »

    http://chevallier.biz/2013/02/credit-agricole-2012-correctif/

    Bon, à ce niveau là…

    • jp-chevallier dit :

      Euh, ben oui… C’est encore mon mulot qui n’a pas fait la mise à jour… La modif est faite, merci !

      • BFA dit :

        Les journaliers-travailleurs de ce Site ne vous ont pas attendu Caplain ! ; et dans la foulée JP a grondé son mulot et réparé, tout en remerciant celui qui avait signalé les frasques du petit animal. Bien cordialement.

  5. mescalito22 dit :

    M.Chevalliez,une petite question Crédit Agricole Suisse est-elle dans le même groupe Français,ou il y a séparation des risques?
    Oui? quelle est la réponse ?

  6. Julien dit :

    …….Note n°26 écrit en police 5,5 du rapport annuel audité/validé/certifié par Ernst & Young…………

    « Bonjour. Nous, sommités auto-proclamées de la compta, attestons de la véracité et de la conformité des comptes », bla bla bla, en introduction du rapport annuel. Soit.

    Et puis note n°26 rajoutée par la banque sur le rapport audité/validé/certifié par E&Y, page 2.687 : « alors en fait, vous allez rire, mais on a mis un chiffre qui ne veut rien dire, tout peut être changé selon comment souffle le vent ; crise, pas crise, tout ça tout ça ».

    Ok. Tout va bien donc.

    C’est donc ça un rapport audité/validé/certifié.

    Arthur Andersen a trépassé, c’est bien de le rappeler…. en fait, ce furent des visionnaires du bidouillage récompensés comme il se doit par la justice US : démantèlement.

    Le jour où on verra ça dans notre vertueuse Europe……..

  7. Nico dit :

    Bien que vous le fassiez avec beaucoup d’implication, voire de pugnacité, l’exercice qui consiste à calculer des ratios à partir des bilans des banques paraît être d’un intérêt limité en pratique (pas en théorie bien sûr) puisqu’il semble que lesdites banques peuvent publier à peu près tout et n’importe quoi en mettant les chiffres qu’elles veulent où elles le veulent (ou presque). Comme dans beaucoup de domaines, appliquer une règle de calcul correcte à des données imparfaites n’amène qu’un résultat difficilement interprétable. Vous l’expliquez vous même au sujet des deux principales banques chypriotes.

    Vu que tout semble s’accélérer ces derniers temps, j’allais vous demander de passer un peu de temps sur les banques françaises non systémiques, de façon à établir un panorama un peu plus complet que BNP, SG, CA et CM que vous traitez régulièrement, mais à la réflexion c’est assez vain… ou en tout cas largement insuffisant comme indicateur de solidité d’une banque.

      • BFA dit :

        @ Nico : en toute sympathie et avec tout mon respect, il y a « une case » qui n’arrive pas à s’ouvrir chez vous. Je le comprends fort bien, après toutes ces décennies d’insidieuses « lobotomisations » que l’on nous fait subir !. le traitement est d’ailleurs traitement crasse qu’il nous en fait perdre toute cohérence !.
        Bien amicalement.

  8. MAgaja dit :

    Je vous rappelle ce que je disais il y a très peu de temps.
    Pour connaître le positionnement des initiés il suffit de surveiller non pas les taux des cochons des pays du club med, mais leur CDS qui reflète bien mieux la réalité.
    Les CDS sur l’oat 5 ans français a pris 14% en 5 jours….. rien que ça.
    A ce rythme on atteindra d’ici 2 mois les plus hauts atteints lors du début de la crise.

    A suivre.

  9. artiste dit :

    Avez vous une analyse des banques du LUxembourg dont on dit qu ‘il s’agit d’un paradis fiscal et notamment
    de la banque et caisse d’épargne de l’état de Luxembourg ,un coup comme Chypre est il possible.

  10. BA dit :

    Slovénie :

    PIB de la Slovénie : 35,719 milliards d’euros.

    Créances irrécouvrables des banques slovènes : 7 milliards d’euros, soit 20 % du PIB de la Slovénie.

    Parmi les anciens pays communistes, la Slovénie, ex-élève modèle de l’Union européenne et de la zone euro qu’elle a intégrée en 2007, est tombée en récession en 2012 et devrait y rester en 2013. Son système bancaire est confronté à une montagne de créances pourries (7 milliards d’euros, selon un rapport du FMI).

    Lisez cet article :

    Après Chypre, les marchés voient la Slovénie menacée à son tour.

    Si le cas chypriote est présenté par un certain nombre de responsables européens comme « exceptionnel », la gestion du plan d’aide accordé à Nicosie pourrait avoir de lourdes conséquences pour la Slovénie, dont le secteur bancaire montre d’inquiétants signes de fragilité.

    Les rendements des emprunts slovènes à deux ans ont bondi jeudi à près de 7%, dépassant ainsi ceux des emprunts à dix ans, signe que les investisseurs commencent à juger que le risque de défaut est élevé.

    La Slovénie a placé en octobre 2012 sa première obligation à 19 mois, et l’ancien Premier ministre Janez Jansa a prévenu que le pays devrait émettre de nouveaux titres d’ici le 6 juin, date à laquelle 907 millions d’euros de dette à 18 mois arriveront à maturité.

    Le précédent chypriote, par lequel certains déposants ont été lourdement taxés pour permettre à Nicosie d’obtenir une aide de ses partenaires, laisse craindre qu’une situation semblable se produise en Slovénie.

    « Pour eux, juin, c’est encore loin, ils doivent donc faire quelque chose », juge Tim Ash, responsable des marchés émergents chez Standard Bank.

    « Il devient de plus en plus probable qu’ils devront commencer à discuter avec le FMI et la Troïka sur la question d’un plan d’aide. »

    http://bourse.lesechos.fr/forex/infos-et-analyses/apres-chypre-les-marches-voient-la-slovenie-menacee-a-son-tour-866793.php

  11. faram dit :

    Bonsoir Monsieur Chevallier

    Que pensez vous des Bitcoins ?
    Pouvez vous nous en parler?

    http://www.businessinsider.com/price-of-a-bitcoin-passes-90-dollars-2013-3

    Merci
    faram

  12. georges foto dit :

    Clairement donc, l’Ordonnance du 30 août de la Finma veut mettre les contribuables, qui ne seraient pas épargnants d’une banque en difficulté, à l’abri d’un sauvetage éventuel, dans la mesure du possible, estimant que les contribuables n’ont pas à payer pour cette entreprise avec leurs impôts. Les actionnaires et créanciers de la dite banque sont en revanche des « stakeholders », ou parties prenantes, à cette banque, et au final, les épargnants de la même banque le sont aussi, mais seulement en dernier ressort, suivant un ordre de subordination clairement précisé. Tel est le raisonnement qu’a suivi l’autorité bernoise.
    La différence, par rapport à Chypre, c’est que les mesures helvétiques sont destinées au cas spécifique d’une banque particulière en difficultés, et non à tout le système bancaire, ni à l’Etat. A Chypre, le plan décidé avec la troïka vise à sauver à la fois l’Etat et les banques. Alors qu’en Suisse, le cadre a été clarifié pour les cas de faillites individuelles et non pour renflouer la Confédération, même s’il est évident qu’une crise systémique impliquant les deux grandes banques, par exemple, mettrait aussi en première ligne la Confédération et donc les contribuables suisses.
    http://www.admin.ch/ch/f/rs/9/952.05.fr.pdf
    http://www.bilan.ch/argent-finances-les-plus-de-la-redaction/avant-chypre-la-suisse-avait-prevu-de-taxer-ses-deposants

  13. MAgaja dit :

    Très intéressant de lire le partage réalisé. J’étais ce jour à l’assemblée générale d’une AMAP (en gros association de particulier ou on choisit un maréché bio pour se fournir en fruits et légumes et autres (viandes, oeufs, froamges etc..) ) et lors de celle ci un des marécher préchait pour le crédit coopératif. J’ai du apporter quelques précisions, car à écouter le discours, c’était un centrale de bénévoles qui mettaient de l’argent en commun pour financer des projets bio… De plus le mec du crédit coopératif préchait aux maréchers que le crédit agricole était foutu (certe c’est vrai) et qu’il fallait changer de crèmerie (mais pour pas mieux lol).
    J’ai entendu par contre de belles choses à cette assemblée, dont la cagnotte solidarité, tenue par les AMAP, et mise à disposition pour permettre le maintien de l’activité des maraîchers locaux bio. Exemple on a voté de créer cette cagnotte, pour permettre éventuellement à un de nos maraîchers de mettre en place une serre tunnel en la finançant… ca va nous couter 10 euros par adhérents en gros pour permettre le maintien de l’activité compte tenu en fait des problèmes climatiques….
    Bien plus intéressant que si le maraîcher va se financer au crédit labridole ou à la BPContreux.

    Bref ce sera un prêt à taux 0 sur 1 an.

    J’ai poussé pour ce genre d’initiative. Mais j’ai pu apporté quelques précisions sur le diable qui se cache dans les détails ;)

    Olivier

  14. BFA dit :

    Il est très clair maintenant en €Zone que les Etats en faillite et donc ne pouvant pas sauver « leurs » banques, elles mêmes en faillite, mettront les déposants de celles ci à contribution.
    Celà a été dit de façon alambiquée concernant Chypre ( encore une exception dite économique dans l’€Z !!!! whouaff ! ).
    En France, y’a une grosse cloche fraichement élue qui vient seulement de le découvrir ! ( discours du 28 mars au soir ).
    Attendons la suite !….

    Bonnes Fêtes de Pâques à Tous.

  15. Julien dit :

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/03/31/20002-20130331ARTFIG00101-christine-lagarde-encensee-par-le-magazine-time.php

    Lagourde encensée par Time Magazine… la désinformation soigneusement orchestrée… Ils sont forts ces Ricains pour foutre le bazar chez les autres sans avoir l’air d’y toucher….

    Encore plus efficace qu’un Ahmanidejad ou d’un Saddam Hussein…. diviser pour mieux régner. Du Grand Art !

  16. merio dit :

    Est ce que je me trompe si je dis que le Crédit Agricole Suisse à 20 de leverage,5 milliards d’actif pour 250millions de fond propre???

  17. billdebt dit :

    Mr Chevallier,

    Peut on espérer une mise à jour de votre classement des banques les plus sures, je n’en vois pas sur votre site depuis 2011.
    Merci par avance,
    Bruno

Commenter