23 août 2013 12

Monétarisme / Keynes et la richesse des nations

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis

Depuis des décennies, en temps de crise, la gauche keynésienne veut toujours restaurer la croissance en augmentant les dépenses publiques sans augmenter d’autant les impôts, ce qui creuse les déficits de l’Etat en prétendant que la croissance revenue permettra de rembourser les emprunts publics.

Notre ami Fred de Saint Louis semble leur donner raison : sur la longue période, depuis 1930, les revenus réels disponibles des Américains par tête augmentent quand les déficits publics augmentent (en pourcentage du PIB), et inversement,

Document 1 :

Les courbes de tendance sont ici polynomiales d’ordre 4.

Les rares exceptions étant la période 1998-2001 au cours de laquelle le budget fédéral a été excédentaire du fait que Bill Clinton refusait d’augmenter les dépenses publiques sans diminuer les impôts et la période récente.

Ces statistiques sont trompeuses car elles signifient que, quand l’Etat donne de l’argent non gagné, les citoyens ont certes davantage d’argent. Ils sont en apparence plus riches mais cette richesse repose sur de la création monétaire dont la conséquence logique est une diminution de la croissance du PIB au cours de la période suivante, ce qui expliquerait la situation actuelle : la part de l’épargne (agrégat M2-M1) est trop élevée, en gros de 10 % par rapport au PIB,

Document 2 :

Ce sont ainsi 1 500 milliards de dollars environ d’argent non gagné qui se trouvent en excédent dans les caisses d’épargne qui constituent la grande partie des 2 200 milliards de dollars déposés à la Fed et qui sont utilisés pour racheter des bons du Trésor,

Document 3 :

Cette hypertrophie de la masse monétaire est adroitement utilisée actuellement pour faire baisser les taux, ce qui relance effectivement la croissance mais la solution serait un assainissement de cet argent excédentaire par une vigoureuse diminution de la dette publique.

La situation est pire au Japon qui accumule une dette proche de 250 % du PIB le condamnant à une croissance molle durable (en fait une déflation longue) à cause d’une hypertrophie de M3-M2.

Le pire est évidemment la solution grecque : ne pas payer la dette publique, ou la faire payer par d’autres, les Allemands et des banques imprudentes.

La solution optimale est bien sûr donnée par les petits Suisses dont les dépenses publiques réduites à l’optimum sont couvertes par les impôts.

L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics.
Tout est simple.

Mots-clés: , , , , , , , ,

12 réponses à “Monétarisme / Keynes et la richesse des nations”

  1. Ben dit :

    une fois éloigné de la solution optimale, il ne reste que la pire au passage..

  2. Julien dit :

    L’interventionnisme de l’état ne saute pas aux yeux pour autant, Outre-Atlantique…
    Comment s’attaquer au budget fédéral ? La Défense ?….

    • Joachim dit :

      Si ca ne saute pas aux yeux, regardez la dernière image de l’infographie suivante :

      http://demonocracy.info/infographics/usa/us_government_budget/us_govt_budget.html

      La défense est certes le premier poste de dépense (le petit joujou qui permet à l’once Sam de châtier les pays qui veulent se passer du dollar… isolationnisme sniff…), mais après : health care, social security et welfare, très loin devant les transports, l’éducation, etc. Ca vous la coupe ? Les USA des Pères Fondateurs, c’est fini depuis très très longtemps, réveillez-vous (sinon, je serais le premier à demander ma green card…).

      • Julien dit :

        @ joachim : entre « périmètre des missions de l’Etat » et « interventionnisme à la Française », il y a un gouffre.

        Et merci pour le ton péremptoire, ça fait progresser le débat…

  3. Julien dit :

    Sinon, remonter jusqu’à 1930… la vache…

  4. Joachim dit :

    Tiens donc Mr Chevallier, il y a encore 10 jours, lorsqu’un certain Pierre prétendait « qu’il n’y a pas de création monétaire aux Etats-Unis tant que ceux-ci ne font pas défaut (sic) », vous acquiesciez (et je passe le nombre d’article vantant l’argent sain aux USA). Maintenant vous reconnaissez qu’il existe (au moins) 1500 milliards d’argent non gagné ? Pourquoi ce changement soudain, que je salue d’ailleurs ?

  5. BA dit :

    Dette publique de l’Allemagne : 81,2 % du PIB, soit 2150 milliards d’euros. Je dis bien : 2150 milliards d’euros.

    Vendredi 23 août 2013 :

    « Euro-rettung, die rechnung, bitte ! »

    « Sauvetage de l’euro, l’addition s’il vous plait ! »

    Après l’annonce du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble d’un probable nouveau plan d’aide à la Grèce après 2014, le Handelsblatt consacre un dossier à « l’addition » que les Allemands doivent payer pour le sauvetage de l’euro.

    Le quotidien économique allemand critique Angela Merkel, qui s’était dite « incapable d’indiquer le montant du sauvetage de l’euro ».
    « La chancelière poursuit visiblement un but cet été : garder le calme sur le front de l’euro », commente le Handelsblatt, qui a fait ses propres calculs.
    Selon le journal, il en coûte à l’Allemagne quelque « 150 milliards d’euros, dont 42 devraient être rendus disponibles très vite. »

    Handelsblatt pose quelques questions urgentes :
    Est-ce que la politique de Merkel sauve le continent, ou est-ce qu’elle ne fait qu’apporter de la douleur ?
    Quels sont les coûts du sauvetage de l’euro pour le pauvre brave contribuable allemand ?
    L’Allemagne se surestime-t-elle, en voulant sauver la monnaie unique ?

    La une du Handelsblatt :

    http://www.presseurop.eu/files/130823handelsblatt.jpg

    Article en langue française :

    http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief/4079821-sauvetage-de-l-euro-l-addition-s-il-vous-plait

  6. Explorer dit :

    Merci pour cet article pertinent ;)

  7. DIDIER dit :

    Bonjour,

    En 2011, j’avais fait des calculs sur ce que coûterait à l’Allemagne une sortie de l’Euro ou le contraire.

    J’arrivais à environ 450 MM€ +/- 30 MM€ dans les deux cas, sur les 4 années suivantes.

    En restant: financement des pays du Sud, mais 160 MM€ d’excèdent commercial par an.
    En sortant: excèdent ramené à zéro + turbulences économie domestique + 100 MM€ one-shot pour stabiliser les banques, mais plus otage des pays du Sud.

    J’avais pris 4 ans, car:
    1) c’était mon estimation de la durée du choc de compétitivité suite à l’affaiblissement des devises du Sud. Après 4 ans, l’effet s’estompe, car les pays du Sud se reposent sur leurs lauriers / les Allemands font des efforts de compétitivité / les Allemands ont des industries en « pricing power ».
    2) on n’a pas de visibilité sur ce que pourrait coûter le soutien à l’Euro et aux pays du Sud après quelques années.

    Je n’ai pas actualisés ces calculs depuis, mais cela n’a pas dû changer tellement, sinon que l’Allemagne a dû dépenser encore un peu plus pour l’Europe.

    Toute cela pour dire que:

    1) La réponse pour les Allemands est essentiellement POLITIQUE et non financière.

    2) Les Allemands absorbent le coût de la sortie en trois ans d’excédent commercial. Le temps joue pour eux.

    3) Si l’excèdent commercial venait à faiblir, la sorite deviendrait inévitable, cas les finances de l’état et des banques allemandes ne sont pas bonnes.

    Le discours d’Angela MERKEL sera des plus intéressants à suivre, à l’approche des élections. Elle sera à l’écoute de son peuple.

    Cordialement.

  8. BA dit :

    Mardi 27 août 2013 :

    La Grèce perturbe la campagne de Merkel.

    Le sauvetage de l’euro s’invite dans la campagne. Le parti eurosceptique AfD en profite.

    « Nous parlons d’argent que, si ça tourne mal, la génération de nos enfants devra payer pendant trente ans », s’est ému Walter Kohl, qui n’est autre que le fils de l’ancien chancelier chrétien-démocrate (CDU) Helmut Kohl. Il trouve « irresponsable » la politique d’Angela Merkel, que son père surnommait « la fille ». Sa position, à moins d’un mois des élections, fait partie d’un bruit de fond potentiellement dangereux pour la chancelière, dont la campagne devait être un long fleuve tranquille.

    Ce plan a basculé la semaine dernière, lorsque le ministre des Finances a reconnu qu’Athènes aurait besoin d’une rallonge financière. Un cauchemar pour les contribuables allemands, qui se perçoivent comme les victimes de la crise. « Il devra y avoir un nouveau programme d’aide à la Grèce », a déclaré Wolfgang Schäuble.

    Depuis, le sujet qui devait rester tabou fait la une des journaux, qui rappellent avec délectation les promesses non tenues du gouvernement sur le coût des mesures d’aide aux pays en crise. « Sauvetage de l’euro : l’addition s’il vous plaît ! », a titré le quotidien économique « Handelsblatt » avec une caricature d’Angela Merkel en Pinocchio.

    « Jusqu’ici, la CDU était parvenue à ce que la Grèce ne soit pas un sujet dans la campagne et il menace maintenant de se transformer potentiellement en avalanche », estime Tilman Mayer, professeur de sciences politiques à l’université de Bonn.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202966559090-la-grece-perturbe-la-campagne-de-merkel-598088.php?xtor=RSS-2132

    Dette publique de l’Allemagne : 81,2 % du PIB, soit 2150 milliards d’euros. Je dis bien : 2150 milliards d’euros.

    L’Union Européenne, c’est des pays surendettés qui se surendettent encore plus, pour pouvoir prêter de l’argent à des pays en faillite qui ne les rembourseront jamais.

    L’Union Européenne, c’est un suicide collectif.

Commenter