27 décembre 2013 1

EBA : leverage réel des banques de la zone euro

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques : Banques Européennes

Le leverage, ou son inverse, le ratio dit Core Tier 1, est le meilleur indicateur de la solidité des banques d’après ce bon vieux Greenspan car il est simple et facile à calculer et à interpréter, et surtout, il est fiable : en effet, on observe toujours que les banques qui ont un bon leverage (moins de 10) n’ont jamais de cadavres planqués dans leurs placards (c’est-à-dire qu’elles ne risquent pas de faire faillite) parce qu’elles sont gérées correctement, précautionneusement, en respectant les règles prudentielles d’endettement qui s’imposent à tout banquier sérieux.

Pour déterminer le bon leverage des banques et faire des comparaisons internationales, le problème essentiel est de déterminer le montant réel des véritables capitaux propres car beaucoup de banksters, en publiant des chiffres qui ne donnent pas une image fidèle de la réalité, cherchent à faire croire à toute personne extérieure que leur établissement est vertueux alors qu’il n’en est rien.

Le montant réel des véritables capitaux propres correspond en fait au concept généralement connu sous l’expression d’actifs nets dits tangibles qui sont égaux au montant des capitaux propres publiés, sans les minoritaires, ni les écarts d’acquisition (goodwill) ni bien sûr les titres folkloriques comme les titres subordonnés voire super-subordonnés franchouillards ou les Cocos helvètes.

Le reste du bilan est constitué par définition de dettes. Tout est simple.

J’utilise cette méthode d’analyse préconisée par ce bon vieux Greenspan, et aussi par Axel Weber (qui utilise l’expression d’actifs dits non pondérés) et par beaucoup d’autres personnes, y compris récemment par l’Autorité Bancaire Européenne (EBA), ce qui montre une fois de plus l’intérêt de mes analyses (ceci étant précisé contre les critiques de mes détracteurs ignares ou de mauvaise foi).

Les écarts entre les chiffres mirobolants publiés par certaines banques et la réalité sont parfois impressionnants.
Ainsi, pour les 4 Gos banques françaises, les chiffres retenus par l’EBA montrent que leur situation est pire que celle que j’ai déterminée (JPC),

Document 1 :

Sté GénéraleEBAJPC
1 Assets1 254,101 254,10
2 Equity49,41349,413
3 TSSDI6,1046,104
4 Goodwill8,3876,169
5 Tangible eq34,92237,14
6 Liabilities1 219,181 216,96
7 Leverage (µ)34,932,8
8 Core Tier 1 (%)2,863,05

Sommes en milliards d’euros.

Document 2 :

BNPEBAJPC
1 Assets1 855,621 861,34
2 Equity86,64486,136
3 TSSDI7,2297,229
4 Goodwill10,77710,488
5 Tangible eq68,63868,419
6 Liabilities1 786,981 792,92
7 Leverage (µ)2626,2
8 Core Tier 1 (%)3,83,8

Document 3 :
BPCEEBAJPC
1 Assets1 161,641 161,64
2 Equity52,04352,043
3 TSSDI--
4 Goodwill11,2024,265
5 Tangible eq40,84147,778
6 Liabilities1 120,801 113,86
7 Leverage (µ)27,423,3
8 Core Tier 1 (%)3,64,3

Document 4 :
Cdt Agri GroupEBAJPC
1 Assets1 944,171 944,17
2 Equity72,53172,531
3 TSSDI--
4 Goodwill20,72314,676
5 Tangible eq51,80857,855
6 Liabilities1 892,361 886,31
7 Leverage (µ)36,532,6
8 Core Tier 1 (%)2,73,1

Il en est de même pour les autres banques de la zone euro, à l’exception de Santander qui publie pourtant un goodwill de 23,878 milliards d’euros non retenu par l’EBA,

Document 5 :

Document 6 :

SantanderEBAJPC
1 Assets1 223,121 223,12
2 Equity71,29971,299
3 TSSDI--
4 Goodwill16,94923,878
5 Tangible eq54,3547,421
6 Liabilities1 168,771 175,70
7 Leverage (µ)21,524,8
8 Core Tier 1 (%)4,74

Document 7 :

Document 8 :
Deutsche BankEBAJPC
1 Assets1 909,881 909,88
2 Equity57,73557,735
3 TSSDI--
4 Goodwill16,06214,223
5 Tangible eq41,67342,592
6 Liabilities1 868,211 867,29
7 Leverage (µ)44,843,8
8 Core Tier 1 (%)2,22,3

Document 9 :

Document 10 :
UnicreditEBAJPC
1 Assets889,632889,632
2 Equity63,28163,281
3 TSSDI--
4 Goodwill16,39611,567
5 Tangible eq46,88551,714
6 Liabilities842,747837,918
7 Leverage (µ)1816,2
8 Core Tier 1 (%)5,66,2

Document 11 :

Document 12 :
ING BankingEBAJPC
1 Assets829,933829,933
2 Equity34,42434,424
3 TSSDI--
4 Goodwill1,5761,577
5 Tangible eq32,84832,847
6 Liabilities797,085797,086
7 Leverage (µ)24,324,3
8 Core Tier 1 (%)4,14,1

Tout est simple.
Cliquer ici pour lire les documents de l’EBA.

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Une réponse à “EBA : leverage réel des banques de la zone euro”

  1. [...] " Le leverage, ou son inverse, le ratio dit Core Tier 1, est le meilleur indicateur de la solidité des banques d’après ce bon vieux Greenspan car il est simple et facile à calculer et à interpréter, et surtout, il est fiable : en effet, on observe toujours que les banques qui ont un bon leverage (moins de 10) n’ont jamais de cadavres planqués dans leurs placards (c’est-à-dire qu’elles ne risquent pas de faire faillite) parce qu’elles sont gérées correctement, précautionneusement, en respectant les règles prudentielles d’endettement qui s’imposent à tout banquier sérieux.Pour déterminer le bon leverage des banques et faire des comparaisons internationales, le problème essentiel est de déterminer le montant réel des véritables capitaux propres car beaucoup de banksters, en publiant des chiffres qui ne donnent pas une image fidèle de la réalité, cherchent à faire croire à toute personne extérieure que leur établissement est vertueux alors qu’il n’en est rien.Le montant réel des véritables capitaux propres correspond en fait au concept généralement connu sous l’expression d’actifs nets dits tangibles qui sont égaux au montant des capitaux propres publiés, sans les minoritaires, ni les écarts d’acquisition (goodwill) ni bien sûr les titres folkloriques comme les titres subordonnés voire super-subordonnés franchouillards ou les Cocos helvètes.Le reste du bilan est constitué par définition de dettes. Tout est simple.J’utilise cette méthode d’analyse préconisée par ce bon vieux Greenspan, et aussi par Axel Weber(qui utilise l’expression d’actifs dits non pondérés) et par beaucoup d’autres personnes, y compris récemment par l’Autorité Bancaire Européenne (EBA), ce qui montre une fois de plus l’intérêt de mes analyses (ceci étant précisé contre les critiques de mes détracteurs ignares ou de mauvaise foi).Les écarts entre les chiffres mirobolants publiés par certaines banques et la réalité sont parfois impressionnants.Ainsi, pour les 4 Gos banques françaises, les chiffres retenus par l’EBA montrent que leur situation est pire que celle que j’ai déterminée (JPC),.."  [...]

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