17 février 2016 4

Crédit Agricole 4° trimestre 2015

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques : Banques françaises

O miracle ! Nos péquenots du Crédit Agricole continuent à donner l’impression d’avoir enfin presque compris eux-aussi (après d’autres banksters de big banks too big to fail)… ce que j’explique depuis des années, à savoir que l’essentiel pour les banques est qu’elles doivent respecter les règles prudentielles telles qu’elles ont été édictées par ce bon vieux Greenspan : un leverage réel non pondéré des actifs calculé avec le montant des capitaux propres réels (les actifs nets tangibles, sans les écarts d’acquisition), ou son inverse, le ratio Core Tier 1 comme le préconisent aussi la BRI, Axel Weber, l’EBA, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal et la CRR/CRD IV…

Ils publient un slide montrant que le montant de leurs capitaux réels est de… 69,7 milliards d’euros pour ce dernier trimestre…

Document 1 :

… ce qui est loin du montant des capitaux propres publiés,

Document 2 :

En reprenant les bons chiffres, le multiple d’endettement réel, mon µ, le leverage est de 23,4 ce qui correspond à un ratio Core Tier 1 réel de 4,3 % pour ce dernier trimestre,

Document 3 :

Cdt Agric Groupe2014 Q42015 Q12015 Q22015 Q32015 Q4
1 Assets1 762,701 803,301 703,001 701,101 698,90
2 Equity86,789,389,290,792,9
3 Deductions88,18,38,79
4 Goodwill1414,314,214,214,2
5 Tangible eq64,766,966,767,869,7
6 Liabilities1 698,001 736,401 636,301 633,301 629,20
7 Leverage (µ)26,22624,524,123,4
8 Core Tier 1 (%)3,813,854,084,154,28

Sommes en milliards d’euros.

Il faudrait augmenter les capitaux propres du groupe Crédit Agricole de… 85 milliards d’euros pour respecter la règle prudentielle d’endettement de ce bon vieux Greenspan ou diminuer les dettes de… 930 milliards !

La capitalisation boursière de CASA d’une vingtaine de milliards d’euros, largement inférieure à ses actifs tangibles (69,7 milliards) montre que les spéculateurs avisés se méfient de cette bad bank dont le cours peut encore replonger

Document 4 :

Comme je l’ai déjà écrit, Les péquenots du Crédit Agricole montrent une fois de plus que le leverage est bien le problème le plus important pour cette banque comme pour les autres, comme je le répète à maintes reprises.

Il est donc vraiment étonnant que ces idiots notoires aient enfin presque compris ce qui est une évidence pour toute personne sensée… mais les progrès sont beaucoup trop lents.

Comme je l’ai déjà écrit, a priori, ce sont les clients et les salariés du Crédit Agricole qui vont renflouer la banque, en espérant que ce ne soit pas… les contribuables.
La grosse différence entre les Etats-Unis et l’Europe, dont la France, est que les autorités américaines n’hésitent pas à flinguer les grandes banques qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement telles qu’elles ont été édictées par les gens de la Fed et en particulier par ce bon vieux Greenspan, tandis qu’en Europe, et surtout en France, les dirigeants des Gos banques font ce qu’ils veulent, et le résultat est catastrophique comme le montre le marché interbancaire qui est totalement bloqué, la BCE étant obligée de s’y substituer, ce qui a des conséquences dramatiques, en accentuant et en prolongeant la crise.
Enfin, nos péquenots qui bricolent avec le crédit ne parlent évidemment pas des dizaines de milliards d’euros qu’ils obtiennent (quasiment gratuitement) de la Banque de France en mettant chaque jour des titres en pension dans le cadre des Titres de Créances Négociables, d’après les chiffres de la Banque de France et d’autres milliards encore de la BCE pour lesquels aucune information n’est donnée.

Tout le reste est mauvaise littérature pour idiots inutiles voire nuisibles qui font confiance à leurs Gos banques.
Pour l’instant, tout va bien : pas de tsunami bancaire
.

Cliquer ici pour lire le rapport financier du Crédit Agricole S.A. d’où sont tirées ces informations.

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4 réponses à “Crédit Agricole 4° trimestre 2015”

  1. banville dit :

    Suite à la loi effective depuis janvier 2016, les contribuables seront épargnés en cas de faillite bancaire! pas sûr que les actionnaires et détenteurs de dépôts y trouvent leur…….compte !

  2. banville dit :

    et voilà ce que je lis sur le site de mr Jovanovic

    JEAN-PIERRE CHEVALIER ATTAQUE EN DIFFAMATION PAR LA BANQUE DE FRANCE
    du 16 au 20 février 2016 : De notre lecteur Mr Caget: « La Banque de France a attaqué le blogueur Jean-Pierre Chevalier en diffamation pour un article publié sur son site à propos de l’or des banques centrales. Chevallier accuse la Banque de France de s’être approprié l’or de la France:  » ils mettent un soin particulier à induire en erreur le public en ne publiant pas clairement le montant des capitaux propres. Pour cela, ils ont imaginé une usine à gaz pour ne pas comptabiliser les pertes sur les variations du cours de l’or dans le résultat exceptionnel au moyen de ces réserves de réévaluation des réserves en or! L’or demeure donc toujours comptabilisé à l’actif de la Banque de France comme s’il lui appartenait encore ! », lire son article complet iciet qui aurait pu être dans mon livre 666.

    La réponse n’a pas tardée: La Banque de France a assigné Mr Chevalier pour une fausse raison! Et la banque a perdu son procès. « Nuls, nuls, archi nuls sur toute la ligne, les gens de la Banque de France ont fait de grosses erreurs, non seulement dans la présentation de leurs résultats, mais aussi sur le plan juridique.

    En fait ces gens-là n’ont pas supporté qu’une personne compétente ait pu contester leurs résultats tout en les ridiculisant. L’affaire s’est donc arrêtée là, ce qui est d’une certaine façon un peu dommage car il aurait été intéressant de l’examiner sur le fond. Il serait alors apparu, entre autres, que l’avocat de la Banque de France, ancien bâtonnier, et le service juridique de la banque, se sont monumentalement trompés d’article en me poursuivant en diffamation à l’encontre de personnes privées alors qu’il s’agissait de personnes publiques ! Par ailleurs, il aurait été intéressant d’exposer au Tribunal par quels moyens la Banque de France est parvenue à occulter ces pertes gigantesques de 32 milliards d’euros en 2013. La Banque de France et Christian Noyer, son gouverneur, nuls en droit, nuls en comptabilité, en finances, en économie, en comportement, ont été authentifiés, confirmés et jugés nuls par le Tribunal.

    Good…!

  3. BA dit :

    Depuis septembre 2008, pour éviter l’effondrement, toutes les banques centrales du monde injectent des centaines de milliards dans le secteur financier. Mais ces liquidités ne descendent pas en bas, dans l’économie réelle.

    Ces liquidités vont s’investir en haut : dans les actions, dans les obligations d’Etat, etc.

    En clair : ces centaines de milliards ont formé des gigantesques bulles boursières, des gigantesques bulles obligataires, etc, qui continuent de gonfler.

    Depuis septembre 2008, toute l’économie mondiale repose sur ces gigantesques bulles.

    Exemple : la bulle obligataire française.

    - Jeudi 18 février 2016, la France a lancé un emprunt à 3 ans. Résultat : la France va payer un taux d’intérêt négatif ! C’est – 0,31 % ! Les prêteurs vont payer la France sur cet emprunt !

    - La France a lancé un emprunt à 4 ans. Résultat : taux d’intérêt négatif ! C’est – 0,15 % ! La France gagne de l’argent quand elle emprunte !

    - La France a lancé un emprunt à 11 ans. Résultat : taux d’intérêt négatif ! C’est – 0,20 % !

    - La France a lancé un emprunt à 24 ans. Résultat : taux d’intérêt de 0,16 %.

    Source :

    http://www.romandie.com/news/Bonds-la-France-a-emprunte-un-total-de-8496-mrd-EUR-a-moyenlong-terme-jeudi/677806.rom

    En France, plus l’économie réelle s’effondre, plus la France s’endette … plus les taux d’intérêt baissent !

    En France, il y a une différence énorme entre la valeur théorique d’une obligation d’Etat et sa valeur réelle.

    Cette différence énorme, c’est une bulle.

    Quand cette bulle obligataire éclatera, la France tremblera.

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