12 mai 2016 12

Leverage réel des banques françaises, 1° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques : Banques françaises

Un récapitulatif du leverage réel des 4 Gos banques françaises à la fin de ce dernier trimestre montre clairement que la confiance ne peut pas régner dans le système bancaire en France comme en Europe car elles sont très loin de respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %,

Document 1 :

2016 Q1Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 745,301 711,412 121,021 367,906 945,63
2 Equity94,877,44198,54959329,829
3 Hybrid securities +10,25,75819,815,451,165
4 Goodwill14,27,78310,0494,536,564
5 Tangible equity70,463,968,739,1242,1
6 Liabilities1 674,901 647,512 052,321 328,806 703,53
7 Leverage (µ)23,825,829,93427,7
8 Core Tier 1 (%)4,23,883,32,943,6

Sommes en milliard d’euros.

Pour respecter les règles prudentielles d’endettement telles qu’elles ont été définies par ce bon vieux Greenspan, il faudrait globalement augmenter les capitaux propres de ces 4 Gos banques de… 425 milliards d’euros ou diminuer le total de leurs dettes de… 4 300 milliards !

Le total de leurs bilans représente plus de 3 fois le PIB annuel de la France (2 221 milliards d’euros).
Pire : il repose sur de l’argent non gagné (près de 500 milliards d’euros), c’est-à-dire sur de la création monétaire.

Quelques petits rappels : en suivant la même méthode d’analyse, Citigroup respecte ces règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Tier 1 supérieur à 10 %.
Les 8 plus grandes banques des Etats-Unis avaient au même trimestre globalement un leverage de 11,95 correspondant à un ratio Core Tier 1 de 8,37 % répondant aux exigences de la BRI dans les années 80.
Le total de leur bilan représente 58 % du PIB annuel américain.

Le multiple d’endettement de ces 4 Gos banques ne s’est pas amélioré en un an,

Document 2 :

2015 Q2Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 703,001 681,002 138,511 359,506 882,00
2 Equity89,273,392,07856,1310,706
3 Hybrid securities +8,34,16,46814,333,191
4 Goodwill14,27,811,0244,437,429
5 Tangible equity66,761,474,58637,4240,086
6 Liabilities1 636,301 619,602 063,921 322,106 641,91
7 Leverage (µ)24,526,427,735,427,7
8 Core Tier 1 (%)4,083,793,612,833,61

La situation s’est même détériorée par rapport au trimestre précédent,

Document 3 :

2015 Q4Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 698,901 666,841 994,191 334,406 694,33
2 Equity92,976,83296,26959325,001
3 Hybrid securities +95,57817,05313,144,731
4 Goodwill14,27,95410,316739,47
5 Tangible equity69,763,368,938,9240,8
6 Liabilities1 629,201 603,541 925,291 295,506 453,53
7 Leverage (µ)23,425,327,933,326,8
8 Core Tier 1 (%)4,283,953,633,7

Comme je l’ai déjà écrit, les banquiers, c’est-à-dire les cadres dirigeants de ces grandes banques connaissent très bien la gravité de la situation dans leur propre établissement, et il en est de même pour les autres. Ils n’ont donc pas confiance entre eux, c’est ce qui bloque le marché interbancaire.
Cependant, leurs groupes de pression ont réussi à faire adopter par les autorités des pays européens une usine à gaz de règles absconses de façon à mieux camoufler leurs errements létaux.

Ce problème n’est jamais abordé dans les médias ni officiellement dans les milieux financiers selon cette méthode. Elle a pourtant été (plus ou moins) clairement explicitée par ce bon vieux Greenspan et d’autres dont la BRI, Axel Weber, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni et même l’Union Européenne (dans sa directive CRD IV).
Je ne fais que reprendre leurs idées.

Pour l’instant, il n’y a pas encore eu de tsunami bancaire. Le marché interbancaire ne fonctionne plus. La crise rampante perdure, le désordre allant croissant.
La chute récente des cours des actions a montré que le système bancaire européen est très fragile, vulnérable à toute détérioration des marchés.

En fait, la nomenklatura bancaire européenne joue collectivement sa survie en maintenant des cours déconnectés de la réalité. De telles manips, ça marche un temps mais pas tout le temps.

Tout est simple.

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12 réponses à “Leverage réel des banques françaises, 1° trimestre 2016”

  1. ratel dit :

    bonjour.
    avec l’évolution de la règlementation bancaire européenne pourrait ne faudrait il pas comparer les bilans des banques françaises avec le PIB de la zone euro et non pas au PIB de la France ? merci

  2. ratel dit :

    vues les sommes engagées je serai curieux de voir ça ! pas sur que les traités soient respectées,bon enfin ce ne sont que supputations.

  3. ROQUET dit :

    Bonjour MR CHEVALIER
    Je suis d ‘accord avec vos chiffres mais le Leverage réel ne donne pas à manger au peuple la preuve .

    Le mirage américain?

    https://www.monfinancier.com/le-mirage-americain-23782.html

    • jp-chevallier dit :

      Les idiots ne raisonnent pas à partir de l’application de théories éco et financières ni sur des séries statistiques…

    • Pascal dit :

      Oui, aux US la situation n’est pas parfaite non plus, cependant et c’est le point de Mr Chevallier, la situation est catastrophique ailleurs…
      dans la situation actuelle, si les US eternuent alors l’europe fera une bronchite mortelle…

  4. Bertrand dit :

    Crédit agricole 8,65,attendre les 4,00 pour la faillite.

  5. JMB dit :

    Je voudrai vous remercier de porter à la vue du public des interprétations reconnues sur la partie cachée de nos banques qui nous disent que tout va bien alors que les placards sont pleins.

    Mais, ma question porte sur un site «Center for Risk Management à HEC Lausanne » dirigé par le prix Nobel d’économie Robert Engle » qui mesure le risque systémique des banques Européennes avec une remise à niveau hebdomadaire. A votre avis : est-ce que les analyses sont fiables. Merci

  6. Axel dit :

    Bonjour,

    depuis plusieurs mois, je suis votre blog avec une attention de plus en plus marquée. Comme professionnel et comme particulier, je m’inquiète de la solidité des bilans bancaires et des assureurs.

    Cette notion de protection de l’épargne populaire est importante à mes yeux. Produits structurés, obligations diverses et variées, l’univers de l’investissement est de plus en plus risqué. Difficile pour un conseiller patrimonial d’assurer une véritable gestion des risques pour ses clients.

    Bravo pour votre travail.

  7. Jean-François dit :

    Un petit calcul basé sur des hypothèses certes fausses, mais qui permet d’imaginer l’ampleur des dégâts …

    Supposons que l’actif total des Giga banques françaises (6945 Milliards ci-dessus)
    subit une perte de 10% … soit la perte maximale qu’une banque avec un leverage de 10 pourrait supporter
    avant de voir sa valeur nette réduite à néant …

    Donc ~694.5 milliards de perte sur les « Assets » … il reste 6251 milliards d’actif pour 6703 de dettes …
    Problème … la valeur nette est négative, les banques sont en faillite … Il faut trouver une solution …

    Supposons que la solution consiste à réduire le montant des dettes des banques de telle sorte que la valeur nette redevienne positive avec un Leverage sain de 10 … Il faut réduire les dettes de 1021 milliards

    Supposons que ces 1021 milliards sont piochés dans la seule épargne financière des français qui se monte en gros à 4376 milliards … le fond de garantie des dépôts serait doté de 1 à 2 milliards à ma connaissance … c’est rien du tout …

    Bon c’est très approximatif et il y a des hypothèses fausses j’en ai pleinement conscience …

    Mais ça représenterai une perte de 23% sur l’épargne totale des français …

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