25 juin 2016 14

Brexit : premières leçons

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques : Banques Européennes

Il est possible de tirer les premières leçons de ce Brexit qui est très instructif car il constitue une sorte de répétition générale du futur €clatement

D’abord, il permet de distinguer les bons spéculateurs, ceux qui voient juste et loin des innombrables idiots, a priori inutiles voire nuisibles mais qui peuvent devenir miraculeusement utiles car leurs erreurs alimentent la spéculation gagnante.

En effet, en concordance avec Fred Rabeman, analyste technique, j’ai prédit que la chute des rendements du Bund, commencée en juin… 2007 (!) s’inscrivant dans une tendance lourde et longue mais incontournable allait plonger à zéro voire en territoire négatif fin mai (ou début juin !) et c’est ce qui s’est produit, le Brexit (qui est en fait un épiphénomène sur le plan économique et financier) accentuant sa baisse.

Tout est donc clair et normal, tout était donc prévisible et prédit, seuls quelques petits détails dans les formes ne peuvent pas être déterminés précisément à l’avance comme par exemple ce Brexit car de toute façon, les rendements du Bund auraient plongé ainsi que les cours des actions et en particulier des banques européennes qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan.

Ces idiots se sont tous monumentalement trompés, et ça fait plaisir ! … et surtout les pires d’entre eux : les banksters, et parmi les pires, le meilleur est peut-être le chef mécano de la Générale, Frédéric Oudéa (X, énarque, Sharkoziste notoire) qui a osé dire que les Gos Banques françaises seront parmi les moins impactées par le Brexit.
Le cours de la Générale a plongé de plus de 20 % le 24 juin, bravo l’artiste !

Ces idiots se sont donc monumentalement trompés, ce qui alimente la spéculation gagnante des investisseurs qui ont une bonne culture monétariste qui voient que cette monnaie unique contre nature qu’est l’euro a fait se développer une hypertrophie monétaire kolossale dans l’agrégat monétaire M1 de plus de 5 000 milliards d’euros ! (une paille mais une poutre qui est dans l’œil des idiots) qui s’accompagne d’un surendettement des big banks too big to fail, ce qui constitue un cocktail particulièrement explosif (un risque vraiment systémique).

Les cours d’un grand nombre de banques, en particulier dans ces cochons de pays du Club Med, ont baissé dans les 20 % : Banca di Milano, Banca Populare Emilia Romagna, Intesa Sanpaolo, Unicredit toutes à - 24 % et même à – 30 % pour Alpha Bank, Euro Bank et National Bank of Greece…

Avec ce Brexit, le Royaume encore Uni redevient un pays indépendant et souverain comme, en Europe la Suisse et la Norvège, et ailleurs comme les Etats-Unis, le Canada, le Japon, etc., ce qui ne les a jamais empêché de vivre normalement dans le système économique et financier mondial qui est maintenant très ouvert.

La chute de la livre (une dévaluation compétitive) stimulera l’activité des entreprises opérant au Royaume Uni, en augmentant les bénéfices de celles qui en font hors de ses frontières !

La nomenklatura euro-zonarde a pris une sacrée claque avec ce Brexit.
Elle réussit à faire croire que les Angliches ont fait une erreur monumentale en la rejetant, ce qui est au contraire une saine réaction de rejet d’une tumeur létale.

Jusqu’à présent, l’avenir était prévisible mais ce n’est plus le cas maintenant car il n’y a aucune antériorité à l’€clatement, et ça va faire mal, très mal même !

Un petit rappel : comme je l’ai écrit maintes fois, les Américains sont venus au secours de l’euro-système le 28 avril 2015 en sauvant des eaux le Bund, ce qu’ils n’ont pas fait cette année car maintenant l’économie américaine est suffisamment forte pour supporter le choc de l’€clatement.

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14 réponses à “Brexit : premières leçons”

    • jp-chevallier dit :

      Il est amusant de constater qu’AG puisse dire maintenant que l’€ est un échec après avoir poussé les €uropéens à l’adopter !

      • Yves B dit :

        Amusant si on reste sur l’idée que l’Union Européenne est une construction exclusivement européenne, pour les peuples européens, par les peuples européens (si, si, je vous assure, beaucoup y croient encore et toujours).
        Normal, si à l’inverse on considère eu égard aux différents intervenants et intérêts que l’Union Européenne est une construction profondément étasunienne.

        Nous sommes en tous les cas en phase pour nous réjouir de cet évènement, le Brexit (attendons au demeurant que cela soit avalisé véritablement par la voie parlementaire…). Certes, sur le reset en cours, il va y avoir de profonds dommages collatéraux (ou alors, une gestion efficiente à la big brother, mais là, c’est plutôt dystopique…) qui permettront de parvenir à une démocratie réelle (je ne suis pas démocrate mais il est dans « l’ordre des choses » de passer par cette étape qui n’est jamais intervenue récemment – horizon en siècles – après le pouvoir au Sacré – Brahmanes, clergé… – aux « aristocrates » – Kschatriya, nobles… – aux bourgeois – Vaishyas, marchands,… – pour parvenir aux « gens de peu » – Shudras, serviteurs…).

  1. BA dit :

    Jeudi 23 juin 2016, le jour même du référendum au Royaume-Uni, à 3 heures 47, explosion de rire !

    Sur twitter, Bernard-Henri nous donne un pronostic sur le résultat du référendum :

    « Défaite probable du Brexit. Déroute, donc, des souverainistes, des xénophobes, des racistes. Reste, maintenant, à refonder l’Europe. »

    Fin de citation.

    Ecroulé de rire !

    https://twitter.com/BHL/status/745931198950694912?lang=fr&lang=fr

  2. placide dit :

     » La chute de la livre (une dévaluation compétitive) stimulera l’activité des entreprises opérant au Royaume Uni, en augmentant les bénéfices de celles qui en font hors de ses frontières ! »

    C’est évident, les Français ayant malheureusement oublié ce levier depuis , Mitterrand le socialiste qui par trois fois n’a pas hésité à dévaluer : 1981 , 1982 , 1983 . ce afin de retrouver de la compétitivité.

    Le paradoxe étant que F Mitterrand initiateur de l’euro aura par 3 fois utilisé le levier monétaire afin de planquer les tares de son programme politique.

  3. Kaiser dit :

    Me si je n’avais que 2 ans et demi, en 1992-1993, on a eu un scénario assez similaire.

    Le sterling a sauté et n’a pu tenir face au Deutsche Mark.
    La lire italienne aussi.
    Les Suédois aussi.
    Les Francs ont cru malin de vouloir tenir et l’ont payé par une récession carabinée en 1993 qui a fait sauté le crédit lyonnais.

    Les Suédois ont profité de cette crise pour réformer et désocialiser.
    Les Italiens n’ont rien changé et ont continué à dévaluer.
    Les Britanniques aussi.
    Les Français n’ont rien réformé et ont préféré la désindustrialisation au profit du grand rêve mythique de l’Europe.

    Les Allemands quant à eux, Kein problem, si ce n’est que maintenant ils ont trop d’usines et trop de créances cochonnes.

    Le taux de change fixe a tenu à peu près 2 ans avant de finir en catastrophe et ces imbéciles pensent qu’ils pourraient le faire tenir éternellement …

  4. grouik dit :

    Attention,nombre de banquiers UK étaient pour le brexit!Je soupçonne les milieux financiers d’avoir été au courant grace a des sondages confidentiels,ils ont joué les banques a la hausse une semaine avant le vote et ils ont joué a la baisse les memes banques la veille du scrutin.Gain environ 20% sur les banques dans chaque sens

  5. Homer dit :

    Finalement, la question est de savoir si en matière d’économie la variable d’ajustement doit être :

    - Les monnaies ? (partisans de l’état nation)
    OU BIEN
    - Les gueux ? (partisans de l’europe)

    Chez les inventeurs du libéralisme – concept non pas économique, mais juridique – on a voté le Brexit.

    @ suivre donc…

  6. Bertrand dit :

    Mr Chevallier je suis en accord avec vous…..bravo les anglais , bravo au brexit.
    Attendons maintenant le faillite de certaines banques et la sortie d’autres pays et rapidement un retour à toutes les monnaies nationales , ou alors que les teutons foutent le camp de l’euro.

  7. Homer dit :

    « La BRI prône des mesures d’urgence face à un trio de risques »
    http://www.challenges.fr/entreprise/20160626.REU9864/la-bri-prone-des-mesures-d-urgence-face-a-un-trio-de-risques.html

    La BRI prône « le renforcement de la qualité de la dépense publique »
    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-banque-centrale-des-banques-centrales-appelle-a-preparer-l-avenir-582336.html

    Finalement, la BRI elle-même présente les ingrédients conduisant à la sortie de l’euro-crise et propose quelque solutions ; en vrac :

    - endettement global public privé trop élevé,
    - faible croissance (innovations, vieillissement de populations, absence de grands projets d’équipements et d’infrastructures, absence de confiance, absence d’investissements)
    - manque de marges de manœuvre des banques centrales : no comment…
    - taux trop bas
    - dividendes bancaires européens trop hauts (il faut davantage spolier l’épargnant)
    - virer des fonctionnaires
    - fermer le robinet à crédit
    - supprimer les cadeaux niches fiscales notamment dans l’immobilier

    Moralité : eh ben mes cocos, va falloir s’adapter par le serrage de ceinture !
    Les plateformes internet à la c… d’é-co-no-miiiieuh du par-taaaaa-geuh n’ont pas fini de prospérer…
    Synthèse (en creux) du programme : déflation, récessions, renationalisations.

    Comme le dit parfois notre cher ôte JPC, carpe diem ! (mais plus pour longtemps)

  8. ratel dit :

    Bonjour.entendu sur bfm ce matin.il faut interdir les référudums dans chaque pays de la zone euro car ils empêchent la démocratie (sous entendu l ‘europe) de fonctionner.j ai failli m ‘étrengler avec mon croissanr.

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