3 août 2016 1

Crédit Agricole, 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques : Banques françaises

O miracle ! Nos péquenots du Crédit Agricole ont enfin compris (après d’autres banksters de big banks too big to fail) ce que j’explique depuis des années, à savoir que l’essentiel pour les banques est qu’elles doivent respecter les règles prudentielles telles qu’elles ont été édictées par ce bon vieux Greenspan : un leverage réel non pondéré des actifs calculé avec le montant des capitaux propres réels (les actifs nets tangibles, sans les écarts d’acquisition), ou son inverse, le ratio Core Tier 1 comme le préconisent aussi la BRI, Axel Weber, l’EBA, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal et la CRR/CRD IV…

Ils publient un slide montrant que le montant de leurs capitaux réels est de… 73,4 milliards d’euros pour ce dernier trimestre…

Document 1 :

… ce qui est loin du montant des capitaux propres publiés,

Document 2 :

En reprenant les bons chiffres, le multiple d’endettement réel, mon µ, le leverage est de 23,12 ce qui correspond à un ratio Core Tier 1 réel de 4,32 % pour ce dernier trimestre, en légère détérioration par rapport au précédent

Document 3 :

Cdt Agric Groupe2015 Q22015 Q32015 Q42016 Q12016 Q2
1 Assets1 703,001 701,101 698,901 745,301 770,70
2 Equity89,290,792,994,896,6
3 Deductions8,38,7910,29
4 Goodwill14,214,214,214,214,2
5 Tangible eq66,767,869,770,473,4
6 Liabilities1 636,301 633,301 629,201 674,901 697,30
7 Leverage (µ)24,5324,0923,3723,7923,12
8 Core Tier 1 (%)4,084,154,284,24,32

Sommes en milliards d’euros.

Il faudrait augmenter les capitaux propres du groupe Crédit Agricole de… 87,5 milliards d’euros pour respecter la règle prudentielle d’endettement de ce bon vieux Greenspan !

La capitalisation boursière de CASA de 21 milliards d’euros, largement inférieure aux actifs tangibles du groupe (73 milliards) montre que les spéculateurs avisés se méfient de cette bad bank dont le cours peut encore replonger. Il a déjà perdu plus des deux tiers de son pic de 2006 !

Comme je l’ai déjà écrit, Les péquenots du Crédit Agricole montrent une fois de plus que le leverage est bien le problème le plus important pour cette banque comme pour les autres, comme je le répète à maintes reprises.
Ce sont les clients et les salariés du Crédit Agricole qui vont renflouer la banque, en espérant que ce ne soit pas… les contribuables.
La grosse différence entre les Etats-Unis et l’Europe, dont la France, est que les autorités américaines n’hésitent pas à flinguer les grandes banques qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement telles qu’elles ont été édictées par les gens de la Fed et en particulier par ce bon vieux Greenspan, tandis qu’en Europe, et surtout en France, les dirigeants des Gos banques font ce qu’ils veulent, et le résultat est catastrophique comme le montre le marché interbancaire qui est totalement bloqué, la BCE étant obligée de s’y substituer, ce qui a des conséquences dramatiques, en accentuant et en prolongeant la crise.
Enfin, nos péquenots qui bricolent avec le crédit ne parlent évidemment pas des dizaines de milliards d’euros qu’ils obtiennent (quasiment gratuitement) de la Banque de France en mettant chaque jour des titres en pension dans le cadre des Titres de Créances Négociables, d’après les chiffres de la Banque de France et d’autres milliards encore de la BCE pour lesquels aucune information n’est donnée
.

Tout le reste est mauvaise littérature pour idiots inutiles voire nuisibles qui font confiance à leurs Gos banques.
Pour l’instant, tout va bien : pas de tsunami bancaire.

Cliquer ici pour lire le rapport financier du Crédit Agricole S.A. d’où sont tirées ces informations.

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Une réponse à “Crédit Agricole, 2° trimestre 2016”

  1. josick dit :

    « La grosse différence entre les Etats-Unis et l’Europe, dont la France, est que les autorités américaines n’hésitent pas à flinguer les grandes banques qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement … »

    La différence est donc que d’un côté l’on a des cerveaux à cliquet et de l’autre des cerveaux pour lesquels rien n’est grave, cerveaux qui déconstruisent, qui ne respectent rien, rien de ce qui permet l’édification… A l’oeuvre, le désir de déhiérarchisation, lequel ne vaut que lorsque personnellement l’on a réalisé un travail herculéen…Ils pensent donc que l’Europe économique qu’ils ont construites réalise un tel travail et donc que, les concernant, les règles, notamment celle de la bonne gestion bancaire, ne s’appliquent pas.

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