30 janvier 2017 19

TrUmP, les Américains et le monétarisme

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis

Les Américains ont élu le Donald contre l’avis unanime de toute la nomenklatura (l’establishment en politiquement correct) américaine et même mondiale.
Inutile de faire de longues analyses pour éclaircir ce qui est présenté comme étant une surprise : il suffit de voir par exemple cette vidéo pour comprendre les raisons pour lesquelles une majorité d’électeurs américains a élu le Donald,

Document 1 :

Cliquer ici pour la voir.

Les Américains réagissent bien. Ils ont compris que le Donald allait remettre l’Amérique en marche(!), que les entreprises allaient enfin créer des emplois aux Etats-Unis, non pas dans les seules entreprises californiennes de l’internet, mais partout, dans les usines, sur les chantiers, dans les petites entreprises, des emplois en tous genres, d’ouvriers, d’opérateurs peu qualifiés, pas uniquement des ingénieurs de haut niveau dans les techniques de pointe, ce qui leur permettra d’avoir enfin confiance en l’avenir.

Conséquence déjà observable : au lundi 16 janvier, derniers chiffres publiés par la Fed, l’augmentation des dépôts dans les caisses d’épargne (ce qui correspond à l’agrégat monétaire M2-M1) a… diminué à 5,6 % (d’une année sur l’autre) alors qu’elle fluctuait dans la bande des 6 à 7 % depuis un an,

Document 2 :

Cette baisse de… l’augmentation de cet agrégat signifie que les Américains diminuent leur épargne de précaution pour dépenser l’argent qu’ils gagnent en travaillant car ils n’éprouvent plus le besoin d’épargner pour faire face à des risques de chômage.

Cette baisse de… l’augmentation de cet agrégat est amplifiée dans ce que j’appelle la masse monétaire libre, c’est-à-dire dans l’écart entre cette variation d’une année sur l’autre de M2-M1 et (moins) le taux de croissance du PIB réel,

Document 3 :

Pour mieux comprendre ce concept, il suffit de se référer au point d’équilibre, c’est-à-dire à l’intersection des courbes de l’évolution du PIB réel et de cette masse monétaire libre, à savoir à 2,5 % : dans ce cas, l’augmentation de l’agrégat M2-M1 est logiquement de 5 %, c’est-à-dire que les Américains augmentent normalement leurs dépôts dans les caisses d’épargne au rythme de la croissance du PIB réel (2,5 %), et (+) de l’inflation de l’ordre de 1 à 2 % en de telles circonstances, plus (+) un petit effet de richesse qui incite les Américains à rajouter un peu d’épargne supplémentaire (soit 5 % au total).
Dans ce cas, l’augmentation de la masse monétaire libre est de 5 % moins 2,5 % de croissance du PIB réel soit 2,5 %. Les deux courbes se rejoignent alors.

A partir d’une telle situation d’équilibre, quand les Américains n’ont plus confiance en l’avenir, ils augmentent alors leur épargne de 6 à 7 % voire davantage, donc leurs dépenses diminuent (ou augmentent modérément) ce qui fait baisser la croissance du PIB sous les 2,5 %.
Dans ce cas, l’augmentation de la masse monétaire libre est de 6 à 7 % moins 1 à 1,5 % de croissance du PIB réel soit 4 à 5 %. Les deux courbes s’éloignent, celle de la variation de la masse monétaire libre augmente et celle du PIB baisse. C’est ce qui s’est produit depuis la mi-2015.

Inversement, quand les Américains ont de nouveau confiance en l’avenir, ils diminuent (l’augmentation de) leur épargne, la masse monétaire libre baisse en étant inférieure à 5 % voire davantage, donc leurs dépenses augmentent, ce qui fait augmenter la croissance du PIB au-dessus de 2,5 %.
C’est ce qui s’est produit au début de 2010, après le grand plongeon des grandes turbulences financières : les Américains ont alors compris que la crise était finie, ils n’ont presque plus épargné davantage (l’augmentation de M2-M1 a été proche de zéro voire négative pendant une courte période), ce qui a fait bondir la croissance du PIB dans les 3 %.

Cette loi de la masse monétaire libre est vérifiée assez clairement depuis ces dernières années…

Document 4 :

… et même depuis le début des années 60, cf. mon article à ce sujet dans la rubrique Masse monétaire libre, cliquer ici pour le lire.

Ces analyses sont basées sur les réactions des Américains, indépendamment des autres paramètres affectant la croissance du PIB comme par exemple l’incidence du commerce extérieur.

Je remercie mon lecteur qui m’a envoyé en commentaire cette vidéo du document 1.

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19 réponses à “TrUmP, les Américains et le monétarisme”

  1. Bertrand dit :

    Bravo mr Chevallier,les européens ne savent pas encore La déferlante extrême droite qui va leur tomber sur la tête et envoyer au tapis tous les bobobsocialos

  2. Andrea dit :

    Et pourtant le Dow Jones baisse…

    • jp-chevallier dit :

      Oui ! Vous avez raison : depuis l’élection du Donald, la baisse des cours (des actions US) est dramatique alors que tout s’annonçait bien avec l’élection d’Illary !

    • hagen dit :

      @Andrea
      Vous avez bien raison allez, avant l’élection de Trump le Dow était à 17899, il est aujourd’hui à 19821, ça baisse, ça baisse. Des baisses comme ça on en prendrait à la pelle.

  3. Yann dit :

    Personnellement, je ne pense pas qu’il faille se réjouir de la montée de l’extrême droite en Europe. La dernière fois que c’est arrivé, on s’en souviendra longtemps.
    Vive le libéralisme !

  4. ROQUET dit :

    Bonjour Mr CHEVALIER ,
    Donner du boulot dans les usines, sur les chantiers, dans les petites entreprises, des emplois en tous genres, d’ouvriers, d’opérateurs peu qualifiés, alors là je dis OUI OUI OUI !
    Mais alors que faire de la robotisation en place et sans cesse en évolution ?
    Cordialement
    JP

  5. polo dit :

    J’ai fait circuler cette vidéo sur ma page Facebook entre mes amis parce qu’elle m’a plu mais le sujet le plus chaud reste tout de même la baisse des impôts et j’attend de voir la suites

  6. H. dit :

    Bonjour,

    Les effets positifs de la politique conduite par Normal 1er se traduisent pourtant dans les chiffres: « Selon Coe-Rexecode, la part de marché des exportations françaises dans celles de la zone euro a de nouveau reculé l’an passé.  » (http://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/0211749488570-la-france-perd-encore-des-parts-de-marche-2061382.php). « Le solde des échanges industriels (hors produits pétroliers et industries agroalimentaires) s’est fortement dégradé et le déficit affiché en 2016 atteindrait 44,4 milliards d’euros, contre 33 milliards en 2015.  » Une paille!
    Ah, j’allais oublier la faramineuse croissance pour 2016: « Croissance de 0,4% au quatrième trimestre, de 1,1% sur l’ensemble de 2016″ (http://www.challenges.fr/finance-et-marche/croissance-de-0-4-au-quatrieme-trimestre-de-1-1-sur-l-ensemble-de-2016_451337)

    Bonne journée

  7. Julien dit :

    La question du jour !

    La BCE aurait-elle perdu le contrôle de ses taux ! Wahou

    http://www.h24finance.com/news-9445@39780.html?nl=1&type=21

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