24 septembre 2017 15

De la Richesse des nations et de leurs habitants : la leçon des Américains

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis

Commente devenir riche ?
C’est simple (tout est simple) !
Yaka suivre les bons conseils de ce bon vieux Adam Smith qui les donne dans son livre de base du capitalisme libéral : De la Richesse des nations… et de leurs habitants,

Document 1 :

Yaka laisser faire les marchés qui sont la main invisible qui guide les actions de tout le monde pour le plus grand bien de tout le monde (pour faire simple).

Une dépêche de Reuters publiée en France et en français (non reprise par les journaleux et autres bonimenteurs, évidemment) vient de rappeler une belle démonstration faite par les Américains (des États-Unis).
Elle rapporte les conclusions de la publication de données fondamentales des États-Unis dont une évaluation de la richesse des Américains,

Document 2 :

Leur richesse, en fait leurs actifs nets (Net Worth, fortune, valeur ou encore avoirs, la richesse n’est pas un concept de statistiques économiques) s’élevait à la fin juin dernier à… 96 000 milliards de dollars !

Pour une population de 320 millions, les actifs nets moyens sont donc de l’ordre de 300 000 dollars par tête (1,2 million de dollars pour une famille avec 2 enfants) mais la répartition est très inégale, avec des multimilliardaires comme les membres de la famille Walton et autres…

Des statistiques plus précises fournies par le Census Bureau dont les plus récentes remontent à 2013 font état d’actifs nets médians de 300 000 dollars par ménage de plus de 65 ans, les 20 % de ménages américains les plus fortunés ayant plus de 400 000 dollars d’actifs nets.
Ces actifs sont constitués pour les deux tiers de la valeur de leur maison d’habitation et d’un tiers de leurs avoirs sur leur compte d’épargne retraite 401k.

Ces actifs mobiliers sont investis en grande partie en actions de sociétés cotées dont la valeur globale a augmenté de… 1 100 milliards de dollars fin juin dernier par rapport fin mars !

Ils sont en augmentation de 6,75 % d’une année sur l’autre (en valeur nominale) depuis que ces statistiques existent, c’est-à-dire depuis… 70 ans,

Document 3 :

Les salariés américains sont logiques et cohérents : ils placent donc leur épargne préférentiellement en actions de sociétés cotées (qui sont le meilleur placement à long terme) dans leur compte défiscalisé d’épargne retraite 401k en bénéficiant de l’abondement de leur employeur.
Ils ont raison car les bénéfices des entreprises américaines augmentent de 7 % d’une année sur l’autre en valeur nominale sur le long terme avec un ralentissement récent dû à la faiblesse de l’inflation,

Document 4 :

Les Reaganomics ont fait repartir les bénéfices des sociétés par leur politique très libérale après quelques décennies de dérives antilibérales et de politiques plus ou moins gauchisantes,

Document 5 :

45 à 50 % des bénéfices des sociétés sont distribués aux actionnaires sous la forme de dividendes depuis le début des années 2000…

Document 6 :

ce qui n’empêche pas les entreprises d’investir à des niveaux record : 8,5 % du PIB !

Document 7 :

La richesse de la nation américaine et de ses habitants s’explique ainsi très aisément et très clairement malgré un taux d’impôt sur les bénéfices des sociétés à un niveau record mondial de 35 % pour l’Etat fédéral, auquel s’ajoutent généralement des impôts de l’Etat fédéré dans lequel se trouve le siège social.
Le Donald veut diminuer le taux de cet impôt à 15 %, ce qui est considéré par tout le monde financier comme étant très favorable aux investissements boursiers, les cours ayant déjà anticipé l’adoption de cette réforme historique.

Oui mais, il y a un abîme entre les taux officiels et les taux d’imposition sur les bénéfices des sociétés appliqués réellement.
En effet, les fiscalistes américains trouvent toujours des failles et des niches fiscales pour diminuer ce taux d’imposition si bien qu’il est réellement de l’ordre de… 20 % depuis 2009
!

Document 8 :

Les débats sur la réforme des impôts sur les bénéfices des sociétés vont commencer et, comme ceux qui ont porté sur la réforme de l’ObabaCare, ils risquent de ne pas donner de résultats positifs.
La baisse du taux officiel devrait s’accompagner de la suppression d’une législation lourde, coûteuse et complexe. Il sera difficile de faire baisser davantage ce taux réel d’imposition, ce qui signifie qu’il existe effectivement actuellement une surévaluation des cours des actions.
Une correction des cours devrait donc se produire dans un avenir proche.

Évidemment, en France, ce ne sont pas les réformes homéopathiques du Mignon poudré qui pourront mettre fin au socialisme larvé qui s’y est instillé durablement et qui pourront y restaurer une économie libérale qui a fait le succès des 30 Glorieuses.

***

Note méthodologique.
Les graphiques ci-dessus sont réalisés à partir des données de notre ami Fred de Saint Louis, comme d’habitude.
La série des bénéfices des sociétés du document n° 3 est celle qui est retenue par la Fed dans ses communiqués : bénéfices des entreprises (Corporate Profits) avec ajustement de l’évaluation des stocks (IVA, Inventory Valuation Adjustment) et de la dépréciation des immobilisations (CCAdj, Capital Consumption Adjustment).
Cliquer ici pour voir le dernier communiqué de la Fed sur les Financial Accounts of the United States – Z.1 d’où sont tirées ces données.
Le taux réel d’imposition des bénéfices des sociétés est obtenu à partir des séries homogènes : Corporate profits before [et after] tax (without IVA and CCAdj) de notre ami Fred de Saint Louis.

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15 réponses à “De la Richesse des nations et de leurs habitants : la leçon des Américains”

  1. Whoa dit :

    Chez nous, en France, nous cultivons la pauvreté et ça Marche à fonds…perdus !

    Hourra ! Merkel est notre nouvelle Chancelliére ! Encore 4 ans de faillite pour les frenchy qui grâce aux multiples grèves vont augmenter la richesse des Allemands et accentuer la dégringolade industrielle made in Bleu-Blanc-Rouille. Les Franchouilles ne le savent pas encore, mais 5 ans de Micro + 5 Hollandouille +5 Starkosy + 10 Chichi, c’est impossible de revenir de nulle part pour allez ailleurs.

    Et comme les emmerdes volent en escadrilles, nous n’allons pas être déçu du voyage… pas besoin de ceintures, il n’y a plus de moteurs !

  2. polo dit :

    Sur le cite de la FED de st louis du 31 décembre 2016, dette publique Américaine ajoutée à celle des ménages égal = 41 000 milles dollars , petit calcul mathématique 96000-41000=55000 dollars de richesse restant

  3. polo dit :

    je voulais dire 41 milles milliards de dollars mais vous l’ avez compris

  4. Kaiser dit :

    A ce propos, les Espagnols ont plus d’actifs que les Allemands grâce ou à cause de l’immobilier …

    http://allemagne.blog.lemonde.fr/2013/03/22/les-allemands-moins-riches-que-les-espagnols-et-les-francais/

    • jp-chevallier dit :

      Article intéressant… Merci !
      J’ai montré que la bulle monétaire en France coïncide avec la bulle immobilière, ce qui est logique, et il doit en être de même dans les autres pays du Club Med,
      Et il est logique là aussi que l’Allemagne de l’Est n’ait jamais pu rattraper son écart / Ouest, et il en sera de même dans les autres pays du Club Med, cf. là aussi ce que j’en ai écrit…

      • Rita dit :

        Si je comprends bien, cet écart est à mettre en corrélation avec les créances pourries dans les coffres des banques.
        Ces gens qui se sont endettés sur 35 ans et qui sont désormais dans la panade pour rembourser
        Et qui doit disparaitre d’une façon ou d’une autre. soit le dos de sauvetage/épargnant/bail_in

        Tout comme le prix des biens immobiliers à la revente va baisser pour ceux qui sont propriétaires.
        (faudra déjà trouver un acheteur solvable un jour, et ça ne me semble pas chose aisée)

  5. Andrea dit :

    Même la baisse de l’euro ne fait plus monter le marché.

    ça sent la fin tout ça.

  6. abb dit :

    les papes et l’Italie était aussi tres riches. vous savez ils comptaient les taches solaires et avaient compris quand la mauvaises saisons arriveraient et quand la production serait minimale mais de grande qualité. alors ils achetaient le raisin sur pieds au pauvres paysan qui avait essuyait déjà 3 mauvaises années et tout content de pouvoir payer ses factures vu que la production ne se présentait pas trop bien. et finalement les prix s’envolait, le courtier faisait fortune, le paysans restait pauvre et le courtier continuer a lire les Etoiles. mais aujourd’hui l’Italie est une baudruche pauvre apres 1000 ans de bonheur pour eux. il en sera de meme pour les usa

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