16 novembre 2017 14

Fed / BCE + le Donald = ça va bouillir !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis

Suite de notre feuilleton : après de petits rappels sur quelques derniers chiffres critiques, des éléments nouveaux permettent de mieux cerner les caractéristiques de l’avenir proche, ce qui réserve quelques surprises…

Depuis le début du mois de septembre, après William Dudley, plusieurs membres du FOMC ont déclaré qu’ils devaient continuer à remonter le taux de base de la Fed car, les fondamentaux étant bien rétablis, la croissance revenue à un rythme normal avec le plein emploi, les risques de résurgence de l’inflation deviennent très élevés.
En effet, depuis des décennies, le plein emploi a toujours engendré de l’inflation dans une situation de croissance bien ancrée.

En conséquence, les rendements des Notes à 2 ans augmentent logiquement et vigoureusement,

Document 1 :

Cependant, la pente des rendements des Notes à 10 ans est inférieure à celle du 2 ans,

Document 2 :

En effet, les bons spéculateurs n’ont pas confiance en un avenir qui aurait pu être radieux, principalement à cause de l’€-crise.
Ces craintes se sont même accentuées après les déclarations du Mariole de la BCE le 26 octobre, lorsqu’il a été obligé d’avouer que les taux resteraient très bas dans la zone euro pendant une période dont il n’a pas osé annoncer la fin
.
Ces bons spéculateurs ont compris qu’il s’agissait là d’un avertissement clair d’une accentuation de l’€-crise car le Mariole est bien placé pour connaitre la situation réelle de sa zone.

Effectivement, avec 3 000 milliards de création monétaire (surtout en M1, cf. mes analyses), 1 000 milliards de créances dites douteuses, c’est-à-dire quasiment irrécouvrables par des banksters qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement, 1 000 milliards que l’euro-système leur prête en utilisant une cavalerie à grande échelle, etc., le cocktail est explosif !

Les rendements des Notes à 2 ans grimpent plus vite que ceux à 10 ans pour les rejoindre à terme.
Leur écart se réduit et tend donc vers zéro
: il était de 65 points de base le 15 novembre…

Document 3 :

au plus bas (en descendant) depuis le printemps 2005, c’est-à-dire avant les grandes turbulences préludant la Grande Récession !

Document 4 :

Personnellement, je pensais que les membres du FOMC avaient enfin réussi à supprimer les cycles que leurs prédécesseurs initiaient pour réguler (plus ou moins bien) la croissance, en maintenant cet écart entre 100 et 150 points de base, mais l’€-crise est trop forte car elle va avoir des répercussions importantes aux Etats-Unis.
Janet Yellen a même avoué (imprudemment) que le FOMC pourrait être obligé de faire redescendre son taux de base au plus bas en cas de nouvelle crise sans en préciser l’origine, évidemment.

L’€-crise qui couve depuis l’été 2011 affecte les rendements des Notes à 10 ans qui sont inférieurs à ce qu’ils devraient être en considération des caractéristiques de l’économie américaine : ils fluctuent dans la bande des 2 % alors qu’ils devraient évoluer dans la bande des 3 %,

Document 5 :

Le Bund a été sauvé des eaux deux fois, d’abord par le FOMC le 28 avril 2015 puis (involontairement) par l’élection surprise du Donald,

Document 6 :

Oui, mais il n’y aura pas de troisième sauvetage !
En effet, le Donald est très agressif vis-à-vis de la Kaiserin de l’€mpire germanique qui bénéficie outrageusement d’une monnaie sous-évaluée et il ne le lui pardonne pas (il a refusé de lui serrer la main lors de sa visite à la Maison Blanche).
Angela lui a répondu qu’elle n’avait aucun pouvoir pour agir sur les taux de change, la monnaie qui est utilisée en Allemagne étant l’euro, une monnaie unique commune à plusieurs pays dont la valeur est plombée par ces cochons de pays du Club Med, ce qui permet donc aux exportateurs allemands de bénéficier naturellement des avantages de sa sous-évaluation.

Une solution se présente donc pour les Américains : relever le taux de base de la Fed, ce qui sera intenable pour les malheureux Euro-zonards.
En effet, le désordre qui y règne s’accentuera et les points les plus vulnérables ne pourront plus se maintenir en vie.
L’Italie apparait comme étant le domino le plus fragile du fait de ses banques et de son endettement public réel qui est plus grave que celui qui est publié officiellement.

Pour mener une telle politique monétaire, le Donald avait besoin d’un homme de confiance à la tête de la Fed. C’est la raison pour laquelle il a écarté Janet Yellen, beaucoup trop socialiste Clintonnesque et Obabamesque.

Par ailleurs, pour confirmer ces grandes manœuvres qui se profilent, il faut relever que le nombre de postes vacants au FOMC est anormalement élevé, en particulier à la suite de démissions inattendues.
Tout se passe comme si un certain nombre de ses membres ne voulaient pas être mêlés à ce qui se prépare.
Un nouveau bombardier furtif est de retour, et ça va faire mal !
Ça va bouillir !

Ainsi, l’étincelle qui devrait mettre le feu aux poudres et faire sauter l’euro-système devrait venir non pas des malheureux Euro-zonards mais des Américains.

***

Le graphique 4 s’interprète de la façon suivante : quand l’écart (entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans) tend vers un plus haut, cette situation correspond à une surchauffe de la croissance (avec éventuellement des dysfonctionnements cachés) qui conduit le FOMC à la ralentir en relevant son taux de base, et inversement, quand cet écart tend vers un plus bas, une récession s’annonce ainsi, obligeant le FOMC à baisser son taux de base pour faire repartir la croissance.

Ce raisonnement s’applique pour des données endogènes, c’est-à-dire propres aux Etats-Unis.
Ce qui est nouveau dans la configuration présente est que la croissance américaine n’est pas compatible avec l’hypertrophie monétaire de la zone euro.
C’est la hausse du taux de la Fed qui fera éclater l’euro-système, cette €-crise ayant des répercussions importantes aux Etats-Unis forçant le FOMC à baisser son taux de base.

Le Donald aura ainsi réussi à supprimer la sous-évaluation de la monnaie utilisée par les entreprises allemandes pour le plus grand profit de l’Amérique.

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14 réponses à “Fed / BCE + le Donald = ça va bouillir !”

  1. Bertrand dit :

    En accord…..le changement ne peut venir de l’intérieur, enfin nous seront debarassés du taux faible teuton.

  2. Whoa dit :

    Vous devriez peut-âtre écrire en Chinois pour mieux être compris, Monsieur Chevallier…À moins que cela soit déjà du chinois, pour les zautorités zupérieures…

    Résumons le problème de l’€:

    Une 2CV avec moteur Porche = pas bon.
    Une Fiat avec moteur Porche = pas bon.
    Une Porche avec un moteur de 2CV = pas bon
    Un moteur Porche dans une Porche = BON
    Un moteur de 2CV dans une 2CV = BON
    Un moteur Ferrary dans une Ferrary = BON
    Un 28 Tonnes avec 28 moteurs = pas bon.
    …/…
    Les mécanos bricoleurs ça suffit !

    —————–

    Je ne parle pas du blockchain, c’est déjà chaud bouillant, sans la FED, comme prévu, et ce n’est pas fini…non-non-non!

  3. polo dit :

    Bonsoir Monsieur Chevalier je vous ai prit de vitesse dans mon dernier commentaire en disant pourquoi les usa n’augmente pas leur taux pour faire exploser la vieille Europe

  4. gilgamesh dit :

    Je ne comprends pas votre raisonnement, une crise en Italie et une crise de l’euro devrait affaiblir encore plus l’euro face au dollar, rendant ainsi l’Allemagne encore plus compétitive.
    La devise euro ne va pas s’apprécier s’il y a des problèmes en Italie ou dans d’autres pays de l’UE.

  5. H. dit :

    Bonjour,

    Je vous lis toujours avec beaucoup d’attention. Je dois vous avouer que c’est avec un grand étonnement que j’ai entendu ce matin que Veolia avait levé ce matin des obligations à trois ans pour un montant de 500 millions d’euros avec un taux négatif de 0,026 pour cent.

    Bonne journée

  6. abb dit :

    pourriez vous expliquer pourquoi de 02/2004 a 02/2005 les taux court ont rejoint les taux a 10 ans?
    la progession de ces taux s’est fait dans un angle de 60° pour 2 pt de spread. nous avons un prgression actuelle de 1 pt de spread pour un angle de 30°. trump et greenspan conduisent les memes tension monetaire vu que l’un avait 2 pt de spread et l’autre 1 pt et que l’angle de progression est d’un rapport equivalnet à l’ecart de spread.

    l’effet n’est donc pas plus rapide que 2004. et le max sera atteint dans 2 ans soit en 2019. et ensuite on aura une chute qui suivra un angle de moitié de la chute de 2007 alors que les masse monétaires en jeu sont netteemnt plus importante. ce qui montrera que les détenteurs de cette masse d’argen ne sont pas les mains du petits peuples mais dans les 1% des agents économiques.
    Donc en 2019 on amorce une chute pour trum. effectivement 2019 fera 12 qui est le pendu a l’equerre , tout comme 2007 a fait 9 et marquer la retraite de l’hermite.

  7. BA dit :

    L’Allemagne est ingouvernable.

    Les élections fédérales allemandes de 2017 se sont tenues le 24 septembre 2017. Elles ont vu l’élection de 94 députés d’extrême-droite : je dis bien 94 députés d’extrême-droite.

    Depuis ce jour-là, l’Allemagne est ingouvernable.

    CITATION :

    L’arrivée à la chambre des députés de l’AfD, qui était resté sous la barre des 5% en 2013, constitue un tournant dans l’histoire allemande d’après-guerre.

    Car elle signifie que pour « la première fois depuis 70 ans, des nazis vont s’exprimer au Reichstag », le bâtiment qui abrite la chambre basse du Parlement, a tonné avant le scrutin le ministre des Affaires étrangères et figure des sociaux-démocrates, Sigmar Gabriel.

    https://www.romandie.com/news/ZOOM-Allemagne-la-droite-nationaliste-brise-un-tabou-avec-une-percee-historique/836022.rom

    Nous avons déjà vu ce film.

    Nous savons ce que sera le XXIe siècle en Europe.

    En Allemagne en particulier, la catastrophe sociale provoque en réaction la catastrophe politique.

    Dans l’Union Européenne en général, la catastrophe sociale provoque en réaction la catastrophe politique.

    2016 : il y avait 860 000 sans-abri en Allemagne. La moitié d’entre eux sont des migrants.

    2018 : il y aura 1,2 million de sans-abri en Allemagne.

    Près de 20% de la population allemande, soit 16 millions de personnes, sont menacées par la pauvreté, indiquait l’office fédéral de la statistique la semaine passée.

    Mercredi 15 novembre 2017 :

    CITATION :

    Jusqu’à 1,2 million de sans-abri en Allemagne l’an prochain ?

    http://www.boursier.com/actualites/economie/jusqu-a-1-2-million-de-sans-abri-en-allemagne-l-an-prochain-37397.html

  8. wawa dit :

    Une question quand même, les Américains eux même peuvent-ils supporter une hausse des taux? Ça pourrait saigner pour eux aussi (bombe des prêts étudiants et autos)

  9. Bertrand dit :

    Tout ce qui peut affaiblir l’hegemonie allemande est bon à prendre.

  10. BA dit :

    C’est une photo historique.

    C’est la photo d’Angela Merkel, qui s’exprime devant les journalistes, dans la nuit du 19 au 20 novembre 2017.

    Sur la photo, les dirigeants de la droite pro-européenne, la CDU, entourent Angela Merkel : ils ont des têtes d’enterrement.

    C’est la mort de la droite pro-européenne, la CDU, qui vient juste de plonger l’Allemagne dans le chaos politique.

    C’est la mort de la gauche pro-européenne, le SPD, qui a disparu du paysage.

    C’est la mort du soi-disant « modèle allemand ».

    En Allemagne, la droite pro-européenne a créé une catastrophe sociale.

    Cette catastrophe sociale a entraîné une réaction des électeurs allemands : le 24 septembre 2017, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, 94 députés d’extrême-droite ont été élus en Allemagne.

    Je dis bien : 94 députés d’extrême-droite.

    L’Allemagne est ingouvernable.

    http://img.lemde.fr/2017/11/20/299/0/5084/2542/644/322/60/0/58869b5_738-kjao1.hyr8kyy14i.jpg

  11. h dit :

    La proposition de la BCE de mettre fin à la protection des dépôts passe totalement inaperçu.
    http://www.zerohedge.com/news/2017-11-19/ecb-proposes-end-deposit-protection

    «les dépôts couverts et les créances au titre des systèmes d’indemnisation des investisseurs devraient être remplacés par des exemptions discrétionnaires limitées à accorder par l’autorité compétente afin de conserver un certain degré de flexibilité».

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