4 novembre 2017 1

Les mécanos de la Générale, 3° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques : Banques françaises

Victoire ! Les mécanos de la Générale ont réussi l’exploit de conserver pour ce dernier trimestre la dernière place de la liste des Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales (Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs) car ils ont encore surclassé Deutsche Bank !

Dans le club des big banks too big to fail, ya pas plusse pire!

En effet, d’après le décryptage de leurs chiffres publiés, le véritable multiple d’endettement, le leverage réel était de… 31,41 et son inverse le véritable ratio Core Tier 1 était de… 3,18 % en cette fin de dernier trimestre, en petite amélioration par rapport aux trimestres précédents,

Document 1 :

Société Générale2016 Q32016 Q42017 Q12017 Q22017 Q3
1 Assets1 404,901 382,241 401,201 350,221 338,70
2 Equity60,961,95362,260,11160,3
3 Deductions15,916,69816,614,25114,1
4 Goodwill4,64,3554,54,864,9
5 Tangible eq40,440,941,14141,3
6 Liabilities1 364,501 341,341 360,101 309,221 297,40
7 Leverage (µ)33,7732,833,0931,9331,41
8 Core Tier 1 (%)2,963,053,023,133,18

Sommes en milliards d’euros.
Euh… Un petit rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32 ce qui signifie que le total des dettes représente 32 fois le montant des véritables capitaux propres !

Les mécanos de la Générale publient (en annexe) un tableau détaillé qui permet de calculer le montant des véritables capitaux propres (comme je l’ai toujours écrit contrairement à eux), soit 41,3 milliards d’euros qui est obtenu en retranchant du montant des capitaux propres publiés (sans les minoritaires) les sommes correspondant aux titres dits hybrides (TSS, TSDI, coupons et dividende), les écarts d’acquisitions (goodwill) et les dividendes à distribuer,

Document 2 :

Et encore un autre petit rappel : d’après les règles dites de Bâle I, les banques devaient avoir un leverage inférieur à 12,5 ou un ratio Core Tier 1, son inverse, supérieur à 8 %.
A la suite des turbulences financières de ces dernières années, ce bon vieux Greenspan a relevé ces exigences à un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %, sans pondérer les actifs, comme le préconisent également la BRI, Axel Weber, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la CRR/CRD IV et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC),

Document 3 :

Pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan, il faudrait augmenter les capitaux propres de… 80,4 milliards d’euros !

Par ailleurs, les mécanos de la Générale ne donnent évidemment aucune information sur les 16 milliards d’euros qu’ils empruntent à la Banque de France dans le cadre des Titres de Créances Négociables (TCN) en mettant en pension des titres, les Certificats de Dépôt à Moyen Terme (en comptabilisant aussi les chiffres de Crédit du Nord qui fait partie du groupe des Mécanos)…

Document 4 :

sans compter les milliards généreusement prêtées par les Marioles de la BCE qui ne publient aucun chiffre !
Heureusement, je suis le seul, à ma connaissance à faire de telles analyses.
Les règles comptables sont redoutables car, lorsqu’on sait décrypter correctement les comptes des banksters, il est toujours possible de savoir si tout se passe bien ou si quelque chose ne va pas quelque part dans leur banque.

Les bénéfices de 932 millions d’euros correspondent à un ROE calculé sur le montant des capitaux propres publiés de 6,2 % et de 9,0 % sur le montant des capitaux propres tangibles, ce chiffre faible mais encore relativement bon s’expliquant par la sous-capitalisation de la banque car le ROE est de 3,1 % seulement sur le montant des capitaux propres nécessaires pour obtenir un leverage réel de 10
comme pour Citigroup par exemple.

La capitalisation boursière de la Générale de 37 milliards d’euros a baissé récemment pour tomber sous le montant des capitaux propres tangibles (41,3 milliards) considérés comme étant la valeur à la casse d’une banque.

Document 5 :

Le PER de 13,1 est obtenu grâce à un taux de distribution de 4,8 % anormalement élevé pour une banque, ce qui permet aux mécanos de ne pas plonger et même de survivre en sauvant trompeusement les apparences.

Pour l’instant, tout va bien : pas de tsunami !
Tout est simple.

Cliquer ici pour voir les résultats de la Générale de ce dernier trimestre.
Cliquer ici pour voir les chiffres des TCN publiés par la Banque de France.
Cliquer ici pour voir mon article précédent sur les exploits des mécanos de la Générale.

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Une réponse à “Les mécanos de la Générale, 3° trimestre 2017”

  1. Prince dit :

    J’admire ! Surtout après l’épisode Tribunal ⚖️ ;)

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