17 février 2018 6

Crédit Agricole (Groupe), 4° trimestre 2017

Rédigé par dans la rubrique Banques : Banques françaises :

Le bilan publié par le Groupe Crédit Agricole à fin 2017 montre que tout semble bien se passer car le total des actifs augmente d’une année sur l’autre

Document 1 :

ainsi que le montant des capitaux propres publiés,

Document 2 :

Comme il ne faut jamais faire confiance a priori à des banksters, il est indispensable de prendre en considération le montant réel des capitaux propres, ce que toute banque doit publier depuis quelques années, appelé improprement par le Groupe Crédit Agricole Fonds propres de base de catégorie 1 (CET1) !

Document 3 :

Il est alors possible de calculer le véritable multiple d’endettement, le leverage réel qui était de… 21,78 et son inverse le véritable ratio Core Tier 1 qui était de… 4,59 % en cette fin de dernier trimestre !

Document 4 :

Cdt Agric Groupe2016 Q42017 Q12017 Q22017 Q32017 Q4
1 Assets1 722,851 749,701 741,501 764,601 763,17
2 Equity98,62899,2100,1101,6102,291
3 Deductions10,0688,88,48,48,903
4 Goodwill13,7614,313,816,215,988
5 Tangible eq74,876,177,97777,4
6 Liabilities1 648,051 673,601 663,601 687,601 685,77
7 Leverage (µ)22,0321,9921,3621,9221,78
8 Core Tier 1 (%)4,544,554,684,564,59

Sommes en milliards d’euros.

Cependant, ces chiffres ainsi retraités ne donnent toujours pas une image fidèle de la réalité car il faut tenir compte des créances dites douteuses qui sont en fait en grande partie des pertes potentielles, appelées aussi Prêts dits non-performants (NPL, Non-Performing Loans) qui se montaient en brut à 24,335 milliards d’euros fin 2017 avec des provisions de 19,463 milliards, donc une perte potentielle nette de 4,872 milliards en interprétant correctement le charabia utilisé par le Groupe Crédit Agricole !

Document 5 :

En admettant que ces chiffres correspondent à la réalité, ce qui sera possible de confirmer ou d’infirmer ultérieurement, les pertes potentielles (c’est à dire les Prêts dits non-performants) sont donc de 4,872 milliards d’euros en net, qui doivent être inscrites en diminution des capitaux propres ainsi évalués à leur juste valeur, soit 72,528 milliards, pour donner une image fidèle de la réalité (en colonne notée 2017 efv),

Document 6 :

Cdt Agric Groupe2017 Q4 efv2017 Q4 n
1 Assets1 763,17797,808
2 Equity102,291102,291
3 Deductions13,77513,775
4 Goodwill15,98815,988
5 Tangible eq72,52872,528
6 Liabilities1 690,64725,28
7 Leverage (µ)23,3110
8 Core Tier 1 (%)4,2910

En conséquence, le véritable leverage du Groupe Crédit Agricole devrait être de… 23,31 en appliquant le principe de fair value pour ces prêts dits non-performants (cf. colonne notée 2017 efv).

Normalement, c’est-à-dire en appliquant le principe de fair value pour ces prêts dits non-performants et la règle prudentielle d’endettement préconisée par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage de 10 maximum, pour des capitaux propres tangibles de 72,528 milliard d’euros, le Groupe Crédit Agricole devrait avoir au maximum 10 fois plus de dettes, soit un total des actifs de… 797,8 milliards (comme indiqué dans la colonne notée 2017 n).

965 milliards d’euros se trouvent donc en trop dans les actifs du Groupe Crédit Agricole, c’est-à-dire que ces banksters ont accordé 965 milliards de prêts qu’ils n’auraient pas dû accorder !
Finalement, le Groupe Crédit Agricole est moins surendetté que les mécanos de la Générale, BNP-Paribas et que les grandes banques italiennes qui font si peur aux Marioles de la BCE mais il alimente lui aussi une création monétaire gigantesque.

Le véritable multiple d’endettement doit être considérablement réévalué (par rapport à mes précédentes analyses) quand les prêts dits non-performants sont comptabilisés à leur juste valeur.
Il s’agit bien là d’un problème de grande ampleur comme l’ont fort justement bien écrit les Marioles de la BCE qui reconnaissent que dans les pays anglo-saxons (Etats-Unis et Royaume-Uni) les banques ont des prêts non-performants quasiment négligeables.

Ainsi s’explique la situation potentiellement catastrophique de la zone euro dans laquelle s’est produite une hypertrophie létale à terme de la masse monétaire.
Un tsunami bancaire peut se produire à tout moment
.

Des banques en faillite qui tombent comme des dominos et de la création monétaire : c’est ce qui s’est passé en Allemagne de l’entre-deux-guerres, cf. le dernier ouvrage de Pierre Jovanovic Hitler ou la revanche de la planche à billets.

Cliquer ici pour voir sa nouvelle vidéo de présentation.
Cliquer ici pour voir son site.
Cliquer ici pour lire le rapport financier du Groupe Crédit Agricole d’où sont tirées ces informations.
Cliquer ici pour lire mon article précédent sur le rapport financier du Groupe Crédit Agricole.

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6 réponses à “Crédit Agricole (Groupe), 4° trimestre 2017”

  1. BROURI dit :

    Bonjour M. Chevallier,

    C’est bien que vous ayez introduit le concept des mauvaises créances dans votre raisonnement. J’avais l’impression diffuse qu’il manquait quelque chose dans votre argumentaire. En tant qu’ancien banquier (modeste chef d’agence d’une petite banque locale familiale), lors des réunions mensuelles, on nous sensibilisait au moins deux fois par an sur le taux des créances douteuses de l’établissement afin que celui-ci reste toujours dans une limite inférieure à 0,80 %. L’idéal était de rester en dessous de 0,50 %.
    En effet, à quoi sert d’avoir moins de dix fois d’endettement par rapport aux fonds propres, si cet endettement est utilisé pour accorder des prêts dont une trop grande partie n’est pas honorée ?

    Les banques britanniques avec l’aide de leur gouvernement ont fait le ménage. On sait aujourd’hui que Barclays s’est fait aider par des fonds arabes, RBS a été renfloué par l’État, à charge pour elle de rembourser dans le temps. Nous en France, on attend la catastrophe…

    Maintenant, grâce à vous, on a une meilleure photographie de la banque européenne, donc une meilleure compréhension. Tout devient plus simple et limpide, malheureusement pas en BIEN.
    Encore bravo pour votre travail.
    Avez-vous un successeur ou un remplaçant au cas où il vous arrive un pépin ?

    • jp-chevallier dit :

      L’idéal était de rester en dessous de 0,50 % : c’était au temps où il n’y avait pas de banksters !!!
      à part ça, je vais bien et il n’y a pas grand monde pour suivre mes travaux, personne du moins à ma connaissance…

      • Clement Morelle dit :

        Peut être devriez vous songez à transmettre vos travaux ou au moins votre méthode pour assurer sa pérennité dans le temps. Peut être devez-vous votre survie à votre inaccessibilité (je suis pas du milieu, et faut s’accrocher au wagon pour pas décrocher). Bref prenez soin de vous.

  2. Bertrand dit :

    0,50%……eh bien on en est loin.
    Vendre du crédit à risque comme c’est facile.
    Taxez les pertes pas les bénéfices.

  3. DENPECHE dit :

    Bonjour, votre analyse sur le Crédit Agricole m’intéresse. La valeur nette comptable du Crédit Agricole est d’environ 20 € par action selon le bilan. A votre avis, quelle est la valeur intrinsèque, ou valeur tangible ? D’avance merci pour votre opinion. Denis.

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