16 février 2018 9

Les mécanos de la Générale, 4° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques : Banques Européennes

Le bilan publié par les mécanos de la Générale à fin 2017 montre que quelque chose ne va pas bien quelque part car le total des actifs baisse d’une année sur l’autre,

Document 1 :

Pire : le montant des capitaux propres publiés est en baisse d’une année sur l’autre, ce qui n’est pas bon signe,

Document 2 :

Comme il ne faut jamais faire confiance a priori à des banksters, il est indispensable de prendre en considération le montant réel des capitaux propres, ce que toute banque doit publier depuis quelques années, appelé improprement par les mécanos de la Générale Fonds propres Common Equity Tier 1,

Document 3 :

Il est alors possible de calculer le véritable multiple d’endettement, le leverage réel qui était de… 30,72 et son inverse le véritable ratio Core Tier 1 qui était de… 3,26 % en cette fin de dernier trimestre !

Document 4 :

Société Générale2016 Q42017 Q12017 Q22017 Q32017 Q4
1 Assets1 382,241 401,201 350,221 338,701 275,13
2 Equity61,95362,260,11160,359,373
3 Deductions16,69816,614,25114,114,185
4 Goodwill4,3554,54,864,94,988
5 Tangible eq40,941,14141,340,2
6 Liabilities1 341,341 360,101 309,221 297,401 234,93
7 Leverage (µ)32,833,0931,9331,4130,72
8 Core Tier 1 (%)3,053,023,133,183,26

Sommes en milliards d’euros.

Cependant, ces chiffres ainsi retraités ne donnent toujours pas une image fidèle de la réalité car il faut tenir compte des créances dites douteuses qui sont en fait en grande partie des pertes potentielles, appelées aussi Prêts dits non-performants (NPL, Non-Performing Loans) qui se montaient à 20,9 milliards d’euros fin 2017 pour lesquels les mécanos ont provisionné 12,6 milliards,

Document 5 :

En admettant que ces chiffres correspondent à la réalité, ce qui sera possible de confirmer ou d’infirmer ultérieurement, les pertes potentielles (c’est à dire les Prêts dits non-performants) sont de 8,3 milliards d’euros en net, qui doivent être inscrites en diminution des capitaux propres ainsi évalués à leur juste valeur, soit 31,9 milliards, pour donner une image fidèle de la réalité (en colonne notée 2017 efv),

Document 6 :

Société Générale2017 Q4 efv2017 Q4 n
1 Assets1 275,13350,9
2 Equity59,37359,373
3 Deductions22,48522,485
4 Goodwill4,9884,988
5 Tangible eq31,931,9
6 Liabilities1 243,23319
7 Leverage (µ)38,9710
8 Core Tier 1 (%)2,5710

En conséquence, le véritable leverage des mécanos de la Générale devrait être de… 38,97 ! en appliquant le principe de fair value pour ces prêts dits non-performants (cf. colonne notée 2017 efv).

Normalement, c’est-à-dire en appliquant le principe de fair value pour ces prêts dits non-performants et la règle prudentielle d’endettement préconisée par ce bon vieux Grenspan, à savoir un leverage de 10 maximum, pour des capitaux propres tangibles de 31,9 milliard d’euros, les mécanos de la Générale devraient avoir au maximum 10 fois plus de dettes, soit un total des actifs de… 350,9 milliards (comme indiqué dans la colonne notée 2017 n).

924 milliards d’euros se trouvent donc en trop dans les actifs des mécanos de la Générale, c’est-à-dire que ces banksters ont accordé 924 milliards de prêts qu’ils n’auraient pas dû accorder !
Finalement, les mécanos de la Générale sont au même niveau de surendettement que les grandes banques italiennes qui font si peur aux Marioles de la BCE.

Ainsi s’explique la situation potentiellement catastrophique de la zone euro dans laquelle s’est produite une hypertrophie létale à terme de la masse monétaire.
Un tsunami bancaire peut se produire à tout moment
.

Des banques en faillite qui tombent comme des dominos et de la création monétaire : c’est ce qui s’est passé en Allemagne de l’entre-deux-guerres, cf. le dernier ouvrage de Pierre Jovanovic Hitler ou la revanche de la planche à billets.

Cliquer ici pour voir sa nouvelle vidéo de présentation.
Cliquer ici pour voir son site.
Cliquer ici pour voir les résultats de la Générale de ce dernier trimestre.
Cliquer ici pour voir mon article précédent sur les exploits des mécanos de la Générale.

Mots-clés: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

9 réponses à “Les mécanos de la Générale, 4° trimestre 2017”

  1. Marco dit :

    Boursorama était une banque parfaitement gérée avant le rachat par les mécanos de la générale. Quelle incidence t-a-t-il si la soc. gen. explose?

  2. Bertrand dit :

    Et bien bye bye vos économies…
    Boursorama est consolidé dans le bilan des mécanos !

  3. PhildeFer dit :

    Hors sujet, quoi que : Jim Rickards émet l’hypothèse que Trump pourrait subitement réévaluer la valeur d’une once d’or à 10.000$ (selon lui, peut-être le 21 mars)
    Monsieur, Chevallier, quelle incidence sur le système monétaire mondial une telle décision pourrait elle avoir?
    Ne serait ce pas un moyen de plus de prolonger encore un peu « tout le cirque » ?

  4. Geek dit :

    Quand on lit ce qu’ils écrivent, et à quoi je ne comprends rien, ils se targuent du ratio core Tier 1 de 11,4% !
    Comment est-ce possible alors qu’ils évoquent ensuite un ratio CRR/CRD (kézako ?) de 4,3% qui se rapproche de ce que vous évoquez, avant retraitement par vos soins.
    Est-ce que tout le monde parle bien de la même chose ? Est-ce que les bons du trésor auraient un lien avec ces écarts et ces différences de traitement ?

    Pour aider, ils évoquent une méthodologie qui serait expliquée dans un document de référence que j’ai vainement cherché sur leur site …

    Extrait de leur site ici :
    https://www.societegenerale.com/sites/default/files/documents/Document%20de%20référence/2018/ddr-2018-societe-generale-depot-amf-d18-0112-fr.pdf

    RATIOS DE SOLVABILITÉ
    Dans le cadre de la gestion de ses fonds propres, le Groupe veille à ce que son niveau de solvabilité soit toujours compatible avec ses objectifs stratégiques et ses obligations réglementaires.
    Le Groupe est par ailleurs attentif à ce que son ratio global de solvabilité (Common Equity Tier 1 + titres hybrides reconnus en additional Tier 1 et Tier 2) offre un coussin de sécurité suffisant aux prêteurs seniors unsecured, notamment dans la perspective de la mise en place des règles de résolution (voir chapitre 4.3, p. 169).
    Le ratio Common Equity Tier 1 s’établit au 31 décembre 2017 à 11,4% ; il était de 11,5% au 31 décembre 2016. Le ratio Common Equity Tier 1 phasé s’élève à 11,6% au 31 décembre 2017 à comparer à 11,8% à fin décembre 2016.
    Le ratio de levier, selon les règles CRR/CRD 4 intégrant l’acte délégué adopté en octobre 2014, atteint 4,3% au 31 décembre 2017, contre 4,2% à fin décembre 2016. Il s’inscrit ainsi dans le respect de la trajectoire définie, d’un ratio maintenu entre 4 et 4,5%.
    Le ratio Tier 1 est de 13,8% et le ratio global de solvabilité s’établit à 17,0% à fin 2017, au-dessus des exigences réglementaires.
    La projection du ratio TLAC (Total Loss Absorbing Capacity) s’établit sur les RWAs à 21,4% et sur l’exposition levier à 6,6% à fin 2017. Le Groupe prévoit de respecter les futures exigences réglementaires de TLAC (19,5% sur le capital TLAC rapporté aux RWAs et 6% sur le capital TLAC rapporté à l’exposition levier à partir du 1er janvier 2019), grâce notamment à des émissions d’instruments Senior non préférés.

  5. Geek dit :

    Ceci explique peut-être cela :

    http://www.fbf.fr/fr/files/8U7JZK/Fiche-CRD4-13112013.pdf

    Le ratio minimum de fonds propres « durs » (« common equity tier one »), de 2% auparavant, passe à 4,5%.

Commenter