27 octobre 2018 2

Banques andorranes systémiques, suite… Le cas d’AndBank

Rédigé par dans la rubrique Andorre :

Un complément de mes articles précédents sur les banques andorranes présentant des systémiques s’impose encore avec le cas d’AndBank…

En effet, le total des actifs gérés par la banque privée Andbank serait de… 27 milliards de dollars d’après ce qui est publié sur le site de cette banque alors que le total des actifs publié au bilan 2017 certifié n’est que de… 4,423 milliards d’euros !

Document 1 :

Manifestement, il s’agit là d’une information financière qui ne correspond pas du tout à la réalité en vue de tromper les lecteurs qui ne vérifient pas leurs sources, ce qui est condamnable dans tout pays normalement constitué mais pas par les autorités andorranes

Ça commence mal.

Andbank ne publie pas dans son rapport financier annuel la répartition de ses actifs en fonction de l’implantation de ses filiales, ce qui n’est pas normal.
Cependant, le tableau relatif à la répartition des salariés permet de rendre compte de l’importance de ses activités à l’étranger,

Document 2 :

Sur des effectifs de 1 159 personnes fin 2017, 384 seulement travaillent en Andorre (soit un tiers du total), 775 donc dans des filiales à l’étranger dont 301 aux Amériques (soit un quart),

Document 3 :

Une fois de plus se pose là un problème important, à savoir que de plus en plus de banques opèrent hors de leur pays d’origine (dont les autorités sont censées les superviser), ce qui est dangereux.

La répartition des bénéfices d’Andbank en 2017 (39,153 millions d’euros) montre qu’ils proviennent essentiellement des opérations effectuées en Andorre (pour 35,498 millions)…

Document 4 :

le reste des bénéfices étant réalisé essentiellement dans la filiale du Panama, soit 4,732 millions d’euros (12,1 % du total des bénéfices) par… 44 salariés seulement (3,8 % du total des salariés d’AndBank) !

Ces 44 salariés de la filiale panaméenne d’Andbank génèrent ainsi à eux seuls deux fois plus de bénéfices (107 000 euros par personne en 2017) que les… 731 autres salariés qui travaillent hors d’Andorre (3 500 euros de bénéfices générés par personne) !

Comment une telle performance est-elle possible ?

La réponse est simple : les banques gagnent beaucoup d’argent en faisant des opérations qu’elles ne devraient pas faire avec des clients qu’elles ne devraient pas avoir

C’est ainsi que Panama s’est fait connaitre dans le monde entier par l’affaire des Panama Papers et… Probity Investments (!) la filiale d’Andbank figure parmi les banques par l’intermédiaires desquelles transitaient des dizaines de millions de dollars issus d’opérations frauduleuses, ainsi que Escutcheon Investment de la Banca Privada d’Andorra qui a été déclarée en faillite (en Andorre) à la suite de l’intervention des autorités américaines (des Etats-Unis),

Document 5 :

Ce document est extrait de l’article Model of the International Financial Grid and the Panama Papers publié par les Theoretical Economics Letters (page 777 item 6) de la Portland State University, Portland, Oregon, USA dont l’auteur est Frederick Betz (lien en fin de cet article).

***

Par ailleurs, comme Andbank ne publie pas la répartition de ses actifs selon ses filiales à l’étranger, il est cependant possible d’avoir aussi une autre évaluation de ces activités à partir des prêts bruts et des créances (sur les clients) publiés dans un tableau qui se trouve malheureusement présenté sur deux pages du rapport annuel 2017…

Document 6 :

… qui montre en colonne Gross Loans and receivables que les activités d’Andbank sont effectuées pour l’essentiel en Andorre pour 718 millions d’euros, en Espagne pour 316 millions alors que les Amériques ne comptent que pour 143 millions,

Document 7 :

À partir de ces éléments, il apparait clairement que la gestion d’Andbank est hors de toute logique élémentaire.
Il est difficilement compréhensible que les dirigeants et actionnaires de cette banque n’aient pas pris les décisions qui s’imposaient, à savoir diminuer drastiquement leurs actifs non performants en se séparant des filiales hors d’Andorre dont la rentabilité est faible et les risques élevés et dont certaines font des opérations qu’elles ne devraient pas faire avec des clients qu’elles en devraient pas avoir

Par ailleurs, une fois de plus, il apparait qu’il est indispensable pour tout pays indépendant et souverain d’avoir une banque centrale et des autorités bancaires compétentes et efficaces de façon à ce qu’aucune banque présente un risque systémique.

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Le rapport financier d’Andbank présente un leverage qui est proche de celui que j’ai calculé, à savoir 6,13 % selon des modalité légèrement différentes,

Document 8 :

Cliquer ici pour lire l’article Model of the International Financial Grid and the Panama Papers de Frederick Betz relative à Andbank, page 777 item 6.
Cliquer ici pour accéder au site des publications de Portland State University, Portland, Oregon, USA qui publie cet article.
Cliquer ici pour voir le rapport annuel d’Andbank.

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2 réponses à “Banques andorranes systémiques, suite… Le cas d’AndBank”

  1. josick dit :

    De l’intérêt des Banques Centrales (quand elles font leur boulot) ! Les libertariens vont hurler !!!!

  2. Président Bernay dit :

    Entre Andorre, les îles Jersey, le Luxembourg, la Suisse & Liechtenstein , Monaco et Malte : il ne manque pas de solutions pour fuir le fisc à moins de 2 heures d’avion de Paris …

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