Natixis 1° trimestre 2016

Natixis est l’entité cotée de l’usine à gaz BPCE. Comme les autres Gos banques françaises, les comptes publiés par Natixis ne donnent pas une image fidèle de la réalité, ce qui est condamnable partout dans le monde mais pas condamné en France.

Pour donner une image fidèle de la réalité, il faut retraiter les comptes publiés par Natixis à partir d’informations pertinentes publiées par… cette banque dans ses annexes !
Ainsi en est-il du montant des véritables capitaux propres (Core Tier 1 en Bâle III) qui se montent à 12,3 milliards d’euros,

Document 1 :

Le bilan… comptable ! (sic, le ridicule ne tue pas les banksters !) publié doit donc être retraité en fonction de cette donnée,

Document 2 :

En retenant les bons chiffres, le leverage réel est de 40,8 à la fin de ce dernier trimestre, ce qui correspond à un ratio Core Tier 1 réel de 2,45 % très loin des exigences de ce bon vieux Greenspan (un leverage inférieur à 10 ou un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %), en détérioration par rapport au trimestre précédent,

Document 3 :

Natixis2015 Q12015 Q22015 Q32015 Q42016 Q1
1 Assets574,1511,8512,5500,3514,4
2 Equity19,618,318,919,219,5
3 Deductions3,42,32,83,23,7
4 Goodwill33,53,53,63,5
5 Tangible eq13,212,512,612,412,3
6 Liabilities560,9499,3499,9487,9502,1
7 Leverage (µ)42,539,939,739,340,8
8 Core Tier 1 (%)2,352,52,522,542,45

Sommes en milliards d’euros.

Le total des dettes augmente et le montant des capitaux propres baisse par rapport au trimestre précédent, ce qui est exactement ce qu’il ne faut pas faire !

Comme je l’ai déjà écrit, Un petit rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite en 2008 avec un multiple d’endettement (mon µ), le leverage, de… 32 !

Les banksters de Natixis publient un « ratio de levier Bâle III de 4,3 % », ce qui ne correspond pas aux chiffres publiés par ailleurs (alors que leurs homologues de BPCE, suivant la même présentation et la même méthode publient un ratio qui est en concordance avec mes analyses).

Ils ne parlent pas évidemment des 14,741 milliards d’euros (plusse que le montant de leurs capitaux propres !) que la Banque de France leur prête généreusement en mettant en pension des titres dans le cadre des Certificats de Dépôt Négociables (CDN)

Document 4 :

… ni des milliards que leur prête la BCE qui ne cite aucun chiffre ni aucune banque bénéficiaire de ses largesses.

Un rappel encore : ce bon vieux Greenspan préconise que le leverage réel des big banks too big to fail soit inférieur à 10, non pondéré des actifs avec le montant des capitaux propres réels (les actifs nets tangibles, sans les écarts d’acquisition), et que son inverse, le ratio Core Tier 1 soit supérieur à 10 % comme le préconisent aussi la BRI, Axel Weber, l’EBA, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal et la directive européenne CRR/CRD IV.

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 34,5 milliards d’euros ou diminuer le total du bilan (et des dettes) de… 379 milliards pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan !

Pour l’instant, ça marche. Tout va bien : il n’y a pas eu de tsunami bancaire.

La capitalisation boursière de Natixis de 13,7 milliards d’euros est complètement déconnectée des réalités, même après la chute des cours des actions de ces dernières semaines.

Le retour aux réalités sera rude…
Heureusement que peu de gens lisent ce que j’écris car ça fait peur !

Cliquer ici pour voir les résultats de Natixis d’où sont extraites ces informations.

2 réflexions sur “Natixis 1° trimestre 2016”

  1. Les comptables et expert en comptabilité sont des gens très importants en France et grassement payés. Natixis fait travailler toute une cohorte de cadres faisant carrière dans les directions commerciale, marketing, communication, financière, sans oublier les inénarrables RH. Tout va bien.

  2. Merci pour votre article qui est source d’interrogation et me met la puce à l’oreille.
    Du coup, à votre avis, à combien s’élève l’actif net comptable tangible pour Natixis?
    La valeur actuelle étant de 3,38€. Etant actionnaire avec un PRU de 4,08, je me pose la question après connaissance de vos informations, s’il ne vaut mieux pas quitter le navire pendant qu’il en ait encore temps. Ou me dire que l’investissement est sur du long terme.
    Je rajouterais pour finir que si vos dires sont exacts, cela remet en doute la capacité du groupe à délivrer un dividende aussi élevé de près de 10% au cours actuel.
    Quelle est votre opinion?

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