Les augmentations de droits de douane décidées par le Donald posent des problèmes complexes qui vont avoir de conséquences importantes aux États-Unis et dans le reste du monde…
***
J’ai écrit précédemment ce qui suit et je le maintiens… Sur la longue période l’inflation de base post-covid est bien hors normes et même historique et la politique d’augmentation des droits de douane voulue et déjà appliquée en partie par le Donald ne peut qu’accentuer les hausses de prix des produits qui seront payés par les Américains, c’est-à-dire par les personnes qui vivent aux États-Unis.
En effet, ce sont ces consommateurs américains qui paieront in fine ces droits de douane, et non pas les Canadiens, ni les Mexicains ni les Chinois, ni les Européens !
… mais j’ai eu tort d’écrire… Le Donald et ses mauvais conseillers font là encore une erreur monumentale qui risque d’affaiblir l’Amérique par manque de culture économique !
Ronald Reagan avait ses Reaganomics de talent ce qui n’est pas le cas présentement avec l’entourage de milliardaires incultes du Donald.
Scott K. H. Bessent, le nouveau secrétaire au Trésor choisi par le Donald va devoir faire face à de très grosses difficultés…
En effet, les informations publiées au sujet de ces droits de douane décidés par le Donald partent dans tous les sens et (presque) personne ne prend soin de partir des données de base de façon à analyser correctement ces problèmes…
***
C’est un économiste encore peu connu, Stephen Ira Miran qui est le concepteur de cette politique économique originale qui consiste à augmenter les droits de douane portant sur les biens importés aux États-Unis, et il a parfaitement raison…
En effet, il est étonnant que personne n’ait pris en considération plus tôt le fait que les droits de douane (Customs duties) portant sur les biens importés aux États-Unis n’ont rapporté au Trésor que… 86,5 milliards de dollars en 2024 !
Document 1 :
Ces droits de douane ne représentent que 2 % des importations qui se montaient à 4 141 milliards de dollars en 2024, ce qui est à la limite insignifiant par rapport, par exemple, à la TVA de 20 % que supportent inversement la plupart des exportations américaines en France !
Document 2 :
Ces droits de douane ne représentent que 2,74 % du budget de l’État fédéral qui se montait à 3 167,5 milliards de dollars sur l’exercice 2024, ce qui est à la limite insignifiant par rapport aux divers impôts payés par les constribuables américains !
Document 3 :
Conclusion : le Donald est parfaitement en droit d’imposer des augmentations de droits de douane sur les produits importés aux États-Unis car ils sont très largement inférieurs à ceux qui sont inversement imposés par les pays étrangers lorsqu’ils importent des produits made in USA.
En partant de droits de douane équivalents à la TVA qui est généralisée dans les pays européens et ailleurs, et en adoptant un taux moyen de l’ordre de 15 % par exemple, ces droits de douane devraient se monter alors à… 621 milliards de dollars (par rapport à 4 141 milliards de dollars) alors qu’ils ne portent que sur… 86,5 milliards de dollars !
Même après les récentes augmentations de droits de douane décidées par le Donald, ces taux d’imposition restent anormalement bas par rapport à ceux qui sont appliqués dans les autres pays partenaires.
Le libéralisme ne consiste pas à laisser les entreprises des pays étrangers exporter librement et gratuitement des produits concurrençant les entreprises américaines.
Les autorités américaines, comme leurs homologues dans les autres pays, doivent prendre les mesures nécessaires pour que le commerce international fonctionne à l’avantage de tous les partenaires.
***
Cependant, les augmentations de droits de douane décidées par le Donald posent aussi d’autres problèmes…
D’abord, qui paie ces droits de douane ?
Contrairement à ce que doit penser le Donald, ce ne sont pas les entreprises ni les pays exportateurs qui paient ces droits de douane, mais… les consommateurs américains !
Concrètement, ce sont les importateurs américains qui paient en premier ces droits, qu’ils répercutent sur les entreprises qui commercialisent les produits importés, et ce sont in fine les consommateurs qui de toute façon paieront ces droits, ce qui alimente toutes choses égales par ailleurs les tensions inflationnistes.
Cependant, tout n’est pas si simple car les augmentations de ces droits de douane ont d’autres conséquences…
Une première conséquence commence à être observée aux États-Unis : beaucoup de consommateurs, surtout démocrates, ont peur d’une résurgence de l’inflation, et en conséquence, ils restreignent leurs dépenses, ce qui a donc des effets récessifs.
C’est ainsi qu’une inflation… déflationniste est présentement en gestation et elle se manifeste par une récession caractérisée par la poursuite de hausses de prix et de baisses de dépenses.
En prônant ces augmentations de droits de douane, Stephen Miran avait pour objectif de stimuler la production des entreprises industrielles sises sur le territoire des États-Unis.
Or, c’est très exactement… ce qui ne s’est pas passé au cours du premier mandat du Donald lorsque de telles mesures ont déjà été prises dans le secteur sidérurgique et la probabilité pour que de telles conséquences aient lieu dans l’avenir proche est très élevée !
Pire encore, la hausse des droits de douane pour les voitures peut avoir pour conséquence de diminuer les ventes de voitures importées sans contrepartie positive pour les voitures made in USA, et sans pour cela stimuler les ventes de voitures made in USA.
Dans un tel cas, ces augmentations de droits de douane n’ont que des effets négatifs pour tous les partenaires.
Pire encore, les dirigeants des pays exportant aux États-Unis prennent stupidement des mesures de rétorsion qui ne font qu’aggraver la situation de tous les partenaires.
Pire encore, et c’est tout à fait possible, les Américains se détachent ainsi des pays du reste du monde, et en particulier des pays asiatiques qui accentuent les échanges commerciaux entre eux et cela concerne la plus grande partie de la population mondiale.
La politique tarifaire menée par le Donald a et surtout aura de graves conséquences à long terme pour les États-Unis alors qu’il aurait pu réussir à redresser l’Amérique par la seule diminution des prélèvements obligatoires pour les entreprises et les consommateurs américains.
***
Cliquer ici pour accéder aux données de notre ami Fred de Saint Louis sur les Federal government current tax receipts: Taxes on production and imports: Customs duties (Recettes fiscales courantes de l’administration fédérale : Impôts sur la production et les importations : Droits de douane).
Cliquer ici pour accéder aux données sur Federal government current tax receipts (Recettes fiscales courantes de l’administration fédérale).
Cliquer ici pour lire un article instructif sur l’augmentation de droits de douane.
Cliquer ici pour accéder aux données sur Imports of Goods and Services.
© Chevallier.biz