7 avril 2018 31

€-crash : synthèse # 2° partie : marchés, monétarisme et finance

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

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€-crash : synthèse

2° partie : marchés, monétarisme et finance

2.1.1. L’indicateur le plus pertinent est le Yield Spread 10-2y, c’est-à-dire l’écart entre les rendements des notes à 10 ans et ceux des Notes à 2 ans.
Sa baisse en tendant vers zéro s’interprète de la façon suivante : les bons spéculateurs, ceux qui voient juste et loin sortent leurs capitaux des marchés d’actions pour les placer dans les valeurs refuges que constituent les Notes dans la crainte d’une récession à venir.
Les prix des contrats montant, les rendements baissent.
Ordinairement, ces tendances conduisent à une inversion de la courbe des taux précédant une récession prévisible.

C’est ce qui s’est produit, au moins depuis que les données sur les Notes sont publiées par notre ami Fred de Saint Louis,

Document 1 :

Les cycles sont encore plus nets depuis le début des années 2000, c’est-à-dire depuis que l’inflation est enfin jugulée aux Etats-Unis,

Document 2 :

2.1.1. Les bons spéculateurs réagissent ainsi quand ils observent que les dysfonctionnements financiers graves qui se sont produits s’accentuent du fait qu’aucune solution n’a été apportée à leurs causes.

Ces dysfonctionnements sont en fait essentiellement d’ordre comptable : les règles alors en vigueur ne donnent plus une image fidèle de la réalité, ce qui provoque une bulle financière.

2.1.2. Ainsi aux Etats-Unis, à la fin des années 90 et encore au début des années 2000, les dirigeants des entreprises avaient la possibilité d’amortir sur une longue période (20 ans) les pertes issues de l’acquisition de dot com à des prix qui allaient s’avérer vite comme étant considérablement surévalués.
Ces pertes étaient donc anormalement minimisées dans les comptes de beaucoup de sociétés, ce qui a créé cette dot com bubble, en français la bulle internet, qui était bien visible dans l’augmentation anormale de l’agrégat monétaire M3-M2 correspondant à la trésorerie des entreprises,

Document 3 :

Les bénéficiaires des bulles monétaires sont toujours très riches, très puissants et très influents.
Les autorités compétentes, en premier lieu les membres du FOMC sont donc obligés d’attendre qu’une telle bulle arrive à son paroxysme pour être en position de force afin de la faire éclater.
C’est ce qui a été fait un peu tard en créant une récession de faible ampleur en 2001.

2.1.3. Par la suite, une autre bulle monétaire s’est développée toujours dans l’agrégat monétaire M3-M2 du fait que les banksters ne respectaient plus les règles prudentielles d’endettement.
En effet, le total de leurs dettes dépassait souvent allègrement 20 fois le montant de leurs véritables capitaux propres alors que ce ratio devait être inférieur à 12 (mon leverage, ce qui correspondait au ratio core Tier 1 qui devait être supérieur à 8 %).

Le départ de cette nouvelle bulle monétaire est bien visible sur la courbe représentant l’évolution de l’agrégat monétaire M3-M2

Document 4 :

mais le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke a fait supprimer la publication des chiffres de la masse monétaire M3 dès sa prise de fonction à la tête de la Fed (1° février 2006) pour que seuls lui et ses collaborateurs disposent de ces chiffres.
Ainsi, aucune personne extérieure à la Fed ne pouvait plus déceler d’une façon fiable le développement de cette bulle, ce qui montre l’importance considérable que revêtent les chiffres des agrégats monétaires et l’analyse de leur évolution.
Comme son prédécesseur, Ben Bernanke a été dans l’obligation d’attendre que cette bulle arrive à son paroxysme pour être en position de force afin de la faire éclater en flinguant pour l’exemple une banque, celle des frères Lehman, ce qui a suffi pour que les autres banksters respectent la règle prudentielle d’endettement… qui n’a cependant même pas été transcrite en règle impérative !

Citigroup est un bon exemple de banque dont le leverage est revenu dans la norme : à 10,

Document 5 :

L’éclatement de cette bulle a créé des dommages collatéraux très importants qui ont constitué la Grande Récession.

2.2.1. Le cycle du Yield Spread 10-2y est reparti à la baisse à nouveau depuis juillet 2011, non pas à cause d’un dysfonctionnement comptable aux Etats-Unis mais en Europe.

En effet, les banques européennes ne respectent toujours pas les règles prudentielles d’endettement (le total de leurs dettes dépasse souvent 20 fois le montant de leurs véritables capitaux propres) ni les principes comptables selon lesquels les prêts dits non performants (Non Performing Loans, NPL) qui sont en fait des pertes prévisibles, devraient être comptabilisées en pertes, comme c’est le cas aux Etats-Unis.

Document 6 :

2.2.2. Dès lors, compte tenu des capitaux propres réels, le total des prêts des banques européennes est globalement trop élevé par rapport à ce qu’il devrait être (c’est-à-dire par rapport aux normes), ce qui crée une bulle monétaire considérable dans les agrégats M1 (principalement sur les comptes courants des Euro-zonards) et M3-M2, la trésorerie des entreprises, de l’ordre de… 3 000 milliards d’euros !

Document 7 :

2.2.3. La situation est en réalité pire encore car les gestionnaires de trésoreries, en bons spéculateurs, placent préférentiellement leurs disponibilités sur les bons du Trésor allemand en prévision d’un €clatement de la zone euro.
En effet, en cas de sortie de la zone euro de certains pays (ou de sa disparition), ces créances porteront ainsi sur l’Etat allemand qui sera toujours fiable et dans une monnaie forte, ce qui ne le sera pas pour les liquidités détenues en euros ni sur des bons d’autres Trésors.
De ce fait, la demande est très forte sur les bons du Trésor allemand, les rendements du Schatz étant toujours négatifs, ce qui est hors de toute logique économique élémentaire,

Document 8 :

2.3.1. La situation est en réalité pire encore (bis !) car beaucoup de banques de la zone euro sont proches de la faillite. Elles ne doivent leur survie qu’aux disponibilités qui leur sont fournies par les Marioles de la BCE, chronologiquement d’abord sous la forme de prêts puis de rachats de titres dans le cadre de leur politique monétaire dite de Q€2.

Pire encore (ter !) : ces Marioles de la BCE ne financent pas ce Q€2 par les dépôts des banques qui disposeraient de disponibilités excédentaires (comme c’est le cas aux Etats-Unis), mais par une opération de cavalerie à grande échelle qui consiste à enregistrer sur la même journée les prêts qui sont financés par les dépôts en retour !

Document 9 :

Complément (mis en ligne le 08/04) : la courbe représentant cet écart entre les disponibilités redéposées par les banksters auprès de la BCE et (moins) les disponibilités qui leur sont accordées par ces Marioles montre clairement que la situation se dégrade considérablement et très vite depuis la dernière semaine de 2017 : le trou est de… 500 milliards d’euros !

Document 9 bis :

2.3.2. Pire encore (quater !) : cette cavalerie a de plus en plus de difficultés à fonctionner car globalement, les banques de la zone qui sont obligées de recevoir des disponibilités de la part des Marioles de la BCE ne peuvent plus les y redéposer en totalité (sinon elles feraient faillite) si bien que de généreuses et anonymes administrations publiques et de non moins généreux et anonymes non-résidents doivent apporter jusqu’à… 700 milliards d’euros ! (en date du 30 mars, dernier chiffre connu) pour que la BCE puisse boucler son bilan hebdomadaire sans être obligée d’emprunter sur les marchés, ce qui montrerait sa vulnérabilité et surtout que beaucoup de banques de la zone sont en réalité en défaut de paiement,

Document 10 :

En effet, beaucoup de banques sont susceptibles de faire faillite d’un jour à l’autre comme cela a été le cas entre autres de Banco Popular) car celles qui ont une situation nette créditrice ne prêtent plus leurs disponibilités à celles qui ont une situation nette débitrice, si bien que le marché interbancaire est bloqué.
Les Marioles de la BCE sont donc obligés de se substituer au marché interbancaire en mettant en œuvre cette gigantesque cavalerie que constitue le Q€2 car ils n’ont pas les moyens de le financer.

Pour rappel, le Q€2 est très différent du QE de la Fed car aux Etats-Unis, le marché interbancaire fonctionne normalement du fait que les banques ont des disponibilités (cash) considérables.

2.3.3. Ces tensions extrêmes se répercutent sur les marchés… des Treasuries car les bons spéculateurs anticipant un €-crash (qui provoquera une récession aux Etats-Unis) sortent leurs capitaux des marchés d’actions pour les reporter préférentiellement sur celui des Notes à 10 ans dont les rendements baissent.

Comme les rendements des Notes à 2 ans sont arrimés (pegged) au taux de base de la Fed, l’écart entre les rendements de ces notes, le Yield Spread 10-2y baisse inexorablement depuis… juillet 2011, date du début de l’exacerbation de l’€-crise.
Il n’a connu que trois rebonds éphémères : lors du sauvetage à coups de centaines de milliards d’euros de la Grèce et de Chypre, de l’intervention des membres du FOMC le 28 avril 2015 et lors de l’élection du Donald, cf. document 2.

2.3.4. Le Yield Spread 10-2y bute depuis début décembre sur la barre critique et symbolique des 50 points de base qu’il a franchi à la baisse le 28 mars,

Document 11 :

Logiquement, cette tendance baissière lourde et longue devrait continuer, soit lentement mais sûrement selon les droites de tendance, soit brusquement comme en juillet-août 2011, à la suite de la chute de dominos bancaires italiens, de Deutsche Bank ou d’autres banksters,

Document 12 :

2.4. Conclusions.
Deux solutions sont envisageables…

2.4.1. La première solution que l’on peut retenir est que la zone euro est enfin proche de sa fin, c’est-à-dire de son éclatement car une monnaie ne peut être que celle d’une nation et non pas celle d’un ensemble hétérogène de nations indépendantes et souveraines, ce qui conduit inéluctablement à une hypertrophie monétaire qui est toujours létale à terme.

Tous les indicateurs sont concordants. Le plus critique est le fait que les Marioles de la BCE ont de plus en plus de difficultés pour boucler leur bilan hebdomadaire sans les apports croissants d’administrations publiques déjà surendettées et de non-résidents, à hauteur actuellement de 700 milliards d’euros, ce qui a de toute façon une limite.

La chute du Yield Spread 10-2y, commencée en juillet 2011 peut se poursuivre lentement mais une limite apparait en août 2018, cf. document 12, ou brusquement, en deux ou trois semaines à raison de 3 ou 4 points de base par jour comme en juillet 2011 justement.

2.4.2. En cas d’€clatement, le désordre sera total.
Les exemples de la Grèce et de Chypre en sont des antériorités fiables, mais les conséquences seront encore plus graves lors de l’€clatement prévisible.
Pour rappel, en Grèce et à Chypre au plus fort de la crise, les retraits en billets ont été limités à 50 euros par jour et par personne, tous les paiements ont été suspendus, sauf ceux qui pouvaient être justifiés et autorisés, les prix de l’immobilier se sont effondrés avec les taxes qui leur étaient imposés, tout le système de prix a été désorganisé, etc.
Ces deux pays n’ont toujours pas retrouvé le niveau du PIB qui était le leur avant la crise.

Une autre antériorité de référence existe, pire encore : c’est l’Allemagne de l’entre-deux guerres comme l’a bien montré Pierre Jovanovic dans son livre Hitler ou la revanche de la planche à billets.

2.4.3. La seconde conclusion est a priori plus douce : c’est la poursuite du statu quo pendant un certain temps
Cette solution a l’avantage de maintenir le plus grand désordre dans la vieille Europe continentale sans créer de récession aux Etats-Unis.
Dans ce cas, dans un premier temps, le Donald pourrait aborder les élections de Midterm dans une meilleure position, quitte à revenir au cas précédent par la suite.
De toute façon, une solution douce n’est pas durable.

Pour rappel : l’argent sain est le premier pilier des Reaganomics.
Tout est simple.

5 avril 2018 15

BCE : tout va bien, pas de tsunami ! (suite sans fin ?)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Monétarisme

Tout va bien dans l’euro-système car il n’y a pas eu de tsunami bancaire, pour l’instant du moins, mais les Marioles de la BCE ont encore eu des difficultés à boucler leur bilan vendredi dernier 30 mars.

En effet, des banksters de la zone ont été obligés de récupérer au cours des trois dernières semaines… 138 milliards d’euros qu’ils avaient déposés auparavant auprès de la BCE !

Document 1 :

Un petit rappel : les Marioles de la BCE leur ont prêté 800 milliards d’euros et ils leur ont racheté pour 2 700 milliards de titres pour leur fournir des liquidités qu’ils doivent… replacer à la BCE, ce qui constitue une gigantesque cavalerie… dont personne ne parle !

Document 2 :

Evolution dans le temps de ces données,

Document 3 :

Ces banksters ont donc maintenant en dépôt à la BCE moins de 2 000 milliards d’euros,

Document 4 :

En conséquence, l’écart les dépôts des banksters à la BCE et (moins) ces disponibilités fournies par les Marioles aux banksters (prêts et achats de titres) augmente

Document 5 :

pour atteindre un nouveau plus bas historique de… 496 milliards d’euros !

Document 6 :

Compte tenu d’autres éléments, cet écart a dû être comblé à hauteur de… 704 milliards d’euros par de généreuses et anonymes administrations publiques et par de non moins généreux et anonymes non-résidents, ce qui constitue un plus haut record historique,

Document 7 :

Ce sont ces généreuses et anonymes administrations publiques (déjà surendettées) qui ont été mises à contribution pour sauver l’euro-système bancaire et aussi ces non moins généreux et anonymes non-résidents pour 340 milliards d’euros avec 73 milliards supplémentaires apportés au cours de cette semaine !

Document 8 :

Pour rappel : ces généreux et anonymes non-résidents ne peuvent qu’être des musulmans possédant des capitaux tirés de pays ayant de gigantesques ressources en hydrocarbures, ce qui explique la politique dite migratoire appliquée en Europe…

Ainsi, les Marioles de la BCE financent par une gigantesque cavalerie des Etats surendettés (en leur rachetant leur dette) qui financent en retour la BCE !

Le chat se mord la queue
Le plus étonnant est que tout l’euro-système n’ait pas encore sauté !

Toute cette histoire d’euro aura une fin…
Heureusement, personne ne commente l’évolution du bilan des Marioles de la BCE !

Cliquer ici pour lire mon article précédent sur ce sujet.

3 avril 2018 9

€-crash : synthèse

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe

Certaines personnes qui lisent mes articles ont manifestement des difficultés à les assimiler globalement, c’est-à-dire, à en faire une synthèse et à en tirer des conclusions justes, ce qui est l’objet de cette présente mise au point…

Après une première partie classique replaçant l’€-crise dans un cadre historique et théorique, j’aborderai les aspects plus techniques, monétaristes et financiers, qui sont moins bien connus.

[Cette synthèse étant finalement assez longue, je mets en ligne ici la seule première partie]

***

1° partie : €-crash et théories économiques

1.1.1. Au point de départ des grands problèmes actuels se trouve cette idée née dans la tête de dirigeants européens de constituer les Etats-Unis d’Europe, c’est-à-dire une nation pouvant rivaliser avec les Etats-Unis d’Amérique et pour atteindre cet objectif, ils ont considéré que la meilleure solution consistait d’abord à adopter une monnaie unique dans les pays européens.

1.1.2. Il s’agissait là d’une erreur monumentale, d’abord au niveau politique, car l’Europe n’est pas une nation mais un continent constitué de nations, c’est-à-dire de territoires sur lesquels vivent des peuples, c’est-à-dire des personnes qui ont la volonté de vivre ensemble parce qu’elles partagent une même culture (au sens large, anglo-saxon) issue en grande partie d’un long passé commun.

1.1.3. Ensuite, il s’agissait là d’une erreur monumentale au niveau économique, car ces nations, indépendantes et souveraines avaient des niveaux et des gains de productivité différents (les uns des autres), donc logiquement des monnaies qui leur étaient propres, dont les parités variaient en fonction de la comparaison de leurs performances globales, ce qui leur permettait d’atteindre leur potentiel optimal de croissance.
L’adoption d’une monnaie unique dans une telle zone ne peut qu’être létale à terme pour tout monétariste normalement constitué.

Ce sont là deux points bien connus.

1.2.1. Face à ce projet de constituer les Etats-Unis d’Europe, les Américains, c’est-à-dire les dirigeants économiques et politiques qui défendent les intérêts des Etats-Unis, auraient dû réagir logiquement en tentant de le saborder de façon à conserver leur leadership sur le monde libre.
Or il n’en a rien été.
Au contraire même : ils ont encouragé les Européens dans cette voie !
Ainsi par exemple, Alan Greenspan se félicitait de la possibilité d’avoir à l’avenir un marché de bons du Trésor de la zone euro (de grande ampleur) pouvant faire une concurrence saine à ceux des Treasuries.

Ces réactions paradoxales des Américains auraient dû susciter la méfiance des Européens.
En effet, ces dirigeants américains savaient parfaitement qu’en cas d’adoption d’une monnaie unique concernant un grand nombre de pays européens, une création monétaire létale à terme coulerait ces adversaires performants que sont beaucoup d’entreprises européennes.
Ils ont donc gentiment poussé à la faute les idiots utiles qu’auront été les dirigeants de la future zone euro.

1.2.2. Moins bien connue encore a été l’expérience allemande en grandeur nature qu’aura été l’adoption d’une monnaie unique dans deux entités économiques dont les niveaux et les gains de productivité étaient très différents, à savoir l’Anschluß de l’Allemagne de l’Est par l’Allemagne de l’Ouest.
En effet, Helmut Kohl a suivi les conseils des dirigeants des entreprises des Länder de l’Ouest (et non ceux de Karl Otto Pöhl) qui avaient bien compris qu’en imposant une monnaie unique dans l’Allemagne réunifiée, ils allaient pouvoir récupérer dans des conditions très avantageuses les rares entreprises rentables de l’Est et surtout une main d’œuvre docile acceptant de très bas salaires, en particulier ceux qui étaient issus des réformes Hartz.

Après cette expérience réussie, les dirigeants allemands l’ont transposée au niveau supérieur de façon à créer l’€mpire germanique là aussi pour récupérer dans des conditions très avantageuses les entreprises rentables de ces cochons de pays du Club Med et surtout une main d’œuvre docile acceptant de très bas salaires pour les entreprises situées en Allemagne.

Cerise sur le gâteau : les entreprises allemandes bénéficient en outre d’une monnaie sous-évaluée grâce à ces idiots vraiment très utiles qu’auront été les dirigeants de ces cochons de pays du Club Med.

1.3.1. Par ailleurs, Benoît l’éCœuré a donné récemment un argument économique a priori logique à la constitution d’une nation européenne en rappelant que la croissance n’est jamais uniforme dans un pays.
En effet, généralement, certaines régions sont en expansion pendant un certain temps, puis en récession, et inversement, du fait de l’évolution des techniques et du système productif.
Ainsi par exemple, le Michigan industriel qui était prospère au XIX° et encore au début du XX° siècle périclite depuis des décennies alors que d’autres Etats fédérés sont en expansion comme la Californie par exemple.

Dès lors, les partisans de cette nation européenne considèrent qu’il est normal que les Grecs quittent leur Etat pour vivre et travailler dans un autre Etat en expansion, en Allemagne en l’occurrence.

Il s’agit là une fois de plus d’une erreur monumentale sur le plan économique, politique et humain car les Grecs sont des Grecs vivant en Grèce et non pas des Européens apatrides déplaçables comme des pions.

Il est étonnant que les petits Suisses soient les seuls en Europe continentale à continuer de réagir correctement et sainement face à ce projet contre nature de constitution des Etats-Unis d’Europe.

1.3.2. Ce projet de constitution des Etats-Unis d’Europe n’est pas le résultat de l’application inéluctable et indispensable du capitalisme libéral mondialiste (comme veut le faire croire la propagande de ses partisans) mais d’un socialisme internationaliste qui est encouragé et subventionné par des multimilliardaires qui prônent dans leur seul intérêt l’ouverture des marchés et des frontières.

Le capitalisme libéral n’est pas le système du laisser-faire laisser-passer sans limites, au détriment d’une partie importante de la population comme l’a fort bien compris le Donald.

Le but du capitalisme libéral est d’assurer la Richesse des Nations, c’est-à-dire de leurs habitants, dans leurs nations respectives, en laissant faire la main invisible du marché, mais en l’orientant et en la contenant par des lois et des règlements qui doivent être respectés impérativement.

1.4. Conclusion : l’euro système est de toute façon condamné à éclater.
La question qui se pose alors est la suivante : quand ?
La réponse est donnée par les marchés, c’est-à-dire par quelques indicateurs monétaires et financiers.

[Dans une seconde partie à venir prochainement…]

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30 mars 2018 1

Yield Spread à 47 pb ou 46,5 !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Hier jeudi 29 mars, le Yield Spread, à savoir l’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et ceux des Notes à 2 ans a terminé à 47,3 points de base en fin de séance américaine après avoir atteint un plus bas à 45,5 en milieu de séance,

Document 1 :

Cette nette baisse sous la barre critique des 50 points de base pour le deuxième jour consécutif s’inscrit dans une tendance baissière longue

Document 2 :

… et même très longue puisqu’elle est entamée depuis… juillet 2011, date du début de l’exacerbation de l’€-crise,

Document 3 :

S’il n’y avait pas eu ce risque d’€-crise, ce Yield Spread aurait baissé lentement depuis son sommet atteint fin 2010-début 2011 pour tendre vers sa bande normale et optimale de fluctuation autour de 125 points de base selon la courbe en vert, en mettant fin (enfin !) aux cycles précédemment initiés par les membres du FOMC,

Document 4 :

En effet, après avoir fait éclaté la bulle monétaire qui s’était développée aux Etats-Unis, ce qui avait provoqué ce que les Américains appellent la Grande Récession, les membres du FOMC ont fait repartir la croissance du PIB sur des bases saines, sans inflation, correspondant à des rendements des Notes à 10 ans fluctuant dans la bande des 3 % et dans la bande située en moyenne 125 points de base plus bas, en concordance avec les taux de base de la Fed se situant 50 points de base plus bas,

Document 5 :

Les rendements des Notes à 10 ans ont donc amorcé récemment un retournement de tendance, précédemment haussière depuis les déclarations de William Dudley,

Document 6 :

La courbe de tendance (exponentielle d’ordre 6) en rouge n’est qu’indicative mais possiblement fiable.

Reuters publie après chaque séance boursière américaine une dépêche commentant les événements importants qui s’y sont produits, en ne mentionnant généralement que les niveaux des rendements des Notes (comme les deux premières lignes du document 7) mais jamais leur écart, sauf ce jeudi soir : 46,50 !

Document 7 :

Bienvenue au club !
J’ai comme l’impression que je ne serai plus le seul à me préoccuper de ce Yield Spread qui sera une grande vedette des semaines et des mois à venir.
Pour rappel, les bons spéculateurs (et bons monétaristes) sont ceux qui voient juste et de loin, bien avant les autres.

Pour ma part, je retiens les seuls chiffres en fin de séance publiés par le Wall Street Journal pour avoir des séries homogènes,

Document 8 :

Document 9 :

En attendant la suite et un récapitulatif (ou synthèse !) de mes analyses…

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29 mars 2018 18

Yield Spread à 49 pb !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Hier mercredi 28 mars, le Yield Spread, à savoir l’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et ceux des Notes à 2 ans est retombé à 49 points de base en fin de séance américaine après avoir atteint 47 en milieu de séance,

Document 1 :

Cette baisse sous la barre critique des 50 points de base s’inscrit dans une tendance baissière longue

Document 2 :

et même très longue puisqu’elle est entamée depuis… juillet 2011, date du début de l’exacerbation de l’€-crise,

Document 3 :

En attendant la suite…

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28 mars 2018 14

Yield Spread à 50 pb

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Hier mardi 27 mars, le Yield Spread, à savoir l’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et ceux des Notes à 2 ans est retombé à 50,3 points de base en fin de séance américaine,


Une baisse de 5 points de base en une séance !
Le Donald est un joueur de billard à trois bandes très fort.

Soit ce Yield Spread continue à baisser (dans l’anticipation de l’€-crash), soit ceux qui le maintiennent depuis le 5 décembre au-dessus de la barre critique des 50 points de base ont la possibilité de poursuivre leurs actions.

Telle est la question dont la réponse sera donnée prochainement.

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27 mars 2018 4

BCE : tout va bien, pas de tsunami ! (suite)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Monétarisme

Tout va bien dans l’euro-système car il n’y a pas eu de tsunami bancaire, pour l’instant du moins, mais les Marioles de la BCE ont encore eu des difficultés à boucler leur bilan vendredi dernier 23 mars.

En effet, des banksters de la zone ont été obligés de récupérer au cours des deux dernières semaines… 95,543 milliards d’euros qu’ils avaient déposés auparavant auprès de la BCE !

Document 1 :

Un petit rappel : les Marioles de la BCE leur ont prêté 800 milliards d’euros et ils leur ont racheté pour 2 700 milliards de titres pour leur fournir des liquidités qu’ils doivent… replacer à la BCE, ce qui constitue une gigantesque cavalerie… dont personne ne parle !

Document 2 :

Evolution dans le temps de ces données,

Document 3 :

Ces banksters ont donc maintenant en dépôt à la BCE moins de 2 000 milliards d’euros,

Document 4 :

En conséquence, l’écart les dépôts des banksters à la BCE et (moins) ces disponibilités fournies par les Marioles aux banksters (prêts et achats de titres) augmente

Document 5 :

pour atteindre un nouveau plus bas record historique de… 470 milliards d’euros !

Document 6 :

Compte tenu d’autres éléments, cet écart a dû être comblé à hauteur de… 672 milliards d’euros par de généreuses et anonymes administrations publiques et par de non moins généreux non-résidents, ce qui constitue un plus haut record historique,

Document 7 :

Ce sont surtout ces généreuses et anonymes administrations publiques (déjà surendettées) qui ont été mises à contribution pour sauver l’euro-système bancaire pour un montant de 405 milliards d’euros, ce qui constitue là aussi un plus haut record historique,

Document 8 :

Ainsi, les Marioles de la BCE financent par une gigantesque cavalerie des Etats surendettés (en leur rachetant leur dette) qui financent en retour la BCE !
Le chat se mord la queue
Le plus étonnant est que tout n’ait pas encore sauté !

27 mars 2018 7

Deutsche Bank 4° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage

Les banksters de Deutsche Bank ont publié début février une partie de leurs états financiers mais ils n’ont publié que le 16 mars les véritables chiffres de leur rapport annuel qui sont encore plus inquiétants…

Ils montrent quand même que Deutsche Bank a fait de gros progrès, surtout depuis le 2° trimestre de cette année 2017 (grâce à une augmentation de capital de 8 milliards d’euros en avril) : le multiple d’endettement réel (leverage) passe sous la barre de 30 en cette fin de 4° trimestre, ce qui est encore dangereusement élevé, mais en très net progrès d’une année sur l’autre grâce aussi à une baisse du total des dettes, et en très faible amélioration par rapport au trimestre précédent,

Document 1 :

Deutsche Bank2016 Q42017 Q12017 Q22017 Q32017 Q4
1 Assets1 590,551 564,761 568,731 521,451 474,73
2 Equity59,83359,88566,25865,67663,174
3 Deductions8,5788,3897,2997,7756,035
4 Goodwill8,9829,0398,8348,7738,839
5 Tangible eq42,27342,45750,12549,12848,3
6 Liabilities1 548,271 522,301 518,611 472,331 426,43
7 Leverage (µ)36,6335,8630,329,9729,53
8 Core Tier 1 (%)2,732,793,33,343,39

Sommes en milliards d’euros.

Les banksters de Deutsche Bank publient quand même normalement le montant de leurs véritables capitaux propres : Common Equity Tier 1 (CET 1) capital (CRR/CRD 4) fully loaded,

Document 2 :

Ces chiffres montrent que Deutsche Bank n’est pas la pire des big banks too big to fail car elle est battue de peu par les Mécanos de la Générale dans ce match des plusse pires !

Document 3 :

Cependant, une note (sans commentaires) sur les prêts (Loans), qui se montent à 405,621 milliards d’euros, fait apparaitre des pertes (Allowance for loan losses) pour un montant de 3,921 milliards, ce qui correspond à un ratio NPL (de pertes, Non Performing Loans) sur les prêts de… 0,97 % !

Document 4 :

Or, d’après les Marioles de la BCE eux-mêmes, ce ratio est de 6,2 % en moyenne pour les grandes banques de la zone,

Document 5 :

Donc, soit les banksters de Deutsche Bank sont en fait des banquiers parmi les meilleurs du monde en obtenant un ratio NPL inférieur à 1 %, soit, ce sont encore et toujours des banksters qui ne publient pas des comptes donnant une image fidèle de la réalité, ce qui est condamnable mais pas condamné, évidemment.

Ces comptes de Deutsche Bank sont quand même en passe d’être certifiés par KPMG,

Document 6 :

En reprenant le chiffre fourni par les Marioles de la BCE pour le ratio moyen NPL des grandes banques de la zone, à savoir 6,2%, en l’appliquant sur le montant du total des prêts, soit 405,621 milliards d’euros, ce sont donc… 25,149 milliards qui auraient dû être comptabilisés en pertes, et non pas 3,921 milliards !

Les banksters de Deutsche Bank ont donc maladroitement essayé de camoufler une perte de… 21,228 milliards d’euros (correspondant à la différence entre 25,149 milliards et 3,921 milliards) !

En étant gentil et pour simplifier, en arrondissant les pertes non enregistrées sur les NPL à 20 milliards d’euros, les capitaux propres viennent ainsi en diminution de ce montant, ce qui fait apparaitre un multiple d’endettement supérieur à… 50 !

Document 7 :

Deutsche Bank2017 Q4
1 Assets1 474,73
2 Equity63,174
3 Deductions26,035
4 Goodwill8,839
5 Tangible eq28,3
6 Liabilities1 446,43
7 Leverage (µ)51,11
8 Core Tier 1 (%)1,96

Un rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32 !

Le plus drôle est qu’il y a des gens qui n’ont pas décelé cette mystification, et que d’autres se demandent pour quelles raisons le cours de Deutsche Bank a baissé la semaine dernière de 12 %.

Et les banques italiennes non cotées, donc ne publiant pas leurs comptes, sont dans une situation plusse pire encore, ce qui inquiète même les Marioles de la BCE.

Dans ces conditions, il ne faut pas se demander si la zone euro est pérenne, mais quand se produira le tsunami bancaire qui l’emportera dans les abysses.

Pour rappel, Deutsche Bank survit grâce à des augmentations successives de capital de… 30 milliards d’euros et des suppressions massives d’emplois à cause des fautes de gestions de ses banksters jamais condamnés.
La capitalisation boursière de Deutsche Bank reste à un niveau très bas aux alentours de 30 milliards d’euros (en forte hausse grâce à l’élection du Donald !), largement inférieure à ses capitaux propres tangibles (48 milliards), ce qui était considéré lors de la grande crise en 2009 comme le plancher objectif de toute banque en danger : sa valeur à la casse.
Le cours de Deutsche Bank reste inférieur à ce qu’il était en… 1996 !

Les 30 milliards d’euros d’augmentations successives de capital correspondent à sa capitalisation boursière, ce qui signifie qu’il n’y a eu aucune création de valeur de par son activité pendant des décennies.
Les Allemands, s’ils sont de bons industriels, ont déjà montré dans le passé qu’ils pouvaient être les pires en matière de création monétaire et de faillites bancaires, cf. le dernier livre de Pierre Jovanovic, Hitler ou la revanche de la planche à billets.

Deutsche Bank a été dans le passé récent la pire des banques dans le cadre de la liste des 28 Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales (Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs) et elle le restera du moins tant qu’elle sera maintenue en survie.

Cliquer ici pour lire les derniers résultats trimestriels communiqués par Deutsche Bank.
Cliquer ici pour lire le dernier rapport annuel de Deutsche Bank.
Cliquer ici pour lire mon article sur les résultats trimestriels précédents de Deutsche Bank.

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25 mars 2018 22

Le Donald et le billard à trois bandes

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Le Donald joue au billard… français (!) à trois bandes
Cocorico ! C’est une fois de plus une preuve du génie des… Français !
On se console comme on peut.

En effet,

1. Il vient de toucher la bande des réseaux sociaux et autres sociétés internet : Facebook vient de perdre… 74 milliards de dollars d’un vendredi à l’autre !
Le cours est tombé de 14 % ; la capitalisation boursière n’est plus que de 463 milliards de dollars, ce qui laisse encore de la place à une baisse…

Document 1 :

Le Donald est un joueur redoutable, généralement gagnant, surtout dans l’adversité.

2. Le Donald a touché la bande de ceux qui défendent un pseudo-libéralisme en voulant mettre en place des droits de douane pour récupérer une centaine de milliards d’euros de valeur ajoutée par an (actuellement réalisée hors des Etats-Unis) ce qui est peu mais correspond à 0,5 % du PIB annuel courant, suffisant pour qu’il puisse atteindre les 3 % de croissance (du PIB réel) qu’il avait promis, ce qui ne s’est plus produit depuis 2006,

Document 2 :

La Richesse des Nations, ce n’est pas la richesse de quelques jeunes milliardaires mais celle des Américains, ceux qui ont perdu leur emploi à cause d’un socialisme internationaliste qui n’a donc rien de commun avec un capitalisme libéral bien ordonné dans chaque nation indépendante et souveraine pour le plus grand profit du plus grand nombre de ses habitants.

3. Le Donald a touché la bande de l’€mpire germanique qui bénéficie impunément d’une monnaie sous-évaluée qui lui permet d’accumuler des excédents de sa balance commerciale qui constituent un record mondial au détriment de l’équilibre des échanges internationaux
.

Les gestionnaires de capitaux les ont sorti des marchés d’actions (le cours de Deutsche Bank a perdu presque 12 % d’un vendredi à l’autre !) vers les bons des bons Trésors, ce qui a fait retomber les rendements du Bund (et du 10 ans helvète jusqu’à un niveau proche de zéro), les Marioles de la BCE s’activant pour faire baisser aussi les rendements des autres bons des mauvais Trésors…

Document 3 :

… ceux de ces cochons de pays du Club Med pour faire croire que tout va bien,

Document 4 :

En donnant un grand coup de pied dans la fourmilière, le Donald accentue les difficultés des bad banks de la zone qui étaient déjà en mauvaise posture la semaine dernière (cf. mon analyse du bilan de la BCE au 16 mars).
Elles ont dû se rapprocher d’un tsunami cette semaine. Réponse mardi avec le bilan de la BCE.

Les investisseurs sont perturbés par le jeu à trois bandes du Donald : l’amplitude des variations des rendements est importante d’une séance à l’autre et au cours d’une même séance pour les Notes à 10 ans

Document 5 :

et pour les Notes à 2 ans

Document 6 :

ce qui se répercute sur leur écart (le Yield Spread) qui fluctue cependant juste au-dessus de la barre critique des 50 points de base depuis le 5 décembre… grâce à des manipulations de cours !

Document 7 :

Le Donald attend peut-être que le tsunami bancaire se produise tout seul dans la zone euro, ou, autre possibilité : il attend encore un peu de façon à aborder les élections de Midterm en position favorable.
La chute du Yield Spread à partir de la baisse des rendements des Notes à 10 ans peut se produire très rapidement à tout moment, comme en juillet-août 2011,

Document 8 :

Les rendements des Notes à 10 ans ne peuvent pas atteindre leur bande de fluctuation normale, c’est-à-dire dans les 3 % tant que subsiste ce risque d’€-crash,

Document 9 :

Comme je l’ai écrit précédemment, cette semaine qui vient de s’achever était critique car les membres du FOMC avaient la possibilité soit de sauver temporairement l’euro-système, soit au contraire de le faire éclater.
En fait leur action a été limitée (cf. document 7). C’est le Donald qui a mis de l’ambiance.
Dans ces conditions, les investisseurs ont eu des difficultés à prendre une position claire,

Document 10 :

Les commentaires apaisants de Jay Powell sont quand même étonnants car le PCE:PILFE calculé sur les 6 derniers mois fait apparaitre une inflation en forte augmentation à 2,03 % en taux annualisé !

Document 11 :

Si cette tendance se poursuit, les membres du FOMC seront obligés de remonter le taux de base de la Fed plus rapidement que ce que laisse entendre Jay Powell.
Comme les rendements des Notes à 10 ans ne remonteront pas et qu’ils seront au contraire tirés vers le bas, naturellement ou par le risque d’€-crash, le Yield Spread ne pourra que tendre vers zéro et même tomber en territoire négatif, donc avec une inversion de la courbe des taux, ce qui correspond à une récession aux Etats-Unis en liaison avec l’€-crash.
Toutes mes analyses précédentes se confirment…

Le billard à trois bandes est un jeu complexe et subtil. Jouer contre un grand joueur professionnel ne laisse aucune chance de gagner à ses adversaires.

Note : les données de mes graphiques sont tirées de celles qui sont publiées par le Wall Street Journal en fin de séance.

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20 mars 2018 14

BCE : tout va bien, pas de tsunami !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Monétarisme

Tout va bien dans l’euro-système car il n’y a pas eu de tsunami bancaire, pour l’instant du moins, mais les Marioles de la BCE ont encore eu des difficultés à boucler leur bilan vendredi dernier 16 mars.

En effet, des banksters de la zone ont été obligés de récupérer dans la semaine… 62 milliards d’euros qu’ils avaient déposés auparavant auprès de la BCE !

Document 1 :

Un petit rappel : les Marioles de la BCE leur ont prêté 800 milliards d’euros et ils leur ont racheté pour plus de 2 700 milliards de titres pour leur fournir des liquidités qu’ils doivent… replacer à la BCE, ce qui constitue une gigantesque cavalerie… dont personne ne parle !

Document 2 :

Evolution dans le temps de ces données,

Document 3 :

Ces banksters ont donc maintenant en dépôt à la BCE moins de 2 000 milliards d’euros,

Document 4 :

En conséquence, l’écart les dépôts des banksters à la BCE et (moins) ces disponibilités fournies par les Marioles aux banksters (prêts et achats de titres) augmente

Document 5 :

pour atteindre un nouveau plus bas historique de… 432 milliards d’euros !

Document 6 :

Compte tenu d’autres éléments, cet écart a dû être comblé à hauteur de… 640 milliards d’euros par de généreuses et anonymes administrations publiques et par de non moins généreux non-résidents,

Document 7 :

Ce sont surtout ces généreuses et anonymes administrations publiques (déjà surendettées) qui ont été mises à contribution pour sauver l’euro-système bancaire,

Document 8 :

Ainsi, les Marioles de la BCE financent par une gigantesque cavalerie des Etats surendettés (en leur rachetant leur dette) qui financent en retour la BCE !

Le chat se mord la queue…
Le plus étonnant est que tout n’ait pas encore sauté !
Heureusement, je suis le seul, à ma connaissance, à aborder ces problèmes…