31 août 2017 19

BCE = bad bank !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage

Pour quelles raisons 300 millions de barbares ignares vivant dans des pays indépendants et souverains qui ont été jadis les plus prospères du monde ont-ils adopté une monnaie unique ?
Pour quelles raisons les Marioles de la BCE et leurs prédécesseurs auront-ils mené des politiques monétaires létales pour ces 300 millions de barbares ignares ?

Telles sont les questions que se poseront les générations futures à propos de l’euro et de la BCE car ce qui se sera passé dans la vieille Europe continentale dépasse l’entendement.

Pourtant tout est simple !
En matière monétaire, le grand ordonnateur est la banque centrale.
La BCE publie en principe tous les mardis à 15 heures son bilan arrêté au vendredi soir précédent, ce qui permet à tout le monde de pouvoir connaitre l’évolution de sa situation car ces données comptables fournissent normalement une image fidèle de la réalité.

Un bilan, c’est simple : c’est une suite d’additions, qui ne sont pas des opérations particulièrement complexes, que tout enfant en début de scolarisation est censé pouvoir effectuer et en comprendre la signification.

Il est ainsi possible de savoir ce que font les Marioles de la BCE

D’abord, ils prêtent des milliards d’euros à des banques de la zone : 776 milliards inscrits à la rubrique 5 de l’actif et 60 milliards à la rubrique 6,

Document 1 :

Evidemment, les formulations de ces opérations sont plutôt absconses, en particulier pour enduire dans l’erreur à l’insu de leur plein gré ces 300 millions de barbares ignares qui pourraient se demander d’abord pour quelles raisons la BCE prête quasiment gratuitement… 837 milliards d’euros à des banques !

La réponse est simple et bien connue : les banksters européens ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan.
En conséquence, beaucoup de banques sont proches de la faillite, ce qui est bien connu de tous ces banksters, qui ne veulent pas prendre le risque de prêter à d’autres banksters leurs disponibilités excédentaires au jour le jour de peur de ne pas pouvoir les récupérer à l’échéance.
Le marché interbancaire est ainsi bloqué.
Les banques qui ont des disponibilités excédentaires ne les déposent qu’à la BCE et celles qui ont une position débitrice sont obligées d’emprunter des milliards d’euros à la BCE pour survivre encore un peu.

Le plus étonnant est que les 300 millions de barbares ignares continuent à avoir confiance en leurs banques alors que les banksters ne leur font plus confiance depuis plusieurs années !

Ensuite, les Marioles de la BCE achètent des titres : pour… 2 446 milliards d’euros !

Pour quelles raisons ?
Les réponses à cette question ne sont pas claires.
Une réponse apportée par le Mariole est plutôt déconcertante : la BCE achète des titres parce que la Fed a fait de même pour relancer la croissance aux Etats-Unis !
Cet argument n’est pas convaincant car la situation aux Etats-Unis est tout à fait différente de celle qui prévaut dans la zone : les banques américaines regorgent de disponibilités (réserves) car les entreprises américaines dégagent des bénéfices record, ce qui n’est pas du tout le cas en Europe au point que c’est la BCE qui est obligée de prêter aux banques !

Par ailleurs, ces achats massifs de titres par la BCE concourent à faire baisser les taux qui sont déjà au plus bas, et même en territoire négatif pour certains, ce qui a donc des effets fortement négatifs.

Depuis que les Mariole de la BCE ont relancé cette politique monétaire (le Q€2) la croissance de pays de la zone n’est repartie que par effet d’entrainement de la locomotive américaine, les banques de la zone posant toujours de très gros problèmes et en particulier celles d’Italie et d’Espagne.

Les 300 millions de barbares ignares auraient pu se poser une autre question d’importance majeure, et la poser aux Marioles : comment la BCE finance-t-elle ces prêts et ces achats de titres ?

Une première réponse se trouve au passif : en imprimant pour 1 140 milliards d’euros de billets (!) grâce à la fameuse planche, grâce à 1 824 milliards de dépôts de la part de banques de la zone (re !) et à 352 milliards généreusement prêtés par de mystérieuses et anonymes administrations publiques déjà surendettées (re !),

Document 2 :

Cette réponse est en fait incohérente car ces 1 824 milliards de dépôts bancaires proviennent en grande partie des prêts de la BCE à des banques et des ventes de titres par des banques à la BCE… ce qui est donc le résultat d’une gigantesque cavalerie, la BCE jouant sur les dates de valeur pour payer les banques grâce à l’argent qu’elles reçoivent !

Pour mieux comprendre la situation actuelle de la BCE et de l’état du système bancaire de la zone, il faut prendre en considération l’évolution de ces données depuis l’origine de l’euro…

Document 3 :

On constate ainsi qu’à chaque crise bancaire, la BCE a été obligée d’augmenter fortement ses prêts aux banques : lors des turbulences financières marquées par la faillite de la banque des frères Lehman, lors de l’accentuation de la crise des banques de la zone (de 2011 à 2013) et récemment encore le 31 mars dernier, ce qui n’était pas pour un poisson d’avril mais la quatrième et dernière série de prêts à long terme sur quatre ans (TLTRO II) qui a permis à 474 banksters de recevoir gratuitement… 233 milliards d’euros supplémentaires !

Document 4 :

L’évolution des moyens de financement de ces actifs montre clairement l’explosion des dépôts des banques auprès de la BCE (qui sont pour elle des dettes),

Document 5 :

Il est évidemment indispensable de mettre en parallèle l’évolution globale d’une part des prêts accordés par les Marioles de la BCE aux banksters et leurs achats de titres et d’autre part des moyens de leur financement,

Document 6 :

Il apparait clairement que leur écart se réduit au point de tendre vers zéro depuis fin 2016 avec même une valeur négative fin juin dernier,

Document 7 :

Par ailleurs, la BCE, qui est une banque, doit financer ses actifs comme toute entreprise par ses capitaux propres et par des dettes.
L’augmentation des capitaux propres (capital et réserves) de la BCE est a priori particulièrement louangeable

Document 8 :

mais dans le cas des banques, il faut toujours comparer le montant des capitaux propres (une centaine de milliards d’euros) au total des dettes (plus de 4 000 milliards !), c’est-à-dire au total du bilan moins le montant de ces capitaux propres, ce qui conduit à ce graphique édifiant,

Document 9 :

Le leverage réel de la BCE est plus précisément de 37,2 (le total des dettes représente 37,2 fois le montant des capitaux propres !),

Document 10 :

Inversement, le véritable ratio Core Tier 1 est de 2,7 % (le montant des capitaux propres représente 2,7 % du total des dettes !),

Document 11 :

Dans la mesure où les Marioles de la BCE sont chargés de surveiller les banques qui sont censées respecter les règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage qui devrait être inférieur à 10, un leverage de 37 ne fait vraiment pas sérieux.
Pour rappel, la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32 !

Par ailleurs, une des explications données par les Marioles de la BCE pour justifier leur Q€2 est que cette politique monétaire consistant à apporter aux banques toutes les liquidités qu’elles demandent, devrait leur permettre de prêter sans limites ces milliers de milliards d’euros à leurs clients à des taux très bas pour investir, ce qui devrait stimuler les investissements, donc la croissance et les créations d’emplois.

Or, d’après les communiqués et chiffres de la BCE, les crédits accordés par les banques au secteur privé n’augmentent pratiquement pas depuis 2012 : au maximum de 2,5 % actuellement d’une année sur l’autre…

Document 12 :

alors que ce sont les crédits accordés aux administrations publiques déjà surendettées qui augmentent de l’ordre de 8 % d’une année sur l’autre !

Document 13 :

Conclusion : la BCE est une bad bank !

Par ailleurs, la Banque de France prête à des conditions particulièrement avantageuses 330 milliards d’euros à un certain nombre d’organisations, principalement des banques dans le cadre des Crédits Négociables à court et moyen terme,

Document 14 :

Conclusion: c’est tout le système bancaire euro-zonard qui est pourri !
C’est le foutoir dixit le Donald.

***

Je n’ai pas abordé ci-dessus un problème important.
Devinette : quel autre problème important apparait dans le bilan de la BCE (et des banques centrales dites nationales) ?

***

Cliquer ici pour voir les bilans de la BCE.
Cliquer ici pour voir le dernier communiqué de la BCE.
Cliquer ici pour voir les données des Crédits Négociables à court et moyen terme de la Banque de France.

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25 août 2017 8

Un nouveau paradigme US ?

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Sur la base des derniers chiffres publiés par la Fed hier soir, au 14 août c’est-à-dire au milieu de ce 3° trimestre, l’augmentation des dépôts des Américains dans leurs caisses d’épargne… baisse depuis un an et par paliers successifs de trimestre en trimestre depuis le début 2017 en passant maintenant sous la valeur critique de 5 %

Document 1 :

ce qui entraine inversement une augmentation de la croissance du PIB réel (d’une année sur l’autre) qui dépasse maintenant la valeur d’inversion qui est de 2,5 % pour tendre vers les 3 % promis par le Donald !

Document 2 :

Un nouveau paradigme semble s’être mis en place aux Etats-Unis

Il est caractérisé d’abord par un taux de croissance du PIB réel à son potentiel optimal, avec une inflation à son niveau optimal lui aussi, aux alentours de 1,5 % pour le PCE:PILFE,

Document 3 :

Le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, a fait éclater la bulle monétaire qui s’était développée aux Etats-Unis en provoquant la plus grande crise depuis la Grande Dépression, ce qui a permis d’y restaurer un argent sain, ce qui est le premier pilier des Reaganomics, et donc de faire repartir la croissance du PIB sur de bons fondamentaux avec la plus longue période de création d’emplois depuis que ces données sont tenues.

Pour la première fois, le plein emploi n’entraine pas une reprise de l’inflation car les Américains disposent de revenus confortables qui ne les incitent pas à en revendiquer des augmentations, ce qui ne se répercute pas sur les prix de vente et ils n’en profitent pas pour les dépenser inconsidérément.
C’est là un effet (nouveau) de richesse.

Ainsi les cycles qui étaient difficilement contrôlables s’estompent, ou se lissent.

Par ailleurs, les bulles monétaires qui se sont développées au Japon, en Chine et dans la zone euro exercent une pression à la baisse des taux qui bénéficie surtout aux Américains !

Tout va bien, aux Etats-Unis du moins, tant que ça n’empire pas ailleurs…

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24 août 2017 6

Dures, dures les vacances pour les banksters !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Monétarisme

Les banksters de la zone euro ont des difficultés pour survivre pendant ces vacances : ils ont été obligés de récupérer… 34 milliards d’euros dans la semaine finissant vendredi dernier 18 août (par rapport à la semaine précédente) comme l’indique la rubrique 2 du passif de leur bilan,

Document 1 :

Comme toujours en pareilles circonstances, de généreuses, mystérieuses et anonymes administrations publiques surendettées se sont encore endettées en apportant… 36 milliards d’euros aux Marioles de la BCE (rubrique 5) pour qu’ils puissent boucler leur bilan en catastrophe vendredi soir !

Ça va mal !
Ça va même très mal dans les deux pays qui sont actuellement les plus exposés aux risques de tsunami bancaire : l’Espagne et surtout l’Italie dont les rendements des mauvais bons à 10 ans de leur Trésor a brusquement bondi hier mercredi 23,

Document 2 :

Contrairement aux dépêches qui sont diffusées, ce n’est pas un projet de circulation d’une autre monnaie que l’euro en Italie qui est la cause de la montée de ces taux, mais bien la crainte d’un tsunami bancaire comme ce qui s’est produit récemment dans ces deux pays d’une façon limitée.
Les risques sont plus importants actuellement car ils ne porteraient pas sur une ou deux banques mais sur une chute magistrale de dominos bancaires entrainant l’€ffondrement de l’économie de ces deux pays, et au-delà des conséquences particulièrement graves.

Pour l’instant, la situation est moins pire que celle qui prévalait en 2011-2012 mais tout peut dégénérer très vite comme la montré la faillite évitée de peu de Banco Popular,

Document 3 :

De toute façon, la situation actuelle dans la zone euro est pire que celle qui a suivi la faillite de la banque des frères Lehman,

Document 4 :

Dans ces conditions, il est évident et compréhensible que les rendements des Notes ne décollent pas vers leur bande normale de fluctuation.
Le relèvement des taux de la Fed est d’ailleurs inopérant : les rendements des Notes à 10 ans restent dans la même bande de fluctuation (depuis octobre 2014) après 4 hausses !

Document 5 :

Dans ces conditions, le FOMC a bien compris qu’il serait contre-productif de continuer à relever les taux.

Pour rappel : des taux négatifs, ça n’existe pas, c’est inconcevable, inimaginable, impensable.
Les gestionnaires de trésoreries préfèrent payer un peu pour acquérir du Schatz et des bons helvètes car ils sont certains d’avoir en cas de tsunami bancaire des créances sur de bons bons de Trésors plutôt que de la monnaie de singe.

Alors, il vient cet effondrement ?

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22 août 2017 11

USA : toujours en attente de l’€-crise…

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Tout va bien en Amérique : les bénéfices atteignent des records historiques ainsi que les créations d’emplois, sans inflation ni création monétaire…

Les investisseurs anticipaient une remontée prochaine des taux de la Fed comme l’indiquait la montée des rendements des Bills à 3 mois mais les membres du FOMC ont annoncé lors de leur dernière réunion qu’ils préféraient ne pas réinvestir l’argent récupéré des titres arrivant à échéance, ce qui devrait faire remonter les taux (des Notes) sans que la Fed ne remonte les siens !
Les rendements de ces Bills à 3 mois sont donc redescendus aux alentours de 1,0 %
,

Document 1 :

Dans le même temps comme dirait l’Autre, les rendements des bons à 10 ans de la vieille Europe continentale sont redescendus, ceux des petits Suisses étant en territoire négatif depuis janvier 2015,

Document 2 :

Des taux négatifs, ça n’existe pas, c’est inconcevable, inimaginable, impensable !
C’est pourtant une réalité depuis le mois d’août 2014 pour ceux du Schatz !

Document 3 :

Ça va mal dans la zone euro, et ce n’est pas nouveau : depuis le mois de juillet 2007 les rendements des bons des Trésors baissent en n’étant sauvés par deux fois que par les Américains (d’abord par la Fed puis par le Donald),

Document 4 :

Pour l’instant, c’est le statu quo en attendant un possible tsunami européen : les rendements des bons du Trésor américain ne montant pas

Document 5 :

ce qui maintient le cycle à un niveau optimal correspondant à un tauxde croissance du PIB réel lui aussi à l’optimum sans inflation,

Document 6 :

Tout va bien.

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16 août 2017 4

Banques : leverage et besoins de recapitalisation, USA / Europe

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques, Banques Européennes, Banques américaines, Leverage

Après la publication des résultats des entreprises pour le deuxième trimestre, qu’en est-il de la situation des banques américaines (c’est-à-dire des Etats-Unis) et d’Europe ?

Le ratio Core Tier 1 réel des Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales (Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs) montre clairement, comme précédemment, que les grandes banques américaines respectent presque toutes les règles prudentielles d’endettement édictées dans les années 80 par Alan Greenspan, à savoir un ratio (des capitaux propres par rapport au total des dettes) supérieur à 8 %, seule HSBC s’incrustant parmi elles, alors que les banques de la vieille Europe sont loin de respecter ces règles !

Document 1 :

L’inverse du ratio Core Tier 1 est le multiple (µ), ou levier d’endettement des banques, appelé ordinairement leverage en anglais.
Ce concept est plus intéressant car les banques sont des entreprises dont l’activité principale est (ou devrait être) de prêter l’argent qu’elles ont (à savoir leurs capitaux propres) et l’argent qu’elles n’ont pas mais qu’elles empruntent, ce qui présente empiriquement peu de risques dans la mesure où ces banques respectent les règles prudentielles d’endettement telles qu’elles ont été rappelées par ce bon vieux Alan Greenspan après les turbulences financières de ces dernières années : le total de leurs dettes ne doit pas dépasser 10 fois le montant de leurs (véritables) capitaux propres.

C’est simple. Tout est simple mais c’est trop simple pour les banksters qui compliquent tout pour que personne ne comprenne plus rien, sauf… pour ceux qui comprennent ces problèmes bancaires et monétaires et les arnaques des banksters.

Ce leverage ainsi défini aboutit évidemment aux mêmes conclusions que pour le ratio Core Tier 1 d’origine,

Document 2 :

Cependant, les innombrables idiots inutiles voire nuisibles critiquent les résultats de telles analyses (en particulier des miennes) en arguant que les banques américaines ne respectent pas les mêmes règles comptables que les banques européennes, ce qui les avantagerait.
Effectivement, les entreprises des Etats-Unis établissent leurs résultats financiers selon les US GAAP (United States Generally Accepted Accounting Principles) et les banques européennes selon les IFRS (International Financial Reporting Standards).

Heureusement, Thomas Hoenig, vice-président de la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation) fait publier un tableau particulièrement intéressant qui récapitule les données permettant de calculer ce leverage pour les G-SIFIs en IFRS pour les banques européennes, et pour les banques américaines en US GAAP et en IFRS.
Dès lors, il est possible de calculer le leverage de toutes ces banques, y compris celles des Etats-Unis selon les IFRS tels qu’ils ont été calculés d’une façon fiable par la FDIC

Document 3 :

ce qui confirme parfaitement les résultats de mes analyses, à savoir que les banques américaines respectent de toute façon mieux les règles prudentielles d’endettement que les banques européennes !

Une fois de plus, j’ai raison en présentant (depuis 2011 !) mes analyses du leverage de ces grandes banques selon mes méthodes (qui sont en fait celles d’Alan Greenspan) et mes détracteurs ont tort, évidemment !

Cependant, des divergences notables sont observables entre les deux systèmes comptables, US GAAP et IFRS, mais elles ne remettent pas en cause la bonne santé des banques américaines ni la mauvaise situation des banques européennes.
Alors, que penser de ces différences entre ces règles comptables ?
Quelles sont celles qui donnent une image la plus fidèle de la réalité
?

La différence la plus importante entre l’application des US GAAP et des IFRS pour les banques américaines vient de la façon de comptabiliser les produits dérivés.
Comme je l’ai déjà écrit, en US GAAP, les produits dérivés sont justement inscrits hors bilan car ils n’ont pas donné lieu à des paiements effectifs lors de la clôture du bilan (ce ne sont que des engagements qui, si les contrats ont été correctement négociés, doivent se conclure par des gains ou des pertes minimes, ce qui est leur raison d’être).

Au contraire, en IFRS, à partir du moment où un engagement présente des risques, ceux-ci doivent être en partie provisionnés, donc comptabilisés, ce qui n’est pas logique, compte tenu de l’analyse faite (ci-dessus) en US GAAP.
En effet, tant qu’aucune perte effective n’a été enregistrée, aucune provision ne doit être comptabilisée !

Les produits dérivés ont justement pour but de réduire les risques. En les utilisant correctement, ils ne doivent donc pas générer (dans un avenir a priori incertain) de pertes notables (ni de gains), donc l’enregistrement de provisions ne se justifie pas.

Ainsi par exemple, lors du plus fort de la crise grecque, tous ces innombrables idiots nuisibles (dont en particulier notre histrion ignare, le mari de Pénélope et notre Bécassine adorée) ont eu la peur de leur vie car ils craignaient que les centaines de milliards (d’euros et de dollars) engagés sur les sous-jacents grecs créent une crise majeure… alors qu’ils n’ont généré finalement que 3 à 5 milliards de pertes au maximum, et autant de gains, pour respectivement de mauvais et de bons spéculateurs, ce qui a été non pas dramatique mais insignifiant.

Pour les G-SIFIs des Etats-Unis, Goldman Sachs est la principale victime de l’application des IFRS car cette banque est très active sur les opérations financières sophistiquées qui demandent d’importantes couvertures en dérivés, ce qui est pénalisant en IFRS.

Pour les idiots nuisibles qui ne seraient pas encore convaincus par ces raisonnements, il suffit d’observer le fonctionnement des systèmes interbancaires au jour le jour américains et de la zone euro : aux Etats-Unis, il fonctionne normalement alors que les banksters européens qui n’ont pas confiance en leurs propres banques ne se prêtent plus entre eux depuis plusieurs années de peur de ne pas pouvoir être remboursés, les Marioles de la BCE devant se substituer au marché interbancaire pour assurer les positions créditrices de toutes les banques en fin de journée.

Beaucoup de banques de la zone euro sont au bord de la faillite contrairement aux déclarations se voulant rassurantes des autorités bancaires comme l’EBA (European Banking Authority) qui a certifié lors de ses tests de stress à l’été 2016 que seule une banque italienne, Banca Monte dei Paschi di Siena, devait être recapitalisée alors que trois banques viennent d’être sauvées in extremis de la faillite (Banca Popular, Popolare di Vicenza et Veneto Banca) générant une bonne trentaine de milliards d’euros de pertes !

Enfin, le Parlement européen (sous)-évalue le montant des créances douteuses à 1 000 milliards d’euros, le taux de recouvrement de tels types de titres étant de l’ordre de 20 %, donc 80 % de pertes sèches à venir sont probables !

Toutes ces informations sur les banques sont concordantes : d’une part, elles confirment les résultats de mes analyses portant sur le leverage et d’autre part, elles montrent que l’application des US GAAP donne une image plus fidèle de la réalité que celle des IFRS.

Dès lors, que font les banksters européens pour sauver les apparences et survivre encore un peu ?
La réponse est simple : ils augmentent le taux de distribution au-dessus de 3 % alors que celui de Citigroup est inférieur à 1 !

Document 4 :

Et ça marche… plus ou moins bien, car les capitalisations boursières des banques américaines sont globalement nettement plus élevées que celles des banques européennes,

Document 5 :

Cependant, la capitalisation boursière par rapport aux capitaux propres tangibles (en fait le ratio P/B ou Price-to-Book) montre la bonne santé des banques américaines par rapport aux banques européennes,

Document 6 :

Ces capitaux propres tangibles sont en fait la valeur à la casse des bad banks.

Inversement, les besoins de recapitalisation (par rapport à un leverage de 10) sont faibles pour les banques américaines et élevés pour les banques européennes

Document 7 :

… ce qui est encore plus clair en pourcentage par rapport aux capitaux propres,

Document 8 :

Les mêmes observations peuvent se faire pour les capitalisations boursières par rapport aux besoins de recapitalisation

Document 9 :

Il en est de même pour la différence entre les capitaux propres tangibles et les besoins de recapitalisation,

Document 10 :

Tout est simple, enfin presque…

Tous ces documents sont tirés de mes analyses portant sur les résultats financiers publiés par les banques et les données de la FDIC,

Document 11 :

Ce premier tableau regroupe les données de base sur le leverage des G-SIFIs,

Document 12 :

123456
RankBanks 2017 Q2LiabilitiesTangible equityLeverageCore Tier 1
1Citigroup1 694,90169,16410,029,98
2Wells Fargo1 778,00152,87211,638,6
3Goldman Sachs835,60871,39211,78,54
4Bank of America2 077,73176,79811,758,51
5JPMorgan2 378,06185,11512,857,78
6Morgan Stanley787,38653,6314,686,81
7HSBC2 348,4414416,36,13
8State Street225,34712,92717,435,74
9Bk of New York Mellon335,8418,97517,75,65
10Credit Suisse744,78638,62519,285,19
11Crédit Agricole Group1 663,6077,921,364,68
12BPCE Natixis1 678,0570,623,774,21
13UBS858,94431,88726,943,71
14BNP Paribas2 067,8675,127,533,63
15Deutsche Bank1 518,6150,12530,33,3
16Société Générale1 3094131,933,13

Ces deux documents suivants regroupent les autres données permettant d’établir les graphiques reproduits sur les 10 premiers documents ci-dessus,

Document 13 :

123456
RankBanks 2017 Q2Mark.Cap.Recapital.Mark.Cap. - Recap.Tang. Eq. - Recap.
1Citigroup182-182169,16
2Wells Fargo257,822,6235,2130,27
3Goldman Sachs86,711,175,660,29
4Bank of America23528,2206,8148,6
5JPMorgan321,748273,7137,12
6Morgan Stanley83,822,86130,83
7HSBC147,98265,962
8State Street34,48,725,74,23
9Bk of New York Mellon53,913,340,65,7
10Credit Suisse3832,65,46,03
11Crédit Agricole Group42,980,4-37,5-2,5
12BPCE Natixis20,332,8-12,5-19,2
13UBS65,349,116,2-17,21
14BNP Paribas8282--6,9
15Deutsche Bank34,392,5-58,2-42,38
16Société Générale38,181,8-43,7-40,8

Document 14 :
123456
RankBanks 2017 Q2Mark.Cap. % Tang.Eq.Recap. % Tang.Eq.IFRSYeld
1Citigroup1,08-10,910,96
2Wells Fargo1,6914,7811,992,76
3Goldman Sachs1,2115,5517,231,31
4Bank of America1,3315,9513,471,25
5JPMorgan1,7425,9315,752,17
6Morgan Stanley1,5642,5117,31,77
7HSBC1,0356,9416,34,09
8State Street2,6667,318,381,78
9Bk of New York Mellon2,8469,9318,111,8
10Credit Suisse0,9884,419,284,5
11Crédit Agricole Group0,55103,2121,364,05
12BPCE Natixis1,4912523,775,51
13UBS2,05153,9826,943,6
14BNP Paribas1,09109,1927,534,09
15Deutsche Bank0,68184,5430,3-
16Société Générale0,93199,5131,934,4

Cliquer ici pour accéder au document de la FDIC.
Cliquer ici pour (re)voir mon article précédent à ce sujet.
Cliquer ici pour (re)voir mon article complémentaire précédent à ce sujet.

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13 août 2017 5

Conundrums : début de solutions et €-crise

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme, Suisse

Un certain nombre de conundrums se posaient récemment. Des solutions se confirment et de nouvelles apparaissent…

D’abord, je dois préciser qu’il n’y a pas de survalorisation des actions des entreprises des Etats-Unis comme je l’ai écrit le 20 juillet.
En effet, les actions sont correctement valorisées avec un ratio P/E de 19 très exactement dans l’anticipation des bénéfices à venir qui augmentent de l’ordre de 10 % d’une année sur l’autre…

Document 1 :

et surtout des projets du Donald d’abaisser le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés de 35 à 15 %.

Donc pas de 3° bulle aux Etats-Unis, sur les actions globalement du moins.

Cependant, d’après Alan Greenspan, une bulle s’est développée sur l’obligataire public car les rendements des bons des Trésors de référence sont nettement inférieurs à leur niveau historique, ce qui signifie qu’inversement les prix des contrats sont trop élevés,

Document 2 :

Ainsi par exemple, les rendements réels (déflatés) des Notes à 10 ans sont de l’ordre de 0,75 % alors qu’ils devraient être dans les 2 %.

Deux explications à cette bulle obligataire sont discernables.

La première est bien connue : la Fed en a acheté des montants exorbitants : pour 2 465 milliards de dollars, chiffres publiés pour le 2 août,

Document 3 :

Avec 1 769 milliards de dollars de titres hypothécaires, la Fed a donc 4 400 milliards ainsi investis dans ces valeurs mobilières, ce qui est censé avoir fait baisser leurs rendements.
Janet Yellen a dit récemment que la Fed allait arrêter d’acheter pour leur montant de tels titres venant à échéance, ce qui devrait faire remonter les taux sans que la Fed ne fasse remonter les siens, ce qui devrait être une excellente initiative.

Une remarque importante s’impose : la Fed a financé ces achats de titres grâce à 2 538 milliards de dollars déposés par des institutions bancaires qui ont ainsi placé une partie de leurs disponibilités excédentaires, et à 1 518 milliards de billets émis !

Document 4 :

Cette politique monétaire de la Fed a donc eu pour conséquence de faire circuler l’argent qui était immobilisé dans les disponibilités d’institutions bancaires (banques et caisses d’épargne), et de maintenir des taux bas profitant aux rares investisseurs, ce qui a contribué dans les deux cas à stimuler la croissance du PIB.

Les fondamentaux des Etats-Unis sont bons, tout va bien, mais si les taux y sont anormalement bas, c’est aussi parce que l’€-crise couve toujours

En effet, les Marioles de la BCE sont obligés de prêter… 776 milliards d’euros (!) à un certain nombre de banques de la zone pour les maintenir en survie (rubrique 5 de l’actif),

Document 5 :

Evidemment, la Fed ne prête pas d’argent aux banques qui en regorgent : ce sont elles qui déposent leurs excès de disponibilités que la Fed est obligée d’utiliser en les investissant en titres.
La situation de la zone euro n’a rien de commun avec celle des Etats-Unis dans ce domaine !

Par ailleurs, les Marioles de la BCE ont eu la mauvaise idée de singer la Fed en pratiquant eux-aussi une politique monétaire consistant à racheter des titres pour plus de 2 400 milliards d’euros (rubrique 7 de l’actif), ce qui a le gros inconvénient de concourir à faire baisser des taux déjà à zéro voire négatifs pour certains comme ceux du Schatz !
C’est là une logique difficile à comprendre car cette politique monétaire contre nature a pour conséquence d’accentuer l’€-crise !

Par ailleurs, curieusement, aucun journaleux n’a posé cette question pourtant très importante : comment les Marioles de la BCE financent-ils leurs 2 438 milliards d’euros d’actifs ?

Première réponse : grâce aux 1 784 milliards d’euros déposés par les banques de la zone (rubrique 2 du passif) !

Document 6 :

Comme je l’ai écrit à maintes reprises, c’est de la cavalerie à grande échelle : je te prête 2 000 milliards à condition que tu les places en retour chez moi… en jouant sur les jours de valeur !
C’est là une arnaque historique.
Cette manip révèle que le marché interbancaire est bloqué du fait que les banksters ne se font pas confiance entre eux car ils connaissent très bien la situation catastrophique de leur propre banque surendettée, les autres étant a priori dans la même situation.

Pour le reste, les Marioles de la BCE financent leurs actifs grâce à la planche à billets (rubrique 1 du passif) pour 1 142 milliards d’euros, des emprunts auprès de mystérieuses et généreuses administrations publiques déjà surendettées (elles empruntent pour prêter !) et à des emprunts déguisés auprès d’investisseurs étrangers.

Résultat : c’est le foutoir dixit le Donald !

Plus précisément : les rendements des bons à 10 ans des Trésors de la vieille Europe continentale sont au plus bas, ceux des petits Suisses replongeant à nouveau à des niveaux négatifs, ce qui était inimaginable, impensable, inconcevable,

Document 7 :

Les rendements des Notes à 10 ans n’arrivent pas à décoller vers leur bande normale des 3 % à cause de l’€-crise (camouflée sous le prétexte des frasques de la dictature de la Corée du Nord)…

Document 8 :

ce qui présente l’avantage pour les Américains de contenir la croissance à son potentiel optimal sans inflation en maintenant les taux de la Fed à des niveaux exceptionnellement bas,

Document 9 :

En fait, la bulle obligataire dénoncée par Alan Greenspan n’existe pas : les taux anormalement bas des Notes sont le résultat de placements de précaution dans le cadre de cette €-crise qui perdure.

Tout va bien en attendant l’€-tsunami bancaire.

Cliquer ici pour lire mon article (en partie) erroné sur la 3° bulle.

Remarque : les documents 1 à 6 sont ceux de la semaine dernière alors que je pensais mettre cet article en ligne, ce que je n’ai pas pu faire, mon mulot refusant maintenant de les actualiser.
Les documents suivants sont à jour.

11 août 2017 3

Avant un tsunami, tout va bien…

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Avant un tsunami, la mer est toujours belle, le soleil brille, tout va bien.
Seuls quelques indicateurs fiables sont perçus par certains être vivants qui savent les interpréter correctement et qui ont bonne mémoire…

Tout va bien aux Etats-Unis : les Américains n’ont augmenté leur épargne que de 3,9 % d’une année sur l’autre lors de la semaine finissant le lundi 31 juillet, ce qui montre qu’ils ont confiance en l’avenir !

Document 1 :

De ce fait le taux de croissance du PIB pourrait être plus élevé que prévu lors de mon article précédent, à savoir au-dessus de 2,6 % d’une année sur l’autre et de 3,5 % par rapport au trimestre précédent en taux annualisé… exactement comme l’avait dit le Donald !

Document 2 :

Tout va bien tant que le tsunami €-zonard n’a pas eu lieu.

Cliquer ici pour lire mon article précédent sur ce thème.

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4 août 2017 26

Leverage réel des banques françaises, 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Un récapitulatif du leverage réel des 4 Gos banques françaises à la fin de ce dernier trimestre montre clairement que la confiance ne peut pas régner dans le système bancaire en France comme en Europe car elles sont très loin de respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %,

Document 1 :

2017 Q2Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 741,501 748,652 142,961 350,206 983,33
2 Equity100,183,54199,31860,1343,07
3 Hybrid securities +8,45,04914,42714,342,127
4 Goodwill13,87,8929,7914,936,343
5 Tangible equity77,970,675,141264,6
6 Liabilities1 663,601 678,052 067,861 309,206 718,73
7 Leverage (µ)21,3623,7727,5331,9325,39
8 Core Tier 1 (%)4,684,213,633,133,94

Sommes en milliard d’euros.

Pour respecter les règles prudentielles d’endettement telles qu’elles ont été définies par ce bon vieux Greenspan, il faudrait globalement augmenter les capitaux propres de ces 4 Gos banques de… 410 milliards d’euros ou diminuer le total de leurs dettes de l’ordre de… 4 000 milliards !

Quelques petits rappels : en suivant la même méthode d’analyse, Citigroup respecte ces règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan à savoir un leverage de 10 correspondant à un ratio Tier 1 de 10 %.

Les 8 plus grandes banques des Etats-Unis avaient au même trimestre globalement un leverage de 12,03 correspondant à un ratio Core Tier 1 de 8,31 % répondant aux exigences de la BRI dans les années 80.

Le total de leur bilan (10 113 milliards de dollars) ne représente que 57,0 % du PIB annuel américain (19 226,7 milliards de dollars) ce qui inquiète les Américains, mais les Français ne s’inquiètent pas du fait que le total des bilans de leurs 4 Gos banques représente 3 fois le PIB annuel de la France (2 257,2 milliards d’euros) !
Pire : il repose sur de l’argent non gagné (près de 500 milliards d’euros), c’est-à-dire sur de la création monétaire.

Le multiple d’endettement de ces 4 Gos banques s’est légèrement amélioré par rapport à la fin de l’année 2016…

Document 2 :

2016 Q4Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 722,801 763,042 076,961 382,206 945,04
2 Equity98,681,262100,66562342,48
3 Hybrid securities +9,53,36516,84916,746,412
4 Goodwill13,87,99710,2164,436,368
5 Tangible equity75,369,973,640,9259,7
6 Liabilities1 647,501 693,142 003,361 341,306 685,34
7 Leverage (µ)21,8824,2227,2232,825,74
8 Core Tier 1 (%)4,574,133,673,053,88

… et l’amélioration d’une année sur l’autre reste très faible,

Document 3 :

2016 Q2Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 770,701 757,642 171,991 460,207 160,53
2 Equity96,677,22897,50958,5329,837
3 Hybrid securities +93,1116,99314,343,403
4 Goodwill14,27,81810,1164,736,834
5 Tangible equity73,466,370,439,5249,6
6 Liabilities1 697,301 691,342 101,591 420,706 910,93
7 Leverage (µ)23,1225,5129,8535,9727,69
8 Core Tier 1 (%)4,323,923,352,783,61

Les banksters, c’est-à-dire les cadres dirigeants de ces grandes banques connaissent très bien la gravité de la situation dans leur propre établissement, et il en est de même pour les autres. Ils n’ont donc pas confiance entre eux, ce qui bloque le marché interbancaire.
Cependant, leurs groupes de pression ont réussi à faire adopter par les autorités des pays européens des usines à gaz de règles absconses de façon à mieux camoufler leurs errements létaux.

Ce problème n’est jamais abordé dans les médias ni officiellement dans les milieux financiers selon cette méthode. Elle a pourtant été (plus ou moins) clairement explicitée par ce bon vieux Greenspan et d’autres dont la BRI, Axel Weber, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, l’Union Européenne (dans sa directive CRD IV), la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), The Swiss Financial Market Supervisory Authority (FINMA)…
Je ne fais que reprendre leurs idées.

Pour l’instant, il n’y a pas encore eu de tsunami bancaire. Le marché interbancaire ne fonctionne plus. La crise rampante perdure, le désordre allant croissant.

D’après une étude du Parlement européen, les prêts dits non performants, c’est-à-dire les prêts octroyés par les banques qui risquent de ne pas être remboursés s’élèvent à plus de 1 000 milliards d’euros pour la zone,

Document 4 :

D’après les Marioles de la BCE, ces prêts non performants seraient de 350 milliards pour l’Italie. Les évaluations du Parlement seraient donc sous-évaluées de l’ordre de 25 %, ce qui conduirait pour les Gos banques françaises à un total de 180 milliards !

En fait, la nomenklatura bancaire européenne joue collectivement sa survie en maintenant des cours déconnectés de la réalité. De telles manips, ça marche un temps mais pas tout le temps.

Tout est simple.

Pour rappel, d’après MorningStar les principales institutions financières américaines ont augmenté leurs capitaux propres de plus de 750 milliards de dollars depuis 2009, dixit une dépêche de l’AFP, ce qui confirme parfaitement mes analyses antérieures sur les banques alors que les banques européennes et en particulier les Gos banques françaises n’ont presque pas augmenté leurs capitaux propres pendant la même période.
Les chiffres de MorningStar sont donc bien en concordance avec les 410 milliards d’euros que les Gos banques françaises devraient rajouter à leurs capitaux propres pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan d’après mes analyses…

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4 août 2017 4

Natixis 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Natixis est l’entité cotée de l’usine à gaz BPCE. Comme les autres Gos banques françaises, les comptes publiés par Natixis ne donnent pas une image fidèle de la réalité, ce qui est condamnable partout dans le monde mais pas condamné en France.

Pour donner une image fidèle de la réalité, il faut retraiter les comptes publiés par Natixis à partir d’informations pertinentes publiées dans certains tableaux parce que ces banksters sont obligés de les publier !
Ainsi en est-il du montant des véritables capitaux propres (Core Tier 1 en Bâle III) qui se montent à 13,6 milliards d’euros à la fin de ce dernier trimestre,

Document 1 :

Le bilan… comptable ! (sic, le ridicule ne tue toujours pas les banksters !) publié doit donc être retraité en fonction de cette donnée,

Document 2 :

En retenant les bons chiffres, le leverage réel est de 36,53 à la fin de ce dernier trimestre, ce qui correspond à un ratio Core Tier 1 réel de 2,74 % très loin des exigences de ce bon vieux Greenspan (un leverage inférieur à 10 ou un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %), et en détérioration par rapport à la fin de l’année 2016,

Document 3 :

Natixis2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets537,9521,6527,8508,9510,4
2 Equity18,819,119,820,520,5
3 Deductions221,63,43,4
4 Goodwill3,53,53,63,63,5
5 Tangible eq13,313,614,613,513,6
6 Liabilities524,6508513,2495,4496,8
7 Leverage (µ)39,4437,3535,1536,736,53
8 Core Tier 1 (%)2,542,682,842,732,74

Sommes en milliards d’euros.

Pour rappel, la banque des frères Lehman a fait faillite en 2008 avec un multiple d’endettement (mon µ), le leverage, de… 32 !

Ils ne parlent pas évidemment des 12,2 milliards d’euros, un montant proche de leurs capitaux propres tangibles (13,6 milliards !) que la Banque de France leur prête généreusement en mettant en pension des titres dans le cadre des Titres négociables à court terme

Document 4 :

… ni des milliards que leur prête la BCE qui ne cite aucun chiffre ni aucune banque bénéficiaire de ses largesses.

Un rappel encore : ce bon vieux Greenspan préconise que le leverage réel des big banks too big to fail soit inférieur à 10, non pondéré des actifs avec le montant des capitaux propres réels (les capitaux propres tangibles, sans les écarts d’acquisition), et que son inverse, le ratio Core Tier 1 soit supérieur à 10 % comme le préconisent aussi la BRI, Axel Weber, l’EBA, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal, la directive européenne CRR/CRD IV et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC).

Il faudrait augmenter les capitaux propres de… 32,8 milliards d’euros pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan !

Pour l’instant, ça marche. Tout va bien : il n’y a pas eu de tsunami bancaire.

La capitalisation boursière de Natixis de 19,9 milliards d’euros est complètement déconnectée des réalités car elle est supérieure à ses capitaux propres tangibles qui sont sa valeur à la casse.
Elle est obtenue en grande partie par un taux de distribution (rendement des dividendes par action) exceptionnel et tout à fait anormal de 5,51 % et surtout grâce… au Donald !

Document 5 :

Le ratio P/E a une apparence normale mais trompeuse de 13,5.
Le retour aux réalités sera rude…
Heureusement que peu de gens lisent ce que j’écris car ça fait peur !

Cliquer ici pour voir les résultats de Natixis d’où sont extraites ces informations.

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4 août 2017 5

BPCE 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Comme je l’ai déjà écrit, BPCE est l’usine à gaz créée par le principal collaborateur de notre histrion ignare qui utilise certains de ses tuyaux pour enduire les analystes (et presque tout le monde) dans l’erreur à l’insu de leur plein gré…
En effet, nos banksters avaient réussi à faire comptabiliser officiellement en France les fameux Titres Super Subordonnés à Durée Indéterminée (TSSDI) dans les capitaux propres alors qu’ils sont considérés partout dans le monde comme des dettes car ce sont des capitaux rémunérés sous la forme d’intérêts.
Cette distinction entre capital et dettes est fondamentale, comme le montre clairement la dénomination du passif en anglais : Liabilities & equity, le mot passif n’existant pas en anglais, car les actifs ne peuvent être financés que par des capitaux propres et des dettes.
C’est simple, mais trop simple pour nos banksters franchouillards qui ont trouvé là un terrain d’entente pour camoufler plus ou moins adroitement leurs turpitudes, mais ça ne marche pas pour les rares analystes compétents s’exprimant en français (le pluriel ne se justifie peut-être pas !) et pour les gens de l’EBA, l’Agence Bancaire Européenne qui ont publié les montants des véritables capitaux propres selon les règles appliquées partout dans le monde, sans les titres dits hybrides dont les TSSDI font partie, pour les bilans arrêtés au 30 juin 2013 et qui confirment mes analyses.
Les chiffres publiés dans les rapports trimestriels de BPCE ne donnaient donc pas une image fidèle de la réalité pour tromper les investisseurs et les marchés, ce qui est condamnable mais pas condamné en France (seul celui qui a dénoncé cette tromperie a été sanctionné !).

Cependant, les banksters de BPCE publient maintenant prudemment le montant des véritables capitaux propres en concordance avec ceux de l’EBA dans une annexe,

Document 1 :

Les chiffres publiés dans le bilan publié par BPCE doivent donc être retraités en fonction de ces données pour donner une image fidèle de la réalité,

Document 2 :

Dans ces conditions, il est possible de calculer des ratios qui se rapprochent de la réalité en appliquant les règles internationales.

Le ratio Core Tier 1 réel, c’est-à-dire le rapport entre les capitaux propres et (sur) le total des dettes (du bilan moins les capitaux propres) est de 4,83 %, ce qui correspond à un leverage (que l’on peut traduire par ratio de levier) de 20,72 qui s’interprète de la façon suivante : le total des dettes représente 20,72 fois le montant des véritables capitaux propres, ce qui correspond à un multiple d’endettement, expression que j’ai adoptée, avec le symbole µ pour simplifier.

Document 3 :

BPCE2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets1 219,741 209,081 235,241 238,651 238,25
2 Equity58,42859,83261,46262,63763,041
3 Deductions1,111,2141,7652,1591,649
4 Goodwill4,3184,3184,3974,4784,392
5 Tangible eq5354,355,35657
6 Liabilities1 166,741 154,781 179,941 182,651 181,25
7 Leverage (µ)22,0121,2721,3421,1220,72
8 Core Tier 1 (%)4,544,74,694,744,83

Sommes en milliards d’euros.

Comme je l’ai déjà écrit, Bien entendu, les ratios et multiples de ce tableau sont calculés à partir des actifs qui ne sont pas pondérés des risques car tout actif est par définition risqué, selon les préconisations de ce bon vieux Greenspan, de la BRI, d’Axel Weber, de la Fed, de la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), en conformité avec les accords de Bâle I comme le rapporte entre autres la CRR/CRD IV.

BPCE est donc dans une mauvaise situation car son multiple d’endettement réel, le leverage, reste à un niveau trop élevé alors que pour ce bon vieux Greenspan, le leverage devrait être inférieur à 10 (donc avec un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %) pour respecter les règles prudentielles d’endettement bancaire en vigueur après les turbulences de 2008.

Il faudrait pour cela augmenter les capitaux propres de 55,6 milliards d’euros !

Les dirigeants de BPCE ne parlent pas évidemment des 23,780 milliards que la Banque de France leur prête généreusement en mettant en pension des titres sous la forme de Titres Négociables à Court Terme dans le cadre des Titres de Créances Négociables (TCN), et… 35 milliards avec Natixis !

Document 4 :

Pour l’instant, ça marche. Tout va bien : il n’y a pas eu de tsunami mais le marché interbancaire est complètement bloqué dans la zone euro.
Heureusement que peu de gens lisent ce que j’écris car ça fait peur !

Cliquer ici pour voir les résultats de BPCE d’où sont extraites ces informations,
Cliquer ici pour voir les chiffres des Titres Négociables à Court Terme dans le cadre des Titres de Créances Négociables (TCN).

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