10 juin 2018 12

Yield Spread 10y-2y et crise endo / exogène

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

L’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et ceux des Notes à 2 ans, le Yield Spread 10y-2y est un excellent indicateur précurseur de la variation de l’activité économique qui permet d’anticiper les phases de crises et celles de forte croissance,

Document 1 :

En effet, quand la croissance est supérieure à son potentiel optimal à cause d’une création monétaire qui se développe, les capitaux sortent de l’obligataire public pour se porter sur les actions plus rémunératrices, ce qui fait monter les rendements des Notes à 10 ans à 4 % et même à 5 %.
Et en même temps (comme dirait l’Autre) les membres du FOMC relèvent le taux de base de la Fed pour mettre fin à ces dérives, les taux courts (le Bill à 3 mois et les Notes à 2 ans) suivant ce mouvement, pour rejoindre et même dépasser le niveau des taux longs.

C’est ce qui s’est produit de 2002 à 2007,

Document 2 :

Une fois en position de force, les autorités américaines ont fait éclater la bulle monétaire produite par les banksters qui ne respectaient plus les règles prudentielles d’endettement, l’inversion de la courbe des taux produisant en même temps une chute de l’activité économique.
Ce fut alors ce que les Américains appellent la Grande Récession.

Les fondamentaux rétablis, la croissance américaine pouvait repartir sur des bases saines.
Pour rappel : l’argent sain est le premier pilier des Reaganomics, dixit Arthur, Laffer.

Le Yield Spread 10y-2y aurait dû rester en position haute après 2010 mais il a lourdement chuté en août-septembre 2011 à cause de l’€-crise, c’est-à-dire d’un événement exogène (en dehors des Etats-Unis).

La nomenklatura euro-zonarde a mis en place un plan portant sur des centaines de milliards d’euros pour que l’euro-système n’éclate pas, ce qui a eu pour effet collatéral de faire remonter le Yield Spread 10y-2y au début de l’année 2013.

Par la suite, comme les causes de l’€-crise n’ont pas été résolues, ce Yield Spread 10y-2y a logiquement continué à baisser, mais en étant sauvé une première fois par les membres du FOMC lors de leur réunion du 28 avril 2015 et, involontairement par l’élection (surprise pour les investisseurs) du Donald.

Enfin, la courbe du Yield Spread 10y-2y a continué à baisser logiquement sur sa tendance longue et s’approchant du zéro.
Il a atteint la barre critique et symbolique des 50 points de base début décembre 2017
.

Depuis cette date, le Yield Spread 10y-2y fluctue aux alentours de cette barre critique des 50 points de base, en baissant légèrement alors que logiquement il devrait continuer à baisser nettement et même à chuter violemment puisque l’€-crash se rapproche dangereusement,

Document 3 :

La raison de cette anomalie est simple : les titulaires de capitaux les placent non seulement sur les Notes à 10 ans mais aussi sur les Notes à 2 ans qui évoluent donc en parallèle,

Document 4 :

En effet, qu’elles soient à 10 ans ou à 2 ans, ces Notes sont un excellent refuge pour les capitaux libres recherchant un refuge rémunérateur en cas de baisse prononcée de tous les actifs.

L’évolution du Yield Spread 10y-2y est donc un excellent indicateur précurseur de la variation de l’activité économique qui permet d’anticiper les phases de crises et celles de forte croissance lorsque les causes de ses variations sont endogènes, c’est à dire propres aux Etats-Unis mais à partir d’un certain moment il ne l’est plus lorsque les causes de ces variations sont exogènes, c’est-à-dire hors des Etats-Unis.

Dans ce dernier cas, les investisseurs, surtout européens ont intérêt à placer leurs capitaux disponibles sur ces Notes du fait qu’ils sont doublement gagnants : d’abord par le renforcement du dollar (USD) par rapport à l’euro et en même temps (…) par la hausse des prix des contrats correspondant à la baisse des rendements de ces Notes.

La palme d’or de l’idiot utile pourrait être attribuée au Président de la République italienne qui a provoqué une répétition générale de ce que sera l’€-crash car il est maintenant bien clair que cette stratégie sera la seule qui sera gagnante.

Pour rappel, comme je l’ai déjà écrit, il est possible de placer son capital disponible en fonds répliquant les marchés de ces Notes.

Exemples de tels fonds :
iShares 1-3 Year Treasury Bond (SHY)
iShares 7-10 Year Treasury Bond (IEF)
iShares 20+ Year Treasury Bond (TLT)

Toutes les autres solutions pour se prémunir de l’€-crash sont perdantes.
Un tel €-crash aura des conséquences dramatiques mais c’est aussi une opportunité de gains, à condition de bien spéculer, c’est-à-dire de voir loin et juste en analysant correctement les indicateurs dans le cadre d’un monétarisme bien compris…

Tout est simple.

Complément au 11 juin : une dépêche AFP fait état du mystère concernant la courbe des taux aux US qui ne réagit plus normalement !
Manifestement, les auteurs et les personnes citées dans cette dépêche ne connaissent pas mes analyses

Cliquer ici pour lire cette dépêche.

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8 juin 2018 22

Target 2, Italexit, €mpire germanique, actualisation

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Monétarisme

La Buba a publié les chiffres de ses créances dans le cadre de Target 2 à fin mai : elles s’élèvent à 956 milliards d’euros

Document 1 :

en augmentation de 53,8 milliards par rapport au mois précédent !

Document 2 :

Les capitaux ont donc bien continué à affluer en Allemagne au détriment de ces cochons de pays du Club Med de façon à récupérer de bons deutsche marks quand l’euro-système s’effondrera, ce qui ne devrait plus tarder.

Peu importent les raisons de ces mouvements de capitaux, ce qui est important ce sont les flux dont Target 2 n’est qu’un indicateur de tendances à l’intérieur de l’euro-système.

Les Italiens n’achètent pas en masse des voitures made in Germany, mais les gestionnaires de trésoreries d’entreprises et de capitaux (les leurs ou pour autrui) sont bien conscients de ce qui va se passer : ils placent leurs disponibilités en lieux sûrs, en Allemagne mais aussi ailleurs, préférentiellement sur de bons bons de Trésors dont les rendements baissent…

Cliquer ici pour voir la page du site de la Buba publiant cette donnée.

Je remercie le lecteur de mon site qui a donné cette information.

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8 juin 2018 15

Deutsche Bank 1° trimestre 2018

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage

Les banksters de Deutsche Bank ont sauvé une situation fort compromise au 2° trimestre de 2017 grâce à une augmentation de capital de 8 milliards d’euros en avril mais la banque continue à subir une diminution de ses capitaux propres tangibles si bien que le multiple d’endettement réel (leverage) repasse au-dessus de la barre de 30 en cette fin de 1° trimestre, ce qui est dangereusement élevé et en détérioration par rapport au trimestre précédent,

Document 1 :

Deutsche Bank2017 Q12017 Q22017 Q32017 Q42018 Q1
1 Assets1 564,761 568,731 521,451 474,731 477,74
2 Equity59,88566,25865,67663,17461,943
3 Deductions8,3897,2997,7756,0355,856
4 Goodwill9,0398,8348,7738,8398,751
5 Tangible eq42,45750,12549,12848,347,336
6 Liabilities1 522,301 518,611 472,331 426,431 430,40
7 Leverage (µ)35,8630,329,9729,5330,22
8 Core Tier 1 (%)2,793,33,343,393,31

Sommes en milliards d’euros.

Les banksters de Deutsche Bank publient quand même normalement le montant de leurs véritables capitaux propres : Common Equity Tier 1 (CET 1) capital (CRR/CRD 4) fully loaded,

Document 2 :

Ces chiffres montrent que Deutsche Bank n’est pas la pire des big banks too big to fail car elle est battue de peu par les Mécanos de la Générale dans ce match des plusse pires !

Document 3 :

Cependant, une note (sans commentaires) dans le rapport annuel 2017 et non actualisée sur les prêts (Loans), qui se montaient à 405,621 milliards d’euros, faisait apparaitre des pertes (Allowance for loan losses) pour un montant de 3,921 milliards, ce qui correspond à un ratio NPL (de pertes, Non Performing Loans) sur les prêts de… 0,97 % !
Or, d’après les Marioles de la BCE eux-mêmes, ce ratio est de 6,2 % en moyenne pour les grandes banques de la zone,

Donc, soit les banksters de Deutsche Bank sont en fait des banquiers parmi les meilleurs du monde en obtenant un ratio NPL inférieur à 1 %, soit, ce sont encore et toujours des banksters qui ne publient pas des comptes donnant une image fidèle de la réalité, ce qui est condamnable mais pas condamné, évidemment.
En reprenant le chiffre fourni par les Marioles de la BCE pour le ratio moyen NPL des grandes banques de la zone, à savoir 6,2%, en l’appliquant sur le montant du total des prêts, soit 405,621 milliards d’euros, ce sont donc… 25,149 milliards qui auraient dû être comptabilisés en pertes, et non pas 3,921 milliards !

Les banksters de Deutsche Bank ont donc maladroitement essayé de camoufler une perte de… 21,228 milliards d’euros (correspondant à la différence entre 25,149 milliards et 3,921 milliards) !

En étant gentil et pour simplifier, en arrondissant les pertes non enregistrées sur les NPL à 20 milliards d’euros, les capitaux propres viennent ainsi en diminution de ce montant, ce qui fait apparaitre un multiple d’endettement supérieur à… 50 !

Document 4 :

Deutsche Bank2017 Q4
1 Assets1 477,74
2 Equity61,943
3 Deductions25,856
4 Goodwill8,751
5 Tangible eq27,336
6 Liabilities1 450,40
7 Leverage (µ)53,06
8 Core Tier 1 (%)1,88

Un rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32 !

Le plus drôle est qu’il y a des gens qui n’ont pas décelé cette mystification, et que d’autres se demandent pour quelles raisons le cours de Deutsche Bank plonge et commence à susciter des inquiétudes.

Et les banques italiennes non cotées, donc ne publiant pas leurs comptes, sont dans une situation plusse pire encore, ce qui inquiète même les Marioles de la BCE.

Dans ces conditions, il ne faut pas se demander si la zone euro est pérenne, mais quand se produira le tsunami bancaire qui l’emportera dans les abysses, et cette issue est maintenant très proche.

Pour rappel, Deutsche Bank survit grâce à des augmentations successives de capital de… 30 milliards d’euros au total et des suppressions massives d’emplois à cause des fautes de gestions de ses banksters jamais condamnés.

La capitalisation boursière de Deutsche Bank reste à un niveau très bas aux alentours de 25 milliards d’euros, largement inférieure à ses capitaux propres tangibles (47 milliards), ce qui était considéré lors de la grande crise en 2009 comme le plancher objectif de toute banque en danger : sa valeur à la casse.

Le cours de Deutsche Bank reste inférieur à ce qu’il était en… 1996 !

Les 30 milliards d’euros d’augmentations successives de capital sont supérieurs à sa capitalisation boursière, ce qui signifie qu’il y a eu une destruction de valeur de par son activité pendant des décennies.
Les Allemands, s’ils sont de bons industriels, ont déjà montré dans le passé qu’ils pouvaient être les pires en matière de création monétaire et de faillites bancaires, cf. le dernier livre de Pierre Jovanovic, Hitler ou la revanche de la planche à billets.

Deutsche Bank a été dans le passé récent la pire des banques dans le cadre de la liste des 28 Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales (Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs) et elle le restera du moins tant qu’elle sera maintenue en survie.

Cliquer ici pour lire les derniers résultats trimestriels communiqués par Deutsche Bank.
Cliquer ici pour lire mon article sur les résultats trimestriels précédents de Deutsche Bank.

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7 juin 2018 15

Italexit, Banca d’Italia, Marioles de la BCE et cavalerie

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Monétarisme

Le bilan de la banque centrale d’Italie, Banca d’Italia, est édifiant !

Les actifs de Banca d’Italia comprennent pour l’essentiel pour 543 milliards d’euros de titres et de créances constitués en grande partie de bons de Trésors (et 251 milliards de prêts accordés à des banksters italiens au bord de la faillite)…

Document 1 :

financés par 437 milliards de dettes issues de ce fameux Target 2 (rubrique 9 Intra-eurosystem liabilities) auxquels il faut ajouter 142 milliards déposés en retour par des banksters et 188 milliards provenant de la mise en circulation de billets censés se trouver en Italie !!!

Document 2 :

Ça, c’est un très bel exemple d’usine à gaz socialiste !
Le plus étonnant est que cet abracadabrantesque euro-système est encore en place.

Les actifs sont financés par de l’argent qui n’existe pas : de la grande cavalerie et des montages de dettes comme dans les pires escroqueries de certaines firmes multinationales exotiques.

Comme je l’ai déjà écrit, manifestement, l’économiste Paolo Savona qui est la pierre angulaire de l’Italexit du nouveau gouvernement italien a dû faire les mêmes analyses que moi et il va en tirer les mêmes conclusions : en tant que ministre des Affaires européennes, il enverra un grand coup de pied au… QE des Marioles de la BCE pour le plus grand plaisir des électeurs qui ont porté au pouvoir ce gouvernement
… et par ailleurs, pendant des décennies, les générations à venir se demanderont comment et pourquoi 300 millions d’euro-zonards ont-ils pu s’autodétruire alors que les entreprises de ces pays étaient parmi les plus performantes du monde.

L’URSS a tenu 70 ans dans son monde irréel pour s’écrouler finalement.
La zone euro aura tenu 20 ans.

P.S. : le 10 ans italien est à 3 % !

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7 juin 2018 9

Euro-système : délires et des lires !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Monétarisme

L’alliance a priori contre nature entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue a créé une situation nouvelle qui n’a pas été anticipée par les marchés.

Les erreurs du Président de la République italienne ont accentué le désordre, ce qui s’est manifesté par une hausse vertigineuse des rendements des bons à 10 ans du Trésor italien jusqu’à 3,313 % le 29 mai.
La propagande de la nomenklatura euro-zonarde a fait baisser la pression, mais les rendements de ces bons repartent à la hausse car la politique qui va être menée par le gouvernement est intenable dans le cadre de l’euro-système,

Document 1 :

La situation a déjà dégénéré très rapidement, et ce n’est pas terminé !

Document 2 :

En fait, la situation actuelle est déjà du même ordre que celle qui prévalait aux pires moments de l’€-crise de 2011,

Document 3 :

Tout va bien

5 juin 2018 30

Target 2 pour les nuls, Italexit et €-crash, suite mais pas la fin !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Quelques compléments s’imposent à propos de mon article précédent…

Tout est simple, très simple et même archi simple pour ce qui concerne ce Machin qu’est Target 2… à condition de raisonner correctement.

En effet, une monnaie est… une monnaie !
Une monnaie, c’est d’abord et avant tout un moyen pour faciliter les échanges dans une communauté humaine évoluée dans laquelle une division du travail s’est développée pour en augmenter la richesse comme il en a existé depuis plus de 5 000 ans.

Ainsi par exemple, environ 150 monnaies coexistaient en Suisse vers 1850. Ces monnaies étaient locales, c’est-à-dire qu’elles circulaient dans des zones réduites couvrant l’essentiel des échanges habituels qui étaient de voisinage car les relations avec des partenaires plus lointains étaient rares.
Hors de chacune de ces zones, une autre monnaie était en usage.

Depuis que les nations se sont développées et stabilisées, chaque grande nation a sa propre monnaie, et inversement, à chaque monnaie correspond une nation (et une seule).
Ces relations sont biunivoques.
Ce sont là des principes irréfragables
.

Ces 150 monnaies helvètes ont disparu et il ne subsiste évidemment qu’une seule monnaie en Suisse. Il est évident pour tout le monde que les francs émanant d’un canton ont le même pouvoir libératoire (d’échange) que ceux d’un autre canton.
Idem aux Etats-Unis (d’Amérique !) entre les Etats fédérés et même entre les banques centrales (des districts) de la Fed (le Federal Reserve System) et ailleurs.

Inclure dans un système monétaire une clause de non-consolidation entre différentes entités est inconcevable, impensable, inimaginable (comme l’a fort justement dit en d’autres circonstances Jean-Claude Le Tricheur, ce qui est bien la seule déclaration intelligente qu’il ait faite), un non-sens, contraire à toute logique économique et monétaire élémentaire.

Et pourtant, la nomenklatura euro-zonarde l’a fait !

Il s’agit là d’une clause léonine : l’un des partenaires dominants (en l’occurrence l’Allemagne) s’attribue la part du lion, c’est-à-dire des avantages indus au détriment des autres qui ne disposent pas des informations ou des connaissances qui leur auraient permis de défendre normalement leurs intérêts, à savoir le bon peuple de ces cochons de pays du Club Med qui en sont les premières victimes, en attendant pire encore.

Une clause léonine n’est pas nulle : elle est réputée non écrite.

Manifestement, l’économiste Paolo Savona qui est la pierre angulaire de l’Italexit du nouveau gouvernement italien a dû faire les mêmes analyses que moi et il va en tirer les mêmes conclusions : en tant que ministre des Affaires européennes, il enverra un grand coup de pied au… QE des Marioles de la BCE pour le plus grand plaisir des électeurs qui ont porté au pouvoir ce gouvernement !

Donc, ce sont au moins 400 milliards d’euros que n’auront pas les Teutons qui peuvent aller se faire voir chez les Grecs qui seront eux-aussi très contents de bénéficier de cette bonne nouvelle, ainsi que les autres cochons de pays du Club Med.

Restent les 2 300 milliards d’euros de dettes publiques.

Les Italiens pourront bénéficier du fruit de leur travail (avec un peu d’abandon de créances) car ils sont globalement très performants, même en étant encore dans l’euro-système.
En effet, la balance des transactions courantes de l’Italie est bénéficiaire depuis le mois de mars 2013 et en progression
,

Document 1 :

Hors de cet euro-système létal, ils auront un turbo dans leurs Ferrari, Maserati et autres Lamborghini !

Au passage, il apparait que la France reste toujours en déficit, quel que soit le gouvernement en place.

Target 2 n’est en fait qu’un indicateur qui met en évidence la scandaleuse pompe à fric que constitue l’euro-système en faveur de l’€mpire germanique, ce qui est confirmé aussi par sa balance des transactions courantes qui est toujours en progression sur des sommets toujours plus hauts,

Document 2 :

Pour rappel : quand les Italiens paient en euros des produits made in Germany, les fournisseurs allemands reçoivent ces euros, point.
En réclamant en plusse plus de 400 milliards d’euros, ils veulent non seulement le beurre, mais aussi l’argent du beurre, la crémière et sa fille !
C’est tout ?

Cette histoire de Target 2 est une histoire de fous.
Je pense qu’à la suite de mes articles, de plus en plus de personnes commencent à le comprendre.

Pour les personnes qui feraient encore confiance aux analyses de la nomenklatura euro-zonarde dont celles des gens de la Banque de France et de son Gouverneur, je rappelle que les leurs ont déjà été jugées nulles par la 17° Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris le 29 septembre 2015, parties civiles poursuivantes : Christian Noyer et Banque de France.
Cliquer ici pour (re)lire l’article relatant leurs exploits.

Finalement, ils ne sont peut-être pas aussi nuls que ce qu’on pourrait imaginer car, faire croire à des millions d’Euro-zonards de telles inepties, soit il faut être très fort (c’est-à-dire très intelligent), soit il faut que ces millions d’Euro-zonards soient de parfaits idiots lobotomisés.
Je penche pour la seconde solution.

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4 juin 2018 56

Target 2 pour les nuls, Italexit et €-crash

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Monétarisme

Tout est simple et il est toujours aussi étonnant qu’aussi peu de gens comprennent ces problèmes monétaires qui sont pourtant si simples…

Ainsi en est-il pour ce machin (comme aurait dit de Gaulle) qu’est Target 2, le Trans-european Automated Real-time Gross settlement Express Transfer system (système de transferts express automatisés transeuropéens à règlement brut en temps réel).

Reprenons l’exemple du paysan de Böhm-Bawerk qui se trouve maintenant en Italie
Il continue à travailler, officiellement et au noir. Les affaires marchent bien.
Il achète un gros 4×4 Porsche au prix de 150 000 € parce que ça fait bien. Il paie le concessionnaire Porsche en Italie en lui donnant un chèque de sa banque italienne Unicredit.

L’argent qu’il a versé se retrouve finalement sur le compte Deutsche Bank de Porsche en Allemagne.
C’est simple, tout est simple. Tout va bien. Tout le monde comprend.

Non ! C’est trop simple pour la nomenklatura euro-zonarde qui a pondu ce Target 2 !

En effet, Unicredit va transférer ces 150 000 € sur son compte à la banque centrale italienne, Banca d’Italia qui les transmettra à son homologue la banque centrale allemande, la Buba, qui créditera le compte que Deutsche Bank y possède pour le bénéficiaire final qu’est Porsche.
La procédure est un peu complexe (Unicredit aurait pu verser directement l’argent à Deutsche Bank) mais le centralisme démocratique a toujours bien fonctionné en URSS.
Les deux banques centrales comptabilisent leurs transactions dans leurs comptes, ce qui est à la base de ce Target 2.

Les Italiens profitent de cette monnaie unique contre nature qu’est l’euro pour acheter (trop) facilement des produits allemands à un prix anormalement bas pour eux.
Globalement, les Italiens achètent des produits made in Germany pour des montants supérieurs à ceux que les Allemands consacrent à l’achat de produits italiens.
Un déséquilibre se développe donc dans les échanges entre ces pays dont les niveaux et les gains de productivité sont différents, ce qui apparait clairement dans les chiffres de Target 2.

Le déficit italien fluctue dans une bande de 400 à 450 milliards d’euros depuis un an,

Document 1 :

Il en est de même pour ces autres cochons de pays du Club Med : le déficit de l’Espagne est proche des 400 milliards d’euros, la France sombre depuis quelques mois…
Globalement, les déficits de ces cochons de pays du Club Med plongent pour dépasser les… 1 000 milliards d’euros alors que les excédents allemands fluctuent dans les… 900 milliards
!

Document 2 :

Dans le cadre de Target 2, la Banca d’Italia comptabilise fin 2017 un total de 437,7 milliards d’euros de dettes envers l’intra-euro-système

Document 3 :

… comme c’est bien précisé dans la note 5…

Document 4 :

… et logiquement, inversement, la Buba comptabilise fin 2017 un total de 906,8 milliards d’euros de créances envers l’intra euro-système,

Document 5 :

Vue d’ensemble des données,

Document 6 :

Dès lors, la nomenklatura euro-zonarde en tire la conclusion suivante : les Italiens ont plus de 400 milliards d’euros de dettes principalement vis-à-vis de la Buba et ils devraient donc les payer en cas de sortie de l’euro-système.

Il s’agit là d’une erreur monumentale !

En effet, les 150 000 € versés par le paysan italien de Böhm-Bawerk à partir de son compte Unicredit en Italie ont bien été versés sur le compte de Porsche à la Deutsche Bank en Allemagne, point.

Les banques centrales nationales ne sont plus que des entités locales (des succursales, des filiales ou des intermédiaires) de l’entité globale qu’est la BCE.
Les Allemands ne sont donc pas fondés à revendiquer des créances vis-à-vis des Italiens.

Les comptes des banques centrales sont consolidés au niveau de la BCE qui est la seule entité monétaire de la zone euro.
Les dettes et créances de ces banques centrales ne sont pas exigibles entre elles comme c’est le cas pour tous les groupes constitués d’entités subordonnées
, à savoir des filiales dont ils détiennent la majorité (ou la totalité) des parts.

Donc, dans l’euro-système, peu importe la procédure des règlements, l’argent ne fait que transiter par des banques centrales nationales qui ne sont que des intermédiaires, des entités locales de l’entité globale qu’est la BCE.

Pour mieux comprendre ces problèmes, il suffit de localiser maintenant le paysan de Böhm-Bawerk en Californie
Devenu un farmer, il achète pour 70 000 $ un pick-up Ford F-150 fabriqué à Dearborn dans le Michigan parce que c’est ce que font les autres farmers.
Aucun Américain ne conçoit que la banque centrale de San Francisco du 12° district de la Fed dont dépend le farmer de Böhm-Bawerk puisse être débitrice vis-à-vis de son homologue de Chicago du 7° district où se trouvent les usines Ford !
Les banques américaines effectuent leurs règlements sans passer par l’intermédiaire des banques centrales constituant le Federal Reserve System qui consolide évidemment les comptes de ses 12 Reserve Banks sans qu’elles soient obligées d’équilibrer leurs comptes entre elles
.

Dans cette entité qu’est la zone euro, une seule monnaie a cours légal : l’euro.
Il en est de même aux Etats-Unis (d’Amérique !) où une seule monnaie a cours légal : le dollar (USD).
Les entités dites intra-euro-système n’ont pas de légitimité en tant qu’entités indépendantes ayant vocation à être débitrices ou créditrices vis-à-vis de tiers.
Elles ne peuvent être que consolidées au niveau de l’entité mère, globale, à savoir la BCE.

Je ne connais pas les analyses de l’économiste Paolo Savona qui est la pierre angulaire de l’Italexit du nouveau gouvernement italien mais comme il en tire les mêmes conclusions que moi, elles doivent être proches des miennes.
En tant que ministre des Affaires européennes, il pourra dire aux Marioles de la BCE :
- Ciao les mecs, on s’casse ! Demm…dez-vous maintenant. Les Italiens n’ont pas de dettes issues de Target 2.

Restera alors la dette publique, ce qui pose d’autres problèmes, parmi d’autres…

***

Target 2 est un système légal mais pas légitime.
Il est contraire à la logique économique, financière et monétaire.
Les positions de Paolo Savona pourront être contestées juridiquement mais elles sont justes et bien argumentées.
De toute façon, lors de l’Italexit et (ou) de l’€-crash, le désordre sera tellement considérable que ce genre de débats sera de peu d’importance.

***

Cette analyse de Target 2 montre que l’euro-système est un ersatz de système de Bretton Woods dans lequel il est impossible de faire varier entre elles les parités monétaires des pays membres.
Le système de Bretton Woods n’a pas tenu 30 ans alors qu’il était possible de procéder à des ajustements de parités monétaires (des dévaluations et des réévaluations).

L’euro-système qui existe depuis 20 ans ne peut qu’éclater… à terme, qui est maintenant plus clairement envisageable.

Les analyses positives sur un Italexit sont rares mais ZeroHedge en a publié une édifiante émanant de la banque américaine JPMorgan en titrant :
JPMorgan’s Stunning Conclusion: An Italian Exit May Be Rome’s Best Option,
La conclusion stupéfiante de JPMorgan: une sortie italienne pourrait être la meilleure option de Rome,
Cliquer ici pour la lire.

Cliquer ici pour lire mon article précédent sur Target 2.

Par ailleurs, un Italexit présente aussi d’autres avantages (par rapport au maintien du statu quo actuel), ce qui devrait faire l’objet d’un article à venir…

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3 juin 2018 25

€-crash : répétition générale et scénarios

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques, Europe

Ces idiots d’hommes politiques italiens qui ont provoqué cette micro crise sont finalement très utiles car cette répétition générale confirme mes analyses et celles des bons spéculateurs…

En effet, des capitaux sont sortis en masse des marchés d’actions et ils se sont réfugiés sur les bons bons (de 2 ans à 30 ans) du Trésor des Etats-Unis.
Comme la demande a augmenté, les prix des contrats ont bondi et inversement, les rendements ont logiquement baissé.
C’est simple. Tout est simple.

Les banques surendettées ont mal supporté ce choc mais elles ont quand même survécu, ce qui ne sera pas le cas lors de l’€-crash.

En fait, cet €-crash ne devrait pas être provoqué par les erreurs de ces idiots d’hommes politiques italiens ou autres, mais par la chute des dominos bancaires qui fera donc plonger les rendements des Treasuries (bons du Trésor des Etats-Unis).
L’euro-système sera alors ingérable par ces idiots qui deviendront alors dangereusement nuisibles.

Mon analyse est confirmée par le fait que l’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et ceux des Notes à 2 ans (le Yield Spread 10y-2y) n’a pas bougé pendant cette micro crise italienne et qu’il a continué à baisser sur sa tendance longue,

Document 1 :

Normalement, il faudrait attendre que ce spread tombe à zéro pour que la chute des dominos bancaires euro-zonards se produise, ce qui devrait se produire avant la fin août,

Document 2 :

Il est possible que ces deux évènements se produisent en même temps.

Cependant, un autre scénario est possible

Le programme du gouvernement italien ne peut produire que des effets négatifs (et intenables) s’il est appliqué dans le cadre de l’euro-système.

Comme les dirigeants des partis au pouvoir ont publiquement reconnu qu’ils ne voulaient pas sortir de l’euro-système (alors qu’ils savent très bien qu’il faut en sortir, surtout grâce aux travaux de l’économiste Paolo Savona qui est un ardent défenseur de l’Italexit), une bonne solution consisterait à mettre en place cette politique économique dite antisystème pendant les mois de juin et de juillet (tout en continuant à proclamer que le gouvernement veut rester dans l’euro-système) et d’en sortir par surprise pendant un weekend aux alentours du 15 août, date à laquelle se prennent souvent les décisions les plus importantes !

La sortie de l’euro-système s’apparente à une dévaluation dans le cadre du système de Bretton Woods.
Elle ne peut se faire qu’un jour bien précis, généralement lors d’un weekend, après avoir proclamé qu’il n’y aura pas de dévaluation !
En effet, les marchés doivent être pris par surprise pour qu’il n’y ait pas de baisses intempestives (en fait de trop grandes perturbations) sur les marchés financiers.

Bien entendu, le gouvernement italien exigera des abandons de créances importants sur les dettes publiques, ce qui générera des pertes considérables par ailleurs.
L’effet boule de neige sera lui aussi considérable et il aura même des répercussions très importantes dans le monde entier.

Si le gouvernement italien ne prend pas cette décision de sortir de l’euro-système, les conséquences seront dramatiques car la situation sera alors totalement ingérable, sur le plan financier et politique.

31 mai 2018 31

€-crash : répétition générale et idiots utiles

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Ce qui se produit en ce moment est une répétition générale très instructive de ce qui se passera lors de l’€-crash à venir comme je l’ai écrit précédemment…

En effet, les idiots (qui seront finalement utiles) ont déplacé massivement leurs capitaux vers les bons du Trésor des Etats-Unis comme le montrent les rendements des Notes à 10 ans et (en même temps, comme dirait l’Autre) ceux des Notes à 2 ans qui ont plongé

Document 1 :

… si bien que leur écart n’a pas varié pendant le plus fort de cette crise italienne qui n’était pas anticipée.
Ce sont les hommes politiques italiens et autres qui l’ont créée.

Cette crise italienne impromptue (provisoirement) presque terminée, hier 30 mai en fin de séance et aujourd’hui (données vers 16 h), l’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et ceux à 2 ans (le Yield Spread 10y-2y) a commencé à décrocher de cette barre critique des 50 points de base,

Document 2 :

Ce spread (comme on dit) a repris sa tendance baissière longue,

Document 3 :

Ce spread fluctue autour de la barre critique des 50 points de base depuis début décembre 2017, en plusse et maintenant en moins.
Le grand plongeon commence peut-être à se manifester qui s’inscrira dans la baisse du cycle long entamé depuis le début de l’année 2011, c’est-à-dire du début de la fin de cette monnaie unique contre nature qu’est l’euro,

Document 4 :

Les bons spéculateurs, ceux qui voient juste et loin, connaissent bien tout ceci et ils savent très bien que les rendements des Notes à 10 ans ne remonteront pas dans la bande des 3 % ni au-delà à cause de l’€-crash en préparation, comme je l’ai écrit à maintes reprises.

Cette mini crise italienne a confirmé que les Notes sont un bon refuge lors de l’€-crash à venir car elles sont doublement gagnantes : les prix des contrats monteront ainsi que le dollar (USD) par rapport aux autres devises, surtout par rapport aux monnaies de singe qui sortiront de l’euro.

Sur les seuls 9 jours de banque (ou séances de bourse) de cette crise italienne, un fonds répliquant l’évolution des prix des contrats sur les bons du Trésor des Etats-Unis a permis de réaliser un gain de 5,23 % auquel il faut ajouter le gain en devises de 2,58 % soit un gain total de 7,81 % !

Toutes les autres solutions pour se prémunir de l’€-crash sont perdantes.

Exemple de tels fonds :
iShares 1-3 Year Treasury Bond (SHY)
iShares 7-10 Year Treasury Bond (IEF)
iShares 20+ Year Treasury Bond (TLT)

Un tel €-crash aura des conséquences dramatiques mais c’est aussi une opportunité de gains, à condition de bien spéculer, c’est-à-dire de voir loin et juste en analysant correctement les indicateurs dans le cadre d’un monétarisme bien compris

Tout est simple.

Je remercie le lecteur qui a indiqué les coordonnées d’un de ces fonds en commentaire de mon article précédent à ce sujet.

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30 mai 2018 17

BCE, banksters et €-crash

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques, Europe

Les banksters de la zone ont été obligés de retirer 28,672 milliards d’euros (déposés à la BCE) dans la semaine finissant le 25 mai pour survivre, ce qui est relativement peu mais ce sont encore des milliards qui s’ajoutent à d’autres milliards au fil des semaines,

Document 1 :

Les Marioles de la BCE ont été obligés de quémander 661 milliards d’euros à des non-résidents et aux Etats pour pouvoir boucler leur bilan vendredi dernier, ce qui est proche des plus hauts record atteints lors de la phase critique de la fin de l’année 2017,

Document 2 :

Les Etats ont fourni 403 milliards d’euros pour que les Marioles de la BCE puissent acheter (sans les payer) pour… 2 781 milliards de titres, dont principalement des bons de leurs Trésors !

Document 3 :

Même les communistes de l’URSS n’ont pas fait de telles acrobaties financières…

Ces trous dans le bilan de la BCE proviennent en grande partie des prêts aux banksters et des achats de titres qui ne sont pas couverts au total par les dépôts en retour des banksters ni par les billets mis en circulation par les Marioles,

Document 4 :

Sur ces seuls deux groupes de rubriques, le déficit est de 451 milliards d’euros, ce qui constitue un plus bas record après celui de la dernière semaine de l’année 2017,

Document 5 :

Pour rappel, la situation de la zone n’a jamais été aussi pire qu’en ce moment,

Document 6 :

C’est bien plusse pire qu’après la faillite de la banque des frères Lehman et que pendant le plusse pire de la crise grecque !
L’Italie, c’est 10 fois plus grand, plus gros, plus important que la Grèce.

Les banques italiennes vont tomber les unes après les autres comme des dominos.
Tout peut aller très vite
comme on vient de le voir au cours de ces derniers jours.
Les dirigeants politiques et économiques ne feront qu’aggraver la situation, ce qui rend impossible de prédire ce qui pourra se passer.

L’€clatement de l’euro-système sera un évènement comparable à une cascade de dévaluations.
Dans le système de Bretton Woods, les dévaluations étaient quand même plus ou moins maitrisées.
Elles se décidaient et se mettaient en place plus ou moins calmement pendant un long weekend.
L’€-crash sera un crash.

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