ISDA : la Grèce en défaut de paiement !

Le comité ad hoc de l’ISDA a enfin décidé de déclarer la Grèce en défaut de paiement !

Comme je l’ai écrit initialement, l’activation des clauses d’action collective ne peut que conduire à cette issue. Il en allait de ce qui reste de la crédibilité des big banks qui décident finalement au sein de l’ISDA du paiement ou non de ces assurances.


(cliquer sur le document pour l’agrandir)

Les pertes pour les assureurs sont faibles, quelques milliards d’euros, ce qui permet de sauver les apparences quant à la crédibilité de ces marchés qui portent sur des… milliers de milliards de dollars.

Les marchés peuvent maintenant avaler cette pilule empoisonnée.

Cliquer ici pour voir le communiqué de l’ISDA qui a mis 7 heures pour en arriver à ce résultat.

22 réflexions sur “ISDA : la Grèce en défaut de paiement !”

  1. Vendredi 9 mars 2012 :

    En 2020, d’après les projections officielles, la dette souveraine grecque ne doit plus représenter que 120,5 % du PIB contre plus de 160 % actuellement, un taux jugé supportable par les créanciers, même s’il reste très élevé.

    http://www.boursorama.com/actualites/la-grece-evite-la-faillite-avec-une-reduction-de-dette-historique-4b1a8ab06ca7a8d07e28dc0d036ba874

    Si tout se passe bien, la dette publique de la Grèce sera de 120,5 % du PIB en 2020 !

    Tout ça pour ça !

    J’éclate de rire !

    C’est le tonneau des Danaïdes !

  2. Bon, maintenant, la question est :

    Quand aura lieu le troisième plan de sauvetage de la Grèce ?

    Dans deux ans ?

    Ou alors dans trois ans ?

    Quand les contribuables de la zone euro devront-ils une troisième fois jeter des dizaines de milliards d’euros dans le tonneau des Danaïdes ?

    Un nouveau plan pour la Grèce probable d’ici deux à trois ans.

    Après l’effacement de dette historique avec ses créanciers privés, Athènes risque d’être obligée de demander aux créanciers publics d’alléger son fardeau.

    La diffusion d’un document confidentiel du FMI montre l’étendue du problème : pour que la trajectoire de dette grecque revienne à un niveau soutenable, fixé à 120 % du PIB d’ici 2020, il aurait fallu qu’au moins 95 % des investisseurs participent à l’opération d’échange bouclée jeudi 8 mars. Dès lors, pour un certain nombre de spécialistes, la restructuration historique qui est en cours n’empêchera pas un nouvel effort des créanciers dans quelques années.

    « Les estimations de croissance retenues pour la Grèce à moyen terme sont trop optimistes », souligne Jacques Cailloux, chez RBS. Il rappelle que la Troïka, dans son premier rapport, avait par exemple anticipé une contraction de l’activité de 2,6 % en 2011, alors que la réalité risque d’être plus proche de 6 %. « Pour l’avenir, nous prévoyons une croissance de 2,5 % à partir de 2015, alors que la Troïka table sur 4 %. »

    Autre hypothèse irréaliste selon l’économiste de RBS : la balance primaire (balance budgétaire hors intérêts de la dette). « Le scénario d’un excédent primaire moyen de 4,5 % sur la période 2014-2020 ne tient pas. » Dès lors, pour Jacques Cailloux, sans un nouveau plan d’aide, le niveau d’endettement par rapport au PIB risque d’atteindre 160 % en 2020.

    Un risque encore plus important attend Athènes : le risque politique. La colère du peuple grec pourrait se traduire prochainement dans les urnes. Les intentions de vote inquiètent déjà la communauté internationale : le Pasok (le parti actuellement au pouvoir) et son rival Nouvelle Démocratie sont en déclin, alors que les partis des extrêmes font une percée. Les objectifs de rigueur assignés à Athènes pourraient dès lors être sérieusement menacés.

    « Le nouveau plan d’aide de 130 milliards d’euros est censé couvrir complètement les besoins de financement d’Athènes jusqu’à la fin 2014 », rappelle Ioannis Sokos, chez BNP Paribas. « Cela signifie qu’en 2015, la Grèce devra soit bénéficier d’un nouveau programme de soutien, soit emprunter sur les marchés, soit faire défaut et opérer une nouvelle restructuration de sa dette . » Or, à ce jour, aucun analyste ne croit que le pays pourra faire appel aux marchés financiers dès 2015…

    Les autres scénarios mettent les créanciers officiels de la Grèce en première ligne. « La dette grecque va passer des mains du privé au public, à savoir le FMI, l’Union européenne, le Fonds de stabilité européen (FESF), et la Banque centrale européenne », explique Ioannis Sokos. Selon lui, en 2015, le FESF aura une créance de 167 milliards d’euros sur Athènes, celle de l’UE et du FMI atteindra 64 milliards. En face, les obligations grecques détenus par les investisseurs, ne représenteront que 62 milliards, soit 18 % de la dette.

    Selon OpenEurope, un cercle de réflexion britannique, la dette entre les mains des prêteurs officiels va passer de 36 % en ce début d’année à 85 % d’ici 2015 %. Une vraie menace pour les contribuables de la zone euro.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201940494675-un-nouveau-plan-pour-la-grece-probable-d-ici-deux-a-trois-ans-300159.php

      1. “Ce Jim Sinclair Mineset comme beaucoup d’autres idiots nuisibles raconte n’importe quoi et confond tout !!!”
        vous y allez un peu fort, il a tort sur ce point, mais ce n’est pas un idiot.

    1. @bertrand
      Toutes les obligations ne sont pas assurées.
      @georges foto
      Je suis par ailleurs très étonné des chiffres avancés par Jim Sinclair qui est pourtant une référence.

  3. extrait d’un ouvrage de Edmond About en 1858 sur Les Echos.fr.
    la Grèce ‘en banqueroute depuis sa naissance’

    …étonnante rémanence de pratiques politiques anciennes

    Le document ci-dessous propose le chapitre VII de la troisième édition de ‘La Grèce contemporaine’, publiée en 1858. Ce chapitre est consacré aux finances et propose d’étonnantes observations. Edmond About écrit que ‘le régime financier de la Grèce est tellement extraordinaire et ressemble si peu au nôtre, que je crois nécessaire, avant d’entrer dans les détails du budget, de placer ici quelques observations générales’. Il évoque ainsi ‘le seul exemple connu d’un pays vivant en pleine banqueroute depuis le jour de sa naissance’. Pour y remédier, affirme About, ‘il a fallu que les puissances protectrices de la Grèce garantissent sa solvabilité pour qu’elle négociât un emprunt à l’extérieur. Les ressources fournies par cet emprunt ont été gaspillées par le gouvernement sans aucun fruit pour le pays ; et, une fois l’argent dépensé, il a fallu que les garants, par pure bienveillance, en servissent les intérêts : la Grèce ne pouvait point les payer.’

    About dresse alors un constat (nous sommes en 1858) : ‘Aujourd’hui, [la Grèce] renonce à l’espérance de s’acquitter jamais. Dans le cas où les trois puissances protectrices continueraient indéfiniment à payer pour elle, la Grèce ne s’en trouverait pas beaucoup mieux. Ses dépenses ne seraient pas encore couvertes par ses ressources.’

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201942058946-document-1858-la-grece-en-banqueroute-depuis-sa-naissance-300420.php

  4. je dirais que le montant des cds n’a rien à voir avec le montant des obligs puisque n’importe qui peut prendre des cds contre n’importe quoi… y’a eu des CDS vendus à nu.
    Goldman, pour ne pas les citer n’allaient pas s’amuser à prendre 25 milliards d’obligs grèques, pourtant, ils ont pris des cds…

  5. Un article intéressant…. quoique un peu long.

    “L’ISDA a tranché vendredi soir: en activant une clause qui oblige tous les créanciers privés à échanger leurs titres, la Grèce a déclenché ces assurances sur les obligations que sont les CDS.

    L’apparente sérénité entourant la décision de l’ISDA (international swaps and derivatives association) qui a déclenché vendredi soir les CDS (Credit Default Swap) sur la Grèce ne doit pas masquer son importance historique. Si la réaction des marchés financiers, lundi matin, devrait être plutôt sage, tant cette décision était attendue, il existe pourtant un risque infime que la machine se grippe et s’enraye.

    Pour bien le comprendre, il faut savoir que l’utilisation des CDS sur la Grèce a été pendant plusieurs mois fermement combattue par tous les pays européens et les principaux acteurs de marché. Pourquoi? Parce que le dernier déclenchement massif de CDS à l’échelle de la planète reste comme un très mauvais souvenir pour les marchés: il s’agissait, en septembre 2008 de rembourser les créanciers de Lehman Brothers qui venait de faire faillite. «Nous ignorions, alors, que cette banque d’affaire était le mur porteur du marché mondial des CDS et lorsqu’il s’est effondré la réaction en chaîne a été terrible», se rappelle Frédéric Gonand, qui était à cette époque chef économiste de Christine Lagarde, la ministre des finances française. Plus de 400 milliards de CDS sur les obligations émises par Lehman Brothers étaient en effet dispersées dans toutes les grandes banques internationales et le déclenchement de ces instruments de couverture de risque a généré une panique sur les marchés qui ignoraient quelles banques étaient les plus touchées. Cette panique apparait d’autant plus dérisoire qu’en net, le vrai montant des CDS sur Lehman Brothers était d’à peine 7 milliards. Mais on ne l’a su que beaucoup plus tard.
    Panique

    Comment expliquer cette différence entre les montants bruts et nets? En jargon financier, cela s’appelle du netting. Imaginons qu’un investisseur X achète une obligation de Lehman Brothers et qu’il se couvre contre un défaut de cette banque en achetant un CDS à une autre banque Y. Si Lehman Brothers fait faillite, l’investisseur X perd toutes les obligations qu’il détient mais il actionne son assurance CDS qui lui en rembourse un certain pourcentage. Au final, donc, la perte est très limitée, équivalente à une sorte de franchise d’assurance. Toutes les banques bien gérées assurent ce netting de façon à être toujours couvertes quasi intégralement contre les risques encourus.

    En théorie, c’est la banque Y – celle qui a vendu le CDS à l’investisseur X – qui devrait supporter les pertes liées à la faillite de Lehman Brothers. Sauf que cette banque Y s’est elle aussi réassurée en achetant des CDS auprès d’une autre banque. En éparpillant ainsi les risques à l’échelle de la planète financière chaque établissement au final n’était censé perdre qu’une toute petite somme d’argent sur Lehman Brothers, équivalent à 7 milliards au total. La raison pour laquelle ce château de cartes n’a pas tenu le choc dans le cas de Lehman Brothers c’est que tout le monde ignorait que la somme nette des CDS sur la banque était de seulement 7 milliards. Une paille par rapport aux bénéfices des banques. Mais avant qu’on ne s’en rende compte, il était trop tard: la panique avait saisi tous les acteurs et l’ensemble des banques avaient été attaquées par craintes qu’elles ne fassent faillite à leur tour.
    Bruxelles plutôt favorable

    Dans le cas de la Grèce, les chiffres sont tout aussi impressionnants. On estime la valeur totale des CDS sur la Grèce entre 60 et 80 milliards d’euros, en brut. Une somme élevée. Mais en net, une fois que les couvertures mutuelles entre les investisseurs banques joueront, le coût total pour les banques et les assurances du déclenchement de ces produits sera inférieur à 3,2 milliards, selon l’ISDA. «Il nous a fallu plusieurs mois pour dresser la liste de qui détenait quoi comme CDS sur la Grèce», raconte un haut fonctionnaire européen. «Et nous en sommes venus à la conclusion que le risque était limité».

    C’est pourquoi Bruxelles, sans jamais le dire officiellement, a été plutôt favorable au déclenchement, vendredi soir des CDS Grecs. «Il faut que les investisseurs aient confiance dans ces produits d’assurance car s’ils n’avaient pas fonctionné sur la Grèce, des pays comme le Portugal auront du mal à l’avenir convaincre les créanciers de lui prêter de l’argent: ces derniers ne pouvant plus se couvrir contre leur risque ils refuseront d’en prendre», résume-t-on à Bruxelles.

    A priori, donc, pas de panique à attendre lundi matin. Sauf s’il s’avère que certaines banques sont plus exposées qu’elles ne l’ont dit aux CDS grecs. Il faudra quelques jours pour le savoir. Pas de panique à attendre, donc, mais une certaine nervosité devrait tout de même prévaloir le temps que ce mécanisme historique soit mis en place. ”

    Référence: http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/03/10/20002-20120310ARTFIG00318-grece-faut-il-craindre-le-declenchement-des-cds.php

    Que veut dire la phrase : “On estime la valeur totale des CDS sur la Grèce entre 60 et 80 milliards d’euros, en brut.” ? C’est quoi “en brut” ?

    Merci pour toute réponse, et profitez de ce superbe dimanche, même s’il est un peu venteux 🙂

    1. Cet article est clair, ce qui est rare, et il montre bien que notre Bécassine était parfaitement ignare en la matière quand elle était en France, comme tous ses collaborateurs, y compris notre histrion en perdition

  6. ce que j’ai compris c’est que des 400 milliards (dits bruts) sur Lehman, seuls 7 ont été réellement consommés payés et sont dits “nets”. parce que ces sommes sont ventilées entre des acteurs dans un cercle clos. Et ces banques ont été acheteuses et vendeuses.

    banque A a vendu des cds pour 3 milliards (à C) mais en a pris pour 4 millliards chez banque B
    banque B a vendu des cds pour 4 milliards (à A) mais en a pris pour 4.5 millliards chez banque C
    banque C a vendu des cds pour 4.5 milliards (à B) mais en a pris pour 3 millliards chez banque A

    Au final on a un volume total (dit brut) de 3+4+4.5 = 11.5 milliards

    mais si c’est activé :
    A paye 3 à C mais encaisse 4 de B : il gagne 1 milliard puisque 4 – 3 = 1
    B paye 4 à A mais encaisse 4.5 de C : il gagne 0.5 milliard 4.5 – 4 = 0.5
    C encaisse 3 de A mais paye 4.5 à B : il perd 1.5 milliard 3 – 4.5 = -1.5
    volume net = 1.5 milliard que C payera à A (1 milliard) et B (0.5 milliard)

    le volume final dit brut est de 1.5 milliard perdu par C au profit de A et de B

    les clients des banques françaises commencent à prier pour que les génies n’aient pas trop vendu…

  7. Je me demande ce que font les agences de notation, encore si agressives et dynamiques (si c n’est pas fébriles) jusqu’à ces dernières semaines. Standard & Poors en est restée, concernant la Grèce, à C ou au défaut sélectif (une connerie car cela ne vient rien dire), et Moody’s c’est pareil on est passé de Ca en C, si je ne m’abuse. L’ISDA, et j’ai fait partie des rares totos qui ne voyant rien venir dans la presse sur le net vendredi dernier, y compris chez Reuters (des gens assez nuls finalement et peu précis), ont interrogé toutes les demi heures à partir de 19h00, heure de Paris, le site de ce divin organisme, pour tomber finalement sur le compte rendu de la décision de leur Comité statuant sur l’actionnement des fameuses CAC (Cf article de M. Chevalier du 1.03.2012 -le deuxième- et les commentaires). En effet, que font elle, Bon Dieu? Car même si le défaut a été noyé comme un poisson par l’annonce du déblocage d’une nième tranche de plus de 30 milliards par la Troïka, l’ISDA a bien statué le 9.3.2012, sur l’ évènement de crédit et donc le défaut . En clair les agences de notation se sont, apparemment, fait avoir. Il aurait fallu en effet que dans la foulée du communiqué de l’ISDA elles abaissent la notation de la Grèce en la plaçant en D, quitte à réexaminer leur position dans les jours suivants au regard de l’accord sur la mise en œuvre effective du deuxième plan de renflouement de la Grèce. Ceci étant et de toute façon, comme chacun sait, rien n’est réglé sur le fond, puisque la Grèce – malgré l’abandon à la fois “volontaire” et forcé – aura encore une dette de plus de 400 milliards d’euros donc un ratio plus proche des 200% par rapport au PIB (tombé pas loin des 210 milliards d’euros) que des 120% annoncés. Tiens comparons la Grèce à l’Argentine, l’Argentine c’est un PIB de 400 milliards (dollars) pour une dette de 170 milliards et une balance commerciale excédentaire.

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