Grèce, village Potemkine

La Grèce est devenue un véritable village Potemkine : de tout ce que l’on voit, rien ne correspond à la réalité ! Tout est faux, factice, peinturluré.

Les détenteurs d’obligations grecques (banques, assureurs, fonds de pension) viennent d’accepter volontairement de perdre plus de 100 milliards d’euros en valeur faciale, plus de 200 milliards en valeur nette actualisée, ce qui constitue le nouveau record du monde des défauts de paiement.

Tout le monde est satisfait car la Grèce est sauvée ! Tout le monde le dit, dont Bar Oin-Oin successeur de notre Bécassine adorée qui a quand même compris que c’est pour le moment, c’est-à-dire pour un temps indéterminé qui peut être très court (quelques heures), ou plus ou moins long (des mois, des années même), mais à terme, l’échéance est inéluctable.

Le ministre des finances de la Grèce doit décider en milieu de journée d’activer ou non les clauses d’action collective en concertation avec ses homologues de la zone euro.

Les représentants des big banks too big to bail de l’ISDA vont eux-aussi prendre une décision en milieu de journée sur le défaut de paiement de la Grèce entrainant ou pas l’activation des CDS.


Dans tous les cas, rien de tout ce qui sera décidé ne correspondra à la réalité.

Un petit détail de la tragi-comédie grecque est intéressant : sur les 200 milliards d’euros de dettes publiques grecques concernées, 3,16 milliards de dollars seulement ont été couverts par des CDS selon le Depository Trust and Clearing Corporation (DTCC) ! … ce qui signifie que les investisseurs avertis n’ont pas assuré leurs engagements sur la dette grecque car ils savaient que les dés étaient pipés par les banksters qui siègent au comité ad hoc de l’ISDA.

Enfin, gardons une pensée émue pour les éminents stratégistes de Natixis qui étaient persuadés la semaine dernière que les obligations grecques allaient tendre vers leur valeur faciale.

Cliquer ici pour voir le document de l’ISDA annonçant la réunion de son comité sur les CDS de la Grèce.

2 réflexions sur “Grèce, village Potemkine”

  1. “Les credit default swaps (CDS), ces produits financiers permettant de s’assurer contre la faillite d’un emprunteur, devraient être déclenchés.

    Athènes a en effet décidé de faire jouer les “clauses d’actions collectives” (CAC) qui ont été intégrées de façon rétroactive dans les obligations hellènes de droit grec il y a une dizaine de jours. Ces clauses forceront, contre leur volonté, certains banquiers et autres assureurs à prendre leurs pertes sur les créances grecques qu’ils détiennent. Ce qui permettra de faire passer de 83,5 % à 95,7 % le taux de participation à la restructuration de la dette. Et mettra de fait fin au côté dit “volontaire” de la procédure.”

    Cette fois, oui, on va probablement voir le déclenchement des CDS. C’est en délibération… réponse encore aujourd’hui probablement.

  2. Non mais quand même ils ont abusé des infusions éléphant ces idiots de politiques.

    Un bon référendum en Grèce, un défaut de paiement.
    la BCE avançait les 200 milliards. l”euro se serait déprécie de 10 cts en 1 jour. (de 1.55 à 1.45)
    Et c’était terminé…
    Les grecs repartaient à 0 avec une nouvelle monnaie. Comme ils le font très souvent…
    Mais là, on a engraissé les spéculateurs à des pourcentages fabuleux, les grecs vont se faire voler leur or et la troika des génies de natixis raconte des crétineries à longueur de journée.

    La seule vraie bonne nouvelle est venue d’Olive Delamarche, rentré tout bronzé du ski, qui a trouvé un qualificatif très approprié pour la Troika et pour Draghi et Bernanke
    http://www.dailymotion.com/video/xp9of8_olivier-delamarche-bernanke-et-draghi-sont-a-mettre-en-prison-06-03-2012-bfm-business_news?start=6#from=embed

    Tout aurait dû être simple mais cela ne l’a pas été.
    Mais nos histrions en ont décidé autrement… le temps de transférer la dette du privé au public…
    Ceux qui ont pris les risques et les bénéfices ne prendront pas les pertes.
    Encore une fois nos histrions félons nous plantent des couteaux dans le dos et personne dans la presse n’en parle.
    Et les cons-citoyens préfèrent regarder koh-lanta et loft story.
    Les voir à la soupe populaire ne me fera ni chaud ni froid : ils avaient qu’à s’occuper un peu mieux des euro-cochons qui nous euro-dirigent.

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