Leverage des banques systémiques mondiales, 4° trimestre 2012, classement provisoire

Les grandes banques systémiques mondiales faisant partie de la liste des SIFIs (Systemically Important Financial Institutions) ont publié leurs résultats sauf Bank of China et Unicredit qui devraient a priori être peu différents de ceux des trimestres précédents pris en compte dans ce classement provisoire.

En comptabilisant correctement les capitaux propres à leur juste valeur de marché (les actifs tangibles), le leverage et son inverse le ratio Tier 1 d’origine montrent qu’à la fin de 2012 aucune de ces banques ne respecte les règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Tier 1 réel supérieur à 10 %,

Document 1 :

RankBanks 2012 Q4LiabilitiesTangible equityLeverageCore Tier 1
1Citigroup1 706,43158,2310,89,3
2Wells Fargo1 310,32112,64411,68,6
3Goldman Sachs874,58364,41713,67,4
4Morgan Stanley729,44652,92713,87,3
5Bank of America2 061,76148,21213,97,2
6State Street208,17914,40314,56,9
7Bank of China11 951,98791,70315,16,6
8Standard Chartered597,77538,74315,46,5
9JP Morgan Chase2 221,41137,73616,16,2
10BBVA Bilbao602,40935,451175,9
11HSBC2 547,15145,38917,55,7
12Unicredit Group918,28650,86618,15,5
13Bk New York Mellon341,70217,28819,85,1
14Mitsubishi UFJ FG213 91610 55520,34,9
15ING Bank1 114,2854,35720,54,9
16Royal Bk of Scotland1 257,1755,1322,84,4
17Banque Populaire CE1 101,2246,30523,84,2
18Santander1 219,6050,02824,384,1
19Sumitomo Mitsui FG137 2685 62324,414,1
20Nordea651,86525,55525,53,9
21BNP Paribas1 839,2468,054273,7
22UBS1 219,8039,43430,93,2
23Barclays PLC1 444,9645,35931,93,1
24Mizuho FG166 301,705 181,5032,13,1
25Credit Suisse896,94427,24332,93
26Société Générale1 214,0636,63633,13
27Deutsche Bank1 973,8038,251,71,9
28Crédit Agricole SA1 816,6225,74470,61,4

Sommes en milliards de monnaie nationale.

Seules Citigroup et Wells Fargo s’en rapprochent. Standard Chartered est la seule banque européenne qui arrive à s’immiscer indubitablement parmi les meilleures banques mondiales où se retrouvent presque toutes les grandes banques américaines,

Document 2 :

(cliquer sur les graphiques pour les agrandir)

En bleu, les big banks des Etats-Unis, en rouge les Gos banques françaises, en orange leurs consœurs helvètes, en vert clair les banques relevant de Bank Of England, en vert foncé les autres banques européennes, en jaune les banques… asiatiques.

Bank of China présente de bons ratios mais, comme pour les banques japonaises, il n’est pas certain que les résultats publiés donnent une image fidèle de la réalité car ces banques ne font pas état d’écarts d’acquisition alors qu’elles sont connues pour avoir investi d’une façon importante dans des entreprises dont les résultats ne sont pas toujours fiables.

Les résultats publiés par les autres banques sont a priori fiables malgré les réserves que l’on peut formuler pour certaines d’entre elles. A défaut de certitudes, ils donnent une image la plus fidèle possible de la réalité, ce qui est important et même indispensable pour connaitre les risques posés par ces banques.

Considérer que toutes les grandes banques publient des résultats non fiables par principe serait une grave erreur. Il en est de même des craintes infondées concernant les éléments hors bilan qui sont indispensables et sans incidences notables s’ils sont bien gérés.

Crédit Agricole et Deutsche Bank sont de loin les pires élèves de la classe bancaire mondiale,

Document 3 :

Le leverage moyen de ces 28 banques est de 23,8 (15,3 pour la première moitié) correspondant à un ratio Tier 1 réel de 5,0 % (6,6 % pour la première moitié) très loin des exigences de ce bon vieux Greenspan.

Seules Citigroup et Wells Fargo respectent donc d’une façon acceptable les règles prudentielles d’endettement. Les banques européennes et asiatiques présentent des risques encore trop élevés, ce qui est dangereux en cas de retour de grandes turbulences, et toujours possible avec la crise provoquée par le maintien de l’euro.

Tout est simple.

Cliquer ici pour voir le classement précédent (avant cette correction) fin 2012 des SIMIs.
Pour chacune de ces banques, voir l’article présentant la justification de ces données.

9 réflexions sur “Leverage des banques systémiques mondiales, 4° trimestre 2012, classement provisoire”

  1. Cette histoire d’écarts d’acquisition au Japon et en Chine me laisse vraiment perplexe… comme vous le dites, « les résultats sont fiables a priori ».
    Vous insistez assez pour dire que le hors-bilan est peu significatif, j’ai le sentiment que le problème des écarts d’acquisition que vous avez soulevé ces dernières semaines soient le dernier écran de fumée pour masquer la réalité de certaines situations…

    Question sémantique : pourquoi le terme francophone « survaleur », très clair, (mais à connotation négative), a disparu au profit du joli mot « goodwill » ?
    Là aussi, je me dis que si l’on se plonge dans le champs lexical financièr, on va nager en pleine novlangue !
    Quand mauvais devient « inbon »… quand la réalité dépasse les visions de Georges Orwell ! (cf : 1984 pour ceux qui n’ont pas lu le bouquin, je le recommande fortement !!!)

  2. Etant quelqu’un de discret et sans importance, il n’en demeure pas moins que je me déplace parfois dans quelque dîner ou cocktail en ville et alors vendredi dernier, je pose la question suivante à un de mes interlocuteurs (qui se vantait d’avoir été directeur de secteur ou je ne sais pas quoi d’approchant d’un groupe bancaire) :

    – Que penser du ratio tiers 1 et du niveau de leviétisation qui, selon Bâle III et Greenspan, ne devrait raisonnablement pas dépasser 10% ?

    Réponse :

    – Cher Monsieur, n’avez vous jamais entendu ce dicton bancaire : « les prêts font les dépôts ».

    Bon bah alors si c’est un soit disant banquier qui le dit… je vais me remettre à ce que j’avais arrêté : le crédit ! Pas de raison que les sous que j’ai laissées en France soit grignotées par la répression financière quand je vois des bons à rien doubler leur mise tous les 7 ou 8 ans sur de l’immo à Paris… Non mais !

    Qu’en pensent mes amis lecteurs de ce merveilleux site – merci encore Mr Chevallier – dont on se demande s’il n’est pas illusoire de continuer de prêcher dans le désert…

    1. @ Homer. Je vous rejoins à savoir soit on « marche » dans ce « machin », soit on s’en écarte. Le plus difficile est de s’en écarter en déjouant les pièges qu’il nous tend.
      C’est tout le Travail ici de JP, ainsi que de nombreux participants qui apportent réflexions et infos pertinentes, et matières à réflexion.
      Bien cordialement.

  3. La limite de ces analyses est que ne sont pris en compte que les capitaux propres et pas la qualité des actifs (des prêts accordés en face pour simplifier). Ainsi on a vu en Espagne que lorsque les prêts immobiliers ne sont plus remboursés les pertes qui se matérialisent font fondre les capitaux propres et le fameux ratio.

  4. @Valery Les actifs restent tangibles lorsqu’ils sont valorisés au marché, « price to market… »
    Mais vu que ce n’est pas le cas !! alors en effet cela rend le décompte des actifs et surtout de leur valeur difficile, mais on considère que les comptes sont « sincères et honnêtes » puisque même les CAC le voient ainsi de base 😀

  5. @ Valéry Moscou.
    Votre réflexion est intéressante !.
    Pour moi, et que pour moi, elle n’est valable que dans un « Monde » fiable.
    Ce « Monde » ? il a basculé ( une fois de plus ! = cf l’Histoire ! dans les Temps, et les Vies ! ) avec la crise des sub-primes ( pas bien joli ! ).
    Et depuis les sub-primes, on parle maintenant de « crise structurelle » !.

    La Vérité ?, même si elle n’est pas facile ni bonne à dire mais à avouer, ne rétablirait-elle pas la Confiance ?……..

    Moscou est-il votre nom de Famille ?…
    Bien à Vous.

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