29 janvier 2015 13

€-crise : ça y est et ça va faire mal !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, France, Monétarisme

Les Notes sont à la base de tous les marchés, surtout celles à 10 ans et à 2 ans.

Hier 28 janvier, les rendements des Notes à 10 ans ont continué à plonger dans la bande des 1,5 à 2,0 % et celles à 2 ans sont nettement revenues dans la bande inférieure à 0,5 % dans une structure identique à celle de l’€-crise de 2011-2013,

Document 1 :

En conséquence, l’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans est retombé sous la barre critique des 125 points de base caractéristique de l’accentuation d’une nouvelle €-crise,

Document 2 :

L’€-crise va avoir une conséquence positive : celle de ralentir la croissance aux Etats-Unis sans que les gens de la Fed aient besoin de relever leurs taux de base (et sans inflation), ce qui est idéal pour les Américains,

Document 3 :

Les rendements des mauvais bons des Trésors européens restent anormalement très bas, ce qui correspond à une gigantesque bulle obligataire, avec un écart croissant entre les rendements du Bund et ceux des très mauvais bons à 10 ans du Trésor français qui a atteint un point très haut,

Document 4 :

Il y a eu pire en 2011 et 2012 mais on n’en est pas loin du tout,

Document 5 :

Ça va péter !
Où ? Quand ? Comment ?
Il est difficile de le savoir car il y a plein de bombes partout. La Grèce est évidemment un gros domino qui risque d’entrainer les autres.

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28 janvier 2015 11

Dingues les Marioles de la BCE et de la BNS !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Suisse

Au cours de la semaine dernière (finissant le vendredi 23 janvier), des banques de la zone euro ont retiré 45 milliards d’euros qui étaient précédemment en dépôts à la BCE (rubrique 2 du passif) pour les placer manifestement en Suisse, avant ou (et) après la décision de la BNS prise le jeudi 15 janvier d’abandonner le cours plancher de 1,20 francs pour 1 euro,

Document 1 :

Une partie de cet argent est passée en Suisse avant la décision de la BNS et elle a été placée en bons du Trésor helvète, ce qui a fait plonger anormalement les rendements de ces bons à 10 ans trois jours avant ce 15 janvier

Document 2 :

… ce qui montre clairement qu’il y a bien eu d’une façon ou d’une autre des délits d’initiés !

Au cours de ces opérations, les gains de ces banksters auront été considérables : jusqu’à 20 % des sommes engagées, soit de l’ordre de milliards d’euros.

Le plus extraordinaire est que les Marioles de la BCE auront facilité cette affaire en prêtant généreusement près de 600 milliards d’euros aux banques à des taux proches de zéro (rubrique 5 de l’actif) :

Document 3 :

Cerise sur le gâteau : les Marioles de la BCE ont dû se faire prêter en catastrophe 45 milliards d’euros vendredi dernier pour boucler leur bilan grâce à 20 milliards généreusement apportés par de mystérieuses administrations publiques déjà surendettées (rubrique 5 du passif) et 26 milliards par des banques (tout aussi mystérieuses) hors de la zone euro (rubrique 6 du passif).

Madoff est vraiment un minable petit escroc par rapport aux Marioles de la BCE et de la BNS !

Les Marioles de la BCE jouent avec le feu avec les centaines de milliards d’euros : ils prêtent 600 milliards à des banques parce qu’aucune banque ne veut prêter d’argent à d’autres banques car tous les banksters n’ont pas confiance entre eux, évidemment (ils savent tous que leur situation est problématique), et ils espèrent que ces banksters auront la bonté de déposer en retour ces milliards à la BCE,

Document 4 :

Cette gigantesque arnaque qui joue sur les dates de valeur marche tant que l’écart entre les dépôts et les prêts n’est pas trop important mais rien ne va plus quand il dépasse certaines limites, ce qui est le cas en ce moment, comme au plus fort de la crise en 2009,

Document 5 :

On vit une époque formidable : les Marioles de la BCE jouent avec le feu avec les centaines de milliards d’euros, les banksters de connivence profitent de ces gigantesques arnaques pour gagner des dizaines de milliards en toute impunité. Personne ne voit rien. Personne ne réagit.

Le seul qui exprime ces gigantesques arnaques est poursuivi par les zautorités, ce qui prouve finalement que j’ai raison…

Complément : une erreur assez grossière de ma part a laissé passer une erreur d’interprétation mise en ligne précédemment. Cette version légèrement corrigée est la bonne.

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26 janvier 2015 8

Agrégats monétaires de la zone euro (novembre 2014)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Le manque de culture monétariste parmi les journaleux et les bonimenteurs que sont la plupart des intervenants sur les marchés est quand même étonnant mais il ne faut pas s’étonner que les bons spéculateurs toujours discrets profitent des erreurs des idiots inutiles qui deviennent alors miraculeusement utiles…

Ainsi par exemple, tous ces idiots sont persuadés que les Marioles de la BCE vont inonder le marché de plus de 1 000 milliards d’euros, ce qui va créer une abondance de liquidités alors que la BCE ne prêtera que l’argent que les banques déposeront en retour, ce qui est une opération qui n’aura aucune incidence sur la masse monétaire, mais cette manip a fait et fera baisser les rendements des mauvais bons des Trésors, donc de faire monter les prix des contrats, ce qui a pour conséquence de créer une gigantesque bulle obligataire qui ne fera qu’aggraver la situation dans la vieille Europe continentale.

Les données les plus pertinentes sont les agrégats M1, M2-M1 et M3-M2 à relativiser par rapport au PIB (en %) et par rapport aux Etats-Unis qui est la référence en la matière car l’argent y est resté sain sans création monétaire après l’éclatement (par le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke) de la bulle qui s’était développée en M3-M2.

Ainsi, il apparait clairement une augmentation totalement anormale de M1 (dans la zone euro) à partir de 1999 qui atteint maintenant 60 % du PIB,

Document 1 :

Avant la convergence des monnaies préludant à l’adoption de cette monnaie unique contre nature qu’est l’euro, la structure des agrégats était acceptable avec M1 qui représentait entre 25 et 30 % du PIB, dans une proportion proche de celle qui prévalait alors aux Etats-Unis.

Cependant, par la suite, M1 est tombé à 16 % (par rapport au PIB) aux Etats-Unis, ce qui montre qu’il n’y a pas eu de création monétaire pendant cette période dans ce pays, mais ce rapport a augmenté dans la zone euro pour se situer maintenant à ce niveau tout à fait hors normes de 60 %, ce qui est le résultat d’une création monétaire létale.

L’adoption de l’euro a laissé se développer sans sanction possible (ou sans frein naturel) une hypertrophie en M1. De l’argent non gagné a été distribué en masse : plus de 4 000 milliards d’euros se trouvent ainsi indûment dans les poches et sur les comptes courants des malheureux Euro-zonards

Document 2 :

… alors qu’ils auraient dû se trouver dans les trésoreries des entreprises, c’est à dire en M3-M2 qui ne représente plus que… 6,5 % du PIB !

Document 3 :

Il aurait fallu que cette situation évolue comme aux Etats-Unis, avec une baisse relative de M1 (qui aurait dû tendre vers 16 %) et une augmentation relative de M3-M2 (qui aurait dû dépasser les 30 %).

M3-M2 ne se monte qu’à 635 milliards d’euros, c’est-à-dire au même niveau qu’en 1996, ce qui est dramatiquement faible compte tenu de l’inflation (les chiffres sont évidemment en euros courants),

Document 4 :

Il y a eu une sorte de chassé-croisé entre M1 et M3-M2, les Euro-zonards s’étant indument accaparé l’argent qui aurait dû rester dans les comptes des entreprises,

Document 5 :

Dans ce document 5, les lignes en pointillés représentent l’évolution qui aurait dû être celle de M1 et de M3-M2 (par rapport au PIB), à l’image de ce qui en a été aux Etats-Unis qui sont la référence.

En fait, les salariés, les fonctionnaires et tous les parasites qui profitent des divers organismes étatiques ont confisqué globalement plus de 4 000 milliards d’euros qui auraient dû rester dans les comptes des entreprises qui sont de ce fait à l’agonie.

Pas de bénéfices, pas d’investissements, donc pas de croissance, c’est-à-dire pas de création de richesse ni de création d’emplois.
Tout est simple.

Une baisse de 1,5% de M2-M1 aurait dû se manifester par un bond prodigieux de la croissance car cela aurait signifié que les Euro-zonards diminuaient leur épargne pour augmenter leurs achats, ce qui aurait dû stimuler la croissance, or il n’en est rien : cette baisse de M2-M1 signifie que les malheureux Euro-zonards sont obligés de puiser dans leur épargne pour vivre,

Document 6 :

La situation dans la zone euro est donc maintenant totalement incontrôlable, irrécupérable à cause de l’hypertrophie de plus de 4 000 milliards d’euros en M1.
C’est tellement gros que personne ne la voit, à part une exception qui s’exprime…

Compte tenu du même type de déséquilibres dans la structure des agrégats, M3 évolue en France comme dans la zone euro.

Document 7 :

Enfin, il est vraiment étonnant que personne ne voit que ce ne sont pas les Marioles de la BCE qui sont les initiateurs de la création monétaire : c’est M1 qui augmente, indépendamment de la politique menée par la BCE, de 100 milliards d’euros en novembre, dernier chiffre publié à ce jour,

Document 8 :

Le QE des Marioles de la BCE n’est qu’un artifice qui n’aura aucune incidence sur la masse monétaire.

***

L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics. Le problème essentiel à résoudre pour refaire partir la croissance sur des bases saines, c’est-à-dire sur de l’argent sain, serait donc de faire éclater cette hypertrophie en M1 (et d’en supprimer les causes, c’est-à-dire de sortir en douleur de l’euro-système), ce qui permettrait donc de mettre fin à la distribution d’argent non gagné, ce qui est difficile à mettre en œuvre auprès du peuple de gauche qui en est le principal bénéficiaire.

Comment se fait-il que les malheureux Euro-zonards, aient pu tomber dans ce piège grossier tendu par les monétaristes américains qui auront ainsi gagné cette première guerre monétariste mondiale en affaiblissant considérablement et durablement leurs concurrents pour garder leur leadership sur le monde libre ?

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26 janvier 2015 4

Les Marioles de la BCE et la bulle obligataire

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Suisse

Les Marioles de la BCE auront non seulement contribué à laisser se développer une gigantesque hypertrophie monétaire en M1, mais encore, ils auront réussi à aggraver la situation dans la vieille Europe continentale en accentuant une gigantesque bulle obligataire en annonçant le rachat de mauvais bons des Trésors de la zone pour des centaines de milliards d’euros car cette décision fait certes plonger leurs rendements mais aussi grimper les prix des contrats ainsi considérablement surévalués !

Ainsi, vendredi 23 janvier, les taux européens à 10 ans ont encore battu leurs plus bas record, dont ceux de la Suisse,

Document 1 :

La courbe des taux helvètes est maintenant fortement négative jusqu’au 15 ans, seuls les 20 et 30 ans restant encore en territoire positif, ce qui signifie que les petits Suisses souffriront longtemps encore des errements des 300 millions de barbares ignares qui les cernent,

Document 2 :

Le Bund lui-même a été touché,

Document 3 tiré du Wall Street Journal :

Seuls les rendements des Notes restent à des niveaux acceptables compte tenu de la crise européenne qui aura de toute façon des incidences en Amérique,

Document 4 :

Les rendements des mauvais bons de ces cochons de pays du Club Med, y compris ceux de la France, baissent moins rapidement que ceux du Bund, ce qui fait remonter leur écart relatif qui est caractéristique du taux de dévaluation potentielle en cas de retour à un système de changes libres dans la zone euro,

Document 5 :

L’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans est tombé à 131 points de base

Document 6 :

… en concordance avec une accentuation de l’€-crise,

Document 7 :

Tout va bien. En ce lundi matin, c’est légèrement pire.
A suivre…

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22 janvier 2015 5

Agrégats monétaires français (novembre 2014)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique France, Monétarisme

Les gens de la Banque de France ne publiaient pas les données des agrégats monétaires (sans donner d’explications) contrairement à ce que faisaient la plupart des pays de la zone euro (ce qui montre leur ignorance totale en matière de monétarisme). Curieusement, ils le font depuis un certain temps et ils les mettent à jour presque normalement maintenant : les derniers chiffres ne sont plus publiés avec un mois de retard par rapport à ceux de la BCE !

Les données les plus pertinentes sont les agrégats M1, M2-M1 et M3-M2 par rapport au PIB (en %).

Elles font apparaitre clairement une augmentation totalement anormale de M1 par rapport au PIB à partir de 1998,

Document 1

Ainsi, avant la convergence des monnaies préludant à l’adoption de cette monnaie contre nature qu’est l’euro, la structure des agrégats était satisfaisante avec M1 qui représentait 20 à 22 % du PIB, comme aux Etats-Unis.

Cependant, par la suite, M1 est tombé à 16 % (par rapport au PIB) aux Etats-Unis, ce qui montre qu’il n’y a pas eu de création monétaire pendant cette période dans ce pays, mais ce rapport a augmenté en France pour se situer à 40 %, ce qui est le résultat d’une création monétaire létale.

L’adoption de l’euro a laissé se développer sans sanction possible (ou sans frein naturel) une hypertrophie en M1. De l’argent non gagné a été distribué en masse : plus de 500 milliards d’euros se trouvent ainsi indûment dans les poches et sur les comptes courants des Français…

Document 2 :

… alors qu’ils auraient dû se trouver dans les trésoreries des entreprises (en M3-M2),

Document 3 :

Il aurait fallu que cette situation évolue comme aux Etats-Unis, avec une baisse relative de M1 (qui aurait dû tendre vers 16 %) et une augmentation relative de M3-M2 (qui aurait dû dépasser les 30 %).

M3-M2 ne représente plus que 10 à 11 % du PIB alors que cet agrégat aurait dû en représenter le triple si on se réfère à la situation passée et à celle qui prévaut aux Etats-Unis,

Document 4 :

Dans ce document 5, les lignes en pointillés représentent l’évolution qui aurait dû être celle de M1 et de M3-M2 (par rapport au PIB), à l’image de ce qui en a été aux Etats-Unis qui sont la référence.

En fait, les salariés, les fonctionnaires et tous les parasites qui profitent des divers organismes étatiques se sont accaparé globalement plus de 500 milliards d’euros qui auraient dû rester dans les comptes des entreprises qui sont de ce fait à l’agonie.
Pas de bénéfices, pas d’investissements, donc pas de croissance, c’est-à-dire pas de création de richesse ni de création d’emplois.
Tout est simple.

***

L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics. Le problème essentiel à résoudre pour refaire partir la croissance sur des bases saines, c’est-à-dire sur de l’argent sain, serait donc de faire éclater cette hypertrophie en M1 (et d’en supprimer les causes, c’est-à-dire de sortir en douleur de l’euro-système), ce qui permettrait donc de mettre fin à la distribution d’argent non gagné, ce qui est difficile à mettre en œuvre auprès du peuple de gauche qui en est le principal bénéficiaire.

Comment se fait-il que les Français, comme les autres malheureux Euro-zonards, aient pu tomber dans ce piège grossier tendu par les monétaristes américains qui auront ainsi gagné cette première guerre monétariste mondiale en affaiblissant considérablement et durablement leurs concurrents pour garder leur leadership sur le monde libre ?

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22 janvier 2015 8

Suisse : grandeur et décadence

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Suisse

Les petits Suisses étaient les meilleurs élèves de la classe économique mondiale car ils sont très performants : les entreprises sont innovantes et bien gérées, et les dépenses publiques sont réduites à l’optimum.
Malheureusement, ils viennent d’être flingués par les dirigeants de la BNS, et plus particulièrement par son président Thomas Jordan, qui ont fait des erreurs monumentales, en particulier en voulant arrimer le franc à l’euro, avec un cours plancher qui est un avatar de serpent ou de tunnel de feu le système monétaire européen après l’éclatement du système de Bretton Woods.

Un petit rappel des fondamentaux : tout système de changes doit être libre, sinon un tel système fermé est amené à exploser à terme, comme cela a été le cas avec le système de Bretton Woods.

Thomas Jordan a avoué qu’il savait que ce cours-plancher n’était pas durablement tenable. Alors, pourquoi l’a-t-il instauré ?
Le coût de cette erreur historique est exorbitant (plus de 100 milliards de francs ?).

Les banques centrales ne doivent pas avoir pour fonction de gérer les parités monétaires, mais de surveiller leur système bancaire et de mener une politique monétaire assurant la croissance à son potentiel optimal avec une inflation contenue, avec pour instruments principaux les achats et ventes de bons du Trésor (la politique d’open market) et le maniement des taux de base.

Avec pour 500 milliards de francs en devises, principalement en euro (pour un PIB de 650 milliards !), les dirigeants de la BNS ont pris des risques considérables qui se sont révélés perdants.

Malgré ces erreurs kolossales, le franc suisse attire encore des capitaux car les 300 millions de barbares ignares qui les cernent font des erreurs encore plus importantes, surtout au même point, à savoir au niveau des dirigeants de la banque centrale : les Marioles de la BCE.

Alors, les capitaux euro-zonards se réfugient sur la place helvète, ce qui fait baisser les rendements des bons à 10 ans à des plus bas record inimaginables : - 0,151 % hier 21 janvier (- 0,174 % ce matin 22 janvier !),

Document 1 :

La pentification de la courbe des taux est dramatiquement basse en étant fortement négative jusqu’au 15 ans,

Document 2 :

A titre de comparaison, celle des Etats-Unis est positive sur toutes les échéances et très forte sur les échéances longues,

Document 3 :

Les crises dans la vieille Europe continentale font baisser les rendements des mauvais bons des Trésors à des niveaux bas totalement anormaux, ce qui correspond à une bulle obligataire gigantesque, alors que les rendements des Notes à 10 ans restent dans la bande des 3 %, sauf lorsque ces crises européennes s’intensifient,

Document 4 :

Enfin, il semble que les gens de la BNS cherchent encore actuellement à arrimer le franc à la parité de 1 par rapport à l’euro (sans y parvenir nettement) car une réévaluation supérieure à 15 % devrait engendrer des capitaux propres négatifs.

Là encore, Thomas Jordan avait manifesté dramatiquement son incompétence en soutenant que des banques centrales pouvaient avoir des capitaux propres négatifs, contrairement à ce qui est imposé aux banques ordinaires.
C’est encore là une erreur monumentale de sa part car, comme je l’ai déjà exposé, le système mondial des banques centrales est organisé comme les systèmes bancaires nationaux : toutes les banques centrales doivent avoir une position créditrice vis-à-vis de la banque centrale des banques centrales, à savoir la BRI.

C’est une condition sine qua non pour que la confiance puisse subsister dans un système bancaire.
Si cette condition n’est pas remplie, tout le système bancaire peut s’écrouler.

En cas de capitaux propres négatifs, la BNS devrait être recapitalisée d’urgence par ses actionnaires, à savoir les cantons, ou en fait par l’Etat (la Confédération) qui est le seul à pouvoir réagir rapidement.
Ce serait alors une très grosse claque pour le système bancaire helvète, et pour les petits Suisses.

Il est difficile pour toute personne sensée de comprendre que de telles erreurs aient pu être commises dans ce pays qui était tellement vertueux…
Le Tigre celtique a été flingué par 2 ou 3 banksters sans réaction de la part de la banque centrale. La Suisse est victime de 2 ou 3 banquiers centraux incompétents.

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21 janvier 2015 15

Gigantesque bulle obligataire

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme, Suisse

Une gigantesque bulle obligataire s’est développée dans la vieille Europe continentale surtout depuis le début de l’année 2014…

En effet, si les rendements des bons à 10 ans des Trésors de référence ont plongé, inversement, les prix des contrats ont bondi à des niveaux jamais atteints car des investisseurs (surtout des banques) considèrent comme certain que les Marioles de la BCE les leur rachèteront à des prix plus élevés.

Normalement, les rendements de ces bons devraient fluctuer dans les 3 % (dans une bande entre 3,0 % et 4,0 %) compte tenu d’une inflation de 1 % (idéalement entre 1,0 et 1,5 % hors produits volatils d’alimentation et d’énergie) et d’une rémunération réelle de l’ordre de 2 % en concordance avec des gains supérieurs pour les placements en actions.

La politique monétaire menée par la Fed, consistant à racheter pour 4 000 milliards de dollars de titres (surtout des bons du Trésor) est tout à fait légitime dans le cadre d’un monétarisme bien adapté aux circonstances compte tenu du fait que la Fed bénéficie de dépôts de l’ordre de 3 000 milliards de dollars d’argent sain gagné par les Américains, ce qui n’est pas le cas de la BCE qui ne dispose pas de telles réserves et qui est même obligée de prêter encore 5 à 600 milliards d’euros à des banques pour éviter qu’elles tombent en faillite en chaine.

Pire : en l’absence de précisions, les Marioles de la BCE devraient financer les achats annoncés de bons de Trésors euro-zonards pour 5 à 600 milliards d’euros par un effet de cavalerie.
En effet, tout se passe comme s’ils disaient à des crémiers : nous allons vous acheter des centaines de tonnes de beurre à tout prix à condition que vous déposiez votre argent dans notre banque, les Marioles profitant alors de leur situation pour payer leur beurre en créditant les comptes de leurs clients en jouant sur les dates de valeur, donc sans les payer réellement ni avoir emprunté pour cela. Tout est nickel au bilan.

Les Marioles de la BCE ont donc le beurre et l’argent du beurre. Tout va bien dans cette sorte de système de Ponzi tant que tous les crémiers ne réclament pas leur argent et tant que la BCE achètera ces mauvais bons, mais un jour, inéluctablement, la manip ne marchera plus et tout le système s’effondrera alors.
En effet, à partir d’un certain moment, les prix de ces contrats baisseront, leurs derniers titulaires supportant alors des pertes allant croissant par la suite.

Avec une hypertrophie monétaire en M1, une bulle obligataire, des banques sous capitalisées, des Etats surendettés, un chômage très élevé, une croissance zéro, tout peut se produire dans la vieille Europe à tout moment.
L’autodestruction des Européens dans un socialisme larvé et laxiste est quand même étonnante alors que la réussite du monétarisme aux Etats-Unis montrait des solutions simples et efficaces.

***

Il est quand même étonnant que tant de gens soient persuadés que les Marioles de la BCE vont faire repartir la croissance dans la zone euro avec leur QE (en inondant les marchés de liquidités !), et surtout que personne ne s’interroge sur les moyens de financer ces achats annoncés pour 5 à 600 milliards d’euros !
***

Par ailleurs, il est également étonnant que le premier maillon (de cette chaine diabolique) qui ait sauté soit celui de l’arrimage du franc suisse à l’euro en s’accompagnant de rendements négatifs pour le 10 ans plusieurs jours plus tard encore avec des plus bas record (- 0,112 % aujourd’hui 21 janvier).
***

Les principaux concurrents des Américains, à savoir les Européens et les Japonais auront été durablement handicapés par une hypertrophie monétaire, conséquence de leur manque de culture monétariste.
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Complément : d’après Bloomberg, le Mariole envisage un QE à… 1 100 milliards d’euros !

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20 janvier 2015 16

Monétarisme : US QE / Marioles de la BCE

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Un petit retour aux principes de base du monétarisme s’impose…
Il est regrettable que Milton Friedman ne soit plus parmi nous pour expliquer ce qui se passe dans le monde à partir du monétarisme.

Il répèterait certainement ce qu’il a dit lors de sa dernière intervention dans le Wall Street Journal, à savoir que le meilleur moyen d’intervention des banques centrales est l’open market (Open Market Operations, OMOs), c’est à dire l’achat ou la vente de bons du Trésor national sur le marché secondaire.

Cependant, il n’imaginait pas que ces opérations puissent porter sur plus de 4 000 milliards de dollars comme c’est le cas depuis quelque temps aux Etats-Unis !

Document 1 :

De tels montants sont possibles dans la mesure où la Fed dispose de 3 000 milliards de dollars de dépôts (ou réserves) et de 1 000 milliards en billets émis,

Document 2 :

Dans ces opérations, la Fed ne fait que faire circuler l’argent (qui est déposé par les banques) qui est de l’argent gagné déposé par d’autres entreprises qui ont des disponibilités considérables.
Ainsi par exemple, l’une des entreprises les plus emblématiques des Etats-Unis, General Electric, a plus de 90 milliards de dollars de disponibilités (cash) qui alimentent finalement pour une très petite partie ces 3 000 milliards de réserves de la Fed.

La Fed ne fait que faire circuler l’argent sinon ces 4 000 milliards de dollars auraient été stérilisés, ce qui aurait été notablement déflationniste.

Ces opérations d’open market sont donc à la base de circulation monétaire. Il ne s’agit donc pas de création monétaire. La planche à billets ne fonctionne pas en de telles circonstances.
L’argent gagné reste sain aux Etats-Unis du moins, ce qui est le premier pilier des Reaganomics comme je l’ai écrit maintes fois.

Par opposition, la situation est tout à fait différente dans la zone euro car les banques ne déposent pas d’argent en masse à la BCE.

C’est même le contraire qui se produit : les banques empruntent plus de 500 milliards d’euros à la BCE car elles n’ont pas assez de disponibilités pour faire face à leurs besoins, ne pouvant pas compter sur les disponibilités des autres banques ayant une position créditrice (le marché interbancaire est bloqué car la confiance ne règne pas dans ce système où les banques sont trop endettées) et elles ne peuvent pas disposer non plus de dépôts de la part de leurs (gros) clients, surtout les entreprises dont les trésoreries sont exsangues,

Document 3 :

Comme le marché interbancaire est bloqué, les banques sont obligées de déposer leurs disponibilités en retour auprès de la BCE, mais pour moins de 300 milliards d’euros ! … la BCE n’équilibrant son bilan que grâce à 1 000 milliards en billets,

Document 4 :

Dans ces conditions, c’est-à-dire dans la mesure où la BCE ne dispose pas de réserves ni de dépôts, comment pourrait-elle acheter de mauvais bons de Trésors pour plus de 500 milliards d’euros ?

A ma connaissance, personne n’a répondu à cette question dans le monde de Bisounours euro-zonard.
En fait, les Marioles de la BCE vont certainement acheter ces mauvais bons de Trésors en recourant au tour de passe-passe par lequel ils ont déjà acquis pour près de 600 milliards d’euros de titres dits sécurisés.

La manip est la suivante : la BCE achète ces titres sans les payer dans un premier temps, les comptabilise dans ses comptes, puis, joue sur les dates de valeur en comptabilisant l’argent reçu par les banques qui déposent en retour à la BCE l’argent reçu de ces transactions !
C’est de la pure cavalerie, mais ça marche, pour l’instant du moins.

De toute façon, ces opérations d’open market que pourrait faire la BCE ne vont pas faire circuler de l’argent et elles n’auront aucune incidence positive sur la croissance.
Pire, en faisant baisser artificiellement les rendements des mauvais bons des Trésors euro-zonards, cette politique ne fait qu’accentuer les difficultés des banques qui peuvent difficilement gagner de l’argent en prêtant avec des taux anormalement très bas.

La vieille Europe continentale est profondément plombée pour longtemps par cette monnaie unique contre nature qu’est l’euro.

Cliquer ici pour lire une page de la Fed consacrée aux opérations d’open market.
Cliquer ici pour lire mon article précédent sur ce même thème.

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19 janvier 2015 8

Le 10 ans helvète négatif : incroyable mais vrai ! (suite)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Suisse

Incroyable mais vrai : les rendements des bons bons à 10 ans du Trésor helvète sont retombés en territoire négatif en fin de séance ce lundi 19 janvier 2015 à un plus bas record à – 0,080 %

Document 1 :

… entrainant avec eux des plus bas historiques du Bund

Document 2 :

Des rendements de bons à 10 ans de Trésors de référence négatifs, c’était inimaginable car, depuis l’après-guerre, ceux des Notes à 10 ans (seule série longue disponible pour ces taux) n’ont été inférieurs à 3 % que lors de ces dernières années !

Document 3 :

L’anomalie que j’avais relevée, à savoir un rendement du 10 ans helvète encore positif est donc corrigée : la courbe des taux est maintenant négative jusqu’au… 15 ans, ce qui est particulièrement grave après l’abandon de l’arrimage du franc suisse à l’euro par la BNS. Le pire est donc à venir.

Document 4 :

Pour l’instant, tout va bien : le successeur de notre histrion a annoncé que les Marioles de la BCE allaient nous sauver en rachetant nos mauvais bons.

Document 5 :

A suivre…

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19 janvier 2015 12

Le 10 ans helvète négatif : incroyable mais vrai !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, France, Suisse

Incroyable mais vrai : les rendements des bons bons à 10 ans du Trésor helvète sont tombés en territoire négatif en séance vendredi 16 janvier à – 0,031 % (d’après les dépêches dont celle de l’AFP), entrainant avec eux des plus bas historiques du Bund et de leur homologue français

Document 1 :

les rendements des Notes remontant un peu grâce aux bons fondamentaux américains,

Document 2 :

En conséquence, l’écart entre les rendements des mauvais bons de la zone euro et ceux des petits Suisses a bondi à un sommet stratosphérique inimaginable !

Document 3 :

Le brusque changement d’échelle de ce sismographe signifie que les plus grandes turbulences sont attendues dans la zone euro par les investisseurs avisés qui voient juste dans l’avenir, c’est-à-dire les bons spéculateurs, d’autant plus que la baisse du 10 ans helvète s’est produite le lendemain de l’abandon de l’arrimage du franc suisse à l’euro par la BNS. Le pire est donc à venir.

L’€ffondrement attendu devrait provoquer un ralentissement salutaire de la croissance aux Etats-Unis qui devrait rester proche de son potentiel optimal sans inflation, sans que les gens de la Fed soient obligés de relever leur taux de base, ce qui aurait initié un nouveau cycle dommageable,

Document 4 :

L’aplatissement de la courbe des taux helvètes négatifs presque jusqu’au 10 ans signifie que les petits Suisses vont subir durablement les conséquences de la politique monétaire catastrophique menée par la BNS et par le fait qu’il est difficile de survivre à partir du moment où ils sont cernés par 300 millions de barbares ignares,

Document 5 :

Pour l’instant, tout va bien : le successeur de notre histrion ignare remonte considérablement dans les sondages.

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