31 mars 2015 2

La valse des centaines de milliards des Marioles de la BCE

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes

La valse des centaines de milliards d’euros des Marioles de la BCE continue…

Comme je l’ai déjà écrit la semaine dernière, la publication du dernier bilan de la BCE confirme parfaitement mes analyses antérieures : les Marioles de la BCE financent leurs achats de bons de Trésors et de titres (dans le cadre de leur fameux QE) par un tour de passe-passe, en fait de la pure cavalerie

En effet, les 19,199 milliards d’euros d’achats de titres dans le cadre du QE dont 18,177 milliards d’achats de Titres du secteur public de la semaine dernière (enregistrés dans la rubrique 7,1 de l’actif) et surtout les 72,691 milliards de prêts aux banques ! sont logiquement financés par

Document 1

une augmentation des dépôts de 81,387 milliards d’euros des banques à la BCE ! rubrique 2 du passif et une augmentation de 14,164 de prêts émanant d’anonymes et mystérieuses administrations publiques déjà surendettées, les variations des autres rubriques étant marginales (les banques grecques ont moins emprunté !),

Document 2 :

Dans le passé, les Marioles de la BCE ont eu fait pire en faisant valser des centaines de milliards d’euros d’une semaine à l’autre en jouant dangereusement sur les prêts qu’ils accordent généreusement aux banques…

Document 3 :

… qui déposent en retour cet argent à la BCE,

Document 4 :

Comme je l’ai déjà écrit, les Marioles de la BCE jouent sur les dates (ou plutôt les heures) de valeur en payant les titres qu’ils achètent aux banques avec l’argent que ces banques replacent en retour à la BCE.

Le marché interbancaire étant bloqué (parce que les banksters n’ont pas confiance entre eux), comme les banques ont encore besoin de beaucoup de disponibilités, elles ne redéposent pas toutes l’argent qu’elles reçoivent de la BCE, si bien que ce sont ces mystérieuses et anonymes administrations publiques qui sont obligées de prêter de l’argent aux Marioles de la BCE pour boucler en catastrophe leur bilan chaque vendredi soir.

A titre de comparaison, la Fed disposait de réserves se montant à plus de 2 800 milliards de dollars pour acheter des titres dans le cadre de sa politique monétaire dite QE !

Ainsi, les 1 100 milliards de QE des Marioles de la BCE ne feront que circuler entre les banques et la BCE sans passer par ce qu’on appelle l’économie réelle, c’est-à-dire sans financer les entreprises ni les particuliers.

Ce QE n’aura que pour effet direct de faire baisser les rendements des bons des Trésors, ce qui accentuera les difficultés des banques (qui ne peuvent pas répercuter de marges normales avec des taux trop bas), des entreprises et des particuliers du fait de l’aplatissement de la courbe des taux.

La valse des centaines de milliards d’euros des Marioles de la BCE a pu continuer sans dommages graves jusqu’à présent mais cette cavalerie ne continuera pas indéfiniment car elle fera apparaitre un gros trou (de l’ordre de 300 milliards ?) lorsqu’il faudra comptabiliser les pertes sur les titres de ces cochons de pays du Club Med, dont ceux de la Grèce qui seront les premiers dominos à tomber dans un avenir proche.
Les 400 milliards d’euros de capitaux propres de la BCE seront alors à peine suffisants pour éviter le naufrage.

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31 mars 2015 5

BNS : en mode survie !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Suisse

Le triumvirat qui règne à la BNS survit en ayant réussi à augmenter le montant des capitaux propres de 9,6 milliards de francs en février après une perte historique de plus de 50 milliards en janvier !

Document 1 :

Le coup de pied dans la fourmilière asséné par le bombardier furtif B2, Ben Bernanke, en 2008 a complètement déstabilisé la BNS qui, auparavant, finançait ses actifs essentiellement avec ses capitaux propres alors qu’elle le fait maintenant aux deux tiers par les dépôts bancaires, c’est-à-dire surtout par des capitaux euro-zonards imprudemment et provisoirement réfugiés en Helvétie,

Document 2 :

La montée des tensions par paliers (ou crises) se voit clairement sur l’évolution des montants des comptes de virement des banques en Suisse, en attendant la prochaine, peut-être fatale,

Document 3 :

Ces capitaux se retrouvent essentiellement et imprudemment placés en devises (et non plus en or rassurant)…

Document 4 :

à 91 %

Document 5 :

… ce qui est d’autant plus inquiétant qu’ils le sont à 46 % en euro (fin décembre) dont la valeur baisse dangereusement par rapport au franc et au dollar !

Document 6 :

Les derniers chiffres publiés dans ce dernier document ne concernent que les devises détenues fin décembre.

Le pire est à venir.
Pour l’instant, tout va bien.

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30 mars 2015 3

Agrégats monétaires de la zone euro (février 2015)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Monétarisme

Les données les plus pertinentes sont les agrégats M1, M2-M1 et M3-M2 à relativiser par rapport au PIB (en %) et par rapport aux Etats-Unis qui sont la référence en la matière car l’argent y est resté sain, sans création monétaire, après l’éclatement (par le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke) de la bulle qui s’était développée en M3-M2.

Ainsi, il apparait clairement une augmentation totalement anormale de M1 (dans la zone euro) à partir de 1999 qui atteint maintenant 60 % du PIB (données actualisées),

Document 1 :

Avant la convergence des monnaies préludant à l’adoption de cette monnaie unique contre nature qu’est l’euro, la structure des agrégats était acceptable avec M1 qui représentait entre 25 et 30 % du PIB, dans une proportion proche de celle qui prévalait alors aux Etats-Unis.

Cependant, par la suite, M1 est tombé à 16 % (par rapport au PIB) aux Etats-Unis, ce qui montre qu’il n’y a pas eu de création monétaire pendant cette période dans ce pays, mais ce rapport a augmenté dans la zone euro pour se situer maintenant à ce niveau tout à fait hors normes de 60 %, ce qui est le résultat d’une création monétaire létale.

L’adoption de l’euro a laissé se développer sans sanction possible (ou sans frein naturel) une hypertrophie en M1. De l’argent non gagné a été distribué en masse : plus de 4 500 milliards d’euros se trouvent ainsi indûment dans les poches et sur les comptes courants des malheureux provisoirement heureux Euro-zonards !

Document 2 :

La distribution d’argent non gagné (en M1) augmente considérablement et très dangereusement depuis 4 mois : + 57 milliards d’euros lors de ce dernier mois !

Document 3 :

Le manque de culture monétariste de base est quand même étonnant : à ma connaissance, personne ne relève cette augmentation considérable de M1 depuis ces derniers mois (c’est là que se trouve la véritable création monétaire) alors que tout le monde est persuadé que la BCE va inonder les marchés de liquidités avec sa nouvelle politique monétaire dite de QE, ce qui ne fera que faire circuler de l’argent qu’entre la BCE et les banques, sans création monétaire mais en faisant uniquement baisser les taux de base.

Les Euro-zonards accumulent de l’argent non gagné au détriment de la trésorerie des entreprises, c’est à dire de M3-M2 qui ne représente plus que… 6,8 % du PIB !

Document 4 :

Il aurait fallu que ces agrégats évoluent comme aux Etats-Unis, avec une baisse relative de M1 (qui aurait dû tendre vers 16 %) et une augmentation relative de M3-M2 (qui aurait dû dépasser les 30 % du PIB).

M3-M2 ne se monte qu’à 685 milliards d’euros, c’est-à-dire à un niveau à peine supérieur à ce qu’il était en 1996, ce qui est dramatiquement faible compte tenu de l’inflation (les chiffres sont évidemment en euros courants),

Document 5 :

Il y a eu une sorte de chassé-croisé entre M1 et M3-M2, les Euro-zonards s’étant indument accaparé l’argent qui aurait dû rester dans les comptes des entreprises,

Document 6 :

Dans ce document 5, les lignes en pointillés représentent l’évolution qui aurait dû être celle de M1 et de M3-M2 (par rapport au PIB), à l’image de ce qui en a été aux Etats-Unis qui sont la référence.

En fait, les salariés, les fonctionnaires et tous les parasites qui profitent des divers organismes étatiques ont confisqué globalement plus de 4 500 milliards d’euros qui auraient dû rester dans les comptes des entreprises qui sont de ce fait à l’agonie.

Pas de bénéfices, donc pas d’investissements, donc pas de demande ni d’offre de crédits, donc pas de croissance, c’est-à-dire pas de création de richesse ni de création d’emplois.
Tout est simple.

Une baisse de 3,6 % de M2-M1 (d’une année sur l’autre) aurait dû se manifester par un bond prodigieux de la croissance car cela aurait signifié que les Euro-zonards diminuaient leur épargne pour augmenter leurs achats, ce qui aurait dû stimuler la croissance, or il n’en est rien : cette baisse de M2-M1 signifie que les malheureux Euro-zonards sont obligés de puiser dans leur épargne pour vivre,

Document 7 :

La situation dans la zone euro est donc maintenant totalement incontrôlable, irrécupérable à cause de l’hypertrophie de plus de 4 500 milliards d’euros en M1.
C’est tellement gros que personne ne la voit, à part une exception qui s’exprime…

Ces déséquilibres dans la structure des agrégats de la zone euro conduisent à une augmentation non significative de M3,

Document 8 :

Comme je l’ai déjà écrit, Il est vraiment étonnant que personne ne voit que ce ne sont pas les Marioles de la BCE qui sont les initiateurs de la création monétaire : c’est M1 qui augmente, indépendamment de la politique menée par la BCE, de 57 milliards d’euros sur ce dernier mois, autant que le fameux QE des Marioles de la BCE qui n’est qu’un artifice qui n’aura aucune incidence sur la masse monétaire ni sur la croissance.

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26 mars 2015 21

PIB : privé / public

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique France

Le PIB est censé donner une image fidèle de l’enrichissement d’une nation.
C’est la somme des valeurs ajoutées des entreprises, donc du secteur privé, à laquelle il faut ajouter la valeur qu’est censée ajouter… le secteur public !

La richesse apportée par les entreprises se mesure facilement, ce qui n’est pas le cas pour le secteur public, car plus les dépenses publiques augmentent, plus le PIB augmente ! … ce qui ne fait pas nécessairement augmenter la richesse de la nation, bien au contraire car les impôts diminuent la richesse des contribuables.

Ainsi par exemple, une radio privée peut avoir une très grande audience (la rendant rentable grâce aux publicités), en fonctionnant avec une seule personne présentant ses émissions et un seul technicien alors que les émissions Radio France peuvent avoir une faible audience en fonctionnant avec des effectifs pléthoriques dont les coûts sont couverts par une taxe qui diminue le pouvoir d’achat de ceux qui ne les écoutent pas.

Markit Economics est une société d’information et de services financiers qui étudie entre autres les évolutions du secteur privé dans un grand nombre de pays et qui publie en particulier un indice de l’industrie manufacturière qui est un excellent indicateur avancé de l’activité du secteur privé qu’il faut distinguer du secteur public.

Dans ses communiqués pour la France, Markit fait apparaitre l’évolution du PIB pour le seul secteur privé qui est sensiblement différent de celui du PIB total publié par l’Insee à cause de l’importance du secteur public en France,

Document 1 :

En effet, ce concept du PIB du secteur privé est très intéressant car c’est de lui que dépend en réalité l’enrichissement de la France, et non du secteur public ! … qui ne crée pas nécessairement des richesses mais surtout des zemplois bidon pour satisfaire les hommes politiques au pouvoir et leurs affidés.
En d’autres termes, une baisse des dépenses publiques, donc du PIB, doit correspondre à une augmentation de la richesse de la nation.

Ainsi, la croissance affichée triomphalement par l’Insee de + 0,3 % pour le 4° trimestre 2014 par rapport au précédent en taux annualisé correspond en fait à une baisse du PIB du secteur privé de – 0,2 % !

Document 2 :

Il en est de même pour les variations d’une année sur l’autre : + 0,2 % pour le PIB total et une baisse de – 0,14% pour le seul PIB du secteur privé d’après les données de l’Insee,

Document 3 :

Le dernier indice publié par Markit confirme la tendance à la baisse du PIB du secteur privé,

Document 4 :

Le PIB du secteur privé est obtenu, d’après les données de l’Insee, en retranchant du PIB total les dépenses des Zadministrations publiques (en consommation et en investissements).

Je remercie un de mes lecteurs réfugié au Canada qui m’a donné la bonne idée de creuser un peu ce point, ainsi que Jack Kennedy, Senior Economist de Markit Economics qui m’a donné les bonnes indications pour définir ce PIB du secteur privé.

Cliquer ici pour lire les communiqués de Markit.

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25 mars 2015 18

M1 pour les nuls : l’exemple de Radio France

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique France, Monétarisme

Encore un exemple concret pour que les nuls puissent commencer à comprendre comment peut se développer une hypertrophie dans l’agrégat monétaire M1 et ce qu’est de l’argent non gagné

De l’argent a priori sain et gagné est extorqué aux contribuables sous la forme d’une taxe de l’audiovisuel : 600 millions d’euros par an pour Radio France.

C’est de l’épargne forcée qui devrait financer logiquement des investissements productifs et donc se retrouver finalement dans la trésorerie d’entreprises c’est-à-dire dans l’agrégat monétaire M3-M2.

Or, cet argent est en grande partie distribué à 4 300 collaborateurs sous la forme de rémunérations, c’est-à-dire en M1.

Ainsi prospèrent des milliers de collaborateurs qui véhiculent en toute quiétude la pensée unique.
Personne n’a payé le juste prix pour bénéficier de leurs services. Ces 600 millions d’euros par an sont de l’argent non gagné.

C’est un exemple parmi un grand nombre d’autres qui contribue à créer une bulle en M1 de l’ordre de 550 milliards d’euros en France, plus du quart du PIB annuel, 4 500 milliards dans la zone euro.

Pour y remédier, il aurait fallu supprimer Radio France depuis longtemps et laisser faire les marchés, sans radio publique.
Seule la suppression de 200 à 300 emplois est envisagée dans les années à venir.

La vieille Europe continentale est durablement plombée par l’hypertrophie monétaire qui est tellement importante que personne ne la voit !

Cerise sur le gâteau : la grève de Radio France fait le bonheur de tout le monde en diffusant enfin de la bonne musique sans la propagande de la nomenklatura audiovisuelle.

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24 mars 2015 10

La cavalerie des Marioles de la BCE et leur QE bidon (suite)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Europe

Comme je l’ai déjà écrit la semaine dernière, la publication du dernier bilan de la BCE confirme parfaitement mes analyses antérieures : les Marioles de la BCE financent leurs achats de bons de Trésors et de titres (dans le cadre de leur fameux QE) par un tour de passe-passe, en fait de la pure cavalerie

En effet, les 19,4 milliards d’euros d’achats de titres dans le cadre du QE dont 16,6 milliards d’achats de Titres du secteur public de la semaine dernière (enregistrés dans la rubrique 7,1 de l’actif) sont logiquement financés par

Document 1

une augmentation des dépôts de 7,3 milliards d’euros des banques à la BCE, rubrique 2 du passif et une augmentation de 16,6 de prêts émanant d’anonymes et mystérieuses administrations publiques déjà surendettées, les variations des autres rubriques étant marginales (les banques grecques ont moins emprunté !)…

Document 2 :

… comme cela est expliqué dans le communiqué de la BCE,

Document 3 :

Comme je l’ai déjà écrit, les Marioles de la BCE jouent sur les dates (ou plutôt les heures) de valeur en payant les titres qu’ils achètent aux banques avec l’argent que ces banques replacent en retour à la BCE.

Comme les banques ont encore besoin de beaucoup d’argent, elles ne redéposent pas toutes l’argent qu’elles reçoivent de la BCE, si bien que ce sont ces administrations qui sont obligées de prêter de l’argent aux Marioles de la BCE pour boucler en catastrophe leur bilan vendredi dernier.

A titre de comparaison, la Fed disposait de réserves se montant à plus de 2 800 milliards de dollars pour acheter des titres dans le cadre de sa politique monétaire dite QE !

Ainsi, les 1 100 milliards de QE des Marioles de la BCE ne feront que circuler entre les banques et la BCE sans passer par ce qu’on appelle l’économie réelle, c’est-à-dire sans financer les entreprises ni les particuliers.

Ce QE n’aura que pour effet direct de faire baisser les rendements des bons des Trésors, ce qui accentuera les difficultés des banques (qui ne peuvent pas répercuter de marges normales avec des taux trop bas), des entreprises et des particuliers du fait de l’aplatissement de la courbe des taux.

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23 mars 2015 13

Résolution monétariste du conundrum de la faiblesse des taux, de la croissance et de l’inflation

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Les rendements de bons à 10 ans de Trésors d’Europe continentale sont devenus négatifs ou proches de zéro, ceux d’échéances plus courtes sont même négatifs depuis plusieurs mois.
Jadis, c’était inenvisageable. Maintenant, c’est devenu une réalité et ces tendances s’accentuent.

La croissance du PIB est à zéro depuis plusieurs années dans la plupart des pays de l’Europe continentale, négative même dans certains pays.

L’inflation est à zéro, négative même dans certains pays d’Europe continentale et c’est peut-être déjà une déflation bien ancrée.

Rien ne va plus. Plus personne n’y comprend rien, sauf quelques rares monétaristes…

Pourquoi ?
Parce que, comme je l’ai écrit à maintes reprises, une gigantesque bulle monétaire s’est développée dans la zone euro : de l’ordre de 4 500 milliards d’euros et elle se développe encore actuellement avec plus de 100 milliards supplémentaires par mois.
Elle est bien visible dans l’agrégat monétaire M1 qui est ainsi considérablement hypertrophié
.

C’est là le résultat de dysfonctionnements engendrés par l’existence de cette monnaie unique contre nature qu’est l’euro.
En effet l’argent n’est plus sain dans la zone euro car de l’argent non gagné a été distribué en masse, et continue à l’être.
Il se trouve dans les portefeuilles et sur les comptes bancaires des Euro-zonards, c’est-à-dire en M1.

Pour bien comprendre ce phénomène, il faut bien savoir distinguer l’argent sain de l’argent non gagné…
L’argent est sain lorsque celui qui le reçoit fournit en contrepartie un bien ou un service qu’il a contribué à créer à un prix librement consenti par l’acheteur : celui du marché, intégrant les coûts réels.
L’offre est égale à la demande. L’équilibre est réalisé.

Inversement, l’argent n’est pas sain lorsque celui qui le reçoit ne fournit pas en contrepartie un bien ou un service qu’il a contribué à créer à un prix librement consenti par l’acheteur qui ne le paie donc pas à ses coûts réels.
L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics.
C’est simple. Tout est simple.

Concrètement, d’où vient cet argent non gagné ?
En France, les fameux services publics qui étaient si chers à Chirak et que le monde entier nous enviait parait-il, sont la source principale d’argent non gagné.

Ainsi par exemple en est-il des services de bus qui circulent sans personne à l’intérieur : le conducteur est payé ; l’argent qui se trouve dans son portefeuille et sur son compte bancaire ne provient pas de clients ayant payé leur ticket mais de subventions payées par une administration publique surendettée qui a elle-même emprunté de l’argent pour payer ces services et prélevé un peu d’argent aux contribuables sous forme d’impôts iniques, et pour une petite partie par les clients.

Au fil des années se sont développés de tels services et des organismes bidon qui n’ont aucune utilité mais qui reçoivent des subventions provenant parfois de taxes créées à cet effet.
Un parasitisme tentaculaire s’est développé en faisant vivre une masse d’électeurs affidés de l’UMPS.

Avant, c’est-à-dire avant l’adoption de l’euro, dans le système de Bretton Woods, de tels errements politiques étaient immanquablement sanctionnés par une dévaluation quelques mois après (leur création). Tout le monde le savait, y compris les ménagères.
Par la suite, dans le système de changes libres, le franc faiblissait quand de tels dérapages se produisaient, ce qui faisait réagir rapidement et positivement tous les partenaires.
L’inflation et les dévaluations étaient un combat monétaire sans fin.

Depuis l’adoption de l’euro, ces mécanismes autorégulateurs n’existent plus, surtout dans la mesure où les excédents de la balance commerciale, en particulier ceux de l’Allemagne, permettent d’occulter ces dérives.
Pire : plus la croissance est faible, plus les gouvernements développent ce qu’ils appellent des aides qui ne font qu’aggraver le mal.

La croissance est faible dans la zone euro. Les anticipations sont celles d’une croissance faible tendant vers zéro an Allemagne. Les taux ont donc tendance à baisser (en tendant eux-aussi vers zéro) d’autant plus rapidement que la situation peut dégénérer en un €clatement qui produira des dommages collatéraux considérables.

Croissance zéro, taux zéro, donc inflation zéro avec le risque de déflation létale.

***

Schumpeter avait prédit que le capitalisme libéral pouvait sombrer petit à petit à cause du développement d’une population non directement productive, parasitaire.
C’est ce qui se produit dans la vieille Europe continentale.
Sur le long terme, il n’y a pas de baisse tendancielle du taux de profit ni de la productivité, ni de la croissance, ni des taux, mais une tendance à moins de capitalisme libéral, donc, moins de profit, moins de productivité globale, moins de croissance, donc des taux très bas.
***

Un petit rappel élémentaire s’impose : d’une part, il est normal que les investissements soient financés par des emprunts amortissables sur leur durée de vie, d’autre part, tout investissement est destiné à augmenter le capital, donc la productivité. Ils doivent donc être rentables à terme.

Les investissements publics n’échappent pas à cette règle : les dettes publiques ne devraient financer que des investissements qui doivent être rentables pour la collectivité.
Or, ce n’est généralement plus le cas car les dettes publiques servent à payer des dépenses courantes (des aides dites sociales) et à rembourser des dettes publiques arrivées à échéance.
La comptabilité publique ne répond pas à la logique économique, ce qui conduit à accentuer les problèmes au lieu de les résoudre.

***

Les rendements des bons à 10 ans de Trésors sont à la base de tous les autres marchés.
Logiquement et normalement, ils doivent fluctuer dans la bande des 3 %, c’est-à-dire être en concordance avec une inflation optimale de 1 à 1, 5 % (pour éviter les risques de déflation et d’inflation incontrôlable) et une rémunération de père de famille de 2 à 2,5 %.
Les Notes à 10 ans sont proches de cet optimum, mais à un niveau inférieur à cause des risques de l’€ffondrement.
***

Encore un petit rappel : la politique monétaire accommodante de la Fed, dite QE, ne fait pas marcher la planche à billets comme le montre clairement une analyse élémentaire de son bilan : elle a fait circuler l’argent qui a été mis en réserve dans ses coffres par les banques (et les entreprises) en rachetant des titres, ce qui est normal même (dans le cadre du monétarisme) si les sommes concernées portent sur des montants inhabituellement élevés (4 000 milliards de dollars).

Le QE des Marioles de la BCE est tout à fait différent de celui de la Fed : il repose sur un tour de passe-passe, un effet de cavalerie qui consiste à payer les titres achetés par la BCE par les dépôts en retour des banques à la BCE, alors que le marché interbancaire de la zone est bloqué.

***

En arrimant le franc suisse à l’euro, le triumvirat qui dirige la BNS entraine les petits Suisses dans un avatar de résurgence d’un serpent monétaire européen qui les fera plonger dans l’€ffondrement.
***

Je reprends ici le mot de conundrum utilisé par ce bon vieux Greenspan dans le chapitre 20 de son livre, The age of turbulence dans lequel il traite de ce conundrum de la baisse des taux
Les débats d’idées ont été très intenses au XX° siècle, ce qui n’est plus le cas maintenant : c’est le règne du copier-coller, de la pensée commune, de l’absence d’idée, de raisonnement, du Panurgisme.

La culture monétariste n’est plus diffusée mais elle est toujours appliquée judicieusement par les gens de la Fed !
Tout est simple, et clair…

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22 mars 2015 4

Grexit ou Grexident ? (suite)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Monétarisme

Vendredi 20 mars, les rendements du Bund ont encore battu leur plus bas record en séance, lors d’un pic qui montre que la nomenklatura bancaire euro zonarde ne contrôle pas toujours très bien la situation (documents et données du Wall Street Journal),

Document 1 :

Les rendements du Schatz sont eux-aussi très bas. Avec ceux du Bund, ils se trouvent globalement à zéro,

Document 2 :

D’après ce document, le Grexident devrait se produire à partir du mois de mai avec le Bund à zéro.

Le seul élément sur lequel on peut se référer maintenant est l’écart entre les rendements du Bund et du Schatz qui est lui aussi dans les plus bas

Document 3 :

… ce qui signifie que la croissance en Allemagne (et des autres pays de la zone euro) restera à un niveau proche de zéro dans l’avenir envisageable car cet écart entre les rendements des bons à 10 ans et à 2 ans du Trésor est considéré comme étant un indicateur très fiable du niveau de la croissance à venir

Les rendements des bons à 10 ans du Trésor français ont eux-aussi battu leur plus bas record le 20 mars en séance,

Document 4 :

Les rendements du Bund et des autres mauvais bons des Trésors euro-zonards tombent inexorablement à leurs plus bas sur une tendance lourde et claire alors que ceux de leurs homologues américains sont encore proches des bandes normales de fluctuation…

Document 5 :

D’après ce document, le Grexit devrait se produire à partir du mois de juillet avec un Bund à zéro.

Dans cette perspective, il se confirme que les rendements des Notes à 10 ans reviennent sous la barre critique des 2 %,

Document 6 :

Grexit ou Grexident ?
On aura la réponse prochainement !

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20 mars 2015 13

Grexit ou Grexident ?

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe

Hier, jeudi 19 mars, les rendements du Bund ont encore battu leur plus bas record en début de séance, lors d’un pic qui montre que la nomenklatura bancaire euro zonarde ne contrôle pas toujours très bien la situation, surtout en début de séance (les réveils sont durs !),

Document 1 :

Données et documents tirés du Wall Street Journal.

Les rendements du Schatz sont eux-aussi très bas : en territoire négatif depuis le 10 novembre 2014,

Document 2 :

Des taux de référence à ce niveau, autour de zéro, c’est du jamais vu, de l’impensable, de l’inimaginable. Tous les repères sont inutilisables. Le pire peut arriver. On est désormais dans l’inconnu.
Le pire est que la politique monétaire des Marioles de la BCE est à contre-courant de celle de la Fed.

Le seul élément sur lequel on peut se référer est leur écart qui est lui aussi dans les plus bas

Document 3 :

… ce qui signifie que la croissance en Allemagne restera à un niveau proche de zéro dans l’avenir envisageable alors que celle des Etats-Unis continuera à rester normale, sans inflation.

En effet, cet écart entre les rendements des bons à 10 ans et à 2 ans du Trésor est considéré comme étant un indicateur très fiable du niveau de la croissance à venir,

Document 4 :

Les rendements des bons à 10 ans du Trésor français ont eux-aussi battu leur plus bas record le 19 mars en séance,

Document 5 :

Les rendements des mauvais bons des Trésors euro-zonards tombent inexorablement à leurs plus bas sur une tendance lourde et claire alors que ceux de leurs homologues américains sont encore proches des bandes normales de fluctuation…

Document 6 :

les rendements des Notes à 10 ans revenant sous la barre critique des 2 % à cause du regain de tensions dans la zone euro du fait de la situation en Grèce.

Document 7 :

Grexit ou Grexident ?
On aura la réponse prochainement !
La réponse appartient aux dirigeants politiques de la zone. Elle est donc imprévisible et a priori irrationnelle.

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19 mars 2015 18

La planche à billets pour les nuls

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

La planche à billets fascine tout le monde car nous avons tous envie finalement d’appuyer sur un bouton pour voir sortir de beaux billets qui nous permettraient d’acheter tout ce que nous voulons, mais ce n’est pas possible et c’est même rigoureusement interdit…

Seules les banques dites centrales peuvent émettre des billets ayant cours dans leur pays, ce qui doit normalement garantir la confiance que nous pouvons avoir en ces bouts de papier.

Que faisons-nous lorsque nous retirons des billets dans un distributeur ?

En fait, nous achetons des bouts de papier émis par la banque centrale du pays dans lequel nous nous trouvons avec l’argent qui se trouve sur le compte associé à notre carte bancaire, qui est ainsi débité.

Donc, au lieu de payer des marchandises ou un service (par une carte bancaire), nous achetons du papier (émis par une banque qui en a le privilège) qui nous permet ensuite de payer des marchandises ou un service.

Que fait cette banque centrale ?
Elle émet des billets correspondant à la demande. L’offre est égale à la demande
. Tout va bien !

Dans ce processus, il n’y a donc pas de création monétaire mais une circulation monétaire normale : l’argent inscrit sur un compte passe sous la forme de billets qui passent ensuite entre les mains de la personne à laquelle nous achetons des marchandises ou qui nous a rendu un service, qui elle-même utilisera ces billets pour ses achats ou les déposera à sa banque, etc.

Il est très rare qu’une banque centrale distribue des billets en dehors de ce cadre. A ma connaissance, en dehors des cas historiques qui ont laissé de mauvais souvenirs, seules les banques centrales d’Iran et du Zimbabwe l’ont fait au cours de ces dernières années.

Ainsi par exemple, la Fed a émis pour 1 276 milliards de dollars de véritables dollars sous la forme de papier qui se trouvent pour 60 % à l’étranger d’après ses estimations, soit 765 milliards.
Seuls 510 milliards de dollars circulent aux Etats-Unis sous la forme de billets, ce qui ne représente que 2,9 % du PIB annuel.

Conclusion : le fameux QE de la Fed n’a pas été à l’origine d’une création monétaire en faisant marcher la planche à billets comme le répètent sans cesse tous les idiots inutiles depuis des années.
L’argent est sain aux Etats-Unis, c’est le premier pilier des Reaganomics.

Le QE initié par le bombardier furtif B-2 n’a fait que faire circuler de l’argent gagné par les entreprises et les Américains qui a été placé, via les banques, en réserve auprès de la Fed qui en a profité pour acheter des bons du Trésor et des titres hypothécaires dont les taux ont un peu baissé de ce fait, ce qui a contribué à stimuler la croissance (l’arrêt du QE n’a pas provoqué de variations importantes pour ces taux car les sommes engagées sur ces marchés sont beaucoup plus importantes).

Quid dans la zone euro ?
1 010 milliards d’euros sont en circulation dans cette zone euro sous la forme de billets, soit 9,95 % du PIB annuel.
Il y a donc a priori une création monétaire au niveau de la masse des billets en euro en circulation car, en admettant que les Euro-zonards devraient se comporter comme les Américains, il ne devrait y avoir que 2,9 % du PIB en circulation, soit 295 milliards… ce qui aboutit a priori à une création monétaire de l’ordre de 700 milliards sous forme de billets.

En fait, cet argent non gagné ne provient pas de la planche à billets mais d’une création monétaire qui s’est faite en amont : au niveau des comptes bancaires.
Comme je l’ai déjà écrit, il y a eu une création monétaire gigantesque qui se monte à 4 500 milliards d’euros environ dans la zone euro visible dans l’agrégat M1.
C’est tellement gros et simple qu’aucun de ces innombrables idiots inutiles ne les voit !
Une partie de cette création monétaire se trouve donc logiquement sous la forme de billets, la BCE ne faisant pas de création monétaire avec sa planche à billets : elle ne fait que répondre logiquement à une demande.

Les Marioles de la BCE et leurs prédécesseurs auraient dû intervenir depuis longtemps pour que cette hypertrophie monétaire n’ait pas lieu. Ils ne l’ont fait. Maintenant, c’est trop tard !

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