16 novembre 2017 8

Fed / BCE + le Donald = ça va bouillir !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Suite de notre feuilleton : après de petits rappels sur quelques derniers chiffres critiques, des éléments nouveaux permettent de mieux cerner les caractéristiques de l’avenir proche, ce qui réserve quelques surprises…

Depuis le début du mois de septembre, après William Dudley, plusieurs membres du FOMC ont déclaré qu’ils devaient continuer à remonter le taux de base de la Fed car, les fondamentaux étant bien rétablis, la croissance revenue à un rythme normal avec le plein emploi, les risques de résurgence de l’inflation deviennent très élevés.
En effet, depuis des décennies, le plein emploi a toujours engendré de l’inflation dans une situation de croissance bien ancrée.

En conséquence, les rendements des Notes à 2 ans augmentent logiquement et vigoureusement,

Document 1 :

Cependant, la pente des rendements des Notes à 10 ans est inférieure à celle du 2 ans,

Document 2 :

En effet, les bons spéculateurs n’ont pas confiance en un avenir qui aurait pu être radieux, principalement à cause de l’€-crise.
Ces craintes se sont même accentuées après les déclarations du Mariole de la BCE le 26 octobre, lorsqu’il a été obligé d’avouer que les taux resteraient très bas dans la zone euro pendant une période dont il n’a pas osé annoncer la fin
.
Ces bons spéculateurs ont compris qu’il s’agissait là d’un avertissement clair d’une accentuation de l’€-crise car le Mariole est bien placé pour connaitre la situation réelle de sa zone.

Effectivement, avec 3 000 milliards de création monétaire (surtout en M1, cf. mes analyses), 1 000 milliards de créances dites douteuses, c’est-à-dire quasiment irrécouvrables par des banksters qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement, 1 000 milliards que l’euro-système leur prête en utilisant une cavalerie à grande échelle, etc., le cocktail est explosif !

Les rendements des Notes à 2 ans grimpent plus vite que ceux à 10 ans pour les rejoindre à terme.
Leur écart se réduit et tend donc vers zéro
: il était de 65 points de base le 15 novembre…

Document 3 :

au plus bas (en descendant) depuis le printemps 2005, c’est-à-dire avant les grandes turbulences préludant la Grande Récession !

Document 4 :

Personnellement, je pensais que les membres du FOMC avaient enfin réussi à supprimer les cycles que leurs prédécesseurs initiaient pour réguler (plus ou moins bien) la croissance, en maintenant cet écart entre 100 et 150 points de base, mais l’€-crise est trop forte car elle va avoir des répercussions importantes aux Etats-Unis.
Janet Yellen a même avoué (imprudemment) que le FOMC pourrait être obligé de faire redescendre son taux de base au plus bas en cas de nouvelle crise sans en préciser l’origine, évidemment.

L’€-crise qui couve depuis l’été 2011 affecte les rendements des Notes à 10 ans qui sont inférieurs à ce qu’ils devraient être en considération des caractéristiques de l’économie américaine : ils fluctuent dans la bande des 2 % alors qu’ils devraient évoluer dans la bande des 3 %,

Document 5 :

Le Bund a été sauvé des eaux deux fois, d’abord par le FOMC le 28 avril 2015 puis (involontairement) par l’élection surprise du Donald,

Document 6 :

Oui, mais il n’y aura pas de troisième sauvetage !
En effet, le Donald est très agressif vis-à-vis de la Kaiserin de l’€mpire germanique qui bénéficie outrageusement d’une monnaie sous-évaluée et il ne le lui pardonne pas (il a refusé de lui serrer la main lors de sa visite à la Maison Blanche).
Angela lui a répondu qu’elle n’avait aucun pouvoir pour agir sur les taux de change, la monnaie qui est utilisée en Allemagne étant l’euro, une monnaie unique commune à plusieurs pays dont la valeur est plombée par ces cochons de pays du Club Med, ce qui permet donc aux exportateurs allemands de bénéficier naturellement des avantages de sa sous-évaluation.

Une solution se présente donc pour les Américains : relever le taux de base de la Fed, ce qui sera intenable pour les malheureux Euro-zonards.
En effet, le désordre qui y règne s’accentuera et les points les plus vulnérables ne pourront plus se maintenir en vie.
L’Italie apparait comme étant le domino le plus fragile du fait de ses banques et de son endettement public réel qui est plus grave que celui qui est publié officiellement.

Pour mener une telle politique monétaire, le Donald avait besoin d’un homme de confiance à la tête de la Fed. C’est la raison pour laquelle il a écarté Janet Yellen, beaucoup trop socialiste Clintonnesque et Obabamesque.

Par ailleurs, pour confirmer ces grandes manœuvres qui se profilent, il faut relever que le nombre de postes vacants au FOMC est anormalement élevé, en particulier à la suite de démissions inattendues.
Tout se passe comme si un certain nombre de ses membres ne voulaient pas être mêlés à ce qui se prépare.
Un nouveau bombardier furtif est de retour, et ça va faire mal !
Ça va bouillir !

Ainsi, l’étincelle qui devrait mettre le feu aux poudres et faire sauter l’euro-système devrait venir non pas des malheureux Euro-zonards mais des Américains.

***

Le graphique 4 s’interprète de la façon suivante : quand l’écart (entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans) tend vers un plus haut, cette situation correspond à une surchauffe de la croissance (avec éventuellement des dysfonctionnements cachés) qui conduit le FOMC à la ralentir en relevant son taux de base, et inversement, quand cet écart tend vers un plus bas, une récession s’annonce ainsi, obligeant le FOMC à baisser son taux de base pour faire repartir la croissance.

Ce raisonnement s’applique pour des données endogènes, c’est-à-dire propres aux Etats-Unis.
Ce qui est nouveau dans la configuration présente est que la croissance américaine n’est pas compatible avec l’hypertrophie monétaire de la zone euro.
C’est la hausse du taux de la Fed qui fera éclater l’euro-système, cette €-crise ayant des répercussions importantes aux Etats-Unis forçant le FOMC à baisser son taux de base.

Le Donald aura ainsi réussi à supprimer la sous-évaluation de la monnaie utilisée par les entreprises allemandes pour le plus grand profit de l’Amérique.

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15 novembre 2017 3

Monétarisme : croissance, Fed et le Donald

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Le Donald va encore pouvoir savourer les chiffres de la croissance des Etats-Unis pour ce 4° trimestre si la tendance qui se manifeste déjà se confirme !

En effet, d’après les derniers chiffres des agrégats monétaires publiés par la Fed jeudi dernier, l’augmentation de l’agrégat M2-M1 est tombée à 3,8 % d’une année sur l’autre dans la semaine finissant le 30 octobre…

Document 1 :

ce qui correspond à une croissance du PIB de 2,7 % d’une année sur l’autre ou de 3,3 % au cours de ce 4° trimestre par rapport au précédent en pourcentage annualisé, cf. ma loi sur la masse monétaire libre,

Document 2 :

Les Américains ont le grand inconvénient d’avoir déposé plus de 10 000 milliards de dollars dans des caisses d’épargne, c’est-à-dire plus de la moitié du PIB annuel courant alors qu’historiquement cette épargne ne devrait se monter qu’à 40 % du PIB,

Document 3 :

Ainsi, plus de 2 000 milliards de dollars sont mal placés dans ces caisses d’épargne.
Il serait préférable que les Américains les dépensent ou les investissent en valeurs mobilières ou immobilières pour stimuler la croissance, ce qu’ils pourraient faire dans la mesure où le Donald leur a redonné confiance en l’avenir.

Cependant, l’avenir proche devrait être fortement perturbé par les fortes turbulences venues de la vieille Europe continentale

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7 novembre 2017 13

€-crise, BCE, Fed, monétarisme et spéculations

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Petit rappels des épisodes précédents…
Le 8 septembre, William Dudley annonce que la Fed s’apprête à relever son taux de base pour contrer une inflation potentielle et il est suivi par d’autres membres influents du FOMC dont Janet Yellen, ce qui a fait remonter logiquement les rendements des Notes à 2 ans…

Document 1 :

mais le 26 octobre, le Mariole de la BCE déclare que les taux de sa banque resteront au plus bas pendant une longue période dont il n’entrevoit pas la fin. Ses déclarations suivent celles de Janet Yellen qui avouait le 20 octobre que le FOMC pourrait être amené à baisser une fois de plus le taux de base de la Fed au plus bas, sous-entendu après un €ffondrement, ce qui a fait baisser logiquement les rendements des Notes à 10 ans,

Document 2 :

Logiquement, l’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2ans a continué à plonger, sous les niveaux atteints en juillet-août 2016,

Document 3 :

Zoom sur la période récente,

Document 4 :

Ainsi se confirment les risques d’accentuation de l’€-crise que j’avais perçus récemment, le 2 novembre.
Cette €-crise devrait être plus dévastatrice que les précédentes mais l’Amérique est dans une bonne situation pour en supporter les dommages collatéraux,

Document 5 :

Des taux négatifs, ça n’existe pas, c’est inconcevable, impensable, inimaginable comme le prouvent ceux de la vieille Europe continentale,

Document 6 :

Tout est simple. Tout va bien.

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5 novembre 2017 1

BNP-Paribas 3° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Les banksters de BNP-Paribas ont publié leur bilan pour ce dernier trimestre et curieusement, ils continuent à publier (dans les slides) un tableau donnant le véritable montant de leurs capitaux propres, c’est-à-dire en soustrayant les titres dits hybrides et d’autres éléments (dont les écarts d’acquisition) du montant des capitaux propres publiés au bilan, c’est-à-dire très exactement selon la même méthode que j’utilise depuis des années,

Document 1 :

En reprenant ces seuls chiffres pouvant donner une image fidèle de la réalité, et en ne retenant que le montant des véritables capitaux propres, le leverage réel de BNP est de 27,67 pour ce dernier trimestre correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 3,61 % sans grands changements par rapport aux trimestres précédents !

Document 2 :

BNP Paribas2016 Q32016 Q42017 Q12017 Q22017 Q3
1 Assets2 173,882 076,962 197,662 142,962 158,50
2 Equity98,711100,665102,07699,318100,544
3 Deductions16,51416,84917,34114,42715,591
4 Goodwill9,99710,21610,1359,7919,653
5 Tangible eq72,273,674,675,175,3
6 Liabilities2 101,682 003,362 123,062 067,862 083,20
7 Leverage (µ)29,1127,2228,4627,5327,67
8 Core Tier 1 (%)3,443,673,513,633,61

Sommes en milliards d’euros.

Il faudrait augmenter les capitaux propres de… 121 milliards d’euros (!) ou diminuer le total des dettes de plus de… 1 000 milliards (!) par cessions d’actifs par exemple pour que BNP-Paribas respecte les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan (sans pondérer les actifs, comme le préconisent également la BRI, Axel Weber, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal, la CRR/CRD IV) et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), à savoir un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 % ou un leverage inférieur à 10 (contre respectivement 8% et 12,5 pour le ratio Core Tier 1 d’origine).

Document 3 :

Les chiffres de ces ratios de levier Bâle III publiés par les banksters de BNP-Paribas sont donc en concordance avec ceux que je calcule sur la base de l’analyse de ces titres hybrides (l’écart entre mes calculs et ceux de BNP est très faible), ce qui prouve une fois de plus la justesse de mes analyses sur ce sujet, et ceci depuis plusieurs années…

C’est drôle, on se demande pourquoi les banksters de BNP-Paribas ne publient toujours pas le montant des Titres Négociables à Court Terme qu’ils mettent en pension pour obtenir… 25 milliards d’euros d’argent frais (avec 1 milliard de Titres Négociables à Moyen Terme)…

Document 4 :

… chiffres publiés par la Banque de France, auxquels il faudrait ajouter ceux qui sont prêtés par la BCE qui ne publie aucun chiffre à ce sujet !

Le leverage réel de BNP est de 27. Celui de la banque des frères Lehman était de 32 lorsqu’elle a fait faillite, ce qui a provoqué de fortes turbulences financières dans le monde.
Le total de son bilan était alors de 650 milliards de dollars… seulement.
Le total du bilan de BNP représente 95 % du PIB annuel de la France (2 268 milliards d’euros)
!

Les Américains sont inquiets face à la puissance de leurs big banks too big to fail, mais JPMorgan est celle qui a le total de son bilan le plus élevé avec seulement… 2 563 milliards de dollars, soit 13,1 % du PIB des Etats-Unis (19 495 milliards de dollars).

Les banksters de BNP (et leurs homologues des autres Gos banques) prennent les Français pour des idiots et ils ont raison. Ça marche : ils ne comprennent jamais rien aux problèmes financiers, bancaires, monétaires, heureusement…
Ils n’ont été amenés à payer que 9 milliards de dollars pour éviter d’être condamnés… aux Etats-Unis !

Avec un bénéfice de 2,04 milliards d’euros, le ROE calculé sur les capitaux propres publiés est de 8,1 % et de 10,8 % sur les capitaux propres tangibles, ce qui est trompeur car ces capitaux propres tangibles devraient être de 196,3 milliards pour respecter un leverage de 10, ce qui donnerait un ROE réel calamiteux de 4,2 % seulement que les banksters se gardent bien de relever, ainsi que tous les journaleux et bonimenteurs que sont les analystes financiers patentés à leur service.

Les banksters de BNP réussissent à sauver les apparences grâce à un taux de distribution (rendement des dividendes par action) exceptionnellement élevé de… 4,11 % qui leur permet d’avoir un ratio P/E de 11,0 !

Document 5 :

La capitalisation boursière de BNP est de ce fait anormalement forte, 82 milliards d’euros, mais peu supérieure au niveau de ses capitaux propres tangibles (75,3 milliards) qui sont considérés comme étant la valeur à la casse d’une banque en difficulté.
Avec un taux de distribution inférieur à 2 % comme aux Etats-Unis, BNP serait au tapis !

Tout est simple… à condition de savoir décrypter correctement des centaines de pages de comptes à dormir debout pour en tirer la substantifique moelle.
Finalement, je remercie les dirigeants de nos Gos banques et ici ceux de BNP qui montrent que j’avais raison et que j’ai toujours raison de calculer les véritables ratios d’endettement.

Pour l’instant, tout va bien, la nomenklatura est solidaire.

Cliquer ici pour accéder aux documents présentant les résultats de BNP d’où sont tirées ces données.
Cliquer ici pour accéder aux chiffres des Titres de Créances Négociables (TCN).
Cliquer ici pour lire mon article précédent sur les résultats de BNP.

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4 novembre 2017 1

Les mécanos de la Générale, 3° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Victoire ! Les mécanos de la Générale ont réussi l’exploit de conserver pour ce dernier trimestre la dernière place de la liste des Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales (Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs) car ils ont encore surclassé Deutsche Bank !

Dans le club des big banks too big to fail, ya pas plusse pire!

En effet, d’après le décryptage de leurs chiffres publiés, le véritable multiple d’endettement, le leverage réel était de… 31,41 et son inverse le véritable ratio Core Tier 1 était de… 3,18 % en cette fin de dernier trimestre, en petite amélioration par rapport aux trimestres précédents,

Document 1 :

Société Générale2016 Q32016 Q42017 Q12017 Q22017 Q3
1 Assets1 404,901 382,241 401,201 350,221 338,70
2 Equity60,961,95362,260,11160,3
3 Deductions15,916,69816,614,25114,1
4 Goodwill4,64,3554,54,864,9
5 Tangible eq40,440,941,14141,3
6 Liabilities1 364,501 341,341 360,101 309,221 297,40
7 Leverage (µ)33,7732,833,0931,9331,41
8 Core Tier 1 (%)2,963,053,023,133,18

Sommes en milliards d’euros.
Euh… Un petit rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32 ce qui signifie que le total des dettes représente 32 fois le montant des véritables capitaux propres !

Les mécanos de la Générale publient (en annexe) un tableau détaillé qui permet de calculer le montant des véritables capitaux propres (comme je l’ai toujours écrit contrairement à eux), soit 41,3 milliards d’euros qui est obtenu en retranchant du montant des capitaux propres publiés (sans les minoritaires) les sommes correspondant aux titres dits hybrides (TSS, TSDI, coupons et dividende), les écarts d’acquisitions (goodwill) et les dividendes à distribuer,

Document 2 :

Et encore un autre petit rappel : d’après les règles dites de Bâle I, les banques devaient avoir un leverage inférieur à 12,5 ou un ratio Core Tier 1, son inverse, supérieur à 8 %.
A la suite des turbulences financières de ces dernières années, ce bon vieux Greenspan a relevé ces exigences à un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %, sans pondérer les actifs, comme le préconisent également la BRI, Axel Weber, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la CRR/CRD IV et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC),

Document 3 :

Pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan, il faudrait augmenter les capitaux propres de… 80,4 milliards d’euros !

Par ailleurs, les mécanos de la Générale ne donnent évidemment aucune information sur les 16 milliards d’euros qu’ils empruntent à la Banque de France dans le cadre des Titres de Créances Négociables (TCN) en mettant en pension des titres, les Certificats de Dépôt à Moyen Terme (en comptabilisant aussi les chiffres de Crédit du Nord qui fait partie du groupe des Mécanos)…

Document 4 :

sans compter les milliards généreusement prêtées par les Marioles de la BCE qui ne publient aucun chiffre !
Heureusement, je suis le seul, à ma connaissance à faire de telles analyses.
Les règles comptables sont redoutables car, lorsqu’on sait décrypter correctement les comptes des banksters, il est toujours possible de savoir si tout se passe bien ou si quelque chose ne va pas quelque part dans leur banque.

Les bénéfices de 932 millions d’euros correspondent à un ROE calculé sur le montant des capitaux propres publiés de 6,2 % et de 9,0 % sur le montant des capitaux propres tangibles, ce chiffre faible mais encore relativement bon s’expliquant par la sous-capitalisation de la banque car le ROE est de 3,1 % seulement sur le montant des capitaux propres nécessaires pour obtenir un leverage réel de 10
comme pour Citigroup par exemple.

La capitalisation boursière de la Générale de 37 milliards d’euros a baissé récemment pour tomber sous le montant des capitaux propres tangibles (41,3 milliards) considérés comme étant la valeur à la casse d’une banque.

Document 5 :

Le PER de 13,1 est obtenu grâce à un taux de distribution de 4,8 % anormalement élevé pour une banque, ce qui permet aux mécanos de ne pas plonger et même de survivre en sauvant trompeusement les apparences.

Pour l’instant, tout va bien : pas de tsunami !
Tout est simple.

Cliquer ici pour voir les résultats de la Générale de ce dernier trimestre.
Cliquer ici pour voir les chiffres des TCN publiés par la Banque de France.
Cliquer ici pour voir mon article précédent sur les exploits des mécanos de la Générale.

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3 novembre 2017 2

Agrégats monétaires de la zone euro (septembre)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Monétarisme

Quelques petits rappels sont nécessaires avant d’examiner les derniers chiffres (à fin septembre) des agrégats monétaires de la zone euro publiés par la BCE…

Janet Yellen a enfin admis (imprudemment) le 21 octobre, le lendemain de son dernier entretien avec le Donald, que le FOMC pourrait être obligé de baisser à nouveau le taux de base de la Fed au plus bas, c’est-à-dire proche de zéro, mais sans en donner les causes qui ne peuvent qu’être exogènes, c’est-à-dire provenant de l’€-crise.
Le Mariole de la BCE a déclaré le 26 octobre que la BCE n’engagera de remontée de ses taux d’intérêt que « bien après » la fin des rachats d’actifs, ce qui signifie que ces taux resteront au plus bas (et même négatifs !) pendant longtemps encore, ce qui signifie aussi qu’il admet que l’€-crise est loin d’être terminée, pour ne pas dire que la situation peut s’aggraver comme pendant les années 2011-2012 avec un fort risque d’€clatement.

Ces déclarations sont logiques et en concordance avec l’hypertrophie de la masse monétaire qui est observable dans la zone euro
En effet, l’agrégat monétaire M1 augmente de l’ordre de 8 % par an alors que le taux de croissance du PIB courant est dans les 2 à 3 %,

Document 1 :

Dans ces conditions, même les petits enfants comprennent que M1 augmente beaucoup trop au point de représenter 42 % du PIB annuel alors que cet agrégat ne devrait représenter que… 13 % du PIB comme c’est le cas aux Etats-Unis où l’argent est demeuré sain, sans création monétaire,

Document 2 :

La création monétaire en M1 est donc bien supérieure à 3 000 milliards d’euros, ce qui est considérable,

Document 3 :

L’augmentation de M1 d’un mois sur l’autre est de l’ordre d’une trentaine de milliards d’euros,

Document 4 :

Elle est produite par la fameuse planche à billets et aussi et surtout par des dépôts anormalement élevés sur les comptes courants des malheureux Euro-zonards,

Document 5 :

La création monétaire de la zone euro est surtout produite en M1, se répercutant sur la masse monétaire M3,

Document 6 :

En effet, cette création monétaire en M3 est aussi de l’ordre de 3 000 milliards d’euros,

Document 7 :

M3 représente 106 % du PIB alors que ce rapport devrait être inférieur à 78 %,

Document 8 :

Logiquement, la vitesse de circulation de la monnaie baisse, que ce soit au niveau de M3

Document 9 :

… ou au niveau de M1,

Document 10 :

Tout est simple, pour tous les monétaristes normalement constitués du moins, ceux qui s’expriment à ce sujet sont rares…

Cliquer ici pour lire mon article précédent à ce sujet.
Cliquer ici pour accéder aux chiffres des agrégats monétaires publiés par la BCE.

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2 novembre 2017 5

€-crise, BCE, bons spéculateurs et idiots utiles

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Tout se présentait bien : après William Dudley, un certain nombre de membres du FOMC ont déclaré que l’avenir s’annonçait radieux, pour les Américains (des Etats-Unis) du moins et qu’ils s’apprêtaient en conséquence à remonter le taux de base de la Fed en décembre, ce qui a fait remonter vivement et logiquement les rendements des Notes à 2 ans,

Document 1 :

Cependant, les rendements des Notes à 10 ans augmentaient moins vite que ceux à 2 ans, et ils replongent même depuis le 26 octobre, c’est-à-dire depuis que le Mariole de la BCE eut déclaré que les taux bas resteraient très bas pendant encore longtemps dans la zone euro,

Document 2 :

Aussitôt, tous les idiots (utiles finalement) en ont conclu que des taux bas allaient continuer à favoriser la croissance, ce qui a fait bondir les cours des actions de la zone… mais baisser les rendements des Notes à 10 ans car les bons spéculateurs, ceux qui voient juste et loin, ont compris que la situation dans la zone euro n’allait qu’empirer, comme l’a confirmé maladroitement le Mariole qui est en fait bien informé et bien conscient des problèmes qui y perdurent.

L’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et ceux à 2 ans a donc replongé sous la barre critique des 75 points de base,

Document 3 :

Le cycle de cet écart montre clairement que la configuration actuelle est semblable à celle qui prévalait entre 2005 et 2008, c’est-à-dire que l’on se trouve dans une situation de méga €-crise dont l’ampleur devrait être comparable à celle de la Grande Récession, mais dans la vieille Europe continentale,

Document 4 :

Comme l’a fort justement (mais imprudemment) avoué Janet Yellen en essayant de sauver (en vain) son siège de présidente de la Fed, les membres du FOMC se préparent à devoir baisser à nouveau leur taux de base au plancher (c’est-à-dire près de zéro, mais pas en valeurs négatives !) pour amortir le choc de l’€ffondrement,

Document 5 :

Les rendements des bons des Trésors européens dégoulinent lamentablement et inexorablement depuis juillet 2007 et même en valeurs négatives !

Document 6 :

Des taux négatifs, ça n’existe pas, c’est inimaginable, inconcevable, impensable !
Pour l’instant, tout va bien : tous les idiots utiles triomphent, c’est le moment d’en profiter !

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30 octobre 2017 4

Inflation : encore et toujours le calme plat !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

L’inflation (mesurée par le PCE:PILFE) fluctue encore et toujours au mois de septembre dans la bande idéale préconisée par ce bon vieux Greenspan : entre 1,0 et 1,5 %,

Document 1 :

L’inflation, c’est du passé.
Le grand risque du nouveau paradigme est la déflation telle que la subissent les Japonais depuis un certain temps.
Ces tensions déflationnistes sont provoquées par les bulles monétaires. Elles ne sont plus limitées au Japon.
La vieille Europe continentale en est victime à cause de cette monnaie contre nature qu’est l’euro.
Les dirigeants de la banque centrale de Chine ont bien suivi les conseils des gens de la Fed lors de leur décollage mais ils n’ont pas su maitriser par la suite l’augmentation de leur masse monétaire, les Américains les laissant se planter tout seuls…

Document 2 :

Tout va bien.
Tout est simple.

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29 octobre 2017 9

Monétarisme et taux : USA / Europe continentale

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Plusieurs membres du FOMC ont déclaré depuis le début du mois de septembre, dont William Dudley le premier (le 8), qu’ils s’apprêtaient à relever le taux de base de la Fed lors de leur réunion de décembre.

En conséquence, les rendements des Notes à 2 ans rebondissent vivement depuis ce 8 septembre,

Document 1 :

Cependant, les rendements des Notes à 10 ans ne remontent pas aussi vite car les bons spéculateurs, ceux qui voient juste et loin, craignent un €ffondrement ou un €clatement,

Document 2 :

De ce fait, l’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans stagne dans une bande basse inférieure à ce qu’il était avant l’élection du Donald,

Document 3 :

La reprise du cycle correspondant à cet écart est donc cassée, l’écart restant inférieur à 100 points de base, c’est-à-dire sous la bande optimale de fluctuation, en concordance avec la résurgence anticipée d’une €-crise,

Document 4 :

L’évolution des rendements des bons du Trésor américain et du taux de base de la Fed montre clairement que le bombardier furtif B-2 a bien créé la Grande Récession pour faire éclater la bulle monétaire qui se trouvait alors dans l’agrégat M3-M2, que la reprise américaine s’amorçait fort bien par la suite mais que l’€-crise qui a ressurgit en août 2011 plombe irrémédiablement les rendements du 10 ans,

Document 5 :

Des taux négatifs, ça n’existe pas, c’est inconcevable, impensable, inimaginable !
La preuve : les rendements du Schatz sont négatifs depuis la mi-août 2014, ceux du 10 ans helvète depuis la mi-janvier 2015, ceux du Bund ayant été sauvés des eaux par la FOMC puis par le Donald,

Document 6 :

Cet €ffondrement s’inscrit dans un mouvement de grande ampleur qui a débuté en juillet 2007,

Document 7 :

Janet Yellen qui a tenté de sauver son siège in extremis, a confirmé ces analyses en admettant que la Fed sera probablement obligée de baisser à nouveau son taux de base au plus bas, c’est-à-dire proche de zéro (mais toujours par valeurs positives), ce qui contraint le FOMC à relever en décembre le taux de base de la Fed pour avoir la possibilité ultérieurement de… le baisser !

La seule inconnue est la date de l’€-tsunami.
Pour l’instant, tout va bien.

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28 octobre 2017 3

Croissance US = Donald + Fed

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis

Le taux de croissance du PIB réel a été de 3 % par rapport au trimestre précédent en taux annualisé au cours de ces derniers 2° et 3° trimestres, ce qui est le résultat d’une part de la (bonne) politique monétaire menée en particulier par le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, qui a rétabli les fondamentaux américains en faisant éclater la bulle monétaire qui s’était développée dans l’agrégat M3-M2, et d’autre part de l’anticipation de la (bonne) politique menée par le Donald qui fera baisser considérablement les taux d’imposition pour les entreprises et pour les Américains.

Comme les Américains sont satisfaits de leur situation actuelle et qu’ils ont confiance en l’avenir, l’augmentation de leurs dépôts dans les caisses d’épargne… baisse

Document 1 :

ce qui entraine une augmentation de la croissance du PIB réel,

Document 2 :

Le total des dépôts dans les caisses d’épargne dépasse 10 000 milliards de dollars, ce qui représente 51,4 % du PIB, un pourcentage en baisse significative depuis quelques mois,

Document 3 :

Cependant, avec les risques d’€-crises, les grandes turbulences financières de ce XXI° siècle vont certainement se poursuivre

Document 4 :

Tout va bien, aux Etats-Unis du moins.

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