22 août 2017 1

USA : toujours en attente de l’€-crise…

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Tout va bien en Amérique : les bénéfices atteignent des records historiques ainsi que les créations d’emplois, sans inflation ni création monétaire…

Les investisseurs anticipaient une remontée prochaine des taux de la Fed comme l’indiquait la montée des rendements des Bills à 3 mois mais les membres du FOMC ont annoncé lors de leur dernière réunion qu’ils préféraient ne pas réinvestir l’argent récupéré des titres arrivant à échéance, ce qui devrait faire remonter les taux (des Notes) sans que la Fed ne remonte les siens !
Les rendements de ces Bills à 3 mois sont donc redescendus aux alentours de 1,0 %
,

Document 1 :

Dans le même temps comme dirait l’Autre, les rendements des bons à 10 ans de la vieille Europe continentale sont redescendus, ceux des petits Suisses étant en territoire négatif depuis janvier 2015,

Document 2 :

Des taux négatifs, ça n’existe pas, c’est inconcevable, inimaginable, impensable !
C’est pourtant une réalité depuis le mois d’août 2014 pour ceux du Schatz !

Document 3 :

Ça va mal dans la zone euro, et ce n’est pas nouveau : depuis le mois de juillet 2007 les rendements des bons des Trésors baissent en n’étant sauvés par deux fois que par les Américains (d’abord par la Fed puis par le Donald),

Document 4 :

Pour l’instant, c’est le statu quo en attendant un possible tsunami européen : les rendements des bons du Trésor américain ne montant pas

Document 5 :

ce qui maintient le cycle à un niveau optimal correspondant à un tauxde croissance du PIB réel lui aussi à l’optimum sans inflation,

Document 6 :

Tout va bien.

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16 août 2017 4

Banques : leverage et besoins de recapitalisation, USA / Europe

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques, Banques Européennes, Banques américaines, Leverage

Après la publication des résultats des entreprises pour le deuxième trimestre, qu’en est-il de la situation des banques américaines (c’est-à-dire des Etats-Unis) et d’Europe ?

Le ratio Core Tier 1 réel des Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales (Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs) montre clairement, comme précédemment, que les grandes banques américaines respectent presque toutes les règles prudentielles d’endettement édictées dans les années 80 par Alan Greenspan, à savoir un ratio (des capitaux propres par rapport au total des dettes) supérieur à 8 %, seule HSBC s’incrustant parmi elles, alors que les banques de la vieille Europe sont loin de respecter ces règles !

Document 1 :

L’inverse du ratio Core Tier 1 est le multiple (µ), ou levier d’endettement des banques, appelé ordinairement leverage en anglais.
Ce concept est plus intéressant car les banques sont des entreprises dont l’activité principale est (ou devrait être) de prêter l’argent qu’elles ont (à savoir leurs capitaux propres) et l’argent qu’elles n’ont pas mais qu’elles empruntent, ce qui présente empiriquement peu de risques dans la mesure où ces banques respectent les règles prudentielles d’endettement telles qu’elles ont été rappelées par ce bon vieux Alan Greenspan après les turbulences financières de ces dernières années : le total de leurs dettes ne doit pas dépasser 10 fois le montant de leurs (véritables) capitaux propres.

C’est simple. Tout est simple mais c’est trop simple pour les banksters qui compliquent tout pour que personne ne comprenne plus rien, sauf… pour ceux qui comprennent ces problèmes bancaires et monétaires et les arnaques des banksters.

Ce leverage ainsi défini aboutit évidemment aux mêmes conclusions que pour le ratio Core Tier 1 d’origine,

Document 2 :

Cependant, les innombrables idiots inutiles voire nuisibles critiquent les résultats de telles analyses (en particulier des miennes) en arguant que les banques américaines ne respectent pas les mêmes règles comptables que les banques européennes, ce qui les avantagerait.
Effectivement, les entreprises des Etats-Unis établissent leurs résultats financiers selon les US GAAP (United States Generally Accepted Accounting Principles) et les banques européennes selon les IFRS (International Financial Reporting Standards).

Heureusement, Thomas Hoenig, vice-président de la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation) fait publier un tableau particulièrement intéressant qui récapitule les données permettant de calculer ce leverage pour les G-SIFIs en IFRS pour les banques européennes, et pour les banques américaines en US GAAP et en IFRS.
Dès lors, il est possible de calculer le leverage de toutes ces banques, y compris celles des Etats-Unis selon les IFRS tels qu’ils ont été calculés d’une façon fiable par la FDIC

Document 3 :

ce qui confirme parfaitement les résultats de mes analyses, à savoir que les banques américaines respectent de toute façon mieux les règles prudentielles d’endettement que les banques européennes !

Une fois de plus, j’ai raison en présentant (depuis 2011 !) mes analyses du leverage de ces grandes banques selon mes méthodes (qui sont en fait celles d’Alan Greenspan) et mes détracteurs ont tort, évidemment !

Cependant, des divergences notables sont observables entre les deux systèmes comptables, US GAAP et IFRS, mais elles ne remettent pas en cause la bonne santé des banques américaines ni la mauvaise situation des banques européennes.
Alors, que penser de ces différences entre ces règles comptables ?
Quelles sont celles qui donnent une image la plus fidèle de la réalité
?

La différence la plus importante entre l’application des US GAAP et des IFRS pour les banques américaines vient de la façon de comptabiliser les produits dérivés.
Comme je l’ai déjà écrit, en US GAAP, les produits dérivés sont justement inscrits hors bilan car ils n’ont pas donné lieu à des paiements effectifs lors de la clôture du bilan (ce ne sont que des engagements qui, si les contrats ont été correctement négociés, doivent se conclure par des gains ou des pertes minimes, ce qui est leur raison d’être).

Au contraire, en IFRS, à partir du moment où un engagement présente des risques, ceux-ci doivent être en partie provisionnés, donc comptabilisés, ce qui n’est pas logique, compte tenu de l’analyse faite (ci-dessus) en US GAAP.
En effet, tant qu’aucune perte effective n’a été enregistrée, aucune provision ne doit être comptabilisée !

Les produits dérivés ont justement pour but de réduire les risques. En les utilisant correctement, ils ne doivent donc pas générer (dans un avenir a priori incertain) de pertes notables (ni de gains), donc l’enregistrement de provisions ne se justifie pas.

Ainsi par exemple, lors du plus fort de la crise grecque, tous ces innombrables idiots nuisibles (dont en particulier notre histrion ignare, le mari de Pénélope et notre Bécassine adorée) ont eu la peur de leur vie car ils craignaient que les centaines de milliards (d’euros et de dollars) engagés sur les sous-jacents grecs créent une crise majeure… alors qu’ils n’ont généré finalement que 3 à 5 milliards de pertes au maximum, et autant de gains, pour respectivement de mauvais et de bons spéculateurs, ce qui a été non pas dramatique mais insignifiant.

Pour les G-SIFIs des Etats-Unis, Goldman Sachs est la principale victime de l’application des IFRS car cette banque est très active sur les opérations financières sophistiquées qui demandent d’importantes couvertures en dérivés, ce qui est pénalisant en IFRS.

Pour les idiots nuisibles qui ne seraient pas encore convaincus par ces raisonnements, il suffit d’observer le fonctionnement des systèmes interbancaires au jour le jour américains et de la zone euro : aux Etats-Unis, il fonctionne normalement alors que les banksters européens qui n’ont pas confiance en leurs propres banques ne se prêtent plus entre eux depuis plusieurs années de peur de ne pas pouvoir être remboursés, les Marioles de la BCE devant se substituer au marché interbancaire pour assurer les positions créditrices de toutes les banques en fin de journée.

Beaucoup de banques de la zone euro sont au bord de la faillite contrairement aux déclarations se voulant rassurantes des autorités bancaires comme l’EBA (European Banking Authority) qui a certifié lors de ses tests de stress à l’été 2016 que seule une banque italienne, Banca Monte dei Paschi di Siena, devait être recapitalisée alors que trois banques viennent d’être sauvées in extremis de la faillite (Banca Popular, Popolare di Vicenza et Veneto Banca) générant une bonne trentaine de milliards d’euros de pertes !

Enfin, le Parlement européen (sous)-évalue le montant des créances douteuses à 1 000 milliards d’euros, le taux de recouvrement de tels types de titres étant de l’ordre de 20 %, donc 80 % de pertes sèches à venir sont probables !

Toutes ces informations sur les banques sont concordantes : d’une part, elles confirment les résultats de mes analyses portant sur le leverage et d’autre part, elles montrent que l’application des US GAAP donne une image plus fidèle de la réalité que celle des IFRS.

Dès lors, que font les banksters européens pour sauver les apparences et survivre encore un peu ?
La réponse est simple : ils augmentent le taux de distribution au-dessus de 3 % alors que celui de Citigroup est inférieur à 1 !

Document 4 :

Et ça marche… plus ou moins bien, car les capitalisations boursières des banques américaines sont globalement nettement plus élevées que celles des banques européennes,

Document 5 :

Cependant, la capitalisation boursière par rapport aux capitaux propres tangibles (en fait le ratio P/B ou Price-to-Book) montre la bonne santé des banques américaines par rapport aux banques européennes,

Document 6 :

Ces capitaux propres tangibles sont en fait la valeur à la casse des bad banks.

Inversement, les besoins de recapitalisation (par rapport à un leverage de 10) sont faibles pour les banques américaines et élevés pour les banques européennes

Document 7 :

… ce qui est encore plus clair en pourcentage par rapport aux capitaux propres,

Document 8 :

Les mêmes observations peuvent se faire pour les capitalisations boursières par rapport aux besoins de recapitalisation

Document 9 :

Il en est de même pour la différence entre les capitaux propres tangibles et les besoins de recapitalisation,

Document 10 :

Tout est simple, enfin presque…

Tous ces documents sont tirés de mes analyses portant sur les résultats financiers publiés par les banques et les données de la FDIC,

Document 11 :

Ce premier tableau regroupe les données de base sur le leverage des G-SIFIs,

Document 12 :

123456
RankBanks 2017 Q2LiabilitiesTangible equityLeverageCore Tier 1
1Citigroup1 694,90169,16410,029,98
2Wells Fargo1 778,00152,87211,638,6
3Goldman Sachs835,60871,39211,78,54
4Bank of America2 077,73176,79811,758,51
5JPMorgan2 378,06185,11512,857,78
6Morgan Stanley787,38653,6314,686,81
7HSBC2 348,4414416,36,13
8State Street225,34712,92717,435,74
9Bk of New York Mellon335,8418,97517,75,65
10Credit Suisse744,78638,62519,285,19
11Crédit Agricole Group1 663,6077,921,364,68
12BPCE Natixis1 678,0570,623,774,21
13UBS858,94431,88726,943,71
14BNP Paribas2 067,8675,127,533,63
15Deutsche Bank1 518,6150,12530,33,3
16Société Générale1 3094131,933,13

Ces deux documents suivants regroupent les autres données permettant d’établir les graphiques reproduits sur les 10 premiers documents ci-dessus,

Document 13 :

123456
RankBanks 2017 Q2Mark.Cap.Recapital.Mark.Cap. - Recap.Tang. Eq. - Recap.
1Citigroup182-182169,16
2Wells Fargo257,822,6235,2130,27
3Goldman Sachs86,711,175,660,29
4Bank of America23528,2206,8148,6
5JPMorgan321,748273,7137,12
6Morgan Stanley83,822,86130,83
7HSBC147,98265,962
8State Street34,48,725,74,23
9Bk of New York Mellon53,913,340,65,7
10Credit Suisse3832,65,46,03
11Crédit Agricole Group42,980,4-37,5-2,5
12BPCE Natixis20,332,8-12,5-19,2
13UBS65,349,116,2-17,21
14BNP Paribas8282--6,9
15Deutsche Bank34,392,5-58,2-42,38
16Société Générale38,181,8-43,7-40,8

Document 14 :
123456
RankBanks 2017 Q2Mark.Cap. % Tang.Eq.Recap. % Tang.Eq.IFRSYeld
1Citigroup1,08-10,910,96
2Wells Fargo1,6914,7811,992,76
3Goldman Sachs1,2115,5517,231,31
4Bank of America1,3315,9513,471,25
5JPMorgan1,7425,9315,752,17
6Morgan Stanley1,5642,5117,31,77
7HSBC1,0356,9416,34,09
8State Street2,6667,318,381,78
9Bk of New York Mellon2,8469,9318,111,8
10Credit Suisse0,9884,419,284,5
11Crédit Agricole Group0,55103,2121,364,05
12BPCE Natixis1,4912523,775,51
13UBS2,05153,9826,943,6
14BNP Paribas1,09109,1927,534,09
15Deutsche Bank0,68184,5430,3-
16Société Générale0,93199,5131,934,4

Cliquer ici pour accéder au document de la FDIC.
Cliquer ici pour (re)voir mon article précédent à ce sujet.
Cliquer ici pour (re)voir mon article complémentaire précédent à ce sujet.

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13 août 2017 5

Conundrums : début de solutions et €-crise

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme, Suisse

Un certain nombre de conundrums se posaient récemment. Des solutions se confirment et de nouvelles apparaissent…

D’abord, je dois préciser qu’il n’y a pas de survalorisation des actions des entreprises des Etats-Unis comme je l’ai écrit le 20 juillet.
En effet, les actions sont correctement valorisées avec un ratio P/E de 19 très exactement dans l’anticipation des bénéfices à venir qui augmentent de l’ordre de 10 % d’une année sur l’autre…

Document 1 :

et surtout des projets du Donald d’abaisser le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés de 35 à 15 %.

Donc pas de 3° bulle aux Etats-Unis, sur les actions globalement du moins.

Cependant, d’après Alan Greenspan, une bulle s’est développée sur l’obligataire public car les rendements des bons des Trésors de référence sont nettement inférieurs à leur niveau historique, ce qui signifie qu’inversement les prix des contrats sont trop élevés,

Document 2 :

Ainsi par exemple, les rendements réels (déflatés) des Notes à 10 ans sont de l’ordre de 0,75 % alors qu’ils devraient être dans les 2 %.

Deux explications à cette bulle obligataire sont discernables.

La première est bien connue : la Fed en a acheté des montants exorbitants : pour 2 465 milliards de dollars, chiffres publiés pour le 2 août,

Document 3 :

Avec 1 769 milliards de dollars de titres hypothécaires, la Fed a donc 4 400 milliards ainsi investis dans ces valeurs mobilières, ce qui est censé avoir fait baisser leurs rendements.
Janet Yellen a dit récemment que la Fed allait arrêter d’acheter pour leur montant de tels titres venant à échéance, ce qui devrait faire remonter les taux sans que la Fed ne fasse remonter les siens, ce qui devrait être une excellente initiative.

Une remarque importante s’impose : la Fed a financé ces achats de titres grâce à 2 538 milliards de dollars déposés par des institutions bancaires qui ont ainsi placé une partie de leurs disponibilités excédentaires, et à 1 518 milliards de billets émis !

Document 4 :

Cette politique monétaire de la Fed a donc eu pour conséquence de faire circuler l’argent qui était immobilisé dans les disponibilités d’institutions bancaires (banques et caisses d’épargne), et de maintenir des taux bas profitant aux rares investisseurs, ce qui a contribué dans les deux cas à stimuler la croissance du PIB.

Les fondamentaux des Etats-Unis sont bons, tout va bien, mais si les taux y sont anormalement bas, c’est aussi parce que l’€-crise couve toujours

En effet, les Marioles de la BCE sont obligés de prêter… 776 milliards d’euros (!) à un certain nombre de banques de la zone pour les maintenir en survie (rubrique 5 de l’actif),

Document 5 :

Evidemment, la Fed ne prête pas d’argent aux banques qui en regorgent : ce sont elles qui déposent leurs excès de disponibilités que la Fed est obligée d’utiliser en les investissant en titres.
La situation de la zone euro n’a rien de commun avec celle des Etats-Unis dans ce domaine !

Par ailleurs, les Marioles de la BCE ont eu la mauvaise idée de singer la Fed en pratiquant eux-aussi une politique monétaire consistant à racheter des titres pour plus de 2 400 milliards d’euros (rubrique 7 de l’actif), ce qui a le gros inconvénient de concourir à faire baisser des taux déjà à zéro voire négatifs pour certains comme ceux du Schatz !
C’est là une logique difficile à comprendre car cette politique monétaire contre nature a pour conséquence d’accentuer l’€-crise !

Par ailleurs, curieusement, aucun journaleux n’a posé cette question pourtant très importante : comment les Marioles de la BCE financent-ils leurs 2 438 milliards d’euros d’actifs ?

Première réponse : grâce aux 1 784 milliards d’euros déposés par les banques de la zone (rubrique 2 du passif) !

Document 6 :

Comme je l’ai écrit à maintes reprises, c’est de la cavalerie à grande échelle : je te prête 2 000 milliards à condition que tu les places en retour chez moi… en jouant sur les jours de valeur !
C’est là une arnaque historique.
Cette manip révèle que le marché interbancaire est bloqué du fait que les banksters ne se font pas confiance entre eux car ils connaissent très bien la situation catastrophique de leur propre banque surendettée, les autres étant a priori dans la même situation.

Pour le reste, les Marioles de la BCE financent leurs actifs grâce à la planche à billets (rubrique 1 du passif) pour 1 142 milliards d’euros, des emprunts auprès de mystérieuses et généreuses administrations publiques déjà surendettées (elles empruntent pour prêter !) et à des emprunts déguisés auprès d’investisseurs étrangers.

Résultat : c’est le foutoir dixit le Donald !

Plus précisément : les rendements des bons à 10 ans des Trésors de la vieille Europe continentale sont au plus bas, ceux des petits Suisses replongeant à nouveau à des niveaux négatifs, ce qui était inimaginable, impensable, inconcevable,

Document 7 :

Les rendements des Notes à 10 ans n’arrivent pas à décoller vers leur bande normale des 3 % à cause de l’€-crise (camouflée sous le prétexte des frasques de la dictature de la Corée du Nord)…

Document 8 :

ce qui présente l’avantage pour les Américains de contenir la croissance à son potentiel optimal sans inflation en maintenant les taux de la Fed à des niveaux exceptionnellement bas,

Document 9 :

En fait, la bulle obligataire dénoncée par Alan Greenspan n’existe pas : les taux anormalement bas des Notes sont le résultat de placements de précaution dans le cadre de cette €-crise qui perdure.

Tout va bien en attendant l’€-tsunami bancaire.

Cliquer ici pour lire mon article (en partie) erroné sur la 3° bulle.

Remarque : les documents 1 à 6 sont ceux de la semaine dernière alors que je pensais mettre cet article en ligne, ce que je n’ai pas pu faire, mon mulot refusant maintenant de les actualiser.
Les documents suivants sont à jour.

11 août 2017 3

Avant un tsunami, tout va bien…

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Avant un tsunami, la mer est toujours belle, le soleil brille, tout va bien.
Seuls quelques indicateurs fiables sont perçus par certains être vivants qui savent les interpréter correctement et qui ont bonne mémoire…

Tout va bien aux Etats-Unis : les Américains n’ont augmenté leur épargne que de 3,9 % d’une année sur l’autre lors de la semaine finissant le lundi 31 juillet, ce qui montre qu’ils ont confiance en l’avenir !

Document 1 :

De ce fait le taux de croissance du PIB pourrait être plus élevé que prévu lors de mon article précédent, à savoir au-dessus de 2,6 % d’une année sur l’autre et de 3,5 % par rapport au trimestre précédent en taux annualisé… exactement comme l’avait dit le Donald !

Document 2 :

Tout va bien tant que le tsunami €-zonard n’a pas eu lieu.

Cliquer ici pour lire mon article précédent sur ce thème.

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4 août 2017 26

Leverage réel des banques françaises, 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Un récapitulatif du leverage réel des 4 Gos banques françaises à la fin de ce dernier trimestre montre clairement que la confiance ne peut pas régner dans le système bancaire en France comme en Europe car elles sont très loin de respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %,

Document 1 :

2017 Q2Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 741,501 748,652 142,961 350,206 983,33
2 Equity100,183,54199,31860,1343,07
3 Hybrid securities +8,45,04914,42714,342,127
4 Goodwill13,87,8929,7914,936,343
5 Tangible equity77,970,675,141264,6
6 Liabilities1 663,601 678,052 067,861 309,206 718,73
7 Leverage (µ)21,3623,7727,5331,9325,39
8 Core Tier 1 (%)4,684,213,633,133,94

Sommes en milliard d’euros.

Pour respecter les règles prudentielles d’endettement telles qu’elles ont été définies par ce bon vieux Greenspan, il faudrait globalement augmenter les capitaux propres de ces 4 Gos banques de… 410 milliards d’euros ou diminuer le total de leurs dettes de l’ordre de… 4 000 milliards !

Quelques petits rappels : en suivant la même méthode d’analyse, Citigroup respecte ces règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan à savoir un leverage de 10 correspondant à un ratio Tier 1 de 10 %.

Les 8 plus grandes banques des Etats-Unis avaient au même trimestre globalement un leverage de 12,03 correspondant à un ratio Core Tier 1 de 8,31 % répondant aux exigences de la BRI dans les années 80.

Le total de leur bilan (10 113 milliards de dollars) ne représente que 57,0 % du PIB annuel américain (19 226,7 milliards de dollars) ce qui inquiète les Américains, mais les Français ne s’inquiètent pas du fait que le total des bilans de leurs 4 Gos banques représente 3 fois le PIB annuel de la France (2 257,2 milliards d’euros) !
Pire : il repose sur de l’argent non gagné (près de 500 milliards d’euros), c’est-à-dire sur de la création monétaire.

Le multiple d’endettement de ces 4 Gos banques s’est légèrement amélioré par rapport à la fin de l’année 2016…

Document 2 :

2016 Q4Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 722,801 763,042 076,961 382,206 945,04
2 Equity98,681,262100,66562342,48
3 Hybrid securities +9,53,36516,84916,746,412
4 Goodwill13,87,99710,2164,436,368
5 Tangible equity75,369,973,640,9259,7
6 Liabilities1 647,501 693,142 003,361 341,306 685,34
7 Leverage (µ)21,8824,2227,2232,825,74
8 Core Tier 1 (%)4,574,133,673,053,88

… et l’amélioration d’une année sur l’autre reste très faible,

Document 3 :

2016 Q2Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 770,701 757,642 171,991 460,207 160,53
2 Equity96,677,22897,50958,5329,837
3 Hybrid securities +93,1116,99314,343,403
4 Goodwill14,27,81810,1164,736,834
5 Tangible equity73,466,370,439,5249,6
6 Liabilities1 697,301 691,342 101,591 420,706 910,93
7 Leverage (µ)23,1225,5129,8535,9727,69
8 Core Tier 1 (%)4,323,923,352,783,61

Les banksters, c’est-à-dire les cadres dirigeants de ces grandes banques connaissent très bien la gravité de la situation dans leur propre établissement, et il en est de même pour les autres. Ils n’ont donc pas confiance entre eux, ce qui bloque le marché interbancaire.
Cependant, leurs groupes de pression ont réussi à faire adopter par les autorités des pays européens des usines à gaz de règles absconses de façon à mieux camoufler leurs errements létaux.

Ce problème n’est jamais abordé dans les médias ni officiellement dans les milieux financiers selon cette méthode. Elle a pourtant été (plus ou moins) clairement explicitée par ce bon vieux Greenspan et d’autres dont la BRI, Axel Weber, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, l’Union Européenne (dans sa directive CRD IV), la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), The Swiss Financial Market Supervisory Authority (FINMA)…
Je ne fais que reprendre leurs idées.

Pour l’instant, il n’y a pas encore eu de tsunami bancaire. Le marché interbancaire ne fonctionne plus. La crise rampante perdure, le désordre allant croissant.

D’après une étude du Parlement européen, les prêts dits non performants, c’est-à-dire les prêts octroyés par les banques qui risquent de ne pas être remboursés s’élèvent à plus de 1 000 milliards d’euros pour la zone,

Document 4 :

D’après les Marioles de la BCE, ces prêts non performants seraient de 350 milliards pour l’Italie. Les évaluations du Parlement seraient donc sous-évaluées de l’ordre de 25 %, ce qui conduirait pour les Gos banques françaises à un total de 180 milliards !

En fait, la nomenklatura bancaire européenne joue collectivement sa survie en maintenant des cours déconnectés de la réalité. De telles manips, ça marche un temps mais pas tout le temps.

Tout est simple.

Pour rappel, d’après MorningStar les principales institutions financières américaines ont augmenté leurs capitaux propres de plus de 750 milliards de dollars depuis 2009, dixit une dépêche de l’AFP, ce qui confirme parfaitement mes analyses antérieures sur les banques alors que les banques européennes et en particulier les Gos banques françaises n’ont presque pas augmenté leurs capitaux propres pendant la même période.
Les chiffres de MorningStar sont donc bien en concordance avec les 410 milliards d’euros que les Gos banques françaises devraient rajouter à leurs capitaux propres pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan d’après mes analyses…

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4 août 2017 4

Natixis 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Natixis est l’entité cotée de l’usine à gaz BPCE. Comme les autres Gos banques françaises, les comptes publiés par Natixis ne donnent pas une image fidèle de la réalité, ce qui est condamnable partout dans le monde mais pas condamné en France.

Pour donner une image fidèle de la réalité, il faut retraiter les comptes publiés par Natixis à partir d’informations pertinentes publiées dans certains tableaux parce que ces banksters sont obligés de les publier !
Ainsi en est-il du montant des véritables capitaux propres (Core Tier 1 en Bâle III) qui se montent à 13,6 milliards d’euros à la fin de ce dernier trimestre,

Document 1 :

Le bilan… comptable ! (sic, le ridicule ne tue toujours pas les banksters !) publié doit donc être retraité en fonction de cette donnée,

Document 2 :

En retenant les bons chiffres, le leverage réel est de 36,53 à la fin de ce dernier trimestre, ce qui correspond à un ratio Core Tier 1 réel de 2,74 % très loin des exigences de ce bon vieux Greenspan (un leverage inférieur à 10 ou un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %), et en détérioration par rapport à la fin de l’année 2016,

Document 3 :

Natixis2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets537,9521,6527,8508,9510,4
2 Equity18,819,119,820,520,5
3 Deductions221,63,43,4
4 Goodwill3,53,53,63,63,5
5 Tangible eq13,313,614,613,513,6
6 Liabilities524,6508513,2495,4496,8
7 Leverage (µ)39,4437,3535,1536,736,53
8 Core Tier 1 (%)2,542,682,842,732,74

Sommes en milliards d’euros.

Pour rappel, la banque des frères Lehman a fait faillite en 2008 avec un multiple d’endettement (mon µ), le leverage, de… 32 !

Ils ne parlent pas évidemment des 12,2 milliards d’euros, un montant proche de leurs capitaux propres tangibles (13,6 milliards !) que la Banque de France leur prête généreusement en mettant en pension des titres dans le cadre des Titres négociables à court terme

Document 4 :

… ni des milliards que leur prête la BCE qui ne cite aucun chiffre ni aucune banque bénéficiaire de ses largesses.

Un rappel encore : ce bon vieux Greenspan préconise que le leverage réel des big banks too big to fail soit inférieur à 10, non pondéré des actifs avec le montant des capitaux propres réels (les capitaux propres tangibles, sans les écarts d’acquisition), et que son inverse, le ratio Core Tier 1 soit supérieur à 10 % comme le préconisent aussi la BRI, Axel Weber, l’EBA, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal, la directive européenne CRR/CRD IV et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC).

Il faudrait augmenter les capitaux propres de… 32,8 milliards d’euros pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan !

Pour l’instant, ça marche. Tout va bien : il n’y a pas eu de tsunami bancaire.

La capitalisation boursière de Natixis de 19,9 milliards d’euros est complètement déconnectée des réalités car elle est supérieure à ses capitaux propres tangibles qui sont sa valeur à la casse.
Elle est obtenue en grande partie par un taux de distribution (rendement des dividendes par action) exceptionnel et tout à fait anormal de 5,51 % et surtout grâce… au Donald !

Document 5 :

Le ratio P/E a une apparence normale mais trompeuse de 13,5.
Le retour aux réalités sera rude…
Heureusement que peu de gens lisent ce que j’écris car ça fait peur !

Cliquer ici pour voir les résultats de Natixis d’où sont extraites ces informations.

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4 août 2017 4

BPCE 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Comme je l’ai déjà écrit, BPCE est l’usine à gaz créée par le principal collaborateur de notre histrion ignare qui utilise certains de ses tuyaux pour enduire les analystes (et presque tout le monde) dans l’erreur à l’insu de leur plein gré…
En effet, nos banksters avaient réussi à faire comptabiliser officiellement en France les fameux Titres Super Subordonnés à Durée Indéterminée (TSSDI) dans les capitaux propres alors qu’ils sont considérés partout dans le monde comme des dettes car ce sont des capitaux rémunérés sous la forme d’intérêts.
Cette distinction entre capital et dettes est fondamentale, comme le montre clairement la dénomination du passif en anglais : Liabilities & equity, le mot passif n’existant pas en anglais, car les actifs ne peuvent être financés que par des capitaux propres et des dettes.
C’est simple, mais trop simple pour nos banksters franchouillards qui ont trouvé là un terrain d’entente pour camoufler plus ou moins adroitement leurs turpitudes, mais ça ne marche pas pour les rares analystes compétents s’exprimant en français (le pluriel ne se justifie peut-être pas !) et pour les gens de l’EBA, l’Agence Bancaire Européenne qui ont publié les montants des véritables capitaux propres selon les règles appliquées partout dans le monde, sans les titres dits hybrides dont les TSSDI font partie, pour les bilans arrêtés au 30 juin 2013 et qui confirment mes analyses.
Les chiffres publiés dans les rapports trimestriels de BPCE ne donnaient donc pas une image fidèle de la réalité pour tromper les investisseurs et les marchés, ce qui est condamnable mais pas condamné en France (seul celui qui a dénoncé cette tromperie a été sanctionné !).

Cependant, les banksters de BPCE publient maintenant prudemment le montant des véritables capitaux propres en concordance avec ceux de l’EBA dans une annexe,

Document 1 :

Les chiffres publiés dans le bilan publié par BPCE doivent donc être retraités en fonction de ces données pour donner une image fidèle de la réalité,

Document 2 :

Dans ces conditions, il est possible de calculer des ratios qui se rapprochent de la réalité en appliquant les règles internationales.

Le ratio Core Tier 1 réel, c’est-à-dire le rapport entre les capitaux propres et (sur) le total des dettes (du bilan moins les capitaux propres) est de 4,83 %, ce qui correspond à un leverage (que l’on peut traduire par ratio de levier) de 20,72 qui s’interprète de la façon suivante : le total des dettes représente 20,72 fois le montant des véritables capitaux propres, ce qui correspond à un multiple d’endettement, expression que j’ai adoptée, avec le symbole µ pour simplifier.

Document 3 :

BPCE2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets1 219,741 209,081 235,241 238,651 238,25
2 Equity58,42859,83261,46262,63763,041
3 Deductions1,111,2141,7652,1591,649
4 Goodwill4,3184,3184,3974,4784,392
5 Tangible eq5354,355,35657
6 Liabilities1 166,741 154,781 179,941 182,651 181,25
7 Leverage (µ)22,0121,2721,3421,1220,72
8 Core Tier 1 (%)4,544,74,694,744,83

Sommes en milliards d’euros.

Comme je l’ai déjà écrit, Bien entendu, les ratios et multiples de ce tableau sont calculés à partir des actifs qui ne sont pas pondérés des risques car tout actif est par définition risqué, selon les préconisations de ce bon vieux Greenspan, de la BRI, d’Axel Weber, de la Fed, de la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC), en conformité avec les accords de Bâle I comme le rapporte entre autres la CRR/CRD IV.

BPCE est donc dans une mauvaise situation car son multiple d’endettement réel, le leverage, reste à un niveau trop élevé alors que pour ce bon vieux Greenspan, le leverage devrait être inférieur à 10 (donc avec un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %) pour respecter les règles prudentielles d’endettement bancaire en vigueur après les turbulences de 2008.

Il faudrait pour cela augmenter les capitaux propres de 55,6 milliards d’euros !

Les dirigeants de BPCE ne parlent pas évidemment des 23,780 milliards que la Banque de France leur prête généreusement en mettant en pension des titres sous la forme de Titres Négociables à Court Terme dans le cadre des Titres de Créances Négociables (TCN), et… 35 milliards avec Natixis !

Document 4 :

Pour l’instant, ça marche. Tout va bien : il n’y a pas eu de tsunami mais le marché interbancaire est complètement bloqué dans la zone euro.
Heureusement que peu de gens lisent ce que j’écris car ça fait peur !

Cliquer ici pour voir les résultats de BPCE d’où sont extraites ces informations,
Cliquer ici pour voir les chiffres des Titres Négociables à Court Terme dans le cadre des Titres de Créances Négociables (TCN).

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3 août 2017 1

Crédit Agricole (Groupe), 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

O miracle ! Nos péquenots du Crédit Agricole ont donc enfin compris (après d’autres banksters de big banks too big to fail) ce que j’explique depuis des années, à savoir que l’essentiel pour les banques est qu’elles doivent respecter les règles prudentielles telles qu’elles ont été édictées par ce bon vieux Greenspan : un leverage réel non pondéré des actifs calculé avec le montant des capitaux propres réels (les capitaux propres tangibles, sans les écarts d’acquisition ni les autres titres folkloriques), ou son inverse, le ratio Core Tier 1 comme le préconisent aussi la BRI, Axel Weber, l’EBA, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal, la CRR/CRD IV et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC).

Ils publient un tableau montrant que le montant de leurs capitaux propres réels est de… 77,9 milliards d’euros pour ce dernier trimestre…

Document 1 :

… ce qui est loin du montant des capitaux propres publiés,

Document 2 :

En reprenant les bons chiffres, le multiple d’endettement réel, mon µ, le leverage est de 21,36 ce qui correspond à un ratio Core Tier 1 réel de 4,68 % pour ce dernier trimestre, en (légère) amélioration par rapport aux précédents,

Document 3 :

Cdt Agric Groupe2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets1 770,701 765,301 722,801 749,701 741,50
2 Equity96,698,198,699,2100,1
3 Deductions999,58,88,4
4 Goodwill14,214,313,814,313,8
5 Tangible eq73,474,875,376,177,9
6 Liabilities1 697,301 690,501 647,501 673,601 663,60
7 Leverage (µ)23,1222,621,8821,9921,36
8 Core Tier 1 (%)4,324,424,574,554,68

Sommes en milliards d’euros.

Il faudrait augmenter les capitaux propres du groupe Crédit Agricole de… 80,4 milliards d’euros pour respecter la règle prudentielle d’endettement de ce bon vieux Greenspan !

La capitalisation boursière de CASA de 42 milliards d’euros, est largement inférieure aux capitaux propres tangibles du groupe (77,9 milliards) qui sont considérés comme étant la valeur à la casse d’une banque, ce qui montre que les spéculateurs avisés se méfient de cette bad bank dont le cours peut encore replonger.
Après avoir perdu plus de la moitié de son pic de 2006, son cours est remonté grâce à… l’élection du Donald !

Document 4 :

Le ratio P/E élevé de 17,2 s’explique par une capitalisation anormalement élevée par rapport aux fondamentaux de la banque, le cours de CASA étant maintenu en survie grâce à un taux de distribution anormalement élevé lui aussi de 4,05%.

Comme je l’ai déjà écrit, Les péquenots du Crédit Agricole montrent une fois de plus que le leverage est bien le problème le plus important pour cette banque comme pour les autres, comme je le répète à maintes reprises.
Ce sont les clients et les salariés du Crédit Agricole qui vont renflouer la banque, en espérant que ce ne soient pas… les contribuables.
La grosse différence entre les Etats-Unis et l’Europe, dont la France, est que les autorités américaines n’hésitent pas à flinguer les grandes banques qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement telles qu’elles ont été édictées par les gens de la Fed et en particulier par ce bon vieux Greenspan, tandis qu’en Europe, et surtout en France, les dirigeants des Gos banques font ce qu’ils veulent, et le résultat est catastrophique comme le montre le marché interbancaire qui est totalement bloqué, la BCE étant obligée de s’y substituer, ce qui a des conséquences dramatiques, en accentuant et en prolongeant la crise.
Enfin, nos péquenots qui bricolent avec le crédit ne parlent évidemment pas des dizaines de milliards d’euros qu’ils obtiennent (quasiment gratuitement) de la Banque de France en mettant chaque jour des titres en pension dans le cadre des Titres de Créances Négociables, d’après les chiffres de la Banque de France et d’autres milliards encore de la BCE pour lesquels aucune information n’est donnée
.

Tout le reste est mauvaise littérature pour idiots inutiles voire nuisibles qui font confiance à leurs Gos banques.
Pour l’instant, tout va bien : pas de tsunami bancaire.

Cliquer ici pour lire le rapport financier du Crédit Agricole d’où sont tirées ces informations.

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2 août 2017 8

Les mécanos de la Générale, 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Victoire ! Les mécanos de la Générale ont réussi l’exploit de reprendre pour ce dernier trimestre la dernière place de la liste des Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales (Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs) car ils ont surclassé Deutsche Bank !

En effet, d’après le décryptage de leurs chiffres publiés, le véritable multiple d’endettement, le leverage réel des mécanos était de… 31,93 et son inverse le véritable ratio Core Tier 1 était de… 3,13 % en cette fin de dernier trimestre, en petite amélioration par rapport aux trimestres précédents,

Document 1 :

Société Générale2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets1 460,201 404,901 382,241 401,201 350,22
2 Equity58,560,961,95362,260,111
3 Deductions14,315,916,69816,614,251
4 Goodwill4,74,64,3554,54,86
5 Tangible eq39,540,440,941,141
6 Liabilities1 420,701 364,501 341,341 360,101 309,22
7 Leverage (µ)35,9733,7732,833,0931,93
8 Core Tier 1 (%)2,782,963,053,023,13

Sommes en milliards d’euros.
Euh… Un petit rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32

Les mécanos de la Générale avouent même que leur ratio de levier est, dans le cadre de la CRR/CRD IV (Capital Requirements Directive) de… 4,2 % ce qui est très proche de mes résultats (et ce qui les confirme) compte tenu des différences dans la façon de calculer cette donnée !

Document 2 :

Encore un petit rappel : un leverage de 32 signifie que le total des dettes représente 32 fois le montant des véritables capitaux propres.

Les mécanos de la Générale publient (en annexe) un tableau détaillé qui permet de calculer le montant des véritables capitaux propres (comme je l’ai toujours écrit contrairement à eux), soit 41,0 milliards d’euros qui est obtenu en retranchant du montant des capitaux propres publiés (sans les minoritaires) les sommes correspondant aux titres dits hybrides (TSS, TSDI, coupons et dividende), les écarts d’acquisitions (goodwill) et les dividendes à distribuer,

Document 3 :

Et encore un autre petit rappel : d’après les règles dites de Bâle I, les banques devaient avoir un leverage inférieur à 12,5 ou un ratio Core Tier 1, son inverse, supérieur à 8 %.

A la suite des turbulences financières de ces dernières années, ce bon vieux Greenspan a relevé ces exigences à un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %, sans pondérer les actifs, comme le préconisent également la BRI, Axel Weber, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la CRR/CRD IV et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC),

Document 4 :

Pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan, il faudrait augmenter les capitaux propres de… 81,8 milliards d’euros ou diminuer le total des dettes de l’ordre de 800 milliards (par cessions d’actifs) !

Document 5 :

Comme je l’ai déjà écrit, Les mécanos de la Générale confirment donc que mes calculs de l’été 2011 donnaient parfaitement bien une image fidèle de la réalité quand j’ai publié un ratio Core Tier 1 dans les 2 % alors qu’ils prétendaient à tort qu’il était de 9 % !
Comme je l’ai écrit précédemment, L’AMF m’a donc sanctionné totalement à tort alors que les mécanos de la Générale continuent à me donner finalement totalement raison !
En fait, ils commencent à essayer de comprendre les règles de gestion prudentielles d’endettement telles qu’elles vont être appliquées par l’Autorité Bancaire Européenne (EBA) qui calcule, comme je l’ai toujours fait à juste titre, les montants des véritables capitaux propres sans les titres dits hybrides, ces Titres Super Subordonnés (TSS) et Titres Subordonnés à Durée Indéterminée (TSDI) que seuls les banksters franchouillards de nos Gos banques ont fait passer officiellement pour des capitaux propres alors que tout le monde partout dans le monde les considère comme des dettes, comme je l’ai toujours écrit.
Il est particulièrement grave de constater qu’une autorité officielle, l’AMF, de connivence avec ces banksters, puisse sanctionner à tort une personne (moi !) qui publie des études financière justes, en conformité avec les règles internationales, et qui dénonce ces irrégularités en France.
Il est particulièrement grave de constater que les gens de la Banque de France qui sont chargés de faire appliquer les règles internationales ne le font pas, sciemment, de connivence avec les banksters.
Il est particulièrement grave de constater que les mécanos de la Générale qui gèrent 1 400 milliards d’euros d’actifs n’ont toujours pas compris le mécanisme de gestion des règles prudentielles d’endettement bancaire.
Il est particulièrement grave de constater que tous les autres professionnels en France puissent être aussi incompétents, en particulier les bonimenteurs tels que les analystes financiers patentés de la Société Française des Analystes Financiers et tous les journaleux de tous les médias
.

Par ailleurs, les mécanos de la Générale ne donnent évidemment aucune information explicite sur les 14,439 milliards d’euros qu’ils empruntent à la Banque de France dans le cadre des Titres de Créances Négociables (TCN) en mettant en pension des titres comprenant les Certificats de Dépôt à Moyen Terme en comptabilisant aussi les chiffres de Crédit du Nord qui fait partie du groupe des Mécanos…

Document 6 :

… sans compter les milliards généreusement prêtées par les Marioles de la BCE qui ne publient aucun chiffre !
Heureusement, je suis le seul, à ma connaissance à faire de telles analyses.
Les règles comptables sont redoutables car, lorsqu’on sait décrypter correctement les comptes des banksters, il est toujours possible de savoir si tout se passe bien ou si quelque chose ne va pas quelque part dans leur banque.

Les bénéfices de 1,16 milliard d’euros (retraités des exceptionnels) correspondent à un ROE calculé sur le montant des capitaux propres publiés de 7,7 %, de 11,3 % sur le montant des capitaux propres tangibles, ce chiffre relativement bon s’expliquant par la sous-capitalisation de la banque et de 3,8 % seulement sur le montant des capitaux propres nécessaires pour obtenir un leverage réel de 10 comme pour Citigroup par exemple.

La capitalisation boursière de la Générale est remontée récemment aux alentours de 40,5 milliards d’euros grâce… au Donald (!), c’est-à-dire au niveau du montant des capitaux propres tangibles (41,0 milliards) considérés comme étant la valeur à la casse d’une banque correspondant à un PER de 12,5 grâce à un taux de distribution anormalement élevé pour une banque de 4,4 % qui permet aux mécanos de ne pas plonger et même de survivre en sauvant trompeusement les apparences.

Document 7 :

Pour l’instant, tout va bien : pas de tsunami !
Tout est simple, enfin, presque.

Cliquer ici pour voir les résultats de la Générale de ce dernier trimestre.
Cliquer ici pour voir les chiffres des TCN publiés par la Banque de France.

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1 août 2017 6

HSBC Holdings plc 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage

HSBC, The Hongkong and Shanghai Banking Corporation est une banque d’origine asiatique créée par des Anglais qui est devenue pratiquement apatride, c’est-à-dire qu’elle opère dans un grand nombre de pays dans le monde, mais elle est contrôlée par la Bank of England du fait que son siège social est au Royaume plus ou moins Uni.

Le leverage réel d’HSBC de 16,3 pour ce dernier trimestre correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 6,1 % fait apparaitre une petite amélioration par rapport aux trimestres précédents mais il n’est pas certain que ce soit un renversement durable de tendance,

Document 1 :

HSBC2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets2 608,152 557,262 374,992 416,472 492,44
2 Equity191,257188,108175,386178,784188,396
3 Deductions49,25751,10826,7445,08421,743
4 Goodwill21,34622,653
5 Tangible eq142137127,3133,7144
6 Liabilities2 466,152 420,262 247,692 282,772 348,44
7 Leverage (µ)17,417,717,717,116,3
8 Core Tier 1 (%)5,85,75,75,96,1

Sommes en milliards de… dollars (US$) et non pas en livres !

Les dirigeants de cette banque donnent depuis le bilan de fin 2014 des informations très précises et très détaillées qui permettent de déterminer le montant des véritables capitaux propres tels qu’ils étaient définis dans le cadre du calcul du ratio Core Tier 1 d’origine et tels qu’ils doivent encore l’être d’après la directive européenne dite CRD IV… ce qui est paradoxal dans la perspective du Brexit !

Document 2 :

Ils publient donc des comptes fiables qui donnent une image fidèle de la réalité.
En fait, HSBC respecte les règles imposées par la Prudential Regulatory Authority (PRA) du Royaume-Uni d’une limite minimale de capitaux propres devant représenter au moins 3,5 % du total des actifs.

Pour Alan Greenspan, le raisonnement est légèrement différent : comme les actifs des banques sont financés par des dettes et des capitaux propres, le total des dettes ne doit pas dépasser 10 fois le montant des capitaux propres.

C’est simple, c’est clair, c’est logique car les banques sont des entreprises dont l’activité principale est de prêter de l’argent, l’argent qu’elles ont, c’est-à-dire leurs capitaux propres, et l’argent qu’elles n’ont pas mais qu’elles empruntent (il n’y a pas de création monétaire dans ce processus mais circulation monétaire, ce qui est tout à fait différent !).

Les écarts obtenus entre ces deux méthodes sont faibles et donc négligeables mais les seuils sont très éloignés : 3,5 % contre 10 % !
Comme je l’ai écrit à maintes reprises depuis plusieurs années, les grandes banques américaines (des Etats-Unis) respectent en pratique cette règle prudentielle d’endettement préconisée par ce bon vieux Greenspan.
Elle est non écrite, pas officielle, mais connue par les dirigeants des banques américaines et toutes les personnes de la sphère financière
.
Par contre, elle est volontairement ignorée par les banksters européens, évidemment.

Bien entendu, dans le cadre du calcul de ce véritable leverage, les titres hybrides (dont les TSSDI, Titres Super Subordonnés à Durée Indéterminée) sont retranchés du montant des capitaux propres qui figurent au bilan ainsi que les autres titres, ce que ne font pas les banksters des Gos banques françaises qui justifient leur interprétation en considération de la réglementation nationale qui ne respecte pas les règles internationales, et en toute impunité.

Document 3 :

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 82 milliards de dollars pour que cette banque respecte les règles édictées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 % à l’instar de Citigroup et d’autres banques fiables.

Néanmoins, avec un leverage de 16,3 HSBC est une banque beaucoup plus fiable que les Gos banques françaises qui ont un leverage de… 22 à 33 !

Les dirigeants d’HSBC ont réorganisé profondément la banque au cours de ces dernières années avec des cessions et d’importantes suppressions de postes, ce qui a permis d’obtenir au 1° semestre des bénéfices de 10,2 milliards de dollars (US$) réalisés essentiellement en Asie.
Le ROE d’HSBC est de 10,8 % sur les capitaux propres publiés, de 14,2 % sur le montant des capitaux propres tangibles et de 9,0 % sur le montant des capitaux propres nécessaires pour obtenir un leverage réel de 10.

La capitalisation boursière d’HSBC est de l’ordre de 190 milliards de dollars (US$) en concordance avec ces bons fondamentaux mais aussi par un taux de distribution particulièrement élevé de 4,09 %,

Document 4 :

HSBC a distribué une dizaine de milliards de dollars de dividendes au cours de chacune de ces trois dernières années et a racheté pour des milliards de dollars ses propres actions pour la plus grande satisfaction de ses actionnaires et il devrait en être de même dans l’avenir proche.

HSBC fait partie des Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales, Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs du Basel Committee on Banking Supervision (BCBS).

Cliquer ici pour voir le rapport de gestion de ce dernier trimestre d’HSBC.
Cliquer ici pour voir mon article précédent sur HSBC.

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