12 février 2016 6

€-crise, idiots, théories, spéculations et monétarisme

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

L’année 2016 est bien partie pour être une année passionnante car elle ne ressemble à aucune autre avec en particulier la perspective de taux négatifs pour les bons de Trésors de référence jusqu’aux 10 ans dans la zone euro (le Bund), ceux de l’Helvétie ayant déjà atteint cette valeur critique en 2015 (mais les petits Suisses n’intéressent personne).

C’est du jamais vu, c’était inimaginable, inconcevable, mais comme l’a dit Jean-Claude Le Tricheur : depuis 2008 tout est possible !

Dans une telle situation, que faire ?

La seule solution est de se référer évidemment aux théories économiques car elles rassemblent un corpus de connaissances élaborées par un certain nombre d’économistes qui les ont rendues cohérentes et fiables.

Bien entendu, il n’est plus question de reprendre ces théories qui ont finalement prouvé leur nullité comme celles qui ont été tirées des idées d’un certain Karl Marx, ce qui a alimenté l’essentiel des polémiques au XX° siècle.

La seule théorie qui permet maintenant d’analyser d’une façon pertinente les évènements économiques et financiers actuels est celle qui a été initiée par Milton Friedman, enrichie et appliquée avec succès par la suite en particulier par les Reaganomics.
Alan Greenspan a maintenu la flamme tant qu’il a été à la tête de la Fed (grâce à ses discours savoureux) mais malheureusement, depuis son départ, c’est médiatiquement le grand vide bien que les gens de la Fed continuent à appliquer avec brio un monétarisme adapté aux circonstances

Qu’en est-il de ce monétarisme ?

Le premier pilier des Reaganomics est l’argent sain disait jadis Arthur (Laffer)…
… ça commence mal car, en dehors du microcosme microscopique constitué par les personnes qui lisent et qui comprennent ce que j’ai écrit précédemment, peu de gens maitrisent ce concept.

L’analyse de l’évolution des agrégats monétaires est l’instrument privilégié qui permet de vérifier que l’argent reste sain.

C’est là un concept tellement important que le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, a réussi à imposer, avant sa prise de fonction à la tête de la Fed, la suppression de la publication des chiffres de M3 dès qu’il a eu pris officiellement la tête de la Fed pour que seuls, lui et ses collaborateurs, puissent disposer de cette information indispensable à toute analyse !
Ainsi, tous les économistes ont été privés de cet indicateur essentiel, ce qui a permis aux seuls gens de la Fed de maitriser la grande crise qu’ils préparaient pour faire éclater la bulle qui s’était formée en M3-M2, connue sous l’expression de la crise des sub-prime.

Il en est encore de même actuellement : la Fed ne publie toujours pas les chiffres de cet indicateur-clé mais il est possible d’en avoir des indications à partir de l’observation des disponibilités (cash) des entreprises américaines qui sont considérables, comme le prouvent par ailleurs le montant des réserves de la Fed, la distribution des dividendes et les rachats d’actions, le tout sans création monétaire.
L’argent est resté sain aux Etats-Unis.

Par contre, il n’en est pas de même dans la zone euro où M1 dépasse les limites de ce qui est imaginable, cf. mes analyses à ce sujet.
L’argent n’est pas sain dans la zone euro.
Pire : les banques ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement.

Dans ces conditions, le pire peut se produire.
Les Américains (les gens de la Fed et les dirigeants les plus influents) ont sauvé le Bund des taux négatifs à partir du 28 avril 2015 (car la croissance des Etats-Unis était encore un peu fragile) mais ils ne l’ont pas fait récemment (surtout depuis ce début d’année) car les entreprises américaines peuvent maintenant supporter une €-crise majeure.

Cerise sur le gâteau : ces mêmes Américains font croire à tous les idiots inutiles que l’Amérique est au bord du gouffre, et ils y croient (!) … ce qui a l’avantage de brouiller les pistes en occultant le problème le plus important.
Cependant, de plus en plus d’investisseurs commencent à douter de la fiabilité des banques européennes dont la capitalisation boursière est maintenant inférieure à leur actif net tangible.

Le plus grave est que les autorités de l’Europe continentale n’ont aucune culture monétariste, ce qui fait qu’elles accumulent les erreurs : les gens de la BCE mènent une politique monétaire suicidaire ainsi que les banksters et les hommes (et les femmes) politiques, sous leur influence, ne comprennent rien à rien, ce qui n’est pas étonnant.

Dans ces conditions, une fois de plus, le pire n’est pas certain mais possible.

Complément : William Dudley, Président de la Banque fédérale de New York, vient de déclarer que le système bancaire américain et l’économie en général sont assez forts actuellement pour absorber d’importants chocs extérieurs.

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8 février 2016 26

€clatement, USA et monétarisme

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

L’évolution des marchés confirme, complète et précise même mes analyses…

En effet, les rendements des bons de Trésors de référence comme ceux du Bund et du Schatz continuent à plonger, le Schatz ayant battu aujourd’hui 8 février son plus bas historique à – 0,514 % alors que le Bund a été miraculeusement mais temporairement sauvé par les Américains depuis le 28 avril 2015,

Document 1 :

Effectivement, les Américains, c’est-à-dire ceux qui dominent les marchés, à savoir les membres du FOMC, des dirigeants et investisseurs influents, ont étonnamment sauvé le Bund lors de leur réunion le 28 avril 2015, cf. ce que j’en ai écrit à maintes reprises.

En fait, ils considéraient qu’il était encore trop tôt pour que l’€-crise s’accentue : ils voulaient attendre que l’économie américaine reprenne plus nettement, ce qu’ils ont acté lors de la dernière réunion du FOMC du 16 décembre.
Depuis cette date, les rendements du Bund ont commencé à baisser et à tomber finalement sous la barre critique des 0,50 % sur une tendance très forte surtout depuis la mi-janvier,

Document 2 :

La baisse des rendements du Bund et d’autres bons de référence qui lui sont liés, s’inscrit dans cette tendance lourde et forte qui a commencé en juillet 2007, cf. mes analyses concordantes depuis cette date,

Document 3 :

L’agonie de l’euro est désespérément longue…

Les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans ont rechuté en concordance avec l’accentuation de cette €-crise,

Document 4 :

Les écarts entre les rendements des bons à 10 ans et à 2 ans baissent, annonçant clairement l’accentuation de cette €-crise et une croissance contenue (sans inflation) aux Etats-Unis,

Document 5 :

Les cochons de pays du Club Med comme l’Espagne et l’Italie sont de nouveau dans une situation critique,

Document 6 :

Les Américains ont donc prolongé la survie de l’€-système pour attendre d’être en meilleure forme.
Maintenant, il peut tanguer et même sombrer car l’Amérique pourra supporter le choc
.

Comme toujours en période d’€-crise, les banques européennes qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement sont les plus vulnérables et les plus inquiétantes.

Le pire n’est pas certain, mais possible.
Tout est simple.

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25 janvier 2016 36

Monétarisme : 2016 US historique !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Incroyable mais vrai : au cours des deux premières semaines 2016, les variations des agrégats monétaires des Etats-Unis ont battu tous leurs records !

Après avoir augmenté de 139 milliards de dollars au cours de la semaine finissant le 4 janvier (par rapport la semaine précédente), M1 a baissé de 131 milliards la semaine suivante,

Document 1 :

Les très fortes variations de M1 après les attentats du 11 septembre 2001 étaient compréhensibles et logiques.
Ce qui vient de se passer l’est moins, mais c’est justement ce qui est le plus inquiétant car les Américains sont peut-être comme les éléphants : de bons indicateurs spontanés de tsunamis.

Inversement, il en est de même pour l’agrégat M2-M1 : les Américains ont sorti 156 milliards de dollars de leurs caisses d’épargne pour y ramener 268 milliards la semaine suivante !

Document 2 :

Normalement, les Américains ne devraient conserver globalement que 40 % du PIB sur leurs comptes de caisses d’épargne mais ils y ont accumulé 2 100 milliards de dollars en trop, ce qui freine la demande, donc la croissance du PIB,

Document 3 :

Le plus inquiétant est que depuis le mois d’octobre 2015, les Américains ont tendance à augmenter leur épargne (sur la base de la variation d’une année sur l’autre)…

Document 4 :

ce qui accentue la tendance au ralentissement de la croissance,

Document 5 :

La part de l’épargne des Américains est maintenant nettement supérieure à la moitié du PIB annuel,

Document 6 :

Ces fortes turbulences financières sont peut-être paradoxalement la manifestation d’un effet (positif) de richesse des Américains

En effet, si les Américains peuvent déplacer globalement plus d’une centaine de milliards de dollars d’une semaine à l’autre d’un compte d’épargne à un compte courant, et inversement, cela signifie qu’ils ont un degré de liberté considérable sur le plan financier.

Par ailleurs, cet effet de richesse peut avoir logiquement pour conséquence de freiner la propension à consommer car les Américains, ayant quasiment tous leurs besoins satisfaits, ne cherchent alors plus à consommer davantage.
Ils épargnent donc une partie de plus en plus importante de leurs revenus, ce qui bride la croissance.

Les Etats-Unis seraient ainsi passés à un nouveau paradigme de consommation et de richesse.

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24 janvier 2016 8

Monétarisme pour les nuls : or, monnaies, banques centrales… (2° partie)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Monétarisme

Pendant des décennies et même des siècles, les nations ont accumulé des réserves d’or (dans les comptes des banques centrales) car la communauté financière était persuadée que la détention d’or garantissait la valeur de leur monnaie.
Après l’abandon de la libre convertibilité du dollar en or, le 15 août 1971, quid de cet or ?

Les dirigeants de la Bank of England et de la Banque du Canada ont donné les bonnes réponses : cet or appartient à la nation, c’est-à-dire à l’Etat qui est le principal client de la banque centrale où il met en dépôt cet or comme peuvent le faire les clients des banques commerciales dans des coffres.

Conclusion logique : cet or n’est plus comptabilisé dans le bilan de ces deux banques centrales de référence, cliquer ici pour lire mon article à ce sujet.

C’est simple, tout est simple, sauf pour les nuls que sont notre Bécassine adorée et Jean-Claude Le Tricheur car, après avoir bien analysé le problème au départ dans le sens où ils admettent que l’or appartient non pas à la Banque de France mais à l’Etat

Document 1 :

… ils mettent un soin particulier à induire en erreur le public en ne publiant pas clairement le montant des capitaux propres.
Pour cela, ils ont imaginé une usine à gaz pour ne pas comptabiliser les pertes sur les variations du cours de l’or dans le résultat exceptionnel au moyen de ces réserves de réévaluation des réserves en or !

L’or demeure donc toujours comptabilisé à l’actif de la Banque de France comme s’il lui appartenait encore !

Document 2 :

Il s’agit là d’une faute très grave car le bilan de la Banque de France ne donne pas une image fidèle de la réalité en s’appropriant indument l’or national.
N’importe quel patron de banque (ou de petite entreprise) qui comptabiliserait dans ses actifs (et dans ses capitaux propres) des biens dont ses clients sont propriétaires serait poursuivi et condamné pour publication de faux bilan, ce qui n’est pas le cas des gens de la Banque de France, évidemment…

Pour que les comptes de la Banque de France donnent une image fidèle de la réalité, il faudrait donc biffer cet or à l’actif

Document 3 :

et en contrepartie au passif, dans les capitaux propres, pour le même montant,

Document 4 :

Dès lors, le montant des capitaux propres (somme de P 12 à P 18 sauf P 13 et P 15 !) tombe de 105,492 milliards d’euros à… 28,149 milliards !
Le total des dettes passe alors à 472,245 milliards d’euros ce qui correspond à un multiple d’endettement (le leverage) qui se monte à 16,8 correspondant à un ratio Tier 1 réel (son inverse en pourcentage) de 6,0 % !

Pire encore : les Marioles de la BCE font la même faute, en plus grave car elle porte sur des montants plus élevés et là encore il faudrait donc biffer cet or à l’actif (sur le bilan au 1° janvier 2016)…

Document 5 :

et en contrepartie au passif, dans les capitaux propres, pour le même montant,

Document 6 :

Le montant des capitaux propres (rubriques 11 et 12) tombe alors de 443,373 milliards d’euros à 104,660 milliards.
Le total des dettes passe alors à 2 337,772 milliards d’euros ce qui correspond à un leverage) de 22,3 correspondant à un ratio Tier 1 réel de 4,5 % !

Un petit rappel : d’après ce bon vieux Greenspan, le multiple d’endettement (le leverage) des banques devrait être inférieur à 10 pour respecter les règles prudentielles de façon à ce que la confiance règne dans le système bancaire
…et un autre rappel : la BCE est habilitée à gérer l’euro-système mais ni elle ni la Banque de France n’ont été autorisées à ne pas respecter les règles comptables (IFRS) dont l’application est obligatoire pour toutes les entreprises qui doivent publier des comptes (résultat et bilan).

Dans ces conditions, il est donc compréhensible que la confiance ne règne plus dans l’€-système ni en cette monnaie contre nature qu’est l’euro.

Comme notre paysan de Böhm-Bawerk, les malheureux €-zonards conservent leur argent non pas sous leur matelas mais en billets et surtout sur leurs comptes courants comme l’indique l’agrégat monétaire M1 qui se monte à 63 % du PIB annuel, cf. mes articles à ce sujet.

L’argent ne circule plus dans la zone euro.
La circulation monétaire est bloquée, ce qui bloque la croissance
.
Tout est simple.

Pour aggraver la situation…
- d’après les estimations de la BCE, les banques de la zone (qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement) ont 1 000 milliards d’euros de créances douteuses, c’est-à-dire irrécouvrables,
- le système de paiement Target 2 fait apparaitre des déficits de l’ordre de 230 milliards en fin de mois pour les seules banques espagnoles et italiennes,
- les rendements du Bund sont anormalement maintenus en territoire positif alors qu’ils auraient dû rejoindre ceux du Schatz, rendant plate la courbe des taux prédisant ainsi une croissance nulle, ce qui est une configuration inimaginable qui ne s’est jamais produite,
- la politique monétaire dite accommodante de la BCE qui consiste à prêter des centaines de milliards d’euros à des banques qui les redéposent à la BCE ne produit que des effets négatifs.
Les cours des actions s’effondrent, se reprennent parfois, les variations des agrégats monétaires des Etats-Unis battent des records historiques.

Dans ces conditions, il est donc compréhensible que de grandes turbulences financières se développent sur les marchés mondiaux.

Dans l’avenir proche, le pire n’est pas certain mais possible.
Pour l’instant, tout va bien.

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22 janvier 2016 22

Monétarisme pour les nuls : or, monnaies, banques centrales… (1° partie)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Monétarisme

Un minimum de réflexion s’impose pour comprendre ce qui se passe sur les marchés financiers en faisant de petits détours incontournables…

Les économistes du XIX° prenaient souvent des exemples tirés de l’observation du travail des paysans qui formaient alors l’essentiel de la population.
Ainsi, Böhm-Bawerk a montré qu’en investissant un peu (de son temps) un paysan pouvait augmenter sa production et sa productivité, donc sa richesse.
Financiarisons son exemple…

Le paysan vend sa récolte de blé à un grossiste qui lui donne en échange des billets (de la banque centrale).
Si le paysan les garde sous son matelas en continuant à vivre en autarcie, cet argent ne circulera pas.
Le paysan n’augmentera pas sa richesse
.

Si au contraire, ce paysan utilise une partie de ces billets pour acheter du pain, il sortira de l’argent (de dessous de son matelas) qui ira dans le tiroir-caisse du boulanger qui pourra alors payer de la farine supplémentaire à son fournisseur qui pourra à son tour payer des paysans pour leur acheter davantage de blé dont le prix augmentera ce qui augmentera leur richesse…
Dans ce cas, l’argent circule. Le boulanger augmentera sa richesse de période en période ainsi que son fournisseur et d’autres paysans dont le nôtre.

C’est simple. Tout est simple. Tout le monde a compris.
Le concept de circulation monétaire est fondamental. Il conditionne (avec l’innovation et l’investissement) la richesse des nations et de leurs habitants.

Cette circulation monétaire est possible car le paysan et toutes les autres personnes qui lui sont économiquement liées dans ce circuit monétarisé ont confiance dans les billets qui circulent.
Là se trouve un problème important qui a été fort mal résolu pendant des siècles…

En effet, les hommes ont cru pendant longtemps que la monnaie (dont les billets de banque) a pour contrepartie l’or, ce qui est une grave erreur car, la véritable contrepartie de l’argent qui circule est la richesse créée qui en a été à l’origine, à savoir ici la récolte de blé de notre paysan, ce qui est une création de valeur.

L’or ne joue aucun rôle positif sur le plan monétaire. Pire même : le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, a montré dans ses premiers travaux académiques que la cause réelle de la crise de 1929, la Grande Dépression, a été l’achat de quantités très importantes d’or en particulier par la Banque de France.

En effet, en transposant ce problème dans l’exemple de notre paysan, s’il achète de l’or avec ses billets, il ne s’enrichira pas et il en sera de même pour toutes les personnes qui gravitent autour de lui (son argent ne circule pas, il est stérilisé).

En achetant des quantités très importantes d’or dans les années 20, les autorités françaises ont donc bloqué la circulation monétaire, ce qui a cassé la croissance des pays les plus développés au point de provoquer une crise très grave.

Dans les années 60, le général de Gaulle a voulu reprendre cette politique monétaire erronée en exigeant de l’or en contrepartie des dollars gagnés grâce aux excédents de la balance commerciale de la France, ce qui a provoqué une saine réaction des autorités américaines : le 15 août 1971, le Président Nixon, suivant les avis de ses conseillers (monétaristes), a décidé de ne plus rendre le dollar (US$) convertible en or.

C’est la date la plus importante de l’histoire économique moderne à partir de laquelle les monnaies sont définies les unes par rapport aux autres, sans être arrimées à l’or qui n’est qu’un métal dont le prix est déterminé en… dollars (US$) par les marchés.

A partir de cette 1° partie qui rappelle quelques bases fondamentales, la 2° partie permettra de comprendre les derniers développements des politiques monétaires et leurs conséquences, ce qui est fort mal compris généralement…

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19 janvier 2016 33

Les nuls de la Banque de France : la Justice confirme !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique France

Un petit rappel : la Banque de France et Christian Noyer, son gouverneur, m’ont poursuivi (en citation directe) pour diffamation à la suite de mes articles montrant que la banque avait perdu en réalité 31,942 milliards d’euros en 2013 alors qu’elle a publié 2,441 milliards d’euros de bénéfices.

Heureusement, la Justice m’a quand même donné raison : la 17° Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris a donné suite aux conclusions de… nullité (!) de mon avocat en déclarant… nulle la citation directe de la Banque de France et de Christian Noyer (son gouverneur),


Nuls, nuls, archi nuls sur toute la ligne, les gens de la Banque de France ont fait de grosses erreurs, non seulement dans la présentation de leurs résultats, mais aussi sur le plan juridique…

En effet, mon avocat a mis en œuvre en début d’audience un moyen utilisable en droit pénal en posant des conclusions de… nullité (l’expression convient particulièrement bien au cas présent !) qui ont pour effet de pouvoir, si elles sont acceptées par les juges, de mettre fin aux poursuites sans aborder le fond, ce qui a été le cas car les accusations des parties civiles étaient mal fondées, confuses et approximatives.
En fait ces gens-là n’ont pas supporté qu’une personne compétente ait pu contester leurs résultats tout en les ridiculisant.

L’affaire s’est donc arrêtée là, ce qui est d’une certaine façon un peu dommage car il aurait été intéressant de l’examiner sur le fond.
Il serait alors apparu, entre autres, que l’avocat de la Banque de France, ancien bâtonnier, et le service juridique de la banque, se sont monumentalement trompés d’article en me poursuivant en diffamation à l’encontre de personnes privées alors qu’il s’agissait de personnes publiques !
Par ailleurs, il aurait été intéressant d’exposer au Tribunal par quels moyens la Banque de France est parvenue à occulter ces pertes gigantesques de 32 milliards d’euros en 2013…

La Banque de France et Christian Noyer, son gouverneur, nuls en droit, nuls en comptabilité, en finances, en économie, en comportement, ont été authentifiés, confirmés et jugés nuls par le Tribunal.

Le plus grave dans cette affaire est que je suis le seul, à ma connaissance, à avoir mis en évidence et à avoir publié une analyse sur la perte de 32 milliards d’euros par la Banque de France en 2013 !

Ma défense était (très bien) assurée par Maitre Nicolay Fakiroff, Avocat à la Cour.

Pour rappel, dans son jugement, le Tribunal reprend des documents extraits de la citation directe de la Banque de France (contre moi) rapportant une partie de mes articles, dont ceux-ci…

Document 2 :

Document 3 :

Document 4 :

Tous les documents reproduits dans cet article sont la copie de pages du jugement de la 17° Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris du 29 septembre 2015, parties civiles poursuivantes : Christian Noyer et Banque de France.

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17 janvier 2016 13

Wells Fargo 4° trimestre 2015

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

Wells Fargo est l’un des meilleurs élèves de la classe des big banks américaines et des banques systémiques mondiales car cette banque respecte presque les exigences des règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan avec un multiple (mon µ, le leverage en anglais) de 11,3 en cette fin de dernier trimestre, ce qui correspond à un véritable ratio Core Tier 1 de 8,85 % et elle est rentable avec un bénéfice de 5,71 milliards de dollars sur le trimestre, ce qui donne un ROE de 15,7 % par rapport aux véritables capitaux propres, ce qui est parfait,

Document 1 :

Wells Fargo2014 Q42015 Q12015 Q22015 Q32015 Q4
1 Assets1 687,161 737,741 720,621 751,271 787,63
2 Equity184,394188,796189,558193,051193,132
3 Preferred st19,21321,99821,64922,42422,214
4 Goodwill25,70525,70525,70525,68425,529
5 Tangible eq139,476141,093142,204144,943145,389
6 Liabilities1 547,681 596,641 578,411 606,321 642,24
7 Leverage (µ)11,111,3211,111,0811,3
8 Core Tier 1 (%)9,018,849,019,028,85

Sommes en milliards de dollars.

Les chiffres retenus pour les calculs du leverage sont les actifs tangibles c’est-à-dire les capitaux propres diminués des actions de préférence, du goodwill et des minoritaires selon les règles édictées par ce bon vieux Greenspan, sans pondérer les actifs, comme c’est le cas avec le ratio Tier 1 et comme le préconisent entre autres Axel Weber, la BRI (le fameux Bâle I), la Fed et la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni.

Le montant des véritables capitaux propres et le total des dettes augmentent régulièrement de trimestre en trimestre, ce qui est parfait.

Document 2 :

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 17,1 milliards de dollars pour respecter les exigences des règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan avec un multiple (mon µ, le leverage en anglais) de 10.

Cliquer ici pour voir les résultats de Wells Fargo pour ce dernier trimestre.

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16 janvier 2016 4

Agrégats monétaires US : historique !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme, Non classé

Dans la semaine finissant le 4 janvier, l’agrégat monétaire M1 des Etats-Unis a augmenté de 139 milliards de dollars par rapport à la semaine précédente, du jamais vu, 15 milliards de plus qu’après les attentats du 11 septembre 2001, c’est historique !

Document 1 :

En effet, les Américains ont augmenté surtout leurs dépôts sur leurs comptes courants (TCD)…

Document 2 :

en diminuant de… 156 milliards de dollars leurs dépôts sur leurs comptes de caisses d’épargne (qui correspondent à l’agrégat M2-M1) !

Document 3 :

Depuis le mois d’août 2011, les Américains augmentent (trop) leurs dépôts sur leurs comptes de caisses d’épargne sur une tendance longue régulière malgré des variations importantes à très court terme,

Document 4 :

Cette épargne ne devrait représenter que 40 % du PIB. 1 832 milliards se trouvent donc en excès dans ces caisses d’épargne. Leur baisse est un bon signe.

Depuis le début de 2014, l’augmentation de M1-M2 est de l’ordre de 5 % d’une année sur l’autre,

Document 5 :

Comme l’augmentation du PIB nominal est de l’ordre de 4 % d’une année sur l’autre…

Document 6 :

les variations du PIB réel, en croissance proche de son potentiel optimal sont faibles car elles sont inversement proportionnelles à la variation de la masse monétaire libre,

Document 7 :

La détérioration de la situation qui était observable en 2015 (à cause de l’augmentation de la masse monétaire libre) peut s’inverser en 2016 si la tendance (à la baisse, du moins relative, de M2-M1) de cette première semaine 2016 se confirme,

Document 8 :

Il est encore trop tôt pour connaitre la cause de ces grands écarts dans les variations de ces agrégats monétaires, pour savoir si cette tendance durera et ce que feront les Américains de ces dollars sur leurs comptes !
Ce qui se passe, et ce qui va se passer est historique.

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15 janvier 2016 7

Citigroup 4° trimestre 2015

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

Citigroup est depuis le 1° trimestre 2015, la première et la seule grande banque (de la liste des banques systémiques mondiales) à respecter la règle prudentielle d’endettement préconisée par ce bon vieux Greenspan à savoir un leverage réel inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel supérieur à 10 %, en progression par rapport aux précédents trimestres et sans tricher,

Document 1 :

Citigroup2014 Q42015 Q12015 Q22015 Q32015 Q4
1 Assets1 842,181 831,801 827,101 808,361 731,21
2 Equity199,717202,652205,472205,63205,139
3 Preferred st10,46811,96813,96815,21816,718
4 Goodwill23,59223,1523,01222,44422,349
5 Tangible eq165,657167,534168,492167,968166,072
6 Liabilities1 676,521 664,271 658,601 640,391 565,14
7 Leverage (µ)10,129,939,849,779,42
8 Core Tier 1 (%)9,8810,0710,1610,2410,61

Sommes en milliards de dollars.

La performance est absolument remarquable !

Document 2 :

Les dirigeants de Citigroup ont entrepris des restructurations énergiques en sortant de la banque les activités les moins rentables (le total des actifs baisse) et en diminuant les coûts, ce qui conduit à des bénéfices record de 17,24 milliards de dollars en 2015.
Une réussite parfaite !

Comme je l’ai déjà écrit,
Partout dans le monde, les autres grandes banques ne respectent pas les règles de bonne gestion prudentielle d’endettement, ce qui est particulièrement dangereux.
La situation est encore pire dans la vieille Europe comme le montrent les chiffres des leverages réels et le blocage du marché interbancaire dans la zone euro.
Les dirigeants des big banks américaines too big to fail ont très bien compris qu’il fallait qu’elles respectent cette règle prudentielle d’endettement préconisée par ce bon vieux Greenspan à savoir un leverage réel de 10,0 au maximum correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 10,0 % au minimum sans qu’il soit nécessaire de la faire passer en tant que règle impérative, c’est-à-dire en tant que loi.
Il est très instructif de constater qu’en Europe, c’est le contraire qui se passe : les dirigeants des big banks too big to fail ont réussi à faire adopter des réglementations absconses qui les arrangent, en particulier avec ces actifs pondérés des risques.
Comme les Européens lambda ne comprennent rien à ces problèmes bancaires fondamentaux, personne (ou presque !) ne réagit comme il aurait fallu le faire.
Pour l’instant, tout va bien, enfin presque, apparemment, en Europe
.

Cliquer ici pour lire le dernier rapport financier de Citigroup.

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12 janvier 2016 11

De Danke schön à l’€-tsunami

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe

Une monnaie unique pour des pays souverains qui ont des niveaux et des gains de productivité différents est contraire à toute logique économique élémentaire, une absurdité et pourtant l’€-système continue à fonctionner mais grâce à l’Allemagne qui comble les déficits de ces cochons de pays du Club Med comme le montrent clairement les soldes des balances commerciales qui donnent l’illusion que ce sauvetage miraculeux pourra se poursuivre éternellement…

Target 2, le système de transfert express automatisé transeuropéen à règlement brut en temps réel, (Trans-European Automated Real-time Gross settlement Express Transfer system) en est un autre exemple.
Tous les transferts de capitaux d’un pays à un autre effectués par les banques de la zone passent par son intermédiaire.

Les données de la BCE montrent clairement que pour ces cochons de pays du Club Med, les soldes de ces flux de capitaux avec les autres pays est chaque mois fortement négatif, c’est-à-dire que les sorties de capitaux dépassent largement les entrées, le déficit ayant été de 73,5 milliards d’euros pour la France pour le seul mois de novembre dernier et de l’ordre de… 230 milliards pour l’Espagne et l’Italie !

Document 1 :

Horrible ! Epouvantable ! Et pourtant c’est bien réel, et ça a été pire… mais le système ne s’est pas encore écroulé parce que les flux de capitaux de l’Allemagne avec les autres pays est chaque mois fortement positif, c’est-à-dire que les entrées de capitaux dépassent largement les sorties, l’excédent ayant été de… 592,5 milliards d’euros en novembre dernier !

Document 2 :

Tous ces chiffres sont astronomiques, dingues, à l’image de cette histoire de fous qu’est l’€-système.

Globalement, le système est équilibré : les 700 milliards de déficits de ces cochons de pays du Club Med en novembre sont rattrapés par les excédents de l’Allemagne, auxquels il faut ajouter les soldes des autres pays de la zone, dont celui du Luxembourg qui rattrape bien la situation…

Document 3 :

… qui continue à se dégrader fortement depuis le début du fonctionnement de Target 2 : le cumul des déficits de ces cochons de pays du Club Med étant fin novembre de l’ordre de 40 000 milliards d’euros rattrapés par les excédents de l’Allemagne !

Document 4 :

Evidemment, la baisse de la croissance du PIB de la Chine à 6 ou 7 % est dramatique, ainsi que celle des prix des hydrocarbures, mais ce n’est pas là ce qui est le plus inquiétant pour toute personne sensée ayant un minimum de connaissances et faisant preuve d’un minimum de réflexion sur les problèmes économiques et financiers.
Pour l’instant, tout va bien !
Pas d’€-tsunami.

Compléments :
Les flux de capitaux interbancaires entre les pays de la zone passent obligatoirement par Target 2 mais d’autres flux de capitaux n’y transitent pas.
Ce sont les balances des paiements des pays de la zone qui comptabilisent finalement tous les flux.
Ainsi, dans la balance des paiements de la France, des déficits sont compensés par des entrées de capitaux, en particulier par 1 000 milliards d’euros provenant d’investisseurs étrangers ayant acquis des bons du Trésor (63 % de 1 584 milliards de dette négociable d’après l’AFT).

Par ailleurs, Target 2 ne rend pas compte de l’hypertrophie de l’agrégat monétaire M1, ce qui est encore un autre problème majeur ni le fait que beaucoup de banques ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement…

Cliquer ici pour accéder aux données de la BCE d’où sont tirés ces graphiques.

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