19 septembre 2018 10

Agrégats monétaires de la Suisse

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Monétarisme, Suisse

Une mise à jour, des corrections, de nouvelles analyses et de nouvelles conclusions s’imposent au sujet des agrégats monétaires de la Suisse…

D’après les chiffres publiés par la BNS, une hypertrophie considérable de la masse monétaire M3 apparait clairement lorsqu’elle est exprimée en fonction du PIB annuel courant,

Document 1 :

Pour rappel, M3 devrait représenter normalement un peu moins de 80 % du PIB annuel courant.

L’augmentation de M3 s’est produite surtout après les grandes turbulences financières marquées par la faillite de la banque des frères Lehman.

Document 2 :

Cependant, une grande partie de cette masse monétaire M3 est composée de capitaux ayant fui la zone euro pour se réfugier en Suisse afin d’échapper à l’€-crash et au retour de monnaies nationales, ce qui apparait clairement dans le poste des comptes de virement des banques en Suisse du passif de la BNS, cf. mes articles à ce sujet,

Document 3 :

Or, il s’agit là d’argent exogène, c’est-à-dire d’argent qui n’est pas généré par l’activité propre en Suisse et qui joue donc un rôle… passif.

Dès lors, il est logique de soustraire cet argent exogène de M3 afin que cet agrégat donne une image fidèle de la réalité de l’argent gagné qui circule en réalité en Suisse.
L’évolution de la masse monétaire M3 endogène se présente alors tout à fait différemment,

Document 4 :

Et ô surprise, cette masse monétaire réelle fluctue dans une bande de 80 à 85 % par rapport au PIB annuel courant depuis 2016, ce qui est presque parfait !

Document 5 :

Cette analyse de la masse monétaire apporte des éléments nouveaux qui justifient que la Suisse puisse conserver sa réputation de pays refuge et fiable pour les capitaux dans un environnement financier non fiable.

Cependant, les 477 milliards de francs de ces capitaux provenant de la zone euro représentent 70 % du PIB annuel courant, ce qui peut présenter des risques considérables lors de l’€-crash à venir bien qu’ils soient investis en titres, dont de la zone euro !

Les deux big banks too big to fail (UBS et Crédit Suisse) qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement font peser elles-aussi des risques considérables aux petits Suisses mais à partir de capitaux provenant de pays étrangers.

Les gens de la BNS, c’est-à-dire ses dirigeants et leurs collaborateurs font l’erreur de ne pas obliger ces banksters à respecter les règles de bonne gestion bancaire pourtant imposées par le Conseil Fédéral.

Pire : ils imposent aux entreprises suisses (et aux épargnants) des taux négatifs qui n’ont aucune justification par rapport à la situation monétaire helvète, ce qui les pénalise considérablement alors qu’ils auraient dû pénaliser au contraire les seules entrées indues de capitaux provenant de pays étrangers et en particulier de la zone euro.

Par ailleurs, il faut rappeler que ces gens de la BNS n’ont manifestement aucune culture monétariste comme le prouve le fait qu’ils comptabilisent dans l’agrégat monétaire M1 les encours des comptes courants des particuliers et des entreprises (comme les Marioles de la BCE) alors que seuls ceux des particuliers font partie de cet agrégat M1, les trésoreries des entreprises devant être comptabilisées dans l’agrégat M3-M2.

La dissociation entre l’argent (endogène) gagné circulant dans une nation et l’argent (exogène) introduit dans cette nation à partir de la fuite de capitaux d’autres nations mise en évidence ici dans le cas de la Suisse est une innovation inattendue qui prend de l’importance dans la mesure où les risques liés aux flux internationaux de capitaux sans contrepartie réelle augmentent.

Une fois de plus, l’existence de cette monnaie unique contre nature qu’est l’euro aura de graves conséquences partout dans le monde… après les midterms.

Cliquer ici pour accéder aux statistiques de la BNS d’où sont tirés les chiffres de ces graphiques.

17 septembre 2018 9

I’m looking for people to rewrite texts in English…

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique English, Etats-Unis

I’m looking for native English speakers (United States, Canada or United Kingdom) to reformulate texts already written in English but obtained from machine translation.

This involves rewriting these texts in English from articles originally written in French on topics related to economics, finance and monetarism such as those published on this site in order to adapt them to English-speaking readers.

It is not necessary to know French but a good knowledge of these subjects is essential in order to obtain well written texts for such English-speaking readers.

Interested persons can respond to this offer by using the comments (in this article) that will not be posted online (so they will not be visible to other readers).
An answer will be given to them by their email address which is only known to the administrator of this site.

17 septembre 2018 0

Crédit Suisse 2° trimestre 2018

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage, Suisse

Tidjane Thiam (X, Mines, INSEAD), le patron de Crédit Suisse depuis juin 2015, un noir franco-ivoirien trop noir pour la nomenklatura franchouillarde bancaire, n’arrive pas à diminuer le multiple d’endettement : le leverage réel de Crédit Suisse fluctue aux alentours de 20 (alors qu’il stagnait à 25 avant sa nomination), ce qui correspond à un ratio Core Tier 1 réel de 5 % environ, ce qui est encore loin de ces nouvelles exigences du Conseil fédéral et des règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan,

Document 1 :

Crédit Suisse2017 Q22017 Q32017 Q42018 Q12018 Q2
1 Assets783,411788,69796,289809,052798,158
2 Equity43,49343,85841,90242,5443,47
3 Deductions1,8091,8120,4492,8533,106
4 Goodwill4,6734,7154,7424,6674,831
5 Tangible eq37,01137,33136,71135,0235,533
6 Liabilities746,4751,359759,578774,032762,625
7 Leverage (µ)20,1720,1320,6922,121,46
8 Core Tier 1 (%)4,964,974,834,524,66

Sommes en milliards de francs… suisses (CHF).

Ces données sont obtenues en retenant les véritables capitaux propres, ceux qui sont bien réels : les capitaux propres tangibles tels qu’ils sont publiés par la banque,

Document 2 :

Un rappel : le véritable leverage est obtenu en diminuant le montant des capitaux propres (sans les minoritaires) des écarts d’acquisition, c’est-à-dire en évaluant ces capitaux propres à leur juste valeur de marché, celle des capitaux propres dits tangibles, sans pondérer les actifs, rapportés au reste du bilan qui est constitué par définition de dettes, selon les préconisations de la BRI (et de la directive européenne CRD IV), de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) et donc du Conseil fédéral.

Document 3 :

Il faudrait encore diminuer le total des actifs de… 407 milliards (en les cédant) pour que Crédit Suisse respecte les règles prudentielles édictées par ce bon vieux Greenspan et l’ordonnance sur les fonds propres du Conseil fédéral, à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %.

Document 4 :

Les petits Suisses devraient être inquiets car leurs deux big banks too big to fail présentant des risques systémiques ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement.
Fin 2011, le leverage de Crédit Suisse dépassait encore 40 !

Document 5 :

Les dirigeants de Crédit Suisse ont fait baisser le total de leurs actifs, mais ce n’est pas encore suffisant,

Document 6 :

Comme UBS, Crédit Suisse est incapable d’augmenter ses capitaux propres tangibles par son activité normale, ce qui est là encore inquiétant,

Document 7 :

Par ailleurs, Crédit Suisse publie un document faisant apparaitre que le taux des prêts dits non performants (Non Performing Loans, NPL) est de 0,73 % ce qui est exceptionnellement bon et possible ou… sous-évalué,

Document 8 :

Pour l’instant, tout va à peu près bien

Crédit Suisse fait partie des 30 Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales, Global Systemically Important Financial Institutions (G-SIFIs) du Basel Committee on Banking Supervision (BCBS).

Comme UBS, Crédit Suisse est loin de respecter les exigences de l’ordonnance sur les fonds propres du Conseil fédéral qui devaient s’appliquer depuis le 1° trimestre 2018… sans qu’aucune sanction ne soit prise !

Cliquer ici pour lire des informations financières dans le dernier rapport financier de Crédit Suisse.
Cliquer ici pour lire mon article précédent sur Crédit Suisse.

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16 septembre 2018 9

UBS Group AG, 2° trimestre 2018

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Leverage, Suisse

Comme je l’ai écrit précédemment, c’est la révolution en Helvétie : le Conseil fédéral a adopté le 22 novembre 2017 une modification de l’ordonnance sur les fonds propres qui oblige les banques d’importance systémique à respecter dès le 1er janvier 2018 un ratio de levier (rapport entre les capitaux propres et le total des actifs) au minimum de 10 % en conformité avec les normes internationales dites du Comité de Bâle III !

Le multiple d’endettement d’UBS ne s’améliore pas par rapport aux trimestres précédents avec un leverage réel de… 29,93 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de… 3,71 % ce qui est loin de respecter ces nouvelles exigences du Conseil fédéral et les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %,

Document 1 :

UBS2017 Q22017 Q32017 Q42018 Q12018 Q2
1 Assets890,831913,599915,642919,361944,482
2 Equity51,74453,49351,21451,24350,774
3 Deductions13,63114,48412,14511,85710,566
4 Goodwill6,2266,3886,3986,2356,391
5 Tangible eq31,88732,62132,67133,15133,817
6 Liabilities858,944880,978882,971886,21910,665
7 Leverage (µ)26,9427,0127,0326,7326,93
8 Core Tier 1 (%)3,713,73,73,743,71

Sommes en milliards de francs suisses.

Un petit rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32 !

UBS publie les éléments permettant de calculer le véritable leverage, c’est-à-dire le rapport entre le total des dettes et le montant réel des capitaux propres dits tangibles, en affichant très exactement les mêmes résultats que les miens !

Document 2 :

Il faudrait diminuer le total des actifs de… 572,5 milliards pour respecter ces nouvelles exigences du Conseil fédéral, ce qui est difficilement faisable !

Document 3 :

Le manque de réaction des Helvètes face à ce danger potentiel est étonnant.

Document 4 :

Un petit rappel : mes analyses des banques sont aussi en concordance avec celles de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC).

UBS fait partie des 30 plus grandes banques mondiales présentant un risque systémique, les Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales, Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs, du Basel Committee on Banking Supervision (BCBS).

Cliquer ici pour lire le rapport financier du dernier trimestre.
Cliquer ici pour lire mon article précédent sur les résultats d’UBS.

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15 septembre 2018 5

Leverage, banksters, Lehman et UBS…

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Etats-Unis, Europe, Leverage, Suisse

Aujourd’hui 15 septembre 2018, les frères et sœurs de Lehman fêtent joyeusement le dixième anniversaire de la mort de leur chère banque !
Personne n’a été en prison, tout va bien.

Les banksters de tous les pays se sont unis au début des années 2000 pour faire leurs coups à l’insu du plein gré de leurs clients, des investisseurs et des contribuables, grâce à la totale incompétence des autorités censées les superviser.
Le cas d’UBS est très instructif…

Au début de l’an 2000, le multiple d’endettement (leverage) d’UBS était certes déjà hors normes à 30, mais encore à un niveau tel que la situation aurait pu être rattrapée mais par la suite, déjà à 42 dès le 4° trimestre 2000, il a décollé à des niveaux stratosphériques surtout à partir du 4° trimestre 2007, donc un an avant la faillite de Lehman,

Document 1 :

La cause de ces dépassements hors normes du leverage est l’augmentation létale des actifs

Document 2 :

alors que les capitaux propres tangibles d’UBS n’ont quasiment pas augmenté depuis 2000 : ils continuent à fluctuer autour de 30 milliards de francs… suisses,

Document 3 :

Les banksters savaient très bien qu’ils ne respectaient pas les règles prudentielles d’endettement.
Les gens de la Fed le savaient eux-aussi très bien mais ils ne pouvaient pas lutter contre ces banksters car ils ont des groupes de pression très puissants et très influents.

C’est le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke qui a été chargé de faire le ménage en flinguant à bout portant sans sommation un de ces banksters, pour l’exemple.
La victime a été la banque des frères Lehman.

Au pays des cow-boys, tous les autres banksters ont alors compris immédiatement le message et ils ont filé doux : ils ont fait retomber au plus vite leur leverage dans les normes.

Dans la vieille Europe continentale, les autorités n’ont pas compris grand-chose à ce qui se tramait

Jean-Pierre Roth qui présidait alors la BNS, vient de déclarer au journal de Suisse romande 24 heures que pour lui tout a commencé le 9 août 2007 à 9 heures !

Document 4 :

Malheureusement, les décisions qui ont alors été prises au sujet d’UBS et ailleurs en Europe n’ont pas été à la hauteur de la gravité de la situation.

Les autorités européennes de surveillance des banques auraient évidemment dû intervenir dès le début du dépassement des normes de ce leverage, c’est-à-dire dès fin 2000.
C’était là leur travail.

Le job de Joe le plombier n’est pas de surveiller les ratios des banques, c’est aux dirigeants des banques centrales que cette tâche incombe.

Les banksters d’UBS ainsi que des autres banques européennes ne respectent pas les règles prudentielles préconisées par ce bon vieux Greenspan, ce qui est à l’origine d’une hypertrophie monétaire létale.

Avec un leverage actuel de 27, UBS a… 572 milliards de francs, suisses (!) en trop dans ses actifs, ce qui alimente cette création monétaire indue, et c’est ce qui va provoquer la prochaine grande crise avec comme point culminant l’€-crash.

Tout est simple.

Cliquer ici pour accéder au site d’UBS d’où sont tirées les données de ces graphiques.
Cliquer ici pour accéder au site du journal de Suisse romande 24 heures cité ci-dessus.
Cliquer ici pour (re)lire mon analyse d’UBS du 3° trimestre 2017.

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14 septembre 2018 12

€-crash et le Donald : actualisation, suite…

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe

Encore un petit coup d’œil pour suivre et actualiser les aventures de l’€-crash et du Donald

Hier encore, 13 septembre, le spread 10y-2y est passé sous la barre symbolique des 20 points de base (1/5° de point) à 19,6 avant de remonter par la suite prendre un peu d’air,

Document 1 :

Ce n’est pas le Grand Satan qui manipule les taux ni un grand complot des Zaméricains !

Ce ne sont que des Américains qui veulent défendre les intérêts de l’Amérique, en intervenant marginalement pour retarder l’€-crash de façon à ce que le Donald conserve la majorité au Congrès lors des midterms, les Démocrates étant les pires ennemis de l’Amérique,

Document 2 :

La tendance est bien à la poursuite de la baisse pour atteindre le zéro et les valeurs négatives après les midterms.
Es muß sein!
Festina lente.

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13 septembre 2018 14

€-crash et le Donald : actualisation

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Un petit coup d’œil pour suivre et actualiser les aventures de l’€-crash et du Donald

Pour rappel, le spread 10y-2y allait tout droit au zéro avant la fin août comme je l’ai prédit depuis le 17 décembre dernier, mais le Donald est intervenu énergiquement (selon ses habitudes) le 19 juillet pour en arrêter provisoirement la chute et la différer après les élections de début novembre,

Document 1 :

Depuis cette date, ce spread reste au-dessus de la barre symbolique des 20 point de base (1/5° de point) même si la tendance est très baissière : il a atteint un plus bas de ce cycle le 27 août à 18,1 points de base, prêt à plonger !

Hier encore, 12 septembre, ce spread a atteint brièvement 20 points de base en séance avant de remonter par la suite prendre un peu d’air,

Document 2 :

La tendance est bien à la poursuite de la baisse pour atteindre le zéro et les valeurs négatives après les midterms,

Document 3 :

De toute façon, le cycle doit se poursuivre, Es muß sein !

Document 4 :

Comme je l’ai écrit à maintes reprises, les rendements des Notes à 10 ans ne peuvent pas dépasser la barre des 3 % à cause des risques de l’€-crash et les membres du FOMC sont obligés de relever le taux de base de la Fed à cause des risques inflationnistes,

Document 5 :

Festina lente.

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10 septembre 2018 22

Interactive Brokers, les banksters et le leverage

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Etats-Unis, Leverage

Interactive Brokers est un bon exemple d’arnaque que les banksters utilisent pour enduire dans l’erreur à l’insu de leur plein gré les investisseurs et les analystes qui ne décryptent pas attentivement leur leverage…

En effet, j’ai mis en ligne le 6 novembre… 2011 un article faisant état pour ce courtier d’un excellent leverage à 6,2 correspondant à un ratio Tier 1 de 16,3 % en prenant en considération le total des capitaux propres publiés, ce qui était habituel à cette époque, cf. ci-dessous le lien de cet article.

Or, il est apparu par la suite, au fil des années que les banksters cherchent toujours à tricher sur les deux éléments du calcul de ce multiple d’endettement, à savoir sur le montant des capitaux propres et sur le total des dettes.

Ainsi par exemple, les banksters français se sont fait les spécialistes des titres dits hybrides, c’est-à-dire de certains emprunts qu’ils ont fait passer comme étant des capitaux propres du fait qu’ils étaient quasiment permanents.
Par la suite, les autorités européennes ont mis un peu d’ordre en obligeant les banksters à publier hors bilan le montant de leurs capitaux propres tangibles. Les péquenots du Crédit qui bricole viennent d’ailleurs d’être (légèrement) sanctionnés pour avoir encore un peu triché sur ce point.

Les banksters ont quand même réussi à pouvoir publier des ratios qui sont calculés non pas sur le total des dettes, mais sur les actifs dits pondérés des risques, ce qui ôte toute signification au leverage ainsi calculé.

Une autre arnaque jamais ou très rarement utilisée consiste à publier des minoritaires qui sont en fait largement… majoritaires comme c’est le cas pour Interactive Brokers !

Pour rappel, les capitaux propres réels à prendre en considération sont les apports a priori initiaux (avec éventuellement des augmentations de capital) et surtout les bénéfices accumulés qui doivent logiquement constituer l’essentiel de ces capitaux propres tangibles (tangible equity).

Les intérêts minoritaires ne doivent pas être pris en considération et ils sont généralement effectivement minoritaires, d’où leur nom, ou marginaux.
Pour publier des multiples d’endettement donnant une image fidèle de la réalité, j’ai adopté assez rapidement (mais après 2011) la solution de ne prendre en considération que les capitaux propres, dits part du groupe, sans les minoritaires.
Comme ces minoritaires l’étaient réellement, cette façon de procéder ne changeait que marginalement les résultats calculés antérieurement… sauf pour Interactive Brokers
!

En effet, ces minoritaires (Non controlling interests) se montaient à 5,517 milliards de dollars fin juin 2018 pour 1,183 milliards de capitaux propres part du groupe (Total stockholders’ equity) !

Document 1 :

Il en était de même (presque dans les mêmes proportions) en 2011 avec 4,068 milliards de dollars pour les minoritaires et 565,679 millions de capitaux propres part du groupe,

Document 2 :

Dans mon article de 2011, j’avais malheureusement retenu le total des capitaux propres (Total equity) soit 4,068 milliards de dollars, ce qui conduit à un leverage trompeur hors normes,

Document 3 :

Interactive Bkr2010 Q42011 Q32016 Q42017 Q42018 Q2
1 Assets28,49933,15154,97361,16260,303
2 Equity0,4880,5660,9741,091,183
3 Deductions-----
4 Goodwill
5 Tangible eq0,4880,5660,9741,091,183
6 Liabilities28,01132,58553,99960,07259,12
7 Leverage (µ)57,457,655,455,150
8 Core Tier 1 (%)1,71,71,81,82

Sommes en milliards de dollars.

Par la suite, j’ai toujours retenu le montant réel des capitaux propres, à savoir le montant des capitaux propres part du groupe qui est généralement peu différent du total des capitaux propres publiés.

Interactive Brokers est le seul cas que je connaisse qui utilise cette tromperie assez grossière.
Je n’ai d’ailleurs même pas fait attention à cette anomalie car, ce qui me semblait le plus important est la faiblesse des bénéfices accumulés (Retained earnings) fin juin 2018 d’un montant de… 323 millions de dollars seulement pour 60 milliards d’actifs après 40 ans de fonctionnement de cette société !

Ces 323 millions de dollars constituent donc l’essentiel de ce que devrait être le montant de ses capitaux propres.
Interactive Brokers survit (depuis 40 ans !) donc grâce aux apports de capitaux de ses actionnaires et d’un montage financier plus ou moins abscons.
Enron n’avait pas tenu aussi longtemps.

Les comptes d’Interactive Brokers sont certifiés par Deloitte & Touche LLP.

Les banksters font toujours preuve d’imagination et de pression sur les médias et les autorités pour tromper leurs clients et les investisseurs.
Il suffit de bien décrypter leurs arnaques pour ne pas tomber dans leurs pièges…

Cliquer ici pour lire mon article de 2011 sur Interactive Brokers.

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9 septembre 2018 79

€-crash : quelles solutions pour sauver son patrimoine ? Réponse(s)…

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, France

A la question : quelles sont les solutions envisageables pour sauver son patrimoine avant l’€-crash à venir ?
200 réponses de la part de mes lecteurs !

Malheureusement, il aura fallu attendre plus de 48 heures pour commencer à avoir de bonnes réponses mais toujours pas une réponse tout à fait claire et fiable…

D’abord, pour ce qui concerne le minimum vital pour les Français restant en France : il faut prévoir évidemment… une bonne cave composée de vin rouge pour… les flavonoïdes qui permettent d’éviter le scorbut !

En effet, la plus grande partie des fruits et légumes disponibles en France proviennent maintenant du Sud de l’Italie et de l’Espagne en utilisant comme main d’œuvre de prétendus migrants africains payés 300 euros par mois (sans charges sociales) qui ont fait disparaitre la plupart des producteurs français.
Comme quelques centimètres de neige aux alentours de Montpellier cet hiver pendant un jour ou deux ont bloqué des centaines de camions de livraisons de produits venant d’Espagne, les grands désordres qui se produiront lors de l’€-crash stopperont ces livraisons pour une durée indéterminée, ce qui rend indispensable l’apport d’ersatz de vitamine C à prendre de préférence sous la forme de vin rouge comme du temps de Christophe Colomb.

Ensuite, et plus sérieusement, sur le fond, quelques-uns de mes lecteurs ont finalement donné une bonne réponse mais incomplète, à savoir investir son patrimoine dans une grande banque fiable aux Etats-Unis, ce qui est possible pour les malheureux Euro-zonards à condition de respecter les procédures car les autorités américaines ne sont pas du tout laxistes vis-à-vis des personnes qui migrent comme le sont les autorités européennes et françaises en particulier

En effet, les Etats-Unis sont le seul grand pays dont l’argent reste sain, c’est-à-dire sans hypertrophie monétaire et avec des banques qui respectent les règles prudentielles d’endettement.

De plus, tous les autres fondamentaux sont maintenant bien rétablis : la croissance du PIB est remontée à son potentiel optimal avec une inflation elle-aussi à un niveau optimal et avec un plein emploi durable, les taux d’imposition sont retombés à des plus bas historiques, beaucoup de réglementations nuisibles ont été supprimées, etc.

Aucun autre pays dans le monde ne présente de tels résultat ni de telles performances.

Par ailleurs, évidemment, c’est le pays dominant dans le monde, celui qui peut imposer ses volontés en fonction de ses intérêts, surtout depuis que le Donald en est le Président.

Les formalités pour ouvrir un compte bancaire aux Etats-Unis sont relativement simples (passeport et un autre document d’identité) mais toutes les banques exigent la présence physique de leurs nouveaux clients dans une de leurs agences (aux Etats-Unis) lors de l’ouverture de ces comptes.
C’est là une exigence impérative des autorités américaines et le seul véritable inconvénient qui est insignifiant à partir du moment où il s’agit de la meilleure solution pour pérenniser et augmenter son capital (à condition d’en avoir un !) en toute sécurité.

Le voyage en vaut alors le coup !

Normalement, les banques doivent exiger de leurs futurs clients une adresse aux Etats-Unis, et un ID number comme le Social Security Number (SSN), l’Individual Taxpayer Identification Number (ITIN) ou l’Employer Identification Number (EIN) qui ne sont délivrés qu’à des citoyens américains ou à des résidents dûment enregistrés.
Cependant, certaines banques peuvent ne pas exiger cet ID number…

Les petits malins qui sont persuadés que Interactive Brokers est une bonne solution n’ont pas fait attention au rating de Standard & Poor’s qui était BBB+… en 2016 d’après les informations publiées sur le site d’IB, ce qui correspond à la catégorie Lower medium grade (Qualité moyenne inférieure) juste au-dessus de celle de Non-investment grade, speculative (Spéculatif), au même niveau que… celui de Deutsche Bank par exemple !

Document 1 :

Pour aggraver la situation, d’après les informations publiées par S&P Global Ratings, la notation d’IB remonte au 11 décembre 2014 (et non pas en 2016) et elle aurait dû être renouvelée le 22 novembre 2017, mais il n’y a pas eu de mise à jour de la notation à cette date… Pourquoi ?

Document 2 :

En conséquence, sachant qu’avant la Grande Récession, toutes les agences de notation avaient accordé de bonnes notes à tous les banksters, je ne recommanderai pas cette solution !

Pire encore : ces petits malins n’ont même pas cherché à examiner les comptes de ce courtier, c’est-à-dire un ersatz de bankster qui publie des capitaux propres pour un montant de 1,183 milliards de dollars (dont seulement 323 millions de bénéfices accumulés !) et un total de ses actifs de… 60,303 milliards !

Document 3 :

ce qui fait un leverage de 50 !

Document 4 :

IB2014 Q42015 Q42016 Q42017 Q42018 Q2
1 Assets43,38548,73454,97361,16260,303
2 Equity0,7660,8630,9741,091,183
3 Deductions-----
4 Goodwill
5 Tangible eq0,7660,8630,9741,091,183
6 Liabilities42,61947,87153,99960,07259,12
7 Leverage (µ)55,655,555,455,150
8 Core Tier 1 (%)1,81,81,81,82

Sommes en milliards de dollars.

Bravo les artistes qui osent mettre leur capital dans un tel établissement financier sans rien connaitre de sa situation !

Je ne recommande évidemment pas du tout cette solution qui est à proscrire absolument !

Par ailleurs, l’€-crash peut très mal se passer dans un certain nombre de pays, et en France en particulier, cf. mon article précédent.
Dans ce cas, avec un capital déjà aux Etats-Unis, il est facile de pouvoir s’y réfugier rapidement, ou dans un autre pays du moment que ce capital est ainsi placé en sécurité et toujours disponible.

Pour optimiser et sécuriser ce type de placement, il est préférable de passer par un intermédiaire fiable.

***

Il est toujours étonnant de constater que les Français ont toujours beaucoup de difficultés à développer des raisonnements cohérents dans les domaines économiques, financiers, monétaires et évidemment en matière monétariste.
Ils en sont et ils en seront les premières victimes.

Par ailleurs, je n’ai pas mentionné le cas des crypto dites monnaies qui sont le plusse pire de tous les placements imaginables

Cliquer ici pour accéder au site d’Interactive Brokers.
Cliquer ici pour accéder au site de S&P Global Ratings.

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6 septembre 2018 206

€-crash : quelles solutions pour sauver son patrimoine ?

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, France

Un sujet semble passionner un certain nombre de personnes : quelles sont les solutions envisageables pour sauver son patrimoine avant l’€-crash à venir ?

Il semble que le Donald nous offre un sursis, au moins jusqu’aux prochaines élections américaines de mi-mandat mais comme je l’ai écrit précédemment à maintes reprises, tout peut s’écrouler (le spread) très rapidement.
C’est l’occasion d’affiner un peu ces solutions, de prendre les bonnes décisions et de les mettre en œuvre, ce qui prend un peu de temps…

Pour rappel, les Marioles ont déjà tout prévu : les banques pourront tout fermer pendant une semaine, ce qui signifie que leurs clients ne pourront plus joindre leur agence, ni un conseiller par téléphone ni par email ni par sms, donc sans pouvoir faire quelque opération que ce soit sur leurs comptes bancaires, ni retirer de l’argent aux distributeurs de billets (ou au mieux pas plus que 50 € par jour et par personne) ni payer par carte bancaire,

Document 1 :

En conséquence, il est prudent de conserver chez soi de quoi vivre pendant au moins une semaine sans avoir besoin d’aller s’approvisionner dans des magasins d’alimentation dont les rayons seront vite vides, sans oublier de faire le plein…

Par la suite, si tout va bien, les banksters donneront à leurs clients de quoi pouvoir vivre au jour le jour pour pouvoir faire face à leurs besoins essentiels, pendant un certain temps,

Document 2 :

Après, ce sera la coupe de cheveux, la fameuse haircut en anglais : dans le style de celle qui a déjà été effectuée en Grèce et à Chypre, à savoir le vol de plus de la moitié de l’argent dépassant 100 000 euros (pour l’instant !), tous comptes confondus (la référence étant le total des créances des clients sur leur banque, ou inversement le total de la dette de la banque sur ses clients).

Les placements favoris des Français dans la pierre se révèleront catastrophiques comme cela s’est passé là aussi en Grèce et à Chypre : les biens immobiliers étant par définition immobiles et bien identifiés, l’Etat (la nomenklatura) en profitera pour les surtaxer.
Ces taxes rendant ce type de placement déficitaire incitera les propriétaires à vendre leurs biens immobiliers, ce qui fera baisser les prix qui s’effondreront par effet boule de neige accentué par des saisies massives.

Bien entendu, tout ceci s’accompagnera du plus grand désordre.
Les scènes d’émeutes qui se sont produites en France lors du 14 juillet dernier et le lendemain après un certain match de foute donnent une petite idée de ce qui pourra se passer…

Les petits malins qui pensent pouvoir trouver un refuge dans l’or seront piégés par le dépositaire de leur fortune, ou par des voleurs.
De toute façon, même s’ils arrivent à conserver leur or, il leur sera difficile d’en profiter.
Le cours de l’or baissera car l’€-crise se répercutera dans le monde entier : le dollar (USD), valeur refuge, sera renforcé par rapport aux autres devises, celles des pays asiatiques seront inversement dépréciées, ce qui fera baisser la demande d’or dans le monde, donc son prix.

Bien entendu, les cours des actions tomberont partout. Air Liquide se dégonflera comme les autres.

Alors, dans ces conditions, comme le disait Lénine : que faire ?

Toutes les solutions proposées par mes lecteurs ne sont pas véritablement satisfaisantes car il est impératif d’échapper aux pièges bien identifiés (et documentés) ci-dessus qui se basent sur les antériorités et sur les dispositions déjà adoptées par les Marioles de la BCE en vue de cet €-crash.

Il existe pourtant des solutions, simples, tout est simple, mais elles mettent en œuvre des procédures qui finalement sont un peu lourdes mais qui ont l’avantage d’être sûres.

Avant de donner mes solutions, j’attends que quelqu’un me les propose, ou propose une solution du même type, ou une autre éventuellement présentant les mêmes avantages !

Cliquer ici pour (re)lire mon article sur le dispositif préparé par les Marioles de la BCE en prévision d’un €-crash.

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