21 août 2016 12

Pas de bol : la croissance elle est pas là et la courbe du chômage elle s’inverse pas !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Non classé

Notre histrion ignare n’a pas eu de chance : il a été élu en mai 2007 juste avant les grandes turbulences financières et la plus grande crise après celle de la Grande dépression de 1929.

Comme tous les Enarques et hommes politiques français, son successeur était persuadé que la croissance suivant des cycles (ce qui est enseigné à l’ENA), qu’après cette crise viendrait automatiquement une reprise de l’activité ainsi que de l’emploi, donc : yaka attendre ! … sans rien faire !

Pas de bol : la croissance elle est pas là et la courbe du chômage elle s’inverse pas !

La croissance est même négative au 2° trimestre par rapport au précédent en taux annualisé, ce qui est la référence aux Etats-Unis.
En effet, d’après l’Insee, le PIB (en volume) a été de 529,6 milliards d’euros au 1° trimestre 2016 mais en baisse à 529,4 milliards au 2° trimestre, ce qui correspond à une baisse (en pourcentage) de 0,038 % et de 0,151 % en taux annualisé arrondi logiquement à… 0,2 % !

Document 1 :

Pire même : cette non-croissance résulte d’une baisse de 0,3 % (par rapport au trimestre précédent en taux annualisé) dans le secteur privé et inversement d’une augmentation des dépenses des Zadministrations publiques de 0,3% !

Document 2 :

La croissance à la sauce hollandaise, c’est donc une recette qui repose sur une bonne louche d’augmentation des dépenses publiques financées par des emprunts à taux négatifs !

D’une année sur l’autre, la croissance atteint modestement 1,4 % grâce à un 2° trimestre anormalement dynamique,

Document 3 :

La croissance française était largement supérieure à celle des Etats-Unis pendant les 30 Glorieuses

Document 4 :

mais elle est devenue largement inférieure (à celle des Etats-Unis) depuis 1983, c’est-à-dire depuis que les Français élisent des hommes politiques qui appliquent une politique économique socialiste,

Document 5 :

Les Américains ont redressé leur pays grâce aux Reaganomics, ce qui n’arrivera jamais en France.

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16 août 2016 5

Banques et besoins de recapitalisation : USA / Europe (compléments)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques, Leverage

Quelques compléments s’imposent après mon article sur les besoins de recapitalisation des big banks too big to fail…

D’abord, des graphiques permettent souvent de mieux comprendre certains problèmes, comme par exemple les besoins de recapitalisation des banques (exprimés en milliards de monnaies nationales) pour qu’elles respectent la règle prudentielle d’un multiple d’endettement de 10 au maximum,

Document 1 :

Ces besoins d’endettement peuvent aussi être évalués par rapport au total des actifs (en pourcentage), ce qui montre qu’ils sont inférieurs à 4 % pour les seules banques américaines, ce qui confirme leur bonne santé, et inversement pour les banques européennes,

Document 2 :

Les investisseurs, même s’ils ne sont pas toujours rationnels, se montrent quand même avisés car les capitalisations des banques américaines sont globalement bien supérieures à celles des banques européennes,

Document 3 :

Il est maintenant bien entendu que ce sont les actionnaires qui devraient recapitaliser les banques en cas de besoin (et non plus les contribuables).
Dans un tel cas, les actionnaires de toutes les banques américaines auraient alors une position finalement positive ce qui n’est pas le cas des banques européennes dont leurs actionnaires devraient, pour toutes ces banques, perdre quelques milliards dans leur sauvetage,

Document 4 :

Les besoins de recapitalisation représentent 8 fois le montant de la capitalisation boursière du groupe BPCE-Natixis, bravo les artistes, encore un record pour la France !

Document 5 :

Les capitalisations boursières sont celles du 5 août,

Document 6 :

123456
RankBanks 2016 Q2RecapMarket Cap.Mark Cap - RecapRecap / Mark Cap
1Citigroup-5,7132,83138,53-0,04
2Goldman Sachs10,467,3356,930,15
3Wells Fargo21,8245,62223,820,09
4Bank of America26,6153,58126,980,17
5JP Morgan Chase45,2239,47194,270,19
6Morgan Stanley22,755,4632,760,41
7State Street1026,916,90,37
8Bk New York Mellon15,243,6228,420,35
9Credit Suisse37,522,99-14,511,63
10Crédit Agricole Group87,522,38-65,123,91
11BPCE Natixis93,511,26-82,248,3
12BNP Paribas12754,65-72,352,32
13UBS59,750,79-8,911,18
14Société Générale93,324,99-68,313,73
15Deutsche Bank11116,28-94,726,82

Par ailleurs, un article de Bloomberg explique clairement que les méthodes d’analyse relatives à la situation des banques ne sont pas les mêmes des deux côtés de l’Atlantique… ce qui confirme parfaitement ce que j’en ai écrit depuis plusieurs années !

En effet, les Américains (c’est-à-dire la communauté financière américaine qui se réfère aux études et aux recommandations de la Fed) considèrent pour l’essentiel, à juste titre, que les banques étant des entreprises dont l’activité principale consiste à prêter de l’argent (l’argent qu’elles ont, c’est à dire leurs capitaux propres, et l’argent qu’elles n’ont pas, mais qu’elles empruntent) doivent respecter la règle prudentielle d’endettement suivante : le total des dettes des banques ne doit pas dépasser 10 fois le montant de leurs capitaux propres (avec des dépassements admissibles jusqu’à un multiple de 12).

Il n’en est pas de même en Europe car, en appliquant cette règle fondamentale, il apparait que les banksters ne la respectent pas.
Comme ils ont une influence considérable, ils ont le pouvoir d’imposer aux autorités et à l’ensemble de la communauté financière leurs propres règles qui leur permettent de prétendre que tout va bien alors que tous les indicateurs montrent qu’il n’en est rien.

Ainsi, les derniers tests de stress de l’EBA ne se basent pas sur la règle du multiple d’endettement préconisée par la Fed (et par ce bon vieux Greenspan) mais sur des a priori irrationnels…
En effet, l’EBA prétend pouvoir se baser sur les conséquences de chocs comme par exemple celui d’une chute du PIB de 7,1 % (alors qu’elle n’a été que de 4 % d’une année sur l’autre en 2009) et en déduire les conséquences sur la situation des banques, ce qui est totalement irréaliste et il en est de même pour ce qui concerne les autres hypothèses retenues qui sont hautement incohérentes (comme par exemple une chute importante des cours des actions).
Pourquoi le PIB baisserait il de 7,1 % ? L’EBA ne se pose pas cette question, sans s’interroger sur ses causes, et ne donne évidemment aucune réponse !
En fait, l’EBA raisonne à l’envers en prenant en considération une chute du PIB qui devrait avoir pour conséquence une fragilisation de la situation des banques alors que c’est le contraire qui est l’occurrence la plus probable : c’est la chute de dominos des banques surendettées qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement qui provoquera une crise, donc la chute du PIB, et non pas l’inverse.
L’EBA se mord la queue en confondant les causes et les conséquences !

Cliquer ici pour lire cet article de Bloomberg.

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16 août 2016 8

15 août

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Monétarisme

Le 15 août, tout le monde est en vacances, il ne se passe jamais rien mais le 15 août 1971 est la date la plus importante de l’Histoire économique !

En ce 15 août 2016, avec Fred Rabeman, analyste technique, nous prévoyons l’accentuation de l’€-crise dans un avenir proche avec des conséquences majeures, du même ordre que celles de la crise de 2008…

Le 10 avril dernier, nous avions prédit un €ffondrement dans les semaines à venir (fin mai, début juin) qui s’est manifesté en fait sous la forme du Brexit qui aura été une répétition douce de ce qui se produira, avec en particulier un tsunami bancaire.

Pour ma part, les fondamentaux de la vieille Europe continentale sont en concordance avec le déclenchement d’une telle crise, cf. mes analyses concordantes.

Pour Fred Rabeman, la parité €/£ est déterminante : elle est dramatiquement en hausse et elle sera critique à partir du moment où elle atteindra 0,90.
Comme elle a déjà atteint 0,87 le 15 août (déjà à un niveau supérieur à celui qui a précédé la faillite de la banque des frères Lehman), les échéances funestes se rapprochent,

Cette nouvelle crise pourrait provenir d’un pays périphérique, c’est-à-dire non majeur. Les pays dits de l’Europe de l’Est, issus des anciennes démocraties populaires du temps de la splendeur de l’URSS, sont dans des situations délicates, surtout à cause de leurs banques qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement.
Comme les banques italiennes sont fortement engagées sur ces pays, surtout ceux du Sud, la chute des dominos bancaires pourrait commencer dans ces pays pour se propager ensuite dans la zone euro, accentuée par le surendettement de beaucoup de pays européens.

La crise tant attendue de l’€-système peut se produire sans dommages majeurs pour les Américains car la croissance se maintient dans des conditions optimales avec des records historiques pour les marchés d’actions.

Cliquer ici pour consulter mon article du 10 avril sur nos prédictions antérieures.

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10 août 2016 7

Banques et besoins de recapitalisation

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques, Leverage

Les discussions et les polémiques rebondissent au sujet de la santé des big banks too big to fail, en particulier européennes après une étude de Sascha Steffen du Zentrum für Europäische Wirtschaftsforschung (ZEW, Centre for European Economic Research) et de l’Université de Mannheim avec Viral Acharya (de la New York University Stern School of Business) et Diane Pierret (Université de Lausanne) : Stress Scenarios Reveal Capital Shortfalls in EU Banking Sector.

La problématique sur les fondamentaux des banques est contestée, surtout par les banksters européens, évidemment !
Elle a pourtant bien été exposée en particulier par ce bon vieux Greenspan, depuis le début des années 80 et il l’a révisée après les turbulences financières de 2008.
Elle peut s’exprimer simplement de la façon suivante : le total des dettes des banques ne doit pas dépasser 10 fois le montant de leurs capitaux propres réels.

C’est simple, c’est clair, c’est une règle prudentielle d’endettement logique, une norme empirique qui donne d’excellents résultats globalement.

En l’appliquant aux 15 plus grandes banques américaines et européennes, il apparait clairement que les banques américaines, si elles ne respectent pas toutes cette règle, n’en sont pas loin, ce qu’admet la Fed qui estime qu’elles ont globalement des besoins de recapitalisation de l’ordre de 120 milliards de dollars,

Document : 1

En appliquant cette règle, selon les dernières préconisations de ce bon vieux Greenspan qui sont plus rigoureuses que celles qui sont retenues par la Fed, j’en arrive à des besoins de recapitalisation de 161 milliards de dollars (pour ces 8 banques américaines), qui sont du même ordre de grandeur que les chiffres de la Fed, cf. mes analyses qui sont donc en concordance avec celles de la Fed. C’est donc du sérieux !

Par contre, les besoins de recapitalisation (colonne 3) pour les banques européennes sont beaucoup plus importants, en appliquant évidemment la même méthode d’analyse,

Document 2 :

12345
RankBanks 2016 Q2RecapTangible equityTang Eq-Recap
1Deutsche Bank11148,1-62,9
2BNP Paribas12770,4-56,6
3Société Générale93,339,5-53,8
4UBS59,730,25-29,45
5BPCE Natixis93,566,3-27,2
6Crédit Agricole Group87,573,4-14,1
7Credit Suisse37,537,16-0,34
8State Street1013,213,21
9Bk New York Mellon15,218,513,31
10Morgan Stanley22,752,6729,97
11Goldman Sachs10,471,1760,77
12Wells Fargo21,8149,95128,15
13JP Morgan Chase45,2179,05133,85
14Bank of America26,6172,11145,51
15Citigroup-5,7171,09176,79

Sommes en milliards de monnaie nationale.

Ainsi, pour que le total des dettes de Deutsche Bank ne dépasse pas 10 fois le montant de ses capitaux propres réels, il faudrait recapitaliser cette banque à hauteur de… 111 milliard d’euros !

Pour les Gos banques françaises, les besoins de recapitalisation sont de :
127 milliards d’euros pour BNP-Paribas qui détient le record mondial, bravo les artistes !
93,3 milliards (seulement !) pour les mécanos de la Générale,
93,5 milliards pour le groupe BPCE-Natixis,
87,5 milliards pour le groupe Crédit Agricole
!

Bien entendu, les banksters européens considèrent avec le plus grand mépris les études de l’institut ZEW et, évidemment les miennes, mais tout concorde : la réalité nous montre que nous avons raison !
En effet, le marché interbancaire est bloqué, les Marioles de la BCE prêtent quasiment gratuitement des centaines de milliards d’euros à des banques pour qu’elles puissent survivre, le Brexit a montré qu’en cas de perturbation les cours des banques plongent, les rendements des bons des Trésors européens de référence sont négatifs jusqu’au 10 ans et même jusqu’au 30 ans pour la Suisse, etc.

Le document 2 (colonne 5) montre que la différence entre le montant des capitaux propres réels (les actifs tangibles) et (moins) les besoins de recapitalisation, établit un classement logique entre les pires des banques et les meilleures.
En effet, plus les besoins de recapitalisation sont élevés par rapport aux actifs tangibles (c’est-à-dire la valeur à la casse d’une banque en perdition), plus cette banque est dans une situation proche d’un sauvetage en urgence pour éviter un risque systémique, et inversement : les banques américaines affichent toutes des résultats positifs (en colonne 5) ce qui montre qu’elles sont viables en cas d’accentuation de risques majeurs.

Par ailleurs, le classement des banques en fonction de leurs besoins de recapitalisation par rapport à leurs actifs (tout court), exprimés en pourcentage, montre là aussi logiquement que les banques européennes sont bien les pires, les mécanos de la Générale détenant le record mondial, bravo les artistes !

Document 3 :

12345
RankBanks 2016 Q2RecapAssetsrecap/assets %
1Citigroup-5,71 818,77-0,31
2Goldman Sachs10,48971,16
3Wells Fargo21,81 889,241,15
4Bank of America26,62 186,611,22
5JP Morgan Chase45,22 466,101,83
6Morgan Stanley22,7828,8732,74
7State Street10255,3863,92
8Bk New York Mellon15,2372,3514,08
9Credit Suisse37,5821,1644,57
10Crédit Agricole Group87,51 770,704,94
11BPCE Natixis93,51 757,645,32
12BNP Paribas1272 171,995,85
13UBS59,7989,3976,03
14Société Générale93,31 460,206,39
15Deutsche Bank1111 803,296,16

Les marchés n’intègrent pas correctement ces analyses comme le montrent les capitalisations boursières qui ne sont pas en concordance avec les risques courus par ces banques,

Document 4 :

1234567
RankBanks 2016 Q2Tangible equityMarket Cap.RecapMark Cap-RecapTang Eq-Recap
1Citigroup171,1132,83-5,7138,5176,786
2Goldman Sachs71,267,3310,456,960,766
3Wells Fargo150245,6221,8223,8128,152
4Bank of America172,1153,5826,6127145,505
5JP Morgan Chase179,1239,4745,2194,3133,852
6Morgan Stanley52,755,4622,732,829,965
7State Street13,226,91016,93,206
8Bk New York Mellon18,543,6215,228,43,306
9Credit Suisse37,222,9937,5-14,5-0,336
10Crédit Agricole Group73,422,3887,5-65,1-14,1
11BPCE Natixis66,311,2693,5-82,2-27,2
12BNP Paribas70,454,65127-72,4-56,6
13UBS30,350,7959,7-8,9-29,446
14Société Générale39,524,9993,3-68,3-53,8
15Deutsche Bank48,116,28111-94,7-62,9

Cliquer ici pour lire l’étude de l’institut ZEW sur les banques : Stress Scenarios Reveal Capital Shortfalls in EU Banking Sector.

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9 août 2016 3

Monétarisme, croissance, emploi et élections américaines

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Les Démocrates exultent : tout va bien aux Etats-Unis… grâce à eux !
En effet, les créations nettes d’emplois se poursuivent sans interruption depuis 70 mois consécutifs, ce qui ne s’était jamais vu dans l’Histoire des Etats-Unis !

Document 1 :

En fait, Hillary Clinton est bien placée pour savoir qu’Obaba n’y est pour rien dans cette réussite car ce sont les gens de la Fed qui en sont les auteurs… après avoir fait un grand ménage avec le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke,

Document 2 :

Le nombre d’emplois est revenu dans sa tendance haussière longue après des dépassements intempestifs dus à la politique volontariste menée par Alan Greenspan,

Document 3 :

Fifille Clinton est heureuse, comme tous les Américains diplômés des grandes universités du fait de la pénurie de main d’œuvre hautement qualifiée (les bac + 4 et +) mais ce bonheur n’est pas partagé par tous les Américains qui perçoivent très bien la baisse de la croissance depuis le début de l’année 2015, ce qui n’a pas échappé à Donald Trump,

Document 4 :

Le taux de croissance du PIB (d’une année sur l’autre) baisse inexorablement parce que les Américains n’ont pas confiance, parce qu’ils ressentent que quelque chose ne va pas quelque part.
En conséquence, ils réagissent en augmentant leur épargne, ce qui se voit dans l’augmentation de l’agrégat monétaire M2-M1

Document 5 :

qui est largement supérieure à celle du PIB nominal,

Document 6 :

La part de l’épargne des Américains par rapport au PIB annuel augmente inexorablement. Elle est nettement supérieure à sa bande de fluctuation normale qui est entre 40 et 45 % (du PIB) pour dépasser la ligne rouge des 50 %,

Document 7 :

Plus de 2 000 milliards de dollars se trouvent donc en trop dans les caisses d’épargne des Américains (et qui ne circulent qu’en partie) qui auraient dû soit les dépenser, soit les investir en biens immobiliers (ce qui aurait stimulé la demande, donc la croissance dans ces deux cas) ou en valeurs mobilières, ce qui aurait renforcé la capacité de financement des entreprises, donc l’investissement et finalement la croissance,

Document 8 :

Comme la croissance du PIB est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, cette croissance du PIB continue à baisser,

Document 9 :

Les derniers chiffres hebdomadaires des agrégats monétaires publiés par la Fed confirment cette tendance,

Document 10 :

Tout va bien aux Etats-Unis où les fondamentaux sont bons, mais pas pour les Américains disons moyens, qui sont inquiets.
La politique menée par les Reaganomics dont Alan Greenspan a donné d’excellents résultats : l’inflation y a été jugulée, les communistes de l’URSS ont disparu (officiellement du moins), l’économie de la Chine a décollé mais il y a des limites à la libération des échanges mondiaux : s’il est profitable pour tout le monde que des activités à faible productivité soient stimulées dans des pays pauvres comme c’était le cas en Chine et disparaissent dans les pays développés, il n’est pas admissible par exemple, que les industriels des Etats-Unis ferment des usines dans lesquelles sont fabriqués des produits à haute valeur ajoutée dans leur pays pour en construire au Mexique afin de vendre ces produits aux Etats-Unis, comme par exemple les automobiles.

L’Amérique a besoin de remettre un bon ordre dans les règles économiques.
Donald Trump l’a bien compris. Son projet de baisser le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés à 15 % stimulerait spectaculairement une croissance durable
ainsi que d’autres mesures.
Beaucoup d’électeurs américains l’ont bien compris.

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3 août 2016 13

Leverage des big banks : USA / Europe (2° trimestre 2016)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Banques américaines, Banques françaises, Leverage

Des tableaux de chiffres, c’est bien, c’est clair, précis, complet mais ça demande un certain effort pour les interpréter alors que des graphiques permettent de voir d’une façon évidente certains aspects importants du sujet traité et finalement de mieux les comprendre…

Ainsi en est-il du multiple d’endettement des big banks too big to fail, le leverage qui montre clairement que pour la plupart, les big banks américaines (… c’est-à-dire des Etats-Unis) respectent les règles prudentielles édictées dans les années 80 par ce bon vieux Greenspan, à savoir que le total de leurs dettes ne doit pas dépasser 12,5 fois le montant de leurs capitaux propres

Document 1 :

RankBanks 2016 Q2LiabilitiesTangible equityLeverageCore Tier 1
1Citigroup1 647,69171,0869,6310,38
2Goldman Sachs825,83471,16611,68,62
3Wells Fargo1 739,28149,95211,68,62
4Bank of America2 014,50172,10511,718,54
5JP Morgan Chase2 287,04179,05212,777,83
6Morgan Stanley776,20852,66514,746,78
7State Street242,1813,20618,345,45
8Bk New York Mellon353,84518,50619,125,23
9Credit Suisse78437,16421,14,74
10Crédit Agricole Group1 697,3073,423,124,32
11BPCE Natixis1 691,3466,325,513,92
12BNP Paribas2 101,5970,429,853,35
13UBS959,14330,25431,73,15
14Société Générale1 4214035,972,78
15Deutsche Bank1 755,1948,136,492,74

… règle plus connue sous l’expression de ratio Core Tier 1 (d’origine, l’inverse du leverage en pourcentage) qui doit être supérieur à 8 %,

Document 2 :

Seules les (relativement petites) banques américaines State Street et Bank of New York Mellon sont loin de respecter ces règles prudentielles d’endettement.
Les autres banques américaines ont un leverage acceptable, seule Citigroup se détachant du lot en respectant les nouvelles règles édictées par ce bon vieux Greenspan après les turbulences financières des années 2008, à savoir un leverage inférieur à 10.

Document 3 :

Les banques européennes sont loin d’être fiables, en particulier les Gos banques françaises, les mécanos de la Générale étant les plusses pires après Deutsche Bank !
Bravo les artistes !

Comme je l’ai déjà écrit, Par ailleurs, il faut préciser pour les idiots inutiles voire nuisibles qui critiquent mes travaux, que la comparaison entre les banques européennes et américaine est fiable car, s’il y a des différences entre les règles comptables des deux côtés de l’Atlantique, elles sont finalement négligeables…

En effet, ces idiots qui prétendent que les banques européennes comptabilisent selon les règles IFRS les produits dérivés, ce qui gonfle leurs bilans alors qu’il n’en est pas de même aux Etats-Unis, se couvrent de ridicule car, quel que soit le système comptable, seules doivent être enregistrées les opérations qui ont eu effectivement lieu au cours de l’exercice.
C’est là un principe comptable universel appliqué en IFRS comme aux Etats-Unis et ailleurs.

Comme les produits dérivés sont des engagements à terme non réalisés, ils ne doivent donc pas être comptabilisés dans le bilan, mais hors bilan.
Ils portent généralement sur des montants considérables : de l’ordre de plus de 10 fois le total du bilan des banques, mais, à terme, une fois les sous-jacents levés, les gains et les pertes comptabilisés sont très faibles du moins si ces opérations ont été effectuées correctement.

Bien entendu, les Gos banquiers français refusent de présenter ces problèmes bancaires simplement de façon à ce que le bon peuple puisse les comprendre. Ils peuvent alors dire : vous voyez, les métiers de la banque sont très compliqués, faites-nous confiance, laissez-vous faire !
Et ça marche !

Le leverage des autres grandes banques présentant un risque systémique d’après la liste retenue par la BRI (Global Systemically Important Banks (G-SIBs) se trouve dans une zone intermédiaire entre celui de Crédit Suisse et celui de Deutsche Bank.
Les chiffres publiés par les banques asiatiques sont peu fiables. Les banques du Royaume plus ou moins Uni sont soit hors normes comme Bank of Scotland, soit, bien que londoniennes, exercent l’essentiel de leur activité à l’étranger comme Standard Chartered et HSBC.
Les banques italiennes et espagnoles sont engluées dans des situations dangereuses, ce qui rend non significatifs les leverages de celles qui font partie des G-SIBs
.

Une fois de plus, tout est simple.

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3 août 2016 0

Leverage réel des banques françaises, 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Banques françaises, Leverage

Un récapitulatif du leverage réel des 4 Gos banques françaises à la fin de ce dernier trimestre montre clairement que la confiance ne peut pas régner dans le système bancaire en France comme en Europe car elles sont très loin de respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage réel inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel supérieur à 10 %,

Document 1 :

2016 Q2Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 770,701 757,642 171,991 460,207 160,53
2 Equity96,677,22897,50958,5329,837
3 Hybrid securities +93,1116,99314,343,403
4 Goodwill14,27,81810,1164,736,834
5 Tangible equity73,466,370,439,5249,6
6 Liabilities1 697,301 691,342 101,591 420,706 910,93
7 Leverage (µ)23,1225,5129,8535,9727,69
8 Core Tier 1 (%)4,323,923,352,783,61

Sommes en milliard d’euros.

Pour respecter les règles prudentielles d’endettement telles qu’elles ont été définies par ce bon vieux Greenspan, il faudrait globalement augmenter les capitaux propres de ces 4 Gos banques de… 440 milliards d’euros ou diminuer le total de leurs dettes de… 4 415 milliards !

Quelques petits rappels : en suivant la même méthode d’analyse, Citigroup respecte ces règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Tier 1 supérieur à 10 %.

Les 8 plus grandes banques des Etats-Unis avaient au même trimestre globalement un leverage de 11,94 correspondant à un ratio Core Tier 1 de 8,37 % répondant aux exigences de la BRI dans les années 80.

Le total de leur bilan ne représente que 58 % du PIB annuel américain (18 437,6 milliards de dollars) ce qui inquiète les Américains, mais les Français ne s’inquiètent pas du fait que le total des bilans de leurs 4 Gos banques représente 3,2 fois le PIB annuel de la France qui est de 2 218,4 milliards d’euros !

Pire : il repose sur de l’argent non gagné (près de 500 milliards d’euros), c’est-à-dire sur de la création monétaire.

Le multiple d’endettement de ces 4 Gos banques ne s’est pas amélioré par rapport au trimestre précédent,

Document 2 :

2016 Q1Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 745,301 711,412 121,021 367,906 945,63
2 Equity94,877,44198,54959329,829
3 Hybrid securities +10,25,75819,815,451,165
4 Goodwill14,27,78310,0494,536,564
5 Tangible equity70,463,968,739,1242,1
6 Liabilities1 674,901 647,512 052,321 328,806 703,53
7 Leverage (µ)23,825,829,93427,69
8 Core Tier 1 (%)4,23,883,32,943,61

D’une année sur l’autre, le montant de leurs capitaux propres n’a augmenté globalement que de 9,5 milliards d’euros alors que le total de leurs dettes a augmenté de… 269 milliards !

Document 3 :

2015 Q2Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 703,001 681,002 138,511 359,506 882,00
2 Equity89,273,392,07856,1310,706
3 Hybrid securities +8,34,16,46814,333,191
4 Goodwill14,27,811,0244,437,429
5 Tangible equity66,761,474,58637,4240,086
6 Liabilities1 636,301 619,602 063,921 322,106 641,91
7 Leverage (µ)24,5326,3827,6735,3527,66
8 Core Tier 1 (%)4,083,793,612,833,61

Le multiple d’endettement de ces 4 Gos banques ne s’est pas amélioré d’une année sur l’autre contrairement à toutes les déclarations de la nomenklatura bancaire franchouillarde.

Les banksters, c’est-à-dire les cadres dirigeants de ces grandes banques connaissent très bien la gravité de la situation dans leur propre établissement, et il en est de même pour les autres. Ils n’ont donc pas confiance entre eux, ce qui bloque le marché interbancaire.
Cependant, leurs groupes de pression ont réussi à faire adopter par les autorités des pays européens des usines à gaz de règles absconses de façon à mieux camoufler leurs errements létaux.

Ce problème n’est jamais abordé dans les médias ni officiellement dans les milieux financiers selon cette méthode. Elle a pourtant été (plus ou moins) clairement explicitée par ce bon vieux Greenspan et d’autres dont la BRI, Axel Weber, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni et même l’Union Européenne (dans sa directive CRD IV).
Je ne fais que reprendre leurs idées.

Pour l’instant, il n’y a pas encore eu de tsunami bancaire.
Le marché interbancaire ne fonctionne plus. La crise rampante perdure, le désordre allant croissant.
La chute récente des cours des actions a montré que le système bancaire européen est très fragile, vulnérable à toute détérioration des marchés.

En fait, la nomenklatura bancaire européenne joue collectivement sa survie en maintenant des cours déconnectés de la réalité. De telles manips, ça marche un temps mais pas tout le temps.

Tout est simple.

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3 août 2016 1

Crédit Agricole, 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

O miracle ! Nos péquenots du Crédit Agricole ont enfin compris (après d’autres banksters de big banks too big to fail) ce que j’explique depuis des années, à savoir que l’essentiel pour les banques est qu’elles doivent respecter les règles prudentielles telles qu’elles ont été édictées par ce bon vieux Greenspan : un leverage réel non pondéré des actifs calculé avec le montant des capitaux propres réels (les actifs nets tangibles, sans les écarts d’acquisition), ou son inverse, le ratio Core Tier 1 comme le préconisent aussi la BRI, Axel Weber, l’EBA, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal et la CRR/CRD IV…

Ils publient un slide montrant que le montant de leurs capitaux réels est de… 73,4 milliards d’euros pour ce dernier trimestre…

Document 1 :

… ce qui est loin du montant des capitaux propres publiés,

Document 2 :

En reprenant les bons chiffres, le multiple d’endettement réel, mon µ, le leverage est de 23,12 ce qui correspond à un ratio Core Tier 1 réel de 4,32 % pour ce dernier trimestre, en légère détérioration par rapport au précédent

Document 3 :

Cdt Agric Groupe2015 Q22015 Q32015 Q42016 Q12016 Q2
1 Assets1 703,001 701,101 698,901 745,301 770,70
2 Equity89,290,792,994,896,6
3 Deductions8,38,7910,29
4 Goodwill14,214,214,214,214,2
5 Tangible eq66,767,869,770,473,4
6 Liabilities1 636,301 633,301 629,201 674,901 697,30
7 Leverage (µ)24,5324,0923,3723,7923,12
8 Core Tier 1 (%)4,084,154,284,24,32

Sommes en milliards d’euros.

Il faudrait augmenter les capitaux propres du groupe Crédit Agricole de… 87,5 milliards d’euros pour respecter la règle prudentielle d’endettement de ce bon vieux Greenspan !

La capitalisation boursière de CASA de 21 milliards d’euros, largement inférieure aux actifs tangibles du groupe (73 milliards) montre que les spéculateurs avisés se méfient de cette bad bank dont le cours peut encore replonger. Il a déjà perdu plus des deux tiers de son pic de 2006 !

Comme je l’ai déjà écrit, Les péquenots du Crédit Agricole montrent une fois de plus que le leverage est bien le problème le plus important pour cette banque comme pour les autres, comme je le répète à maintes reprises.
Ce sont les clients et les salariés du Crédit Agricole qui vont renflouer la banque, en espérant que ce ne soit pas… les contribuables.
La grosse différence entre les Etats-Unis et l’Europe, dont la France, est que les autorités américaines n’hésitent pas à flinguer les grandes banques qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement telles qu’elles ont été édictées par les gens de la Fed et en particulier par ce bon vieux Greenspan, tandis qu’en Europe, et surtout en France, les dirigeants des Gos banques font ce qu’ils veulent, et le résultat est catastrophique comme le montre le marché interbancaire qui est totalement bloqué, la BCE étant obligée de s’y substituer, ce qui a des conséquences dramatiques, en accentuant et en prolongeant la crise.
Enfin, nos péquenots qui bricolent avec le crédit ne parlent évidemment pas des dizaines de milliards d’euros qu’ils obtiennent (quasiment gratuitement) de la Banque de France en mettant chaque jour des titres en pension dans le cadre des Titres de Créances Négociables, d’après les chiffres de la Banque de France et d’autres milliards encore de la BCE pour lesquels aucune information n’est donnée
.

Tout le reste est mauvaise littérature pour idiots inutiles voire nuisibles qui font confiance à leurs Gos banques.
Pour l’instant, tout va bien : pas de tsunami bancaire.

Cliquer ici pour lire le rapport financier du Crédit Agricole S.A. d’où sont tirées ces informations.

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3 août 2016 7

Les mécanos de la Générale, 2° trimestre 2016

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Les mécanos de la Générale n’ont pas réussi l’exploit de conserver pour ce dernier trimestre la dernière place de la liste des grandes banques à risques systémiques dans le monde (Global list of Systemically Important Banks (G-SIBs) car ils sont surclassés par Deutsche Bank !

En effet, d’après le décryptage de leurs chiffres publiés, le véritable multiple d’endettement, le leverage réel était de… 35,97 et son inverse le véritable ratio Core Tier 1 était de… 2,78 % en cette fin de dernier trimestre, en nette détérioration par rapport aux trimestres précédents,

Document 1 :

Société Générale2015 Q22015 Q32015 Q42016 Q12016 Q2
1 Assets1 359,501 351,801 334,401 367,901 460,20
2 Equity56,157,9595958,5
3 Deductions14,31613,115,414,3
4 Goodwill4,44,474,54,7
5 Tangible eq37,437,538,939,139,5
6 Liabilities1 322,101 314,301 295,501 328,801 420,70
7 Leverage (µ)35,3535,0533,333,9835,97
8 Core Tier 1 (%)2,832,8532,942,78

Sommes en milliards d’euros.

Euh… Un petit rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32

Les mécanos de la Générale avouent même que leur ratio de levier est, dans le cadre de la CRR/CRD IV (Capital Requirements Directive) de… 3,9 % ce qui est très proche de mes résultats (et qui les confirme) compte tenu des différences dans la façon de calculer cette donnée !

Document 2 :

Encore un petit rappel : un leverage de 36 qui signifie que le total des dettes représente 36 fois le montant des véritables capitaux propres.

Les mécanos de la Générale publient (en annexe) un tableau détaillé qui permet de calculer le montant des véritables capitaux propres (comme je l’ai toujours écrit contrairement à eux) qui est obtenu en retranchant du montant des capitaux propres publiés (sans les minoritaires) les sommes correspondant aux titres dits hybrides (TSS, TSDI, coupons et dividende), les écarts d’acquisitions (goodwill),

Document 3 :

Et encore un autre petit rappel : d’après les règles dites de Bâle I, les banques devaient avoir un leverage inférieur à 12,5 ou un ratio Core Tier 1, son inverse, supérieur à 8 %.

A la suite des turbulences financières de ces dernières années, ce bon vieux Greenspan a relevé ces exigences à un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %, sans pondérer les actifs, comme le préconisent également la BRI, Axel Weber, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni et la CRR/CRD IV.

Document 4 :

Pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan, il faudrait augmenter les capitaux propres de… 93,3 milliards d’euros ou diminuer le total des dettes de… 1 000 milliards (par cessions d’actifs) !

Comme je l’ai déjà écrit, Les mécanos de la Générale confirment donc que mes calculs de l’été 2011 donnaient parfaitement bien une image fidèle de la réalité quand j’ai publié un ratio Core Tier 1 dans les 2 % alors qu’ils prétendaient à tort qu’il était de 9 % !
Comme je l’ai écrit précédemment, L’AMF m’a donc sanctionné totalement à tort alors que les mécanos de la Générale continuent à me donner finalement totalement raison !
En fait, ils commencent à essayer de comprendre les règles de gestion prudentielles d’endettement telles qu’elles vont être appliquées par l’Autorité Bancaire Européenne (EBA) qui calcule, comme je l’ai toujours fait à juste titre, les montants des véritables capitaux propres sans les titres dits hybrides, ces Titres Super Subordonnés (TSS) et Titres Subordonnés à Durée Indéterminée (TSDI) que seuls les banksters franchouillards de nos Gos banques ont fait passer officiellement pour des capitaux propres alors que tout le monde partout dans le monde les considère comme des dettes, comme je l’ai toujours écrit.
Il est particulièrement grave de constater qu’une autorité officielle, l’AMF, de connivence avec ces banksters, puisse sanctionner à tort une personne (moi !) qui publie des études financière justes, en conformité avec les règles internationales, et qui dénonce ces irrégularités en France.
Il est particulièrement grave de constater que les gens de la Banque de France qui sont chargés de faire appliquer les règles internationales ne le font pas, sciemment, de connivence avec les banksters.
Il est particulièrement grave de constater que les mécanos de la Générale qui gèrent 1 300 milliards d’euros d’actifs n’ont toujours pas compris le mécanisme de gestion des règles prudentielles d’endettement bancaire.
Il est particulièrement grave de constater que tous les autres professionnels en France puissent être aussi incompétents, en particulier les bonimenteurs tels que les analystes financiers patentés de la Société Française des Analystes Financiers et tous les journaleux de tous les médias
.

Par ailleurs, les mécanos de la Générale ne donnent évidemment aucune information explicite sur les 18,5 milliards d’euros qu’ils empruntent à la Banque de France dans le cadre des Titres de Créances Négociables (TCN) en mettant en pension des titres comprenant les Certificats de Dépôt Négociables (CDN) en comptabilisant aussi les chiffres de Crédit du Nord qui fait partie du groupe des Mécanos…

Document 5 :

… et les Bons à Moyen Terme Négociables (BMTN),

Document 6 :

Heureusement, je suis le seul, à ma connaissance à faire de telles analyses.
Les règles comptables sont redoutables car, lorsqu’on sait décrypter correctement les comptes des bansters, il est toujours possible de savoir si tout se passe bien ou si quelque chose ne va pas quelque part dans leur banque.

Pour l’instant, tout va bien : pas de tsunami mais le titre a plongé récemment, ce qui montre que des investisseurs ne sont pas dupes !
La capitalisation boursière de la Générale est tombée aux alentours de 23 milliards d’euros, c’est-à-dire nettement moins que le montant des actifs tangibles (39,5 milliards) considérés comme étant la valeur à la casse d’une banque
Tout est simple, enfin, presque.

Cliquer ici pour voir les résultats de la Générale de ce dernier trimestre.

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2 août 2016 11

Stress tests : banksters et moi… émoi !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage

Vendredi 29 juillet 22 heures : c’est bien le meilleur moment pour publier les résultats des tests de stress des banques menés par l’EBA !
Il ne se passe jamais rien au mois d’août, c’est bien connu, mais c’est en août que sont parfois prises les décisions les plus importantes, justement parce que tout le monde est en vacances…
Ainsi par exemple, le 15 août 1971 Richard Nixon a pris la décision historique de ne plus rendre le dollar librement convertible en or, Georges Pompidou a fait dévaluer le franc français de 12,5 % le 8 août 1969 ce qui a permis de prolonger la croissance et d’achever les 30 Glorieuses, etc.

Les résultats des tests de stress des banques menés par l’EBA sont globalement bons, à l’exception de Monte dei Paschi di Siena qui a déjà réussi l’exploit de détruire 8 milliards d’euros engloutis au cours de ces dernières années pour tenter de sauver cette banque qui n’a plus qu’un passé historique, en attendant de détruire encore 5 milliards supplémentaires pour la maintenir en survie.

La Banque de France a publié un communiqué triomphal de son gouverneur vantant la solidité des Gos banques françaises.

Donc, pour la nomenklatura bancaire européenne, tout va bien ! … mais pas du tout pour moi (et quelques autres personnes) sur la base de mes analyses qui se fondent sur des raisonnements fondamentaux élaborés en particulier par les gens de la Fed et divulgués par Alan Greenspan du temps où la dirigeait.

Pour rappel, la problématique bancaire est la suivante…

Les banques sont des entreprises dont la fonction principale est de prêter l’argent qu’elles ont (leurs capitaux propres) et de l’argent qu’elles n’ont pas mais qu’elles empruntent, ce qui représente des risques certains. Des limites existent à cet endettement !

Pendant des millénaires, les banquiers n’ont pas pu prêter beaucoup plus d’argent qu’ils n’en avaient car la confiance dans ce système bancaire était faible.
Par la suite, pendant un soixantaine d’années, après la Seconde guerre mondiale, des progrès considérables ont été réalisés dans tous les domaines et en particulier dans le secteur bancaire si bien que les gens de la Fed ont observé et pris en considération que les banques pouvaient emprunter 12,5 fois le montant de leurs capitaux propres pour financer leurs actifs, ce qui correspond au ratio dit Core Tier 1 qui devait être supérieur à 8 % et qui a été adopté par la BRI dans les années 80 comme une règle de base à respecter.

Après les turbulences financières de 2008, ce bon vieux Greenspan a relevé ses exigences en préconisant un multiple d’endettement de 10.

Il s’agit là d’une norme, c’est-à-dire que, d’après les observations de la Fed, statistiquement, les banques qui respectent cette règle prudentielle d’endettement, sont fiables car elles sont bien gérées, sans prendre trop de risques.

C’est simple, c’est clair, tout est simple disait Milton Friedman.

Oui, mais c’est trop simple et trop clair pour les banksters européens qui ne respectent rien et surtout pas cette règle qu’ils ne reconnaissent pas, officiellement du moins.

Alors, qui a raison ? Eux tous ou moi (presque) tout seul ?

En l’état actuel (de la médiatisation), ce débat ne peut pas être tranché.
Soit, mais quid de la réalité ?

D’abord, première réponse : aucune autorité bancaire dans le monde n’a eu l’idée de proposer des tests de stress pendant les soixante dernières années.
Pourquoi font-elles ces tests maintenant ?
La réponse est simple : parce que la confiance ne règne plus dans le système bancaire, en particulier européen, ce qui se comprend aisément quand on connait mes analyses des multiples d’endettement des banques (leur leverage).
Autre formulation : si les banques respectaient les règles prudentielles d’endettement, comme c’était le cas avant les turbulences financières, aucune autorité bancaire ne perdrait du temps, de l’argent et de la crédibilité en faisant de tels tests.

Qui a raison ? Quid de la réalité ?
Deuxième réponse : si le système bancaire euro-zonard était sain comme le prétend la nomenklatura bancaire dont l’EBA, pourquoi le marché interbancaire est-il bloqué ?
Là aussi, la réponse est simple : les banksters savent très bien que leur propre banque ne respecte pas les règles prudentielles d’endettement et qu’il en est de même dans les autres banques.
Ils n’ont donc pas confiance entre eux et ils n’acceptent pas, lorsqu’ils sont en position créditrice, de prêter leurs disponibilités à d’autres banksters car ils craignent de ne pas pouvoir les récupérer.
Ils n’acceptent de les verser qu’à la BCE… qui les prête aux banques en position débitrices.
Ainsi, le marché interbancaire ne fonctionne plus. C’est la BCE qui le remplace.

Qui a raison ? Quid de la réalité ?
Troisième réponse : la BCE prête 630 milliard d’euros à des banques de la zone auxquelles elle a acheté pour 1 640 milliards de titres… mais ces banques ne déposent en retour que 1 030 milliards ! Soit un trou de… 1 240 milliards qui confirme bien que beaucoup de banques de la zone euro sont en survie (grâce à ces 2 270 milliards d’euros que la BCE leur fournit dans des conditions très avantageuses).
Par ailleurs, la Banque de France prête en outre généreusement 300 milliards d’euros quasiment gratuitement essentiellement à ses Gos banques par le jeu des Titres de Créance Négociables pour qu’elles survivent !
Si les banques de la zone euro étaient fiables, elles ne seraient pas obligées d’emprunter tant de centaines de milliards !

Qui a raison ? Quid de la réalité ?
Quatrième réponse : toute la nomenklatura bancaire européenne triche sur les deux composantes du multiple d’endettement.
En effet, d’abord, au lieu de prendre en considération le véritable montant des seuls capitaux propres, elle admet que des obligations c’est-à-dire des dettes soient considérées comme étant du capital !
Il s’agit des Cocos (Contingent convertibles) des petits Suisses, les dettes dites subordonnées et même super-subordonnées ou titres hybrides dont usent et abusent les Gos banks.
Ensuite, au lieu de prendre en considération le total des dettes, les banksters se sont entendus pour prétendre que certains de leurs actifs sont sans risques, et ils se sont arrogé le droit de rapporter leurs capitaux propres à des actifs dits pondérés, donc artificiellement minorés.
Dans ces conditions, les banksters présentent des ratios dits de leverage excellents mais qui ne correspondent pas du tout à la réalité, tels que ceux que je calcule d’après la méthode préconisée par Alan Greenspan.

Qui a raison ? Quid de la réalité ?
Cinquième réponse, la capitalisation boursière de la plupart des banques européennes est largement inférieure à celle de leurs actifs tangibles, c’est-à-dire de leur valeur à la casse, ce qui signifie que les investisseurs ne sont pas dupes : les actions de ces banques ne valent pas grand-chose car ces banques sont pourries.
Après les déclarations dithyrambiques de la nomenklatura bancaire européenne, les cours de ces banques repartent à la baisse, considérablement pour certaines…

La situation catastrophique du secteur bancaire européen est de toute façon irrattrapable pour tout monétariste normalement constitué, ne serait-ce qu’à cause de l’importance de l’hypertrophie monétaire en M1.

Pour l’instant, tout va bien, pas de tsunami bancaire.

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