14 décembre 2017 2

€-crise, la Fed et le Donald

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Hier 13 décembre était le jour de la confirmation attendue de la hausse du taux de base de la Fed et de l’annonce de l’accord sur l’adoption de la réforme des impôts voulue par le Donald.

Les marchés actions ont logiquement progressé, battant leurs plus hauts records mais les rendements des Notes à 10 ans ont (un peu) plongé car c’est le marché où opèrent les bons spéculateurs qui surveillent surtout ce qui se passe dans la zone euro…

Document 1 :

En effet, les rendements des Notes à 10 ans devraient fluctuer dans la bande des 3 % alors qu’ils restent dans la bande des 2,0 à 2,5 %, ce qui est révélateur de l’€-crise : ils ont plongé sous leur bande normale de fluctuation depuis le début de l’exacerbation de l’€-crise, c’est-à-dire depuis le mois d’août 2011,

Document 2 :

Comme les rendements des Notes à 2 ans sont propulsés par la hausse des taux de la Fed, leur écart par rapport à ceux des Notes à 10 ans continue sur sa tendance baissière,

Document 3 :

Le point faible, de rupture de la zone euro est actuellement celui des banques italiennes qui ne respectent pas les règles de gestion prudentielle.
Les rendements des mauvais bons du Trésor italien ont remonté brusquement à la suite de tensions plus ou moins bien (ou mal) camouflées,

Document 4 :

Les cours de banques italiennes cotées ont baissé le 13 décembre de 4 à 6 % comme par exemple celui de Banco Bpm SpA qui regroupe les banques régionales Banca Popolare di Milano, Banca Popolare di Verona, Banca Popolare di Novara, Banca Popolare di Lodi et Credito Bergamasco,

Document 5 :

Pour l’instant, tout va bien : c’est pas beaucoup plusse pire qu’hier !
Mes analyses antérieures se confirment dans l’attente de l’aplatissement (et de l’inversion ?) de la courbe des taux et du grand plongeon clairement annoncé depuis longtemps…

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12 décembre 2017 7

Agrégats monétaires US : leçon de monétarisme

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

J’ai montré dans l’article précédent que les Européens n’ont aucune culture monétariste au point que les zozos que sont les Zautorités monétaires Zeuropéennes, à savoir les Marioles de la BCE et les nuls de la Banque de France ne sont même pas capables de publier les bons chiffres des agrégats monétaires à partir des composantes de la masse monétaire globale M3.

Par contre, comme je l’ai écrit maintes fois, les Américains sont d’excellents monétaristes
En effet, depuis l’élection du Donald, l’augmentation (d’une année sur l’autre) de l’agrégat M2-M1… diminue de trimestre en trimestre, ce qui signifie que les Américains augmentent de moins en moins leur épargne car ils ont de plus en plus confiance en l’avenir,

Document 1 :

Comme la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, cette croissance du PIB continue à augmenter au cours de ce 4° trimestre, de 2,7 % d’une année sur l’autre et de 3,3 % par rapport au précédent,

Document 2 :

Les encours des dépôts des Américains dans les caisses d’épargne se montaient à 10 171 milliards de dollars lors de la semaine finissant le 27 novembre…

Document 3 :

… ce qui représente 51 % du PIB de 19 509 milliards de dollars alors que cette épargne devrait être de l’ordre de 40 % du PIB, c’est-à-dire 7 923 milliards,

Document 4 :

2 247 milliards de dollars se trouvent donc normalement en excès dans ces caisses d’épargne au lieu d’être soit dépensés soit investis en valeurs mobilières ou immobilières, ce qui stimulerait encore davantage la croissance.

Par ailleurs, la baisse des taux d’imposition sur les bénéfices des entreprises donnera raison une fois de plus à Arthur, Laffer, qui a montré qu’en les baissant, les rentrées fiscales augmenteraient en réalité grâce à ce puissant stimulant de croissance.

Tout va bien donc, aux Etats-Unis du moins, et tant que la vieille Europe ne sombre pas dans un tsunami bancaire accompagné d’un €ffondrement mais elle peut aussi survivre un peu en bénéficiant de la croissance américaine…

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10 décembre 2017 6

Agrégats monétaires de la zone euro (octobre) pour les nuls

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Monétarisme

Cet article étant un peu long, j’en mets d’abord l’essentiel, un abstract disent les Américains…

Les Marioles de la BCE publient les chiffres des agrégats monétaires qui n’ont aucun rapport avec la réalité parce qu’ils n’ont aucune culture monétariste et de toute façon, ils sont totalement incapables d’en comprendre la signification, ce qui est grave car une énorme bulle monétaire continue à se développer dans la zone.
La création monétaire porte sur plus de 3 200 milliards d’euros qui sont sur les comptes courants des malheureux Euro-zonards, sur 400 milliards partis se réfugier en Suisse et sur des centaines de milliards en bons de Trésors dont les rendements sont négatifs car les gestionnaires des trésoreries des entreprises préfèrent payer un peu pour y placer leurs disponibilités plutôt que de risquer de récupérer de la monnaie de singe après un tsunami bancaire ayant fait sauter l’euro-système.
Cette hypertrophie monétaire est comparable à celle qui s’est développée dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres et elle aura des conséquences aussi graves.

***

Quelques petits rappels sont nécessaires avant d’examiner les derniers chiffres des agrégats monétaires de la zone euro publiés par la BCE pour que les nuls qui ne les comprenaient pas auparavant puissent combler leurs lacunes…

Beaucoup d’Euro-zonards perçoivent bien que quelque chose ne va pas quelque part dans la zone euro mais ils ne savent pas bien précisément ce qui ne va pas et surtout quelles en sont les causes.
Généralement, c’est la financiarisation du système qui est accusée de tous les maux sans que les malheureux Euro-zonards soient capables d’identifier clairement ses modalités, ses causes ni ceux qui en ont provoqué ses dysfonctionnements.
Certains sont plus pertinents en dénonçant une création monétaire, ce qui est juste, mais ils accusent la fameuse planche à billets sans en donner les justifications chiffrées, ce qui ne correspond pas à la réalité.

Pourtant tout est simple, comme le disait et le répétait Milton Friedman, le (grand) père fondateur du monétarisme !

En effet, j’ai montré (et même démontré) en reprenant l’exemple du paysan de Böhm-Bawerk que la circulation monétaire conditionne l’activité économique, ce qui se traduit à notre époque par le fait que la croissance du PIB réel est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre, ce qui signifie en d’autres termes et plus simplement que, si la masse monétaire augmente trop vite, la croissance baisse, le chômage augmente inexorablement et plus rien ne va plus.

Les Américains publient les séries statistiques des agrégats monétaires depuis l’après-guerre, ce qui permet d’établir des normes de bonne gestion en la matière : lorsque la masse monétaire dépasse une certaine limite, des dysfonctionnements graves se produisent toujours.
C’est la raison pour laquelle l’argent sain est le premier pilier des Reaganomics, dixit Arthur, Laffer.

Pour faire simple, une création monétaire indue se développe lorsque la masse monétaire, dite M3, dépasse 78 % du PIB courant, ce qui est le cas globalement dans les pays de la zone euro depuis le mois de septembre 2004, date à laquelle l’adoption de cette monnaie unique contre nature qu’est l’euro a commencé à produire ses effets négatifs,

Document 1 :

Il apparait clairement sur ce premier graphique qu’avant l’adoption de l’euro, les pays de la zone disposaient d’une monnaie saine, sans création monétaire, car la part de la masse monétaire M3 était alors globalement inférieure à 70 % du PIB courant, ces données ayant été rétropédalées a priori d’une façon fiable.
C’est depuis l’adoption de l’euro en 2000 que la masse monétaire M3 augmente nettement par rapport au PIB courant, avec un pic lors de la crise dite des sub-prime qui a précédé la Grande Récession américaine.

En effet, la création monétaire dans l’agrégat monétaire M3-M2 aux Etats-Unis s’est transmise mécaniquement en Europe par l’intermédiaire des marchés.
L’éclatement de cette bulle monétaire aux Etats-Unis a un peu dégonflé celle de la zone euro mais la création monétaire propre à la zone euro a continué sur sa tendance haussière longue en dépassant le pic de la bulle de 2008 pour atteindre 105 % du PIB annuel fin octobre dernier,

Document 2 :

La masse monétaire M3 de la zone euro se montait à 11 804 milliards d’euros fin octobre alors qu’elle n’aurait pas dû dépasser 8 745 milliards (correspondant à 78 % du PIB), ce qui signifie que plus de 3 000 milliards d’euros sont en trop dans la zone euro, cette bulle monétaire entrainant une croissance faible voire négative dans certains pays, ce qui pérennise un chômage important surtout dans ces cochons de pays du Club Med,

Document 3 :

Le problème est alors le suivant : dans quel agrégat plus précisément se trouve cette bulle monétaire ?
La réponse à cette question n’est pas évidente car un autre problème se pose alors : les Marioles de la BCE incluent dans l’agrégat M1 les billets en circulation (Currency) et tous les dépôts au jour le jour (Total Overnight Deposits), c’est-à-dire ceux des ménages (Household) et ceux des entreprises alors que M1 ne doit inclure que les billets et les seuls en-cours des ménages sur leurs comptes courants.
Pour déterminer les bons chiffres normalisés (selon les standards internationaux) et significatifs de M1, il faut donc retrancher des chiffres publiés de M1 le total des dépôts au jour le jour (Total Overnight Deposits) et rajouter ceux des seuls ménages (Household Overnight Deposits).

Dès lors, après ces rectifications, toujours d’après les chiffres publiés par les Marioles de la BCE, cette création monétaire se trouverait pour l’essentiel dans l’agrégat M1 car il représente 42 % du PIB annuel alors que ce pourcentage ne devrait pas dépasser 13 % comme c’est le cas aux Etats-Unis,

Document 4 :

En effet, cette bulle monétaire de l’ordre 3 200 milliards d’euros est bien quasiment totalement dans l’agrégat M1 car M1 ne devrait se monter qu’à 1 457 milliards seulement contre 4 708 milliards en réalité, l’excès (l’hypertrophie) de M1 étant de 3 251 milliards,

Document 5 :

Plus précisément, l’essentiel de la création monétaire se trouve sur les comptes courants des Euros-zonards car ils représentent 32 % du PIB alors que ce pourcentage aurait dû rester à 10 % du PIB comme aux Etats-Unis et comme avant l’adoption de l’euro,

Document 6 :

Les billets, issus de la fameuse planche, représentent quasiment 10 % du PIB alors que ce pourcentage aurait dû baisser lui aussi pour tomber sous les 5 % du PIB.

Il résulte de ces normes que la création monétaire indue sur les comptes courants des Euro-zonards est de 2 477 milliards d’euros car ils se montent à 3 598 milliards alors qu’ils ne devraient pas dépasser 1 121 milliards,

Document 7 :

La création monétaire due à la fameuse planche à billets ne se monte en fait qu’à… 550 milliards d’euros… seulement (ce qui n’est pas négligeable !) car le total des billets en circulation, 1 110 milliards, devrait être inférieur à 560 milliards.

Donc, les Marioles de la BCE sont incapables de publier les bons chiffres de l’agrégat M1, ceux qui donnent une image fidèle de la réalité, mais ils publient des séries de composantes qui permettent d’obtenir les bons chiffres ainsi que ceux des autres agrégats monétaires !
En effet, à partir des chiffres publiés par les Marioles de la BCE, j’ai pu reconstituer les bons chiffres non seulement de l’agrégat M1 mais aussi ceux de l’agrégat M3-M2 correspondant à la trésorerie des entreprises et par conséquent celui de M2-M1 qui correspond à l’épargne des ménages.

La solution est simple : comme le total des dépôts au jour le jour comprend ceux des ménages et des entreprises, il suffit de retrancher ceux des ménages du total pour obtenir M3-M2 !
Les montants de M2-M1 sont ensuite obtenus en retranchant M1 et M3-M2 de M3
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Document 8 :

La définition des agrégats monétaires ainsi obtenus est en concordance avec celle de la Fed et elle permet de faire des analyses monétaristes fiables.
Les chiffres que j’obtiens sont donc très différents de ceux qui sont publiés par les Marioles de la BCE et les nuls de la Banque de France !

Document 9 :

L’évolution du pourcentage des agrégats monétaires par rapport au PIB donne ainsi une image fidèle de la réalité qui confirme l’hypertrophie de M1, la décroissance absolue et surtout relative de M2-M1, ce qui signifie que les malheureux Euro-zonards ne peuvent plus augmenter leur épargne, et la faiblesse de M3-M2 qu’il faut relativiser car…

Document 10 :

468 milliards de francs suisses (soit 400 milliards d’euros) provenant de l’€-crise en gestation s’y sont réfugiés comme le montrent les données de la BNS, la banque centrale helvète,

Document 11 :

Les gestionnaires des trésoreries placent autant que possible leurs disponibilités soit en dehors de la zone euro, en profitant des avantages de la zone SEPA (Single Euro Payments Area, Espace Unique de Paiement en Euros), les transferts étant ainsi facilités mais l’argent est ainsi en francs suisses ou en livres sterling, ce qui est un avantage motivant (surtout après le Brexit) en cas d’€ffondrement.
Ils utilisent aussi la possibilité de placer ces disponibilités en bons de Trésors qui bénéficient ainsi d’une forte demande qui fait même plonger les rendements de certains en territoire négatif.
Les montants des disponibilités ainsi placées en bons de Trésors sont difficilement chiffrables. Elles sont certainement de l’ordre de plusieurs centaines de milliards d’euros qui s’ajoutent à l’argent non gagné bien identifié ci-dessus.

La création monétaire actuelle dans la zone euro est bien plus importante que celle que l’on pouvait envisager sur la base des seuls chiffres publiés par la BCE.
Elle empire au fil du temps et elle aura nécessairement des conséquences considérables qu’il est difficile de décrire.
Une seule antériorité seulement est discernable : la période de l’Allemagne de l’entre-deux-guerres.
En effet, Pierre Jovanovic qui l’a particulièrement bien étudiée, a montré qu’elle a été provoquée par une création monétaire comparable à celle de la zone euro actuelle.
La seule grande différence entre ces deux bulles est que celle de l’Allemagne de l’entre-deux-guerres s’est manifestée par une hyperinflation due à l’usage immodéré de la planche à billets alors que la bulle monétaire actuelle dans la zone euro grossit plus lentement mais inexorablement, à partir des dépôts des malheureux Euro-zonards sur leurs comptes bancaires d’argent non gagné, ce qui s’accompagne de tendances déflationnistes.

Il est quand même étonnant que les Marioles de la BCE et les nuls de la Banque de France fassent de telles erreurs par manque de culture monétariste élémentaire.
Pour rappel, Ben Bernanke a fait supprimer la publication des chiffres de M3 dès sa prise de fonction à la tête de la Fed de façon à ce que les économistes extérieurs à la Fed ne puissent pas voir le développement de la bulle dans l’agrégat M3-M2 de façon à en maitriser l’éclatement.

Et un autre rappel : les juges de la 17° Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris ont eu bien raison de juger nuls la Banque de France et son gouverneur qui m’ont attaqué pour diffamation alors qu’ils ont beaucoup à apprendre de mes analyses monétaristes.

Cliquer ici pour lire mon article précédent à ce sujet.
Cliquer ici pour accéder aux chiffres des agrégats monétaires publiés par la BCE.
Cliquer ici pour voir les données de la Banque de France.
Cliquer ici pour lire mon article sur le jugement de la 17° Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris jugeant nuls la Banque de France et son gouverneur.

6 décembre 2017 14

E-crise : suite de la tragédie en cours

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Europe, Monétarisme

Lors de mon dernier pointage de l’évolution des rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans le 23 novembre, j’ai écrit que leur écart baissait inexorablement depuis le début de l’€-crise à l’été 2011 malgré un premier sauvetage par les malheureux Euro-zonards qui y ont englouti des centaines de milliards d’euros, puis par le FOMC le 28 avril 2015 et enfin, involontairement, par l’élection surprise du Donald qui a dynamisé les marchés, mais que rien ne devrait plus arrêter ce mouvement de fond,

Document 1 :

Effectivement, c’est ce qui se passe : l’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans est tombé à 53 points de base hier 5 décembre et il fluctue aujourd’hui de 52 à 51, zoom sur la période récente,

Document 2 :

Pour rappel : lorsque cet écart baisse en tendant vers zéro et surtout s’il tombe en territoire négatif, la courbe des taux étant alors inversée, une baisse du PIB s’en suit inévitablement, la dernière en date ayant eu des conséquences très graves.
Ce fut la Grande Récession dont les causes étaient aux Etats-Unis même, ce qui ne sera pas le cas de la prochaine crise qui est due à l’hypertrophie monétaire de la zone euro qui aura des conséquences particulièrement très graves en Europe au point de toucher aussi l’Amérique du Nord.

Comme je l’ai écrit précédemment, cette création monétaire gigantesque dans la zone euro n’a qu’une antériorité comparable : celle de l’entre-deux-guerres en Allemagne comme l’avait relevé aussi précédemment Pierre Jovanovic !

Cette baisse de l’écart entre les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans est due actuellement surtout à la hausse des rendements des Notes à 2 ans anticipant celle du taux de base de la Fed par le FOMC le 13 décembre,

Document 3 :

Par la suite, ce sera a priori la baisse des rendements des Notes à 10 ans qui fera plonger cet écart.

Si ces tendances se poursuivent, l’écart entre ces rendements devrait atteindre le zéro au mois de février prochain ou au plus tard en août, mais tout peut se précipiter car un tsunami bancaire peut se produire à tout moment

Pour l’instant, tout va bien !
Je suis désolé d’avoir raison…

Cliquer ici pour voir mon article précédent sur ce thème.

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5 décembre 2017 6

Pierre Jovanovic coince la bulle monétaire allemande de l’entre-deux-guerres

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Monétarisme

J’ai cherché au cours de ces derniers jours des informations, et plus particulièrement sous la forme de vidéos bien documentées, sur cette période mal connue de l’entre-deux-guerres en Allemagne qui est caractérisée par une hyperinflation historique due à une hypertrophie monétaire mais je n’ai rien trouvé d’intéressant.

Cependant, j’ai eu l’idée de faire une recherche sur le mot Jovanovic et Ô surprise, j’ai trouvé deux vidéos (3 heures au total !) dans lesquelles Pierre Jovanovic traite longuement et très justement de ces problèmes à l’occasion de la sortie de son dernier livre Adolf Hitler ou la vengeance de la planche à billets.
Laurent Fendt du site Hym.Média qui met en ligne cette vidéo conduit intelligemment le débat.


En effet, il est difficile actuellement de prédire les conséquences de l’hypertrophie monétaire qui continue à se développer inexorablement dans la vieille Europe continentale.
Une solution consiste à se référer à une antériorité de référence…

La bulle récente du début des années 2000 aux Etats-Unis n’est pas un bon exemple car les autorités américaines ont réagi énergiquement, dans la bonne tradition des cow-boys en flinguant sans scrupules une banque, ce qui n’est pas concevable en Europe.
La Grande Dépression, c’est-à-dire la crise de 1929 ou des années 30, a eu des causes plus complexes dans des circonstances qui ne sont pas comparables à la situation actuelle.

La seule antériorité qui reste est donc cette période de l’entre-deux-guerres en Allemagne au cours de laquelle une création monétaire monumentale a eu des conséquences très graves et très mal connues, en particulier en France.
Le grand mérite de Pierre Jovanovic est d’avoir recherché et trouvé un très grand nombre de documents de cette époque issus de sources fiables dont certaines n’ont jamais été exploitées.

Il apparait alors que le fait déclencheur de cette gigantesque bulle monétaire a été la dette allemande issue de la Première guerre mondiale, d’abord celle qui était due à ce qu’on appelle l’effort de guerre (qui a été financée en partie par des dettes) et ensuite et surtout celle qui était due au titre des réparations de guerre que le Traité de Versailles a imposées à l’Allemagne.
Elles portaient sur 132 milliards de marks-or, ce qui pourrait correspondre actuellement à environ… 2 000 milliards de dollars (USD) !

Ces dettes étaient donc ingérables et elles ont provoqué d’abord logiquement une chute du PIB et surtout une hypertrophie de la masse monétaire considérable qui a provoqué l’hyperinflation qui est la seule manifestation de ce désastre qui est restée célèbre.
Les conséquences sociales ont été dramatiques car les Allemands ont été ruinés. Le chômage a explosé : 6 millions de chômeurs ont été recensés, chiffre qui ne traduit pas tous les drames qui se sont produits, avec des millions de morts prématurés, par suicides, maladies, dépressions, etc.

Indépendamment de toute autre considération, il est très important de bien comprendre qu’une hypertrophie monétaire a toujours des conséquences très graves.
C’est la raison pour laquelle le premier pilier des Reaganomics est l’argent sain, c’est-à-dire l’absence de création monétaire, ce qui est à la base du monétarisme, évidemment.
Comme les Zautorités Zeuropéennes n’ont aucune culture monétariste, aucune solution douce n’est concevable, ce qui signifie que les conséquences seront très graves car les bonnes décisions ne seront jamais prises.

Pour ce qui concerne l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, c’est malheureusement un certain Adolf Hitler qui a bien compris que la cause principale des grands malheurs des Allemands, c’est-à-dire de cette bulle monétaire, était la dette.
Pour simplifier et aller à l’essentiel, à partir du moment où l’Allemagne n’a plus payé ses dettes, l’économie a pu repartir et le chômage s’est résorbé, ce qui a malheureusement permis au socialisme nationaliste allemand de s’imposer !

Les Grecs sont dans une situation tout à fait comparable à celle des Allemands de l’entre-deux-guerres et il en est de même, dans de moindres proportions de beaucoup de malheureux Euro-zonards.
Ça finira mal.

Un livre à lire absolument (même si je ne suis pas d’accord avec tout !) : Adolf Hitler ou la vengeance de la planche à billets de Pierre Jovanovic.


Cliquer ici pour accéder aux vidéos de Pierre Jovanovic.
Cliquer ici pour commander ce livre chez l’éditeur, disponible aussi sur Amazon et en librairies.
Cliquer ici pour voir le site de Pierre Jovanovic.

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4 décembre 2017 6

Monnaies et crypto monnaies pour les nuls

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Monétarisme

Le cours du bitcoin en dollars atteint des sommets, ce qui commence à poser de sérieux problèmes.
Une petite mise au point s’impose sur ce sujet…

Pour comprendre ces problèmes monétaires, il faut d’abord bien comprendre ce qu’est une monnaie.
Pour cela, il suffit de reprendre l’exemple du paysan de Böhm-Bawerk qui vend son fromage sur le marché de la ville proche dont les habitants disposent de billets gagnés par leur travail.
Lorsque le paysan vend son fromage, des billets vont des portefeuilles des clients à celui de notre paysan, du fromage faisant le sens inverse, tout le monde l’a compris.

Au cours de cet échange, ce sont les clients qui créent en fait de la valeur en acceptant de payer un certain prix pour acquérir un produit.
C’est donc l’échange qui est créateur de valeur. Une valeur est ajoutée à la production de cette communauté locale
(au PIB dit-on aujourd’hui au niveau d’une nation).
L’argent ne fait que circuler des uns aux autres, donc sans création monétaire.

Pour assurer une activité commerciale normale, c’est-à-dire des transactions sans entraves, la banque locale qui émet ces billets doit pouvoir répondre à la demande, c’est-à-dire en «donner» à ses clients qui ont de l’argent sur leur compte courant qui est ainsi débité du montant des billets fournis.
La banque ne crée donc pas de monnaie dans ces opérations mais elle ne fait que fournir des prestations et des moyens de paiement pour faciliter les échanges indispensables entre les hommes, les clients et les commerçants et producteurs.

L’argent qui circule ainsi dans cette communauté se trouve donc sous la forme de billets et d’inscriptions sur des registres, en l’occurrence de banque.
Les hommes ont inventé spontanément de telles monnaies depuis plus de 5 000 ans et un peu partout dans le monde, sans se concerter, pour résoudre des problèmes pratiques d’échanges indispensables dans des sociétés organisées caractérisées par une spécialisation du travail.

Cet argent repose sur la confiance des partenaires.
Ainsi, par exemple, un billet de 10 florins permet aux gens de cette ville d’acheter une certaine quantité de fromage à notre paysan de Böhm-Bawerk.
La contrepartie de ce billet, c’est telle quantité de fromage, ou tant de chemises, ou une consultation de médecin ou d’avocat, etc.
L’argent n’a pas pour contrepartie un métal précieux mais des biens (et services) : ceux qui sont produits et échangés dans une société humaine évoluée
.

Il faut attendre le 15 août 1971 pour qu’un tel système monétaire (sans référence à l’or) soit bien établi, mais il n’est toujours pas bien compris ni admis, même encore maintenant !

***

L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics, dixit Arthur, Laffer.
En effet, l’argent qui circule doit être de l’argent gagné normalement, c’est-à-dire en respectant les règles en matière monétaire, ce qui n’est pas toujours le cas.
Des dysfonctionnements peuvent se produire.
Le plus grave est incontestablement la création monétaire qui a toujours de très graves conséquences
.

Ainsi par exemple, au début des années 2000, les grandes banques américaines (et d’autres), n’ont plus respecté les règles prudentielles d’endettement, ce qui a été à l’origine d’une hypertrophie de l’agrégat monétaire M3-M2.
Pour faire éclater cette bulle monétaire, les autorités américaines ont dû attendre qu’elle gonfle pour que les banksters soient en position de faiblesse (ils ont des pouvoirs de nuisance et d’influence très importants).
Etant alors en position de force, le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke en a flingué une pour l’exemple, à bout portant et sans sommation, ce qui a fait réagir positivement les survivants.
La résorption d’une hypertrophie monétaire provoque toujours des dommages collatéraux importants : ce fut alors la Grande Récession.

La Grande Dépression (la crise des années 30) a eu des conséquences beaucoup plus graves.
Par contre, la bulle monétaire en M1 qui affecte le Japon depuis plusieurs décennies ne fait que… brider les Japonais dans leur expansion et leur croissance.

La création monétaire qui continue à se développer dans la zone euro dans l’agrégat M1 aura des conséquences d’autant plus graves que les autorités dites compétentes n’ont aucune compétence en matière monétariste.

***

Un bitcoin, qu’est-ce que c’est demande notre paysan de Böhm-Bawerk ?
Un vendeur lui explique que c’est rien, et que ça vaut presque rien, mais que ça peut prendre de la valeur à l’avenir.
Il ne comprend pas que des gens puissent acheter du rien qui risque de ne plus rien valoir à l’avenir.
Comme la valeur du bitcoin en dollars explose et que certains idiots nuisibles prennent au sérieux ce produit financier qui ne repose sur rien, dont des régulateurs de marchés, les crypto monnaies risquent d’accentuer le très grand désordre qui règne déjà dans les systèmes financiers.

***

L’exemple du paysan de Böhm-Bawerk peut aussi se situer en Helvétie où 150 monnaies différentes étaient en circulation en 1850 !
Elles reposaient sue la confiance que les petits Suisses accordaient à leurs banques locales qui géraient (correctement) leurs monnaies.

***

Tout ceci est simple à comprendre.
Tout est simple disait Milton Friedman.
On ne comprend pas pourquoi tant de gens ne comprennent pas le monétarisme.

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3 décembre 2017 6

Banksters : le match USA / Europe, 3° trimestre

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Banques américaines, Leverage

Les 8 plus grandes banques américaines présentant un risque systémique d’après la liste retenue par la BRI (Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales, Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs) ont un leverage global de 12,10 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 8,27 %.
Elles font un tir groupé face aux banksters de l’Europe continentale qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan

Document 1 :

les mécanos de la Générale étant les plusses pires,

Document 2 :

Tout va bien : les Français font confiance à leurs banksters !

Cependant, les bons spéculateurs ne se trompent pas : ils font confiance aux grandes banques américaines en y investissant.
Ainsi, le total de la capitalisation des 4 plus grandes banques américaines se monte à 1 080 milliards de dollars contre… 180 milliards d’euros seulement pour les 4 Gos banques françaises !

Document 3 :

Pour rappel : le total des actifs de ces 4 plus grandes banques américaines est proche de celui de nos 4 Gos banques françaises… qui ne valent donc rien, ou pas grand-chose.

Document 4 :

*Banks 2017 Q3LeverageCore Tier 1Market Cap.
1Citigroup10,339,68204
2Wells Fargo11,588,63266
3Bank of America11,618,62272
4Goldman Sachs12,098,2794
5JPMorgan12,857,78338
6Morgan Stanley15,156,689
7State Street16,745,9734
8Bk of New York Mellon17,235,855
9Credit Suisse20,134,9740
10Santander20,84,891
11Crédit Agricole Group21,924,5640
12BPCE Natixis23,744,2120
13UBS27,013,766
14BNP Paribas27,673,6182
15Deutsche Bank29,973,3430
16Société Générale31,413,1837

Pour l’instant, tout va bien. Le tsunami bancaire ne s’est toujours pas produit.

Cliquer ici pour lire mon article précédent sur ce thème.

1 décembre 2017 4

Banksters : le match USA / France

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Banques américaines, Leverage

Les Américains sont quand même toujours un peu inquiets des risques posés par leurs big banks too big to fail à la suite de ce qui s’est passé au début de ce siècle…

Le total des actifs des 4 plus grosses banques des Etats-Unis se monte à 8 600 milliards de dollars, ce qui représente 44,5 % du PIB annuel de 19 509 milliards

Document 1 :

2017 Q3CitigroupWells FargoBank of AmericaJPMorganTotal
1 Assets1 889,131 934,942 283,902 563,078 671,04
2 Equity208,381205,929272,459258,382945,151
3 Preferred st19,25325,57622,32326,06893,22
4 Goodwill22,34526,58168,96847,309165,203
5 Tangible eq166,783153,772181,168185,005686,728
6 Liabilities1 722,351 781,172 102,732 378,077 984,31
7 Leverage (µ)10,3311,5811,6112,8511,63
8 Core Tier 1 (%)9,688,638,627,788,6

… alors que les Français font confiance à leurs Gos banques dont le total des actifs de 7 000 milliards d’euros (soit 8 330 milliards de dollars) représente 3 fois le PIB annuel de 2 293 milliards !

Document 2 :

2017 Q3Cdt Agri GroupBPCE-NatixisBNP-ParibasSté GénéraleTotal
1 Assets1 764,601 754,202 158,501 338,707 016,00
2 Equity101,683,556100,54460,3346
3 Hybrid securities +8,44,81915,59114,142,91
4 Goodwill16,27,8379,6534,938,59
5 Tangible equity7770,975,341,3264,5
6 Liabilities1 687,601 683,302 083,201 297,406 751,50
7 Leverage (µ)21,9223,7427,6731,4125,53
8 Core Tier 1 (%)4,564,213,613,183,92

Grosso modo, les 4 Gos banques franchouillardes ont le même montant d’actifs que les 4 plus grosses banques américaines, ce qui ne gêne pas les Français !

Pour que les 4 Gos banques franchouillardes aient le même poids dans le PIB que leurs homologues américaines, il faudrait que le total de leurs actifs soit de… 1 020 milliards d’euros seulement !
Elles ont donc, relativement, pour 6 000 milliards d’euros en trop globalement dans leurs bilans
!

Pire : pour respecter la règle des multiples d’endettement préconisée par ce bon vieux Greenspan et la plupart des organismes de surveillance bancaire, c’est-à-dire un véritable leverage de 10 au maximum (le total des dettes doit être inférieur à 10 fois le montant des véritables capitaux propres), il faudrait augmenter les capitaux propres des banques américaines de 112 milliards de dollars et de… 410 milliards d’euros pour les Gos banques françaises !

Tout va bien : les Français font confiance à leurs banksters !

L’hypertrophie des Gos banques françaises et des autres banques de la zone euro engendre une hypertrophie létale à terme de la masse monétaire.
« à terme », ça va. Carpe diem.

30 novembre 2017 0

Banques américaines, 3° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

Les 8 plus grandes banques américaines présentant un risque systémique d’après la liste retenue par la BRI (Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales, Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs) ont un leverage global de 12,10 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 8,27 % sans grands changements par rapport aux trimestres précédents,

Document 1 :

2017 Q3CitigroupWells FargoBank of AmericaGoldman SachsJPMorgan
1 Assets1 889,131 934,942 283,909302 563,07
2 Equity208,381205,929272,45986,292258,382
3 Preferred st19,25325,57622,32311,20326,068
4 Goodwill22,34526,58168,9684,05847,309
5 Tangible eq166,783153,772181,16871,031185,005
6 Liabilities1 722,351 781,172 102,73858,9692 378,07
7 Leverage (µ)10,3311,5811,6112,0912,85
8 Core Tier 1 (%)9,688,638,628,277,78

Sommes en milliards de dollars.

Un rappel : un leverage au maximum de 12,5 était préconisé par ce bon vieux Greenspan dans les années 80, connu sous l’expression de ratio Core Tier 1 (l’inverse du leverage en pourcentage qui devait être supérieur à 8 %) mais après les turbulences financières des années 2008, il a relevé ses exigences à un leverage inférieur à 10 (le total des dettes ne doit pas dépasser 10 fois le montant des véritables capitaux propres).

Document 2 :

2017 Q3Morgan StanleyState StreetBk of New York MellonTotal
1 Assets853,693235,986354,39711 045,12
2 Equity70,45822,49740,5231 164,92
3 Preferred st8,523,1963,542119,681
4 Goodwill9,0795,99717,543201,88
5 Tangible eq52,85913,30419,438843,36
6 Liabilities800,834222,682334,95910 201,76
7 Leverage (µ)15,1516,7417,2312,1
8 Core Tier 1 (%)6,65,975,88,27

Il faudrait augmenter les véritables capitaux propres (c’est-à-dire le montant des capitaux propres tangibles constitué des capitaux propres diminué des actions de préférence et des écarts d’acquisition, sans les minoritaires) de 177 milliards de dollars pour que ces 8 big banks too big to fail respectent les règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage inférieur à 10 selon cette méthode de calcul, le dénominateur étant le total des dettes, c’est-à-dire celui du bilan moins le montant des capitaux propres tangibles.

Les autorités américaines ont d’ailleurs imposé à ces banques de relever le total de leurs capitaux propres de 120 milliards de dollars, ce qui est dans le même ordre de grandeur que mes résultats.

Les réglementations lourdes et complexes ne servent à rien. La seule intervention de ce bon vieux Greenspan expliquant une fois encore le principe de base des règles bancaires fondamentales, à savoir que les banques doivent avoir un total de leurs dettes inférieur à 10 fois le montant de leurs véritables capitaux propres, a suffi pour que toute la communauté financière et bancaire américaine s’y aligne, ce qui est loin d’être le cas en France !

Au fil du temps, après de fortes turbulences, ces big banks respectent ces règles, Citigroup étant la plus performante avec un leverage de 10.
Le système bancaire américain fonctionne normalement maintenant. Ce n’est pas le cas dans la zone euro.

D’un trimestre à l’autre, les variations sont globalement nulles,

Document 3 :

2017 Q2CitigroupWells FargoGoldman SachsBank of AmericaJPMorgan
1 Assets1 864,061 930,879072 254,532 563,17
2 Equity210,766205,2386,675270,987258,483
3 Preferred st19,25325,78511,20325,2226,068
4 Goodwill22,34926,5734,0868,96947,3
5 Tangible eq169,164152,87271,392176,798185,115
6 Liabilities1 694,901 778,00835,6082 077,732 378,06
7 Leverage (µ)10,0211,6311,711,7512,85
8 Core Tier 1 (%)9,988,68,548,517,78

Une remarque importante : les Américains s’inquiètent de la puissance de leurs grandes banques alors que le total des actifs de leurs 8 plus grandes banques représente 56,6 % du PIB annuel des Etats-Unis (19 509 milliards de dollars),

Document 4 :

2017 Q2Morgan StanleyState StreetBk of New York MellonTotal
1 Assets841,016238,274354,81510 953,74
2 Equity70,30622,06839,9741 164,49
3 Preferred st7,523,1963,542121,787
4 Goodwill9,1565,94517,457201,829
5 Tangible eq53,6312,92718,975840,873
6 Liabilities787,386225,347335,8410 112,87
7 Leverage (µ)14,6817,4317,712,03
8 Core Tier 1 (%)6,815,745,658,31

A titre de comparaison, le total des actifs de nos 4 Gos banques (qui sont loin de respecter les règles prudentielles d’endettement) représente 3 fois le PIB annuel de la France, celui de la seule BNP-Paribas se monte même presque au niveau du PIB annuel, ce qui n’inquiète pas les Français !

D’une année sur l’autre, les variations sont globalement faibles avec cependant une augmentation des dettes supérieure à celle des capitaux propres,

Document 5 :

2016 Q3CitigroupGoldman SachsBank of AmericaWells FargoJPMorgan
1 Assets1 818,128802 195,311 942,122 521,03
2 Equity212,32287,11270,083203,028254,331
3 Preferred st19,25311,20325,2224,59426,068
4 Goodwill22,5394,10469,74426,68847,302
5 Tangible eq170,5371,803175,119151,746180,961
6 Liabilities1 647,59808,1972 020,201 790,382 340,07
7 Leverage (µ)9,6611,2611,5411,812,93
8 Core Tier 1 (%)10,358,888,678,487,73

Trois de ces banques ont un mauvais leverage mais inférieur à 20, ce qu’aucune des Gos banques françaises n’arrive à obtenir !

Document 6 :

2016 Q3Morgan StanleyState StreetBk of New York MellonTotal
1 Assets813,891256,14374,11410 800,73
2 Equity69,62922,1539,6951 158,35
3 Preferred st7,523,1963,542120,596
4 Goodwill9,3295,91117,449203,066
5 Tangible eq52,7813,04318,704834,686
6 Liabilities761,111243,097355,419 966,04
7 Leverage (µ)14,4218,641911,94
8 Core Tier 1 (%)6,935,375,268,38

La capitalisation boursière de ces dernières banques est largement supérieure à leurs capitaux propres tangibles, ce qui montre que les investisseurs avisés ont confiance en elles, alors que ce n’est pas le cas des Gos banques françaises.

Une fois de plus, les marchés confirment que mes analyses, basées sur les préconisations de ce bon vieux Greenspan, sont justes et en parfaite concordance avec celles de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) contrairement à ce que prétendent mes détracteurs

Tout est simple.

Cliquer ici pour lire mon article précédent sur ce sujet.

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30 novembre 2017 0

Bank of New York Mellon 3° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

Le total du bilan de Bank of New York Mellon est relativement modeste pour les Etats-Unis mais elle fait partie des 8 Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales (Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs) d’après la BRI.

Son multiple d’endettement est beaucoup trop élevé avec un leverage réel de 17,23 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 5,80 % ce qui en fait la pire des big banks américaines too big to fail !

Document 1 :

Bk of New York Mellon2016 Q32016 Q42017 Q12017 Q22017 Q3
1 Assets374,114333,469337,536354,815354,397
2 Equity39,69538,81139,13839,97440,523
3 Preferred st3,5423,5423,5423,5423,542
4 Goodwill17,44917,31617,35517,45717,543
5 Tangible eq18,70417,95318,24118,97519,438
6 Liabilities355,41315,516319,295335,84334,959
7 Leverage (µ)1917,5717,517,717,23
8 Core Tier 1 (%)5,265,695,715,655,8

Sommes en milliards de dollars.

Le montant des capitaux propres tangibles, est le montant de ces capitaux propres diminué des écarts d’acquisition (goodwill) et des actions de préférence, sans pondérer les actifs selon les préconisations de ce bon vieux Greenspan et comme le préconisent aussi Axel Weber, la BRI (le fameux Bâle I), la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) et le Conseil fédéral helvète.

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 12,77 milliards de dollars pour que cette banque respecte les règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage de l’ordre de 10.

Document 2 :

Les bénéfices de 1,018 milliards de dollars correspondent à un ROE calculé sur le montant des capitaux propres publiés de 10,0 % et de 20,9 % sur le montant des capitaux propres tangibles, ce qui est élevé mais trompeur à cause de sa sous-capitalisation car, avec des capitaux propres correspondant à un leverage de 10, le ROE tombe à 3,16 %, ce qui est très faible.

La capitalisation boursière est de l’ordre de 55 milliards de dollars correspondant à un ratio P/E élevé de 15,6 pour une banque malgré un taux de distribution faible à 1,8 %.
Le cours n’est pas revenu au niveau de ses plus hauts historiques,

Document 3 :

Bien que certaines banques aux Etats-Unis ne respectent pas parfaitement les règles prudentielles d’endettement, le système bancaire fonctionne normalement comme le montre le fait que la banque centrale n’est pas obligée de se substituer aux marchés comme c’est le cas dans la zone euro.
Evidemment, ce genre d’analyse passe mal auprès des fanatiques anti-banques et anti-américains.

Cliquer ici pour voir le communiqué de la banque sur ses derniers résultats financiers.
Cliquer ici pour voir mon article précédent sur cette banque.

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