21 juillet 2017 2

Avant un tsunami…

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Avant un tsunami, la mer est toujours belle, le soleil brille, tout va bien.
Seuls quelques indicateurs fiables sont perçus par certains être vivants qui savent les interpréter correctement et qui ont bonne mémoire…

Tout va bien aux Etats-Unis mais il règne quand même une certaine incertitude chez les Américains qui ont augmenté leur épargne de précaution de 107,7 milliards de dollars lors de la semaine finissant le lundi 10 juillet, ce qui constitue la 4° plus forte hausse hebdomadaire de tous les temps de cet agrégat monétaire M2-M1 !

Document 1 :

Les secousses sismiques sous la présidence de Janet Yellen sont plus violentes et plus fréquentes que celles qui se sont produites sous celle de son prédécesseur, ce qui promet quelque chose de grande importance.

L’augmentation de M2-M1 d’une année sur l’autre est revenue à 5,0 %

Document 2 :

… ce qui peut aussi être normal,

Document 3 :

La combinaison des bulles monétaires aux Etats-Unis et dans la zone euro est potentiellement explosive.
La situation actuelle peut durer un certain temps mais pas tout le temps.

20 juillet 2017 14

3° bulle monétaire !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Une troisième bulle monétaire se développe aux Etats-Unis dans une certaine euphorie et dans une indifférence certaine ce qui est quand même un peu étonnant…

Il est difficile de la déceler et de la mettre en évidence depuis que le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, a décidé que la Fed ne publierait plus les chiffres de la masse monétaire M3, justement pour que les personnes qui se trouvent hors de la Fed ne puissent ni la déceler ni la mettre en évidence et encore moins agir en conséquence.

Cependant, les deux bulles monétaires précédentes ont eu des répercussions sur les cours des sociétés cotées qui ont dépassé les normes, et il est fort probable qu’il en soit ainsi actuellement,

Document 1 :

En effet, le ratio des cours (Price) sur les bénéfices (Earnings), le P/E dépasse les normes historiques qui sont de l’ordre de 15…

Document 2 (Wall Street Journal) :

alors que les bénéfices des sociétés américaines sont dans les normes historiques : ils n’augmentaient que sur une tendance de 6,75 % d’une année sur l’autre au 1° trimestre, ce qui est dans le bas de la bande de tendance sur le long terme,

Document 3 :

Ces bénéfices représentaient 8 % du PIB au 1° trimestre, ce qui est là aussi normal depuis que les Reaganomics ont redressé l’Amérique,

Document 4 :

La survalorisation des cours des sociétés américaines est donc un indicateur possible et plausible de l’hypertrophie qui s’est développée dans l’agrégat monétaire M3-M2 que les personnes qui se trouvent en dehors de la Fed ne peuvent pas déceler.

Les bons fondamentaux de l’économie américaine et les bénéfices ne peuvent pas justifier des PER aussi élevés, ni l’anticipation de la baisse du taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés de 15 % voulue par le Donald.
En effet, les Etats-Unis sont un pays démocratique (contrairement à la France) car la séparation des pouvoirs est bien réelle : ainsi par exemple, le Donald n’a pas pu faire adopter la réforme de l’ObabaCare au cours des 6 mois depuis sa prise de fonction à cause de l’obstruction de parlementaires, y compris Républicains.
Dans ces conditions, il n’est pas du tout certain qu’il puisse faire adopter la baisse du taux de l’impôt sur les bénéfices de 15 % qui pourrait justifier un PER actuellement supérieur aux normes.

D’ailleurs, même en prenant pour base un tel taux de l’impôt sur les bénéfices à 15 %, le PER pourrait être actuellement de l’ordre de 19 par anticipation, toutes choses égales par ailleurs.
Un PER actuel de 25 correspond à une survalorisation des cours des sociétés américaines de l’ordre de 30 %, c’est-à-dire à une hypertrophie de l’agrégat M3-M2 de 30 % !

Compte tenu des moyens d’analyse dont on dispose, la mise en évidence d’une survalorisation des cours des sociétés américaines est a priori la seule façon de déceler et de mettre en évidence cette troisième bulle monétaire.

Le problème qui se pose alors est d’en trouver les causes.
Pas de bulle internet, les banques américaines (des Etats-Unis !) respectent les règles prudentielles d’endettement (cf. mes analyses), les causes de cette troisième bulle monétaire sont donc différentes de celles des précédentes.

Seules quelques remarques instructives (mais passées inaperçues) ont été formulées par Janet Yellen. Elles confirment une explication plausible tirée de l’observation des comptes de grandes entreprises américaines

En effet, leurs disponibilités (cash) sont très abondantes (et même anormalement). Elles dégagent des bénéfices considérables largement supérieurs à leurs besoins d’investissements alors que le paysan de Böhm-Bawerk était obligé d’avoir en poches les bénéfices tirés de la vente de sa dernière récolte pour pouvoir acheter une charrue afin d’augmenter sa production, sa productivité, ses bénéfices et son niveau de vie futurs.
Ces grandes entreprises américaines n’ont pas besoin de leurs derniers bénéfices pour acheter une… charrue, c’est-à-dire financer le lancement de leurs prochains produits.

Ainsi par exemple, Apple disposait à la fin du trimestre dernier de 256 milliards de dollars de disponibilités,
C’est de l’argent sain, c’est-à-dire de l’argent gagné non utilisé, qui stagne, qui ne circule pas.
Inversement, c’est donc une masse monétaire supérieure à la normale, donc une bulle monétaire que l’on devine mais que l’on ne peut pas mettre en évidence avec certitude du fait que les chiffres de M3 pour les Etats-Unis ne sont pas publiés.

Le problème qui se pose alors est de trouver une solution pour faire disparaitre cette hypertrophie monétaire potentiellement dangereuse à terme.

En pareilles circonstances, les gens de la Fed ont l’habitude de laisser grossir la bulle en formation pour la faire éclater à leur guise et en position de force pour pouvoir imposer leurs solutions face à des adversaires au départ plus puissants qu’eux.
Il est alors difficile de savoir ce qu’ils concoctent.

Des solutions douces seraient possibles comme par exemple celle d’augmenter la distribution massive de dividendes.
En effet, cet argent passerait ainsi du patrimoine de ces entreprises à leurs actionnaires, ce qui alimenterait sa circulation.
Cependant, comme le niveau de distribution des dividendes est déjà élevé, il est difficile de dépasser les normes,

Document 5 :

Une autre solution serait pour les entreprises de racheter une part significative de leurs actions, ce qui transformerait ainsi ces disponibilités en valeurs mobilières, donc non monétaires.

Cependant, ces deux solutions sont déjà souvent utilisées par beaucoup d’entreprises et elles ne sont pas suffisantes pour faire éclater cette bulle déjà très importante.

Pour de bons Français dans le genre du Merluche, une solution se serait imposée : augmenter les salaires pour diminuer les bénéfices des entreprises, ce qui n’est pas dans la mentalité des Américains, évidemment !
Par ailleurs, il est intéressant de noter que cette bulle monétaire est purement américaine (aux Etats-Unis). Elle ne s’est pas transmise dans la vieille Europe continentale qui souffre elle aussi d’une bulle monétaire mais dont les causes sont totalement différentes.

Conclusion : ça va encore péter !
Où ?
Quand ?
Comment ?
Telles sont les inconnues
.
L’éclatement de cette bulle américaine fera peu de dommages collatéraux aux Etats-Unis du fait que les fondamentaux y sont sains, ce qui est loin d’être le cas dans la zone euro, ce qui pourrait être fatal à l’€mpire germanique.

19 juillet 2017 2

Morgan Stanley 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

A la fin de ce dernier trimestre, le leverage réel Morgan Stanley (qui fait partie des Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales, Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs) est encore beaucoup trop élevé, à 14,68 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 6,81 %, sans amélioration par rapport aux trimestres précédents,

Document 1 :

Morgan Stanley2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets828,873813,891811,18832,391841,016
2 Equity69,59669,62968,5369,40470,306
3 Preferred st7,527,527,528,527,52
4 Goodwill9,4119,3299,2969,2299,156
5 Tangible eq52,66552,7851,71451,65553,63
6 Liabilities776,208761,111759,466780,736787,386
7 Leverage (µ)14,7414,4214,6915,1114,68
8 Core Tier 1 (%)6,786,936,816,626,81

Sommes en milliards de dollars.

Les chiffres retenus ici pour les calculs du leverage sont les capitaux propres tangibles c’est-à-dire les capitaux propres diminués des actions de préférence, du goodwill et des minoritaires selon les règles préconisées par ce bon vieux Greenspan, sans pondérer les actifs, comme c’est le cas avec le ratio Core Tier 1 et comme le préconisent aussi Axel Weber, la BRI (le fameux Bâle I), la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC).

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 22,8 milliards de dollars pour que Morgan Stanley respecte les règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan pour obtenir un leverage inférieur à 10.

Document 2 :

Les bénéfices de 1,59 milliard de dollars correspondent à un ROE calculé sur le montant des capitaux propres publiés de 9,05 % et de 11,86 % sur le montant des capitaux propres tangibles, ce qui est dans la norme des grandes banques américaines !

La capitalisation boursière est de l’ordre de 83,5 milliards de dollars (20 milliards supplémentaires depuis l’élection du Donald, soit + 25 % !) correspondant à un PER de 13,35 qui est considéré comme important mais grâce à un taux de distribution un peu faible même pour une banque américaine à 1,77 %.

Morgan Stanley n’a pas rattrapé son cours précédant les deux bulles précédentes, celles de l’internet et des grandes turbulences de 2008,

Document 3 :

Cliquer ici pour lire le communiqué de Morgan Stanley sur la publication de ses résultats de ce dernier trimestre.

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18 juillet 2017 0

Bank Of America 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

Bank Of America rétrograde à la quatrième place du classement des Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales (Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs), juste après Goldman Sachs, avec un leverage réel de 11,75 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 8,51 % en détérioration par rapport au trimestre précédent,

Document 1 :

Bank of America2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets2 186,612 195,312 187,702 247,702 254,53
2 Equity267,069270,083266,84268,153270,987
3 Preferred st25,2225,2225,2225,2225,22
4 Goodwill69,74469,74468,96968,96968,969
5 Tangible eq172,105175,119172,651173,964176,798
6 Liabilities2 014,502 020,202 015,052 073,742 077,73
7 Leverage (µ)11,7111,5411,6711,9211,75
8 Core Tier 1 (%)8,548,678,578,398,51

Sommes en milliards de dollars.

Les chiffres retenus pour les calculs du leverage sont les actifs tangibles c’est-à-dire les capitaux propres publiés diminués des actions de préférence, du goodwill et des minoritaires selon les règles préconisées par ce bon vieux Greenspan, sans pondérer les actifs, comme c’est le cas avec le ratio Core Tier 1 et comme le préconisent Axel Weber, la BRI (le fameux Bâle I), la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC),

Document 2 :

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 28,2 milliards de dollars pour que Bank Of America respecte les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan.

Document 3 :

Avec un bénéfice de 4,91 milliards de dollars, le ROE calculé sur le montant des capitaux propres publiés est de 7,25 % et de 11,11 % sur le montant des capitaux propres tangibles.

La capitalisation boursière est de l’ordre de 239 milliards de dollars (71 milliards supplémentaires depuis l’élection du Donald !) correspondant à un PER de 14,82 qui est très élevé malgré un taux de distribution (rendement des dividendes par action) de 1,25 %.

Même après le rebond du TrUmP, Bank Of America a perdu plus de la moitié de sa capitalisation boursière par rapport à celle qui a précédé les grandes turbulences financières de 2008,

Document 4 :

L’incidence des deux bulles monétaires (de l’internet en 2000 et des sub-prime) est très nette sur l’évolution du cours de la banque sur la longue période.

Cliquer ici pour lire le document financier de Bank Of America d’où sont tirés ces chiffres.

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18 juillet 2017 0

Goldman Sachs 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

Goldman Sachs rétrograde sur la troisième marche du podium (après Citigroup et Wells Fargo) des Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales, Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs : son leverage réel est de 11,70 ce qui correspond à un véritable ratio Core Tier 1 de 8,54 % en détérioration par rapport aux quatre trimestres précédents,

Document 1 :

Goldman Sachs2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets897880862894,069907
2 Equity86,51487,1186,89386,91786,675
3 Preferred st11,20311,20311,20311,20311,203
4 Goodwill4,1454,1044,0954,0674,08
5 Tangible eq71,16671,80371,59571,64771,392
6 Liabilities825,834808,197790,405822,422835,608
7 Leverage (µ)11,611,2611,0411,4811,7
8 Core Tier 1 (%)8,628,889,068,718,54

Sommes en milliards de dollars.

Les chiffres retenus pour les calculs du leverage sont les capitaux propres tangibles c’est-à-dire les capitaux propres publiés diminués des actions de préférence, du goodwill et des minoritaires selon les règles préconisées par ce bon vieux Greenspan, sans pondérer les actifs, comme c’est le cas avec le ratio Core Tier 1 et comme le préconisent Axel Weber, la BRI (le fameux Bâle I), la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC).

Les capitaux propres n’augmentent pas par rapport aux trimestres précédents et le total des dettes augmente légèrement, ce qui est un peu inquiétant.

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 11,1 milliards de dollars pour que Goldman Sachs ait un leverage inférieur à 10.

Document 2 :

La présentation des comptes, succincte, permet cependant de calculer correctement et facilement le véritable leverage, ce qui est loin d’être le cas pour les banques européennes,

Document 3 :

Le ROE calculé sur le montant des capitaux propres publiés est de 7,52 % et de 9,13 % sur le montant des capitaux propres tangibles, en nette baisse par rapport aux trimestres précédents.

La capitalisation boursière a baissé à 90,24 milliards de dollars (20 milliards supplémentaires depuis l’élection du Donald, soit + 30 % !) correspondant à un PER en baisse à 11,18 malgré. Le taux de distribution (rendement des dividendes par action) augmente à 1,31 %.

Le cours de Goldman Sachs a rejoint ses plus hauts enregistrés pendant la bulle des sub-prime,

Document 4 :

Cliquer ici pour accéder aux documents justificatifs de cette analyse.

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17 juillet 2017 5

Janet Yellen / le Donald : 1-0 !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Le système politique de tout pays démocratique doit reposer sur le principe de la séparation des pouvoirs, mais Montesquieu n’avait pas tenu compte de l’importance de la gouvernance économique au sens large (financière, bancaire, monétaire).
Ce sont les Américains (des Etats-Unis !) qui en ont pris conscience les premiers en créant ce quatrième pouvoir indépendant et en le confiant à la banque centrale.

Ainsi, le Donald se heurte depuis sa prise de fonction aux autres pouvoirs : les législateurs du Congrès ne sont pas tous des godillots (même des élus Républicains s’opposent à ses réformes sur l’ObabaCare), des juges Démocrates torpillent systématiquement ses directives sur l’immigration, et Janet Yellen déclare tranquillement qu’elle voit mal comment une croissance du PIB de 3 % puisse être atteinte dans un avenir proche.

En conséquence, les rendements des Notes à 10 ans ont bondi après l’élection du Donald qui avait annoncé qu’il voulait faire baisser le taux de l’impôt sur les bénéfices des sociétés à 15 % (ainsi que les impôts sur le revenu) et relancer des investissements publics, mais rien n’a encore été fait en ce sens.
Il a fait l’erreur de vouloir s’attaquer d’abord à l’ObabaCare.

C’est donc la politique monétaire menée par les gens de la Fed qui régule l’activité économique : les rendements des Notes à 10 ans sont revenus très exactement dans la courbe de tendance longue que j’avais tracée depuis un certain temps, c’est-à-dire sur une hausse progressive en concordance avec la reprise de la croissance sur de bons fondamentaux, mais bridée par l’€-crise,

Document 1 :

Logiquement, le cycle initié par la Fed remonte mollement après avoir atteint un plus bas à l’été 2015, l’élection du Donald ne changeant rien à cette évolution,

Document 2 :

Les rendements des Notes à 10 ans ont des difficultés à atteindre leur bande normale de fluctuation (dans les 3 %) toujours à cause de l’€-crise persistante comme le montrent clairement les rendements des bons à 10 ans des Trésors de l’Europe continentale qui sont à zéro voire en territoire négatif,

Document 3 :

Seul le comportement des Américains qui ont confiance en leur avenir grâce à l’élection du Donald peuvent doper la croissance du PIB en sortant leurs dollars de leurs caisses d’épargne.

Ainsi fonctionne un pays démocratique dans lequel règne pleinement la liberté.

Cliquer ici pour lire mon article précédent sur ce thème.

Mots-clés:

16 juillet 2017 0

Wells Fargo 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

Wells Fargo va peut-être se retrouver encore à la quatrième marche du podium des grandes banques systémiques mondiales après avoir occupé longtemps la deuxième place, ce qui va de pair avec les irrégularités commises par certains de ses salariés mais cette banque respecte encore presque les exigences des règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan avec un multiple (mon µ, le leverage en anglais) de 11,63 en cette fin de dernier trimestre, ce qui correspond à un véritable ratio Core Tier 1 de 8,60 %, en amélioration par rapport aux trois trimestres précédents,

Document 1 :

Wells Fargo2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets1 889,241 942,121 930,121 951,561 930,87
2 Equity201,745203,028199,581201,5205,23
3 Preferred st24,8324,59424,55125,50125,785
4 Goodwill26,96326,68826,69326,66626,573
5 Tangible eq149,952151,746148,337149,333152,872
6 Liabilities1 739,281 790,381 781,781 802,231 778,00
7 Leverage (µ)11,611,812,0112,0711,63
8 Core Tier 1 (%)8,628,488,338,298,6

Sommes en milliards de dollars.

Les chiffres retenus pour les calculs du leverage sont les capitaux propres tangibles c’est-à-dire les capitaux propres publiés diminués des actions de préférence, du goodwill et des minoritaires selon les règles édictées par ce bon vieux Greenspan, sans pondérer les actifs, comme c’est le cas avec le ratio Core Tier 1 et comme le préconisent entre autres Axel Weber, la BRI (le fameux Bâle I), la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC).

Le montant des véritables capitaux propres augmente et le total des dettes diminue par rapport au trimestre précédent, ce qui est exactement ce qu’il faut faire !

Document 2 :

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 22,6 milliards de dollars pour respecter les exigences des règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan avec un multiple d’endettement (mon µ, le leverage en anglais) de 10.

Les bénéfices de 5,40 milliards de dollars assurent un ROE calculé sur le montant des capitaux propres publiés de 10,52 % et de 14,13 % sur le montant des capitaux propres tangibles, ce qui est particulièrement élevé et très rare pour une grande banque.

La capitalisation boursière est de l’ordre de 275 milliards de dollars (50 milliards supplémentaires depuis l’élection du Donald !) correspondant à un PER de 13,55 qui est considéré comme élevé pour une banque mais avec un taux de distribution (rendement des dividendes par action) lui aussi élevé pour une banque américaine de 2,76 %.

Le cours de Wells Fargo est supérieur à ce qu’il était avant les grandes turbulences des années 2008 et suivantes, ce qui est là aussi très rare pour une big bank too big to fail. Seule JPMorgan a aussi réussi cette performance !

Document 3 :

Le cours de Wells Fargo n’a pas été anormalement dopé par les bulles internet ni par celles des sub-prime, ce qui montre que les bons spéculateurs (ceux qui voient juste et loin) ont confiance en cette banque et ont toujours bien su apprécier ses bons fondamentaux.
Une réussite presque parfaite !

Cliquer ici pour voir les résultats de Wells Fargo pour ce dernier trimestre.

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16 juillet 2017 0

JPMorgan Chase & Co. 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

JPMorgan Chase & Co est la plus grande banque américaine par le total de son actif, équivalant à celui de BNP-Paribas,

Document 1 :

Le leverage réel de JPMorgan est de 12,85 et son véritable ratio Core Tier 1 de 7,78 % en légère amélioration par rapport au trimestre précédent, reste loin des exigences de ce bon vieux Greenspan, à savoir des chiffres à 10,

Document 2 :

JPMorgan2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets2 466,102 521,032 490,972 546,292 563,17
2 Equity252,423254,331254,19255,863258,483
3 Preferred st26,06826,06826,06826,06826,068
4 Goodwill47,30347,30247,28847,29247,3
5 Tangible eq179,052180,961180,834182,503185,115
6 Liabilities2 287,042 340,072 310,142 363,792 378,06
7 Leverage (µ)12,7712,9312,7712,9512,85
8 Core Tier 1 (%)7,837,737,837,727,78

Sommes en milliards de dollars.

Les chiffres retenus pour les calculs du leverage sont les capitaux propres tangibles, c’est-à-dire le véritable montant de ces capitaux propres publiés diminué des écarts d’acquisition (goodwill) et des actions de préférence, sans pondérer les actifs selon les préconisations de ce bon vieux Greenspan et comme le préconisent aussi Axel Weber, la BRI (le fameux Bâle I), la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC).
Ces capitaux propres tangibles augmentent légèrement plus rapidement que le total des dettes, ce qui est positif !

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 48 milliards de dollars (ou diminuer davantage les dettes) pour que JPMorgan respecte les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan. Des mesures énergiques ont été prises précédemment pour redresser la situation, et elles donnent de bons résultats.

En effet, les bénéfices de 7,03 milliards d’euros correspondent à un ROE calculé sur le montant des capitaux propres publiés de 10,9 % et de 15,2 % sur le montant des capitaux propres tangibles, ce qui est un exploit qu’aucune grande banque ne réussit !

La capitalisation boursière est de l’ordre de 328 milliards de dollars (80 milliards supplémentaires depuis l’élection du Donald !) correspondant à un PER de 13,58 très élevé. Le taux de distribution a augmenté à 2,17 %, ce qui est un peu élevé pour une banque américaine.

Le cours de JMorgan est largement supérieur à ce qu’il était lors de la bulle internet et avant les grandes turbulences des années 2008 et suivantes, ce qui est là aussi très rare pour une big bank too big to fail. Seule Wells Fargo a aussi réussi cette performance !

Document 3 :

Cliquer ici pour lire les données du dernier trimestre de JPMorgan Chase.

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16 juillet 2017 0

Citigroup 2° trimestre 2017

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

Citigroup est depuis le 1° trimestre 2015, la première et la seule grande banque (de la liste des Importantes Institutions Financières Systémiques Mondiales, Global Systemically Important Financial Institutions, G-SIFIs) à respecter la règle prudentielle d’endettement préconisée par ce bon vieux Greenspan car son leverage réel est égal ou inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel supérieur à 10 % (en légère dégradation par rapport aux quatre trimestres précédents) et sans tricher,

Document 1 :

Citigroup2016 Q22016 Q32016 Q42017 Q12017 Q2
1 Assets1 818,771 818,121 792,081 821,881 864,06
2 Equity212,635212,322205,867208,723210,766
3 Preferred st19,25319,25319,25319,25319,253
4 Goodwill22,29622,53921,65922,26522,349
5 Tangible eq171,086170,53164,955167,205169,164
6 Liabilities1 647,691 647,591 627,121 654,671 694,90
7 Leverage (µ)9,639,669,869,910,02
8 Core Tier 1 (%)10,3810,3510,1410,119,98

Sommes en milliards de dollars.

La performance est absolument remarquable !

Document 2 :

Les dirigeants de Citigroup ont pris les bonnes décisions, ce qui a conduit à dégager un bénéfice de 3,87 milliards de dollars lors de ce dernier trimestre.

Le ROE calculé sur le montant des capitaux propres publiés est de 7,34 % et de 9,15 % sur le montant des capitaux propres tangibles, c’est-à-dire le véritable montant de ces capitaux propres diminués des écarts d’acquisition (goodwill) et des actions de préférence, sans pondérer les actifs selon les préconisations de ce bon vieux Greenspan et comme le recommandent Axel Weber, la BRI (le fameux Bâle I), la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni et la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC).
Ces deux ROE sont en nette progression par rapport à ceux de la fin 2016.
Une réussite parfaite !

La capitalisation boursière est de l’ordre de 183,7 milliards de dollars (contre 166 milliards fin 2016, soit 40 milliards supplémentaires depuis l’élection du Donald !) correspondant à un PER de 13,36 qui est considéré comme normal malgré un taux de distribution (rendement des dividendes par action) particulièrement faible de 0,96 %,

Document 3 :

Sur ce graphique représentant l’évolution du cours de Citigroup depuis les 30 dernières années, les deux bulles monétaires que je retiens, à savoir celle de l’internet (aux alentours de 2000) et celles des sub-prime, sont bien mises en évidence et elles ont été totalement résorbées grâce à la mère des batailles menée par le bombardier furtif B-2, ce qui confirme une fois de plus la justesse de mes analyses…

La survalorisation de Citigroup pendant ces deux bulles montre que les marchés, c’est-à-dire les journaleux et les bonimenteurs que sont les analystes et stratégistes patentés, se sont lourdement trompés car ils n’ont aucune culture monétariste.
Cependant, ces idiots deviennent utiles car ils alimentent la spéculation gagnante des monétaristes.

Comme je l’ai déjà écrit,
Partout dans le monde, les autres grandes banques ne respectent pas les règles de bonne gestion prudentielle d’endettement, ce qui est particulièrement dangereux.
La situation est encore pire dans la vieille Europe comme le montrent les chiffres des leverages réels et le blocage du marché interbancaire dans la zone euro.
Les dirigeants des big banks américaines too big to fail ont très bien compris qu’il fallait qu’elles respectent cette règle prudentielle d’endettement préconisée par ce bon vieux Greenspan à savoir un leverage réel de 10,0 au maximum correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 10,0 % au minimum sans qu’il soit nécessaire de la faire passer en tant que règle impérative, c’est-à-dire en tant que loi.
Il est très instructif de constater qu’en Europe, c’est le contraire qui se passe : les dirigeants des big banks too big to fail ont réussi à faire adopter des réglementations absconses qui les arrangent, en particulier avec ces actifs pondérés des risques.
Comme les Européens lambda ne comprennent rien à ces problèmes bancaires fondamentaux, personne (ou presque !) ne réagit comme il aurait fallu le faire.
Pour l’instant, tout va bien, enfin presque, apparemment, en Europe
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Cliquer ici pour lire le dernier rapport financier de Citigroup.

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14 juillet 2017 5

Les Américains sont d’excellents monétaristes ! (suite, sans fin ?)

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Etats-Unis, Monétarisme

Comme je l’ai déjà écrit à maintes reprises, les Américains sont d’excellents monétaristes : ils (du moins les Républicains) ont confiance en leur nouveau Président élu, et ils constatent que leur situation s’améliore, avec le plein emploi et même des pénuries de main d’œuvre dans certains domaines grâce aux bons fondamentaux qui ont été restaurés depuis quelque temps.

En conséquence, ils ont retiré 75 milliards de dollars de leurs caisses d’épargne dans la semaine finissant le lundi 3 juillet, derniers chiffres publiés par la Fed, clôturant ainsi en beauté le deuxième trimestre,

Document 1 :

Ils s’apprêtent à les dépenser et ils investissent en valeurs mobilières et immobilières. Ils peuvent continuer ainsi car ils disposent de plus de 2 000 milliards de dollars potentiellement mobilisables.

Le total des encours dans leurs caisses d’épargne (correspondant à l’agrégat M2-M1) est redescendu nettement sous les 10 000 milliards de dollars,

Document 2 :

Ils n’ont augmenté leur épargne que de 4,0 % d’une année sur l’autre, ce qui est inférieur à la valeur critique d’équilibre de 5 % qui correspond a priori à son taux optimal de croissance du PIB réel de 2,5 %,

Document 3 :

Sur l’ensemble du 2° trimestre, l’augmentation de M2-M1 est de 5,1 % d’une année sur l’autre, ce qui est très proche de cette valeur critique d’équilibre de 5 % engendrant une croissance du PIB réel au taux optimal de 2,5 %, soit a priori de 2,4 % toutes autres choses égales par ailleurs,

Document 4 :

Si cette tendance se poursuit ou se maintient, la croissance du PIB réel devrait être durablement de l’ordre de 3 % d’une année sur l’autre comme au premier semestre 2015, et comme l’avait annoncé le Donald.
Janet Yellen qui vient de déclarer qu’elle pensait que cet objectif ne pouvait pas être atteint, va devoir laisser sa place à un grand méchant de Goldman Sachs…