31 juillet 2015 4

BNP-Paribas 2° trimestre 2015

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

Les banksters de BNP-Paribas ont publié leur bilan pour ce dernier trimestre mais ils continuent à ne pas le présenter correctement, c’est-à-dire pas comme devraient le faire les banques normalement constituées…

En effet, pour déterminer le montant des véritables capitaux propres dits, tangibles, excluant les minoritaires (Tangible shareholders equity), il faut aller pêcher le montant du Total part du groupe au passif puis retrancher les écarts d’acquisition (goodwill) inscrits à l’actif…

Document 1 :

et surtout retrancher les titres dits hybrides que sont les Titres Super-Subordonnés à Durée Indéterminée (TSSDI) dont les montants ne sont pas publiés dans les comptes trimestriels (ils ne sont mentionnés que dans les états financiers semestriels). Ils sont considérés par la seule nomenklatura bancaire française comme faisant partie des capitaux propres, ce qui n’est pas le cas partout ailleurs dans le monde, cf. mes articles à ce sujet,

Document 2 :

En reprenant les seuls chiffres pouvant donner une image fidèle de la réalité, pour les seuls semestres, en ne retenant que le montant des véritables capitaux propres, le leverage réel de BNP est de 31,5 pour ce dernier trimestre publié correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 3,2 % en nette dégradation par rapport aux semestres précédents,

Document 3 :

BNP Paribas2013 Q42014 Q22014 Q42015 Q2
1 Assets1 810,521 906,632 077,762 138,51
2 Equity87,43384,689,4192,078
3 Hybrid securities + …8,55710,6616,5896,468
4 Goodwill9,8469,92510,57711,024
5 Tangible eq69,0364,01466,15365,827
6 Liabilities1 741,491 842,612 011,612 072,68
7 Leverage (µ)25,228,830,431,5
8 Core Tier 1 (%)43,53,33,2

Sommes en milliards d’euros.

Un certain nombre de dirigeants de big banks européennes (UBS, Deutsche Bank, Barclays) ont décidé de prendre des mesures énergiques pour diminuer leur leverage par cessions d’actifs de plusieurs centaines de milliards.
Ceux de BNP font exactement le contraire !

Depuis le début de 2014, les banksters de BNP-Paribas publient un ratio de levier Bâle III dans les 3 % en le majorant un peu par rapport à mes calculs,

Document 4 :

Les chiffres de ces ratios de levier Bâle III publiés par les banksters de BNP-Paribas sont donc en concordance avec ceux que je calcule sur la base de l’analyse de ces titres hybrides (l’écart entre mes calculs et ceux de BNP est faible), ce qui prouve une fois de plus la justesse de mes analyses sur ce sujet, et ceci depuis plusieurs années…

Il faudrait augmenter les capitaux propres de… 129 milliards d’euros (!) ou diminuer le total des dettes de… 1 420 milliards (!) par cessions d’actifs par exemple pour que BNP-Paribas respecte les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan (sans pondérer les actifs, comme le préconisent également la BRI, Axel Weber, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni, la Banque du Portugal et la CRR/CRD IV), à savoir un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 % ou un leverage inférieur à 10 (contre respectivement 8% et 12,5 pour le ratio Core Tier 1 d’origine).

C’est drôle, on se demande pourquoi les banksters de BNP-Paribas ne publient pas le montant des Titres de Créances Négociables (TCN) qu’ils mettent en pension pour obtenir… 34,4 milliards d’euros d’argent frais ! … répartis entre 31,7 milliards de Certificats de Dépôt Négociables (CDN),

Document 5 :

et 2,7 milliards des Bon à Moyen Terme Négociables

Document 6 :

… chiffres publiés par la Banque de France, auxquels il faudrait ajouter ceux qui sont prêtés par la BCE qui ne publie aucun chiffre.

Le leverage réel de BNP est de 31,5. Celui de la banque des frères Lehman était de 32 lorsqu’elle a fait faillite, ce qui a provoqué de fortes turbulences financières dans le monde. Le total de son bilan était alors de 650 milliards de dollars… seulement.

Le total du bilan de BNP de 2 138 milliards d’euros, est proche du montant du PIB annuel de la France (2 167 milliards au 1° trimestre) !

Les Américains sont inquiets face à la puissance de leurs big banks too big to fail, mais JPMorgan est celle qui a le total de son bilan le plus plus élevé avec seulement… 2 450 milliards de dollars, soit 13,7 % du PIB des Etats-Unis (17 840 milliards de dollars).

Les banksters de BNP (et leurs homologues des autres Gos banques) prennent les Français pour des idiots et ils ont raison. Ça marche : ils ne comprennent jamais rien aux problèmes financiers, bancaires, monétaires, heureusement…
Ils n’ont été amenés à payer que 9 milliards de dollars pour éviter d’être condamnés… aux Etats-Unis !
Tout va bien.

Tout est simple… à condition de savoir décrypter correctement des centaines de pages de comptes à dormir debout pour en tirer la substantifique moelle.
Finalement, je remercie les dirigeants de nos Gos banques et ici ceux de BNP qui montrent que j’avais raison et que j’ai toujours raison de calculer les véritables ratios d’endettement.

Cliquer ici pour lire le communiqué présentant les résultats (non audités) de BNP d’où sont tirées ces dernières données.

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31 juillet 2015 6

BNS rien ne va plus !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Suisse

La BNS a perdu une cinquantaine de milliards de francs… suisses au cours du premier semestre 2015,

Document 1 :

Les capitaux propres ne représentent plus que 5,9 % du total du bilan (fin juin),

Document 2 :

Le total des dettes représente 16 fois le montant des capitaux propres, ce qui correspond à un leverage de 16,0 hors normes,

Document 3 :

Le passif est constitué essentiellement des comptes de virement des banques en Suisse

Document 4 :

…qui représentent les deux tiers du passif alors qu’avant les turbulences financières de 2008, les proportions étaient inverses,

Document 5 :

A chaque crise dans la zone euro, des capitaux se réfugient en Helvétie, ou, autre configuration, les gens de la BNS défendent un franc faible par rapport à l’euro, ce qui gonfle ces capitaux détenus par la BNS,

Document 6 :

En contrepartie, l’actif n’est pratiquement plus constitué que de devises

Document 7 :

à plus de 90 %

Document 8 :

constituées à 42 % d’euros !

Document 9 :

Il y a le feu au lac !

A la prochaine €-crise, la BNS coule

Pour l’instant, tout va bien, les petits Suisses font confiance aux dirigeants de la BNS.

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30 juillet 2015 0

Deutsche Bank 2° trimestre 2015

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage

Les dirigeants de Deutsche Bank ont beaucoup de mal à résoudre les problèmes qui se posent à eux…
Ils ont cherché dans un premier temps à diminuer le total de leur bilan et donc de leurs dettes puis ils ont procédé à une augmentation de capital de 8,5 milliards d’euros finalisée le 25 juin 2014.

Le Britannique John Cryan, un des anciens dirigeants d’UBS, a été nommé à la tête de la banque fin juin et il est bien déterminé à restaurer énergiquement les fondamentaux de la banque, ce qui est indispensable car le leverage réel est de 31,6 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 3,2 %,

Document 1 :

Deutsche Bank2014 Q2*2014 Q3*2014 Q42015 Q12015 Q2
1 Assets1 665,411 709,191 708,701 955,471 694,18
2 Equity64,68666,35268,35172,97970,762
3 Deductions--1,9624,673,911
4 Goodwill14,11214,67215,68915,80214,951
5 Tangible eq50,57451,6850,752,50751,9
6 Liabilities1 614,841 657,511 658,001 902,961 642,28
7 Leverage (µ)31,932,132,736,231,6
8 Core Tier 1 (%)3,13,13,12,83,2

Sommes en milliards d’euros (seuls les chiffres des trois derniers trimestres sont en concordance avec la directive CRD IV).

Un rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32 !

L’augmentation des actifs de 250 milliards d’euros au 1° trimestre par rapport au précédent, et sa diminution de 260 milliards au 2° trimestre est difficilement compréhensible, ce qui a dû précipiter l’éviction du précédent patron, l’Indo-Britannique Anshu Jain.

Document 2 :

Il faudrait augmenter le montant des capitaux propres de… 102 milliards d’euros ou diminuer le total des dettes de… 1 125 milliards pour respecter les règles prudentielles préconisées par ce bon vieux Greenspan, à savoir le ratio Core Tier 1 de 10 % sans pondérer les actifs !

Document 3 :

Plus que jamais, il est donc indispensable de revenir aux fondamentaux, à savoir, comme je le répète toujours, le leverage réel tel que l’a défini ce bon vieux Greenspan avec le ratio réel Core Tier 1 non pondéré des actifs (!) qui devait être supérieur à 8 % dans les années 80 et qui est ici loin de respecter les règles prudentielles d’endettement (qu’Alan Greenspan avait relevées à 10 % au minimum après les turbulences financières de 2008) alors que cette banque, comme les autres, publie des ratios qui ne donnent pas une image fidèle de la réalité en vue de tromper le public, ce qui est condamnable mais pas condamné, évidemment.

Un rappel : le véritable leverage est obtenu en diminuant le montant des capitaux propres (sans les minoritaires) des écarts d’acquisition, c’est-à-dire en évaluant ces capitaux propres à leur juste valeur de marché, dite des actifs tangibles, sans pondérer les actifs comme le préconisent ce bon vieux Greenspan, la BRI, Axel Weber, la Fed, la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni et la directive européenne (la Capital Requirements Directive IV de la Capital Requirements Regulation CRR/CRD IV de la Commission Européenne) rapporté au reste du bilan qui n’est constitué par définition que de dettes.

L’€ crise est donc aggravée par la situation catastrophique de ces big banks too big to fail qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement.
Les euro-zonards sont inconscients des risques de tsunami bancaire.

Deutsche Bank a été dans le passé récent la pire des banques dans le cadre de la liste des 28 banques présentant un risque systémique dans le monde (SIFIs pour Systemically Important Financial Institutions) mais elle reste encore vraisemblablement battue par les mécanos de la Générale…

Cliquer ici pour lire les derniers résultats trimestriels communiqués par Deutsche Bank.

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30 juillet 2015 1

Barclays PLC 2° trimestre 2015

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage

Barclays PLC était en cours de sauvetage par Antony Jenkins qui la dirigeait depuis fin août 2012 mais il a été obligé de démissionner brusquement le 8 juillet. Il est remplacé actuellement par John McFarlane. Les membres du conseil d’administration ont manifestement des difficultés à trouver les bonnes solutions pour résoudre les problèmes fondamentaux de la banque…

En effet, le multiple d’endettement réel (sans pondérer les actifs !) de Barclays, mon µ, le leverage en anglais, qui était encore de… 38,3 au 3° trimestre 2013, ce qui correspond à un ratio Core Tier 1 réel de 2,6 % catastrophique, est tombé à 27,5 à la fin de ce dernier trimestre soit un ratio Core Tier 1 réel de 3,6 % en nette amélioration par rapport au trimestre précédent, mais encore beaucoup trop loin des règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan,

Document 1 :

Barclays PLC2014 Q22014 Q32014 Q42015 Q12015 Q2
1 Assets1 314,901 365,731 358,691 416,411 197,56
2 Equity58,06859,57159,44460,69359,207
3 Deductions9,92110,14213,10414,0112,383
4 Goodwill7,8787,9884,8874,854,832
5 Tangible eq40,26941,44141,45341,83341,992
6 Liabilities1 274,631 324,291 317,241 374,581 155,56
7 Leverage (µ)31,73231,832,927,5
8 Tier 1 (%)3,23,13,133,6

Sommes en milliards de livres.

Barclays PLC publie des informations satisfaisantes qui permettent de donner une image fidèle de la réalité en mentionnant le montant des véritables capitaux propres conformément à la directive européenne CRD IV,

Document 2 :

Comme pour UBS, l’ancien patron de Barclays a cherché à améliorer le leverage en diminuant le total des dettes de… 219 milliards de livres par rapport au trimestre précédent (!) essentiellement par cession d’actifs (surtout dans des secteurs à risques) car il était difficile de le faire par l’augmentation des capitaux propres du fait que les bénéfices (1,6 milliards) sont trop faibles pour ce genre de sauvetage.

Le nouveau patron de la banque est bien déterminé à continuer à améliorer les fondamentaux par tous les moyens.

Il est étonnant de constater que les dirigeants de deux grandes banques européennes ont enfin décidé à prendre des mesures draconiennes pour améliorer leur leverage réel en diminuant considérablement le total de leurs dettes comme si ces big banks too big to fail étaient sur le point de sombrer dans un tsunami bancaire possible dans un avenir proche.

Document 3 :

Il faudrait augmenter le montant des capitaux propres de 67 milliards de livres ou diminuer le total des dettes de… 735 milliards ! (par cession d’actifs) pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage réel inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel supérieur à 10 %.

Barclays PLC fait partie des 30 plus grandes banques mondiales présentant un risque systémique, les G-SIBs (Global Systemically Important Banks) précédemment connues en tant que SIFIs (Systemically Important Financial Institutions) du Basel Committee on Banking Supervision (BCBS).

Cliquer ici pour lire les résultats de Barclays PLC d’où sont tirées ces données.

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27 juillet 2015 3

UBS 2° trimestre 2015

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage

UBS ne respecte pas du tout les règles prudentielles d’endettement mais sa situation s’améliore nettement par rapport aux trimestres précédents avec un leverage réel de… 30,4 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de… 3,3 % pour ce dernier trimestre !

Document 1 :

UBS2014 Q2*2014 Q3*2014 Q42015 Q12015 Q2
1 Assets982,6051 049,261 062,481 048,85950,168
2 Equity49,60550,82450,60852,35950,211
3 Deductions--14,88216,28613,704
4 Goodwill19,01520,7776,7856,5076,242
5 Tangible eq30,5930,04728,94129,56630,265
6 Liabilities952,0151 019,211 033,541 019,28919,903
7 Leverage (µ)31,133,935,734,530,4
8 Core Tier 1 (%)3,22,92,82,93,3

Sommes en milliards de francs suisses (données homogènes depuis les 3 derniers trimestres).

Un petit rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32 !

UBS publie les éléments permettant de calculer le véritable leverage, c’est-à-dire le rapport entre le total des dettes et le montant réel des capitaux propres (ou actifs tangibles), ce qui fait clairement apparaitre que les dirigeants de cette banque ont bien compris qu’il fallait diminuer ces dettes (100 milliards de francs en moins par rapport au trimestre précédent !) et augmenter le montant des capitaux propres réels, ce qui est fait petit à petit depuis ces trois derniers trimestres, mais il reste encore beaucoup de progrès à faire pour respecter les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %,

Document 2 :

Il faudrait augmenter les capitaux propres de 56 milliards de francs suisses ou diminuer le total des dettes de… 620 milliards !

Document 3 :

Si l’amélioration du leverage réel qui s’est produite en ce premier semestre (avec une diminution de 5 points) se poursuit pendant les deux années à venir, UBS respecterait alors les règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan, ce qui est positif mais pas certain…

Le manque de réaction des Helvètes face à ce danger potentiel est étonnant.

UBS fait partie des 30 plus grandes banques mondiales présentant un risque systémique, les G-SIBs (Global Systemically Important Banks) précédemment connues en tant que SIFIs (Systemically Important Financial Institutions) du Basel Committee on Banking Supervision (BCBS).

Cliquer ici pour lire le rapport financier du dernier trimestre.

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26 juillet 2015 10

Grexit, taux, fondamentaux et behaviorisme

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Europe, Monétarisme

Un petit rappel s’impose : les rendements des Notes à 10 ans et à 2 ans sont à la base de tous les marchés, ceux des autres taux, des marchés d’actions et des marchés dits réels, c’est-à-dire des taux de croissance… et des crises.

Dans la vieille Europe continentale, les rendements directeurs sont ceux de leurs homologues de Germanie : le Bund et le Schatz.

Comme je l’ai déjà écrit maintes fois, ces rendements annoncent depuis juillet 2007 le début de l’€-crise car d’une part, les rendements du Bund ont alors commencé leur grand plongeon qui les conduit à des niveaux auparavant inimaginables, inconcevables, aux alentours de zéro, et d’autre part, ces rendements du Bund ont alors commencé à creuser des écarts significatifs par rapport à leurs homologues de la zone euro,

Document 1 :

Les rendements du Bund ont miraculeusement bondi lorsque les gens de la Fed ont confirmé le 28 avril qu’ils allaient remonter leurs taux de base en 2015, échappant ainsi au zéro absolu et aux valeurs négatives,

Document 2 :

Cependant, les apparences sont trompeuses car, hors les interventions énergiques des gens de la Fed, les rendements du Bund repartent toujours à la baisse dans leur tendance lourde commencée en juillet 2007.
L’écart entre les rendements du Bund et du Schatz tend luis
aussi vers le zéro absolu qui aurait dû être atteint
, sans les déclarations des gens de la Fed, fin août-début septembre,

Document 3 :

Une telle configuration est totalement hors normes.
Elle ne peut s’interpréter que de la façon suivante : lorsque le Grexit se produira, ce tsunami se propagera dans toute la zone euro en y créant des dommages considérables y compris en Allemagne et même, mais dans une moindre mesure dans le monde entier du fait de la mondialisation des marchés,

Document 4 :

Les rendements des bons bons du Trésor helvète sont même passés en territoire négatifs depuis le 23 juillet, ce qui signifie que les petits Suisses seront eux-aussi touchés,

Document 5 :

Par contre, comme les fondamentaux ont bien été rétablis aux Etats-Unis, les effets négatifs de l’€ffondrement ne s’y feront que faiblement sentir, avec l’avantage que les gens de la Fed ne seront pas obligés de remonter leurs taux de base pour contenir une croissance trop forte,

Document 6 :

Ce scénario est d’autant plus plausible que la Grèce ne pourra pas se relever du fait de la double peine qu’elle doit supporter avec d’une part une monnaie, l’euro, beaucoup trop surévaluée pour elle et d’autre part un blocage létal de la circulation monétaire.
Ainsi par exemple, les entreprises ne peuvent pas payer librement leurs fournisseurs pour des montants dépassant 100 000 euros et les Grecs ne peuvent toujours pas retirer plus de 60 euros par jour auprès de leur banque.

La situation économique des Grecs ne peut que se détériorer gravement dans l’avenir proche.
Seuls les pires idiots croient encore que la crise grecque est finie (dont le successeur de notre histrion ignare et Christian qui s’est Noyer une fois de plus dans son incompétence qui sera cependant reconnue par la postérité).
Ils ne sont dépassés que par Wolfgang Schäuble qui préconise un Grexit temporaire de 5 ans.

Tout est simple.

Il est quand même étonnant que 300 millions de malheureux Euro-zonards aient pu être persuadés que l’adoption d’une monnaie unique aurait pu avoir pour eux des avantages.
La force de la propagande de la nomenklatura euro-zonarde aura été plus forte que celle de la défunte nomenklatura soviétique.

C’est là encore une preuve supplémentaire montrant que le behaviorisme joue un rôle essentiel (avec bien entendu le monétarisme) pour comprendre et résoudre les problèmes économiques, monétaires et financiers qui se posent de façon à agir en bon escient.

Les bons spéculateurs sont ceux qui voient juste et loin.

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24 juillet 2015 9

Banque Martin Maurel 2014 superstar !

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques françaises, Leverage

La Banque Martin Maurel vient de réussir l’exploit d’atteindre un leverage réel très exactement de 10,0 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 10,0 % pour l’exercice clos fin 2014 !

Document 1 :

Martin Maurel20102011201220132014
1 Assets1 818,202 097,722 119,032 077,802 196,57
2 Equity173,786182,994188,807198,581211,603
3 Preferred st-----
4 Goodwill13,82713,82714,31314,31311,865
5 Tangible eq159,959169,167174,494184,268199,738
6 Liabilities1 658,241 928,551 944,541 893,531 996,83
7 Leverage (µ)10,411,411,110,310
8 Core Tier 1 (%)9,68,899,710

Sommes en millions d’euros.

Ce multiple d’endettement respecte donc parfaitement les exigences de ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage réel au maximum de 10 ou un ratio Core Tier 1 réel au minimum de 10 %, sans pondérer les actifs.

Document 2 :

La Banque Martin Maurel est donc parfaitement bien capitalisée.
Rares sont les banques qui respectent ces normes.
En France, c’est la seule banque présente nationalement qui respecte les règles prudentielles d’endettement.
C’est la réussite exemplaire de banquiers indépendants qui, de génération en génération, gèrent au mieux leur fortune placée dans leur propre banque
.

Document 3 :

Il est inutile de multiplier les règlements pour essayer de dompter les errements des dirigeants des big banks too big to fail et de nos Gos banques.
Il suffirait de les faire revenir à ce qu’elles étaient à l’origine en éliminant les dirigeants de ces banques qui ont précipité la ruine de beaucoup de gens en faisant courir des risques systémiques, ce qui se produire de nouveau à l’avenir.

Cliquer ici pour accéder au site de la Banque Martin Maurel.

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24 juillet 2015 0

Banques américaines, 2° trimestre 2015

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

Les 8 plus grandes banques américaines présentant un risque systémique d’après la liste retenue par la BRI ont un leverage global de 12,7 correspondant à un ratio Core Tier 1 réel de 7,9 % en légère amélioration par rapport à la fin de l’année dernière,

Document 1 :

2015 Q2CitigroupGoldman SachsWells FargoBank of AmericaMorgan Stanley
1 Assets1 827,108601 720,622 149,03825,253
2 Equity205,47287,654189,558251,65967,518
3 Preferred st13,96811,221,64922,2737,52
4 Goodwill23,0124,16625,70569,7759,74
5 Tangible eq168,49272,288142,204159,61150,258
6 Liabilities1 658,60787,7121 578,411 989,42774,995
7 Leverage (µ)9,8410,911,112,515,4
8 Core Tier 1 (%)10,169,2986,5

Sommes en milliards de dollars.

Il faudrait augmenter les véritables capitaux propres (c’est-à-dire l’actif net tangible constitué des capitaux propres diminué des actions de préférence et des écarts d’acquisition, sans les minoritaires) de 208 milliards de dollars pour que ces 8 big banks respectent les règles prudentielles d’endettement édictées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage inférieur à 10 selon cette méthode de calcul, le dénominateur étant le total des dettes, c’est-à-dire celui du bilan moins l’actif tangible,

Document 2 :

2015 Q2JPMorganState StreetBk of New York MellonTotal
1 Assets2 449,60294,571396,52510 522,69
2 Equity216,28721,538,271 077,92
3 Preferred st24,9182,2122,552106,292
4 Goodwill47,4765,72917,807203,41
5 Tangible eq143,89313,55917,911768,216
6 Liabilities2 305,71281,012378,6149 754,48
7 Leverage (µ)16,0220,721,112,7
8 Core Tier 1 (%)6,244,84,77,88

Les réglementations lourdes et complexes ne servent à rien. La seule intervention de ce bon vieux Greenspan expliquant une fois encore le principe de base des règles bancaires, à savoir que les banques doivent avoir un total de leurs dettes inférieur à 10 fois le montant de leurs véritables capitaux propres a suffi pour que toute la communauté financière et bancaire américaine s’y aligne, ce qui est loin d’être le cas en France !

Au fil du temps, après de fortes turbulences, ces big banks respectent presque ces règles, Citigroup étant la plus performante avec un leverage inférieur à 10.
Le système bancaire américain fonctionne normalement maintenant. Ce n’est pas le cas dans la zone euro.

Par rapport à la fin de l’année dernière, les capitaux propres réels ont augmenté globalement de 10 milliards de dollars pour ces banques et le total des dettes a baissé de 28 milliards, ce qui est parfait.

Une remarque importante : les Américains s’inquiètent de la puissance de leurs grandes banques alors que le total des actifs de leurs 8 plus grandes banques représente 59,5 % du PIB annuel des Etats-Unis (17 700 milliards de dollars environ à la fin du 1° trimestre).

A titre de comparaison, le total des actifs de nos 4 Gos banques (qui sont loin de respecter les règles prudentielles d’endettement) représente plus de 3 fois le PIB annuel de la France, ce qui n’inquiète pas les Français !

Tout est simple.

Cliquer ici pour lire mon article sur les banques américaines fin 2014.

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24 juillet 2015 0

State Street Corporation 2° trimestre 2015

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques américaines, Leverage

State Street, bien qu’ayant un total de son bilan relativement modeste pour les Etats-Unis, est l’une des 8 banques à risque systémique retenue par la BRI pour ce pays.

Elle ne respecte pas les règles prudentielles d’endettement de ce bon vieux Greenspan avec un leverage réel de 20,7 largement supérieur à la norme (en détérioration par rapport aux trimestres précédents) correspondant à un véritable ratio Core Tier 1 réel de 4,8 %,

Document 1 :

State Street2014 Q22014 Q32014 Q42015 Q12015 Q2
1 Assets282,324274,976274,119279,476294,571
2 Equity21,721,15621,47320,81921,5
3 Preferred st0,4911,2331,471,472,212
4 Goodwill6,0375,8995,8265,6635,729
5 Tangible eq15,17214,02414,17713,68613,559
6 Liabilities267,152260,952259,942265,79281,012
7 Leverage (µ)17,618,618,319,420,7
8 Core Tier 1 (%)5,75,45,55,14,8

Sommes en milliards de dollars.

Les capitaux propres de State Street baissent alors que le total des dettes augmente par rapport au trimestre précédent, ce qui est exactement ce qu’il n’aurait pas fallu faire !

Il faudrait augmenter le montant des capitaux propres de 13 milliards de dollars pour respecter les règles prudentielles d’endettement de ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage inférieur à 10.

Document 2 :

Cliquer ici pour voir le bilan de cette banque pour ce dernier trimestre.

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24 juillet 2015 4

Crédit Suisse 2° trimestre 2015

Rédigé par jp-chevallier dans la rubrique Banques Européennes, Leverage

Les dirigeants des big banks too big to fail helvètes ont manifestement très bien compris qu’il fallait absolument diminuer leur leverage, celui de Crédit Suisse ayant atteint un sommet à 36,8 au 3° trimestre 2012 (la banque des frères Lehman avait fait faillite avec un leverage de 32 !).

Cependant, ces efforts ne se sont pas poursuivis : les chiffres de ces cinq derniers trimestres montrent que le leverage réel de Crédit Suisse reste proche de 25 ce qui correspond à un ratio Core Tier 1 réel de 4 % loin des règles prudentielles d’endettement préconisées par ce bon vieux Greenspan,

Document 1 :

Crédit Suisse2014 Q22014 Q32014 Q42015 Q12015 Q2
1 Assets891,58954,362921,462904,39879,322
2 Equity42,16443,86443,95943,39642,642
3 Preferred st-----
4 Goodwill7,9838,4358,6448,5048,238
5 Tangible eq34,18135,42935,31534,89234,404
6 Liabilities857,399918,933886,147869,498844,918
7 Leverage (µ)25,125,925,124,924,6
8 Core Tier 1 (%)3,993,8644,014,07

Sommes en milliards de francs… suisses.

Un rappel : le véritable leverage est obtenu en diminuant le montant des capitaux propres (sans les minoritaires) des écarts d’acquisition, c’est-à-dire en évaluant ces capitaux propres à leur juste valeur de marché, dite des actifs tangibles, sans pondérer les actifs rapporté au reste du bilan qui est constitué par définition de dettes, selon les préconisations de la BRI (et de la directive européenne CRD IV).

Document 2 :

Il faudrait encore augmenter les capitaux propres de 45,5 milliards de francs helvètes ou diminuer le total des dettes de… 500 milliards (en cédant autant d’actifs) pour que Crédit Suisse respecte les règles prudentielles édictées par ce bon vieux Greenspan, à savoir un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %.

Tidjane Thiam (X, Mines, INSEAD), le nouveau patron de la banque, un franco-ivoirien trop noir pour la nomenklatura franchouillarde bancaire, est manifestement conscient qu’il faut impérativement restaurer les fondamentaux, en restructurant les activités pour augmenter les bénéfices et au besoin recourir à une augmentation de capital.
Le ROE publié est trompeur car la banque est considérablement sous-capitalisée. En le calculant sur la base d’un leverage de 10, il tombe à… 5 % !

Les petits Suisses devraient être inquiets car leurs deux big banks too big to fail présentant des risques systémiques ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement.
Pour l’instant, tout va bien.

Crédit Suisse fait partie des 30 plus grandes banques mondiales présentant un risque systémique, les G-SIBs (Global Systemically Important Banks) précédemment connues en tant que SIFIs (Systemically Important Financial Institutions) du Basel Committee on Banking Supervision (BCBS).

Cliquer ici pour lire des informations financières dans le dernier rapport financier de Crédit Suisse.

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