Balance des paiements : février, euro fort létal

La Banque de France vient de publier les chiffres de la balance des paiements du mois de février 2013. Tout le monde devrait en parler car c’est très important …
Seuls notre Bécassine adorée et certains membres de la nomenklatura de l’€URSS commencent à alerter les Français des dangers encourus, en vain.

La balance des transactions courantes qui synthétise le résultat de l’ensemble des activités courantes d’une nation vis-à-vis du reste du monde montre une dégradation étonnamment régulière depuis que la Banque de France publie ces chiffres, c’est-à-dire depuis le début de l’euro-système, quelle que soit la couleur du gouvernement avec un déficit de 4,950 milliards d’euros pour ce dernier mois, et 5,020 milliards du mois précédent,

Graphique 1 :

L’ardoise se monte maintenant à 222,7 milliards d’euros depuis mars 2005, nouveau record,

Graphique 2 :

Les conséquences en sont occultées par l’existence de la zone euro et par les achats massifs de mauvais bons du Trésor français par des investisseurs à l’étranger, imprudents, ignares et crédules (dont la BNS !) qui commencent à se méfier quand même de ce cochon de pays du Club Med.

Le déficit de la balance commerciale de ce mois a été de 6,2 milliards d’euros contre 6,8 milliards le mois précédent et des excédents de 17 milliards pour l’Allemagne !

Graphique 3 :

C’est à nouveau le grand plongeon mais aucun journaleux, aucun bonimenteur n’en parle.

Depuis juillet 2011, ce déficit fluctue aux alentours de 70 milliards d’euros sur les 12 derniers mois,

Graphique 4 :

Depuis juin 2004, le cumul des déficits des biens seuls atteint un nouveau record de 411,9 milliards d’euros,

Graphique 5 :

Les déficits de la balance commerciale s’expliquent en grande partie par l’euro fort.
Comme la France n’est plus compétitive vis-à-vis de l’étranger et que la crise s’accentue en France et dans les autres cochons de pays du Club Med, les entreprises étrangères n’investissent presque plus en France et les entreprises françaises désinvestissent à l’étranger, la tendance du déficit des IDE (Investissements Directs Etrangers) se poursuit depuis l’adoption de l’euro,

Graphique 6 :

Depuis juillet 2011, le cumul des déficits des IDE fluctue autour de 615 milliards d’euros (depuis l’adoption de l’euro), somme vertigineuse dont personne ne parle !

Graphique 7 :

Comme je l’ai écrit à maintes reprises, les déficits des différentes rubriques de la balance des paiements sont obligatoirement compensés par des transferts comptabilisés dans cette rubrique absconse N.4.700. Compte financier, Autres Investissements, Transactions nettes, France vis-à-vis du reste du monde, Solde, Non CVS-CJO, Mensuel, correspondant à la dette nette de la France vis-à-vis de l’étranger quand les transferts de capitaux libres ne peuvent pas le faire.
Le montant de la dette nette apparente de la France était redevenu proche de zéro, ce qui était moins inquiétant en apparence que pendant les grandes turbulences financières,

Graphique 8 :

Comme je l’ai écrit précédemment, ces transferts proviennent des excédents allemands, des investissements en portefeuille en France d’opérateurs à l’étranger et indubitablement par le rapatriement de milliards de dollars empruntés par les Gos banques françaises aux Etats-Unis pour ne pas être en défaut de paiement dans cette devise ce qui cache l’ampleur des déficits réels (plus de 1 000 milliards d’euros !).

Et pour terminer joyeusement, il ne faut pas oublier que les erreurs et omissions de la Banque de France sur la balance des paiements peuvent fluctuer de plus de 50 milliards d’euros d’un mois sur l’autre : au cours de ce dernier mois, 7 milliards sont perdus quelque part, et personne ne sait où ils se trouvent !!!

Graphique 9 :

L’€URSS est une machine infernale ingérable que plus personne ne maitrise. Les banques centrales de l’euro-système enregistrent normalement les transactions courantes mais un certain nombre d’opérations intra-communautaires échappent à leur contrôle.
C’est avancer les yeux fermés au bord du gouffre.

5 réflexions sur “Balance des paiements : février, euro fort létal”

  1. Héfaillitos, dieu qui recule le fond pour éviter de le toucher

    heu,

    Juste pour signaler qu’il faudra penser à changer la taille de vos graphiques du moins du côté du déficit, sur le premier graphique.
    Car avec le déficit du mois en cours, on va certainement dépasser le 225 milliards de déficit qui est la ligne la plus basse….

    Non, ce n’est pas une bonne nouvelle, contrairement à ce que pense natixis.
    Non, ce n’est pas drôle, merci de ne pas me répondre “Lol”

  2. Lundi 15 avril 2013 :

    Le tonneau des Danaïdes :

    La Grèce s’accorde avec la troïka pour le déblocage de 8,8 milliards d’euros de prêts.

    En échange de ces prêts, la Grèce doit réduire massivement ses dépenses publiques : elle doit avoir supprimé près d’un cinquième des postes de fonctionnaires entre 2010 et 2015, soit 150 000 postes publics en tout.

    La Grèce ne semble pas pour autant sortie de l’ornière puisqu’en janvier 2013 le taux de chômage a touché 27,2% de la population active (60% de chômage pour les moins de 24 ans), et elle devrait afficher en 2013 sa sixième année de récession.

    Depuis son premier plan de sauvetage en mai 2010, la Grèce a reçu près de 200 milliards d’euros de prêts, sans compter les restructurations de dettes qui ont permis d’effacer une partie de la dette du pays, soit 107 milliards d’euros effacés.

    Fin de citation.

    Dette publique de la Grèce au troisième trimestre 2012 : 301,193 milliards d’euros, soit 152,6 % du PIB.

    Dans la mythologie grecque, les Danaïdes sont les cinquante filles du roi Danaos. Elles épousent leurs cousins et les mettent à mort le soir même des noces sur l’ordre de leur père. Les Danaïdes sont condamnées, aux Enfers, à remplir sans fin un tonneau sans fond.

    http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3e/Danaides_Waterhouse_1903.jpg

  3. Jeudi 11 avril 2013 :

    Plusieurs Etats de la zone euro foncent vers le défaut de paiement :

    1- Grèce : dette publique de 301,193 milliards d’euros, soit 152,6 % du PIB.

    2- Italie : dette publique de 1995,143 milliards d’euros, soit 127,3 % du PIB.

    3- Portugal : dette publique de 201,003 milliards d’euros, soit 120,3 % du PIB.

    4- Irlande : dette publique de 190,954 milliards d’euros, soit 117 % du PIB.

    5- Belgique : dette publique de 380,923 milliards d’euros, soit 101,6 % du PIB.

    6- France : dette publique de 1818,147 milliards d’euros, soit 89,9 % du PIB. Prévision : la dette publique de la France dépassera 94 % du PIB en 2014.

    7- Chypre : dette publique de 86,5 % du PIB. Prévisions de la Troïka : 2013 : dette publique de 109 % du PIB. 2014 : dette publique de 123 % du PIB. 2015 : dette publique de 126,3 % du PIB.

    L’ex-commissaire européen Bolkestein veut une monnaie parallèle à l’euro.

    Une monnaie parallèle à l’euro pour les pays solvables comme les Pays-Bas et l’Allemagne doit voir le jour, a déclaré Frits Bolkestein, ancien leader des libéraux néerlandais du VVD et ancien commissaire européen au marché intérieur au début des années 2000. Frits Bolkestein a lancé son appel sur une chaîne de télévision néerlandaise.

    Pour l’homme politique néerlandais, la France ne peut être concernée par cette monnaie parallèle car elle est “pratiquement en faillite” et “mal dirigée”.

    La réalisation d’une autre monnaie pour les pays solvables (“appelée mark”) devrait venir de la banque centrale allemande. Pour Bolkenstein, si ce n’est pas pour tout de suite, cela finira bien par devenir une réalité. “Dans cinq ans, ils auront un autre discours”, dit-il.

    Selon lui, nous n’en serions qu’au début des problèmes. “Il est grand temps de mettre de l’ordre dans le chaos”.

    Grâce à une autre monnaie, les pays solvables sont en position de déterminer leur propre politique financière. “Les pays déficitaires vont résister comme le diable à de l’eau bénite”, prévoit Bolkestein.

    Mais, au final, une “monnaie des pays du nord” plus chère sera une bonne chose pour leur propre concurrence.

    http://www.rtbf.be/info/monde/detail_l-ex-commissaire-europeen-bolkestein-veut-une-monnaie-parallele-a-l-euro?id=7969366

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