Déficits dans la balance des paiements : octobre 2011

La Banque de France vient de publier les chiffres de la balance des paiements du mois d’octobre 2011…

Le déficit de la balance commerciale de ce mois d’octobre a été de 6,5 milliards d’euros (6,4 milliards le mois précédent) contre un excédent de 12,6 milliards pour l’Allemagne !

Graphique 1 :

Sur les 12 derniers mois, ce déficit est de 73,9 milliards d’euros, nouveau record historique,

Graphique 2 :

Depuis juin 2004, le cumul des déficits des biens seuls atteint un nouveau record de 317,7 milliards d’euros,

Graphique 3 :

Comme la France n’est plus compétitive vis-à-vis de l’étranger, surtout avec un euro fort, les entreprises étrangères ont peu investi en France (3,2 milliards d’euros) et les entreprises françaises ont investi 7,9 milliards à l’étranger : la tendance du déficit des IDE (Investissements Directs Etrangers) s’accentue,

Graphique 4 :

Depuis l’adoption de l’euro, le cumul des déficits des IDE atteint 612,8 milliards d’euros, record historique égalé,

Graphique 5 :

Comme je l’ai écrit à maintes reprises, les déficits des différentes rubriques de la balance des paiements sont obligatoirement compensés par des transferts comptabilisés dans cette rubrique absconse N.4.700. Compte financier, Autres Investissements, Transactions nettes, France vis-à-vis du reste du monde, Solde, Non CVS-CJO, Mensuel, correspondant à la dette nette de la France vis-à-vis de l’étranger.

Ces transferts se sont montés à 32,1 milliards d’euros au cours du seul mois d’octobre, ce qui est encore (comme le mois précédent) tout à fait inhabituel ! Le montant de la dette nette apparente de la France est ainsi tombé à 45,8 milliards d’euros fin octobre,

Graphique 6 :

Ces transferts proviennent des excédents allemands, des investissements en portefeuille en France d’opérateurs étrangers (qui étaient encore faussement attirés en octobre par le AAA de la dette publique française) et très certainement par le rapatriement de milliards de dollars empruntés par les banques françaises aux Etats-Unis pour ne pas être en défaut de paiement dans cette devise ce qui cache l’ampleur des déficits réels (plus de 1 000 milliards d’euros !).

Dans ces conditions, le AAA de la France n’est absolument pas justifié et il est compréhensible que notre histrion ignare ait finalement capitulé face à Angela.

L’€URSS ne survit (miraculeusement) que grâce aux largesses allemandes (et aux acrobaties des banques), mais ça ne peut pas durer éternellement

Cliquer ici pour lire mon article sur la balance des paiements du mois précédent.

4 réflexions sur “Déficits dans la balance des paiements : octobre 2011”

  1. Pierre-Henri de Menthon pointe notamment le fait que les Français les plus riches réalisent des retraits et que cela se passe « loin des caméras, à l’abri des bureaux cossus des banquiers privés, ceux qui gèrent le patrimoine des grandes fortunes ! »

    Dans la vidéo ci-dessous, il est précisé :

    « Chez Pictet et Lombard Odier, deux grandes banques privées de Genève, les ouvertures de comptes par les Français se multiplient, des dizaines de millions d’euros affluent tous les jours. »

    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=_oEWxIkVA7o#!

    Nous sommes embarqués dans un grand bateau appelé “ZONE EURO”.

    Or, que voyons-nous ?

    Nous voyons les passagers les plus riches qui sont en train d’entasser leurs richesses dans des canots de sauvetage.

    Nous voyons les passagers les plus riches qui sont en train de fuir le bateau “ZONE EURO”, pour aller mettre leurs richesses dans les banques privées suisses : la banque Pictet, la banque Lombard Odier, etc.

    Nous voyons les passagers les plus riches qui s’éloignent du bateau “ZONE EURO”, et qui mettent à l’abri leur épargne en-dehors de la zone euro.

    C’est un signe qui ne trompe pas.

    C’est un signe qui montre que le bateau “ZONE EURO” est en train de couler.

  2. Pour mémoire :

    1euro 6,55957 francs ou 1franc ~ 15 centimes d’euro
    1euro 1 deutschmark

    Les Allemands avaient peut-être déjà envisagé la possibilité d’une sortie de l’euro avant même les opérations de conversion.

    Le problème n’est pas de savoir qu’elles pourraient être les répercussions économiques que pourrait provoquer une sortie de l’euro mais plutôt qu’elle est la suite d’événements qui aboutira à l’éclatement de l’eurosystème.

    Avec des politiques budgétaires restrictives et des taux d’endettement sans précédents (en temps de paix), les premiers craquements devraient survenir d’ici 2 à 3 ans sauf à monétiser à grande échelle pour gagner du temps.

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