BCE : un sauvetage pour le pire !

Les gens de la BCE ont publié le 30 juin son bilan arrêté au vendredi 26 juin qui montre que la banque centrale de la zone euro a prêté pour un total de… 1 590 milliards d’euros à des banksters de son ressort pour qu’ils puissent ne pas faire faillite tout de suite, rubrique 5 de l’actif, en augmentation de plus de 500 milliards par rapport à la semaine précédente, dans le cadre de ses prêts dits géants (les TLTROs),

Document 1 :

Par ailleurs, les gens de la BCE ont racheté pour… 3 365 milliards d’euros de titres (dont des bons de Trésors de pays de la zone euro) à ces mêmes banksters pour leur apporter des liquidités sans qu’ils soient obligés de les vendre sur les marchés, ce qui aurait eu l’inconvénient de faire remonter leurs taux.

Les gens de la BCE ont donc dépensé… 5 000 milliards d’euros pour apporter des liquidités à des banksters qui en manquent car ils sont surendettés.

Ils sont surendettés et donc au bord de la faillite parce qu’ils ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement.

Le gros problème, le très, très gros problème est surtout que la BCE n’avait pas les 5 000 milliards d’euros lorsqu’elle a fait ces opérations !

Quand on veut prêter de l’argent à quelqu’un, et quand on veut acheter quelque chose, il faut avoir l’argent pour le faire, ou sinon, il faut emprunter l’argent nécessaire.

Tout le monde comprend ça.

Le gros problème, le très, très gros problème est surtout que les gens, presque tous les plus de 300 millions d’Euro-zonards ne comprennent pas que la BCE n’avait pas les 5 000 milliards d’euros lorsqu’elle a fait ces opérations !

Comme pour toutes les entreprises, les actifs de la BCE sont financés par ses capitaux propres et par ses dettes, c’est-à-dire par le passif.

Comme la BCE n’a pratiquement pas de capitaux propres, elle n’a que des dettes pour financer ses actifs.

Là où se trouve le gros problème, le très, très gros problème, c’est que les gens de la BCE ont conclu un accord avec leurs amis banksters pour qu’ils redéposent à la BCE presque tous ces milliards d’euros qui leur auront été prêtés (ou donnés en échange de la vente de titres), ce qui apparait dans la rubrique 2 du passif,

Document 2 :

Ainsi, le bilan de la BCE donne l’illusion que tout est normal, c’est-à-dire que toutes les règles comptables ont été respectées, débit = crédit, actif = passif alors qu’il n’en est rien !

Les gens de la BCE n’avaient pas en compte l’argent nécessaire pour prêter des milliards d’euros ni pour racheter des titres pour des milliards d’euros lorsque ces opérations ont été faites.

Financer ainsi de telles opérations, c’est faire ce qu’on appelle de la cavalerie financière.

C’est un délit condamnable mais évidemment pas condamné !

Les banksters de la zone (euro) et les Euro-zonards sont donc sauvés du naufrage, pour l’instant, mais sauver des banques en leur apportant de l’argent qui n’existe pas, c’est très grave, et même gravissime pour l’avenir !

L’avenir est par définition incertain mais il est possible de réduire son incertitude.

Un tel système monétaire basé sur une gigantesque création monétaire indue, ex nihilo, se termine toujours très mal comme ce fut le cas avec l’Allemagne de l’entre-deux-guerres.

Aucun média ne traite de ces problèmes monétaristes.

Les Euro-zonards ne comprennent rien à ces problèmes monétaristes, et ils ont tort.

Ils sont et ils en seront les premières victimes.

Les gilets jaunes ont déjà manifesté leurs mécontentements mais ce qu’ils ont vécu n’est rien par rapport à ce qu’ils vont subir.

Dans un monde dépendant de plus en plus de la Phynance, l’ignorance en la matière a des conséquences très graves.

© Chevallier.biz

5 réflexions sur “BCE : un sauvetage pour le pire !”

  1. Bonsoir Monsieur Chevalier

    Tant que l’on y est, on devrait faire un TLTRO du même montant avec les dettes d’états ou la BCE donnerait également 0.5% comme on l’a fait au banque. Imaginez l’impact sur le poste 5 du passif du bilan.

  2. Pour une banque centrale (qui chapeaute des BCNs) quoi de choquant ?? Puisque l’on aura compris qu’elle n’est pas la petite PME du coin et qu’elle possède précisément ce pouvoir unique de créer de la monnaie à partir du néant. Certes pour les épargnants euro zonards que nous sommes c’est bien fâcheux (d’où l’idée qui n’est pas totalement idiote d’acheter de l’or, on se protège comme on peut…) Mais comment faudrait-il que la BCE traduise légalement/correctement selon les règles de l’art une création ex nihilo de monnaie (puisqu’elle a décidé de se débrouiller seule et de ne faire pas appel à un ami prêteur) ?

  3. Où est le pb de créer puis prêter de l’argent qu’ils n’ont pas si effectivement le soir même les banksters déposent le même montant et que la BCE peut donc le détruire ?

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