Spreads, €-crash, Donald Company et banksters européens

Aïe ! Aïe ! aïe !

Ouh là là !

Le Père Noël des Américains vient d’apporter un mauvais cadeau juste avant le 25 décembre en faisant tomber les rendements des Notes à 2 ans de 7,6 points de base au cours de la séance du 24

Document 1 :

ce qui s’est accompagné d’une baisse moins importante des Notes à 10 ans qui toutes deux se sont donc rapprochées du Bill à 3 mois,

Document 2 :

Un tel mouvement est compréhensible car les rendements des Notes à 2 ans ont trop augmenté après les déclarations de William Dudley le 8 septembre 2017,

Document 3 :

En effet, les membres du FOMC sous l’influence déterminante de cette … de Démocrate de Janet Yellen ont trop tardé pour relever le taux de base de la Fed, ce qui a conduit les investisseurs à un rattrapage intempestif consistant à remonter trop tard et trop haut les rendements des Notes à 2 ans comme le montre la courbe de tendance que j’ai tracée.

En conséquence, l’écart entre les rendements des Notes à 2 ans et du Bill à 3 mois a plongé logiquement et vertigineusement, plus rapidement même que de mai à juillet 2011 c’est-à-dire juste avant le début de la première manifestation de l’€-crise limitée alors à la Grèce, ce qui est la manifestation la plus éclatante de l’imminence de l’€-crash !

Document 4 :

Le spread 10y-3m est donc descendu à un plus bas de ce cycle correspondant à l’aplatissement de la courbe de taux sans qu’il se manifeste dans le spread 10y-2y qui est habituellement retenu par les investisseurs,

Document 5 :

En même temps (comme dirait l’Autre), les cours des Gos banques françaises plongent, ce qui est logique car c’est le surendettement des banques européennes (qui engendre l’hypertrophie monétaire) qui crée une récession aux Etats-Unis anticipée par les investisseurs, ce qui entraine la baisse des spreads et des rendements des treasuries.

Ainsi en est-il par exemple du cas de BNP-Paribas dont le cours a tellement plongé qu’il n’a pas progressé depuis… 20 ans en neuros courants !

Document 6 :

Ce cours est même tombé logiquement au niveau qu’il a atteint lors de la manifestation précédente de l’€-crise,

Document 7 :

Il en est de même pour les Mécanos de la Générale dont le cours a baissé de 43 % lui aussi par rapport au plus haut atteint dans l’année,

Document 8 :

C’est le grand plongeon des banksters qui va entraîner l’€clatement,

Document 9 :

Le coup de grâce peut être donné par les banques américaines qui peuvent arrêter de fournir des dollars (USD) aux banques européennes comme elles l’ont fait en 2012 ce qui a fait plonger leurs cours à des plus bas record car elles étaient alors proches de la faillite.

Des personnes qui occupaient des postes importants à cette époque-là chez BNP-Paribas ont confirmé dans ce film sur cette banque qu’elle a été pendant plusieurs mois sur le point de ne pas pouvoir fonctionner d’un jour à l’autre !

Cliquer ici pour (re)voir ce film remarquable et très instructif sur les banksters. Cependant cette vidéo a été supprimée (sur intervention de BNP ?) juste après en avoir donné le lien dans un de mes articles (!) mais elle est encore visible sur Youtube…

Cliquer ici pour (re)voir ce film remarquable et très instructif sur les banksters de BNP.

© Chevallier.biz

12 réflexions sur “Spreads, €-crash, Donald Company et banksters européens”

    1. Voici une retranscription partielle que j’avais faites et postée ici https://chevallier.biz/natixis-3-trimestre-2018/#comment-25841, reproduis ci-après :

      Pour ceux qui n’ont pas le temps de regarder cette vidéo sur la BNP, j’ai fait la retranscription partielle que voici, notamment la partie “Les intouchables” :

      https://www.youtube.com/watch?v=xyhpPn8yeow&feature=youtu.be (je viens de tester, le lien fonctionne toujours -je fonctionne en vpn-)

      BNP Paribas – Dans les eaux troubles de la plus grande banque européenne (France 3)

      34′ Le vent du boulet est passé très très proche de la tête de la banque à ce moment là. Sans la banque européenne BNP Paribas allait poser un genoux à terre.
      Cette fois-ci mille milliards d’euros sont mis à disposition des banques par la banque centrale européenne, la BCE. Cette fois-ci les affaires peuvent reprendre : face la banque gagne, pile, le contribuable perd.
      Les citoyens n’en peuvent plus de payer pour d’autres.
      Habilement, un homme politique va reprendre à son compte cette colère populaire (22.01.2012, discours du Bourget). “Je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas…”
      Pour réduire la taille des banques et leur capacité de nuisance, lors de sa campagne, François Hollande promet une loi qui vise à séparer la banque de dépôt et la banque d’affaire.
      “Cet adversaire, c’est le monde de la finance” (François Hollande, discours du Bourget).

      Sous titre visuel : Les intouchables

      Cette idée de séparation bancaire du candidat Hollande est partagé par un ancien haut dirigeant de BNP-Paribas. Bernard Allorent (note : ancien élève de l’Ena -1970- BNP PARIBAS 1981-2005) était directeur général des risques de la Banque jusqu’en 2005.
      Il connait les dangers de ces établissements dit “trop gros pour faire faillite”.
      “Je pense qu’il faut ramener les banques d’investissement dans des proportions dans des dimensions où elles risquent faire moins de bêtise.
      Et je pense que c’est une raison supplémentaire pour dire qu’on ne devrait pas laisser les mastondontes bancaires comme cela subsister. Il faudrait les forcer à séparer leurs activités, en partie la gestion d’actif. Donc, il me semble qu’on devrait désosser les banques et les obliger à avoir une activité spécialisée. J’aurai eu assez peu de succès à tenir ces propos lorsque j’étais chez BNP-Paribas. C’est surtout l’après-crise des subprimes qui m’a ammené à ce genre de réflexion. Michel Peybereau par exemple était un tenant inflexible de la banque universelle. Mais je n’ai pas eu l’occasion d’en parler avec lui depuis. Je ne sais pas s’il a évolué. Je n’en suis pas sûre.”

      Pour Michel Peybereau, remettre en cause la banque universelle c’est remettre en cause l’existence même de BNP Paribas. Une tentative de réforme est présentée à l’Assemblée nationale en 2013. La loi ne séparera rien où presque.

      Karine Berger était à l’époque député socialiste et rapporteur du texte de loi. (37′)

      Karine Berger, députée socialiste (2012-2017) : “Les banquiers sur leur mode séparation et de régulation bancaire ne vont pas jouer de leur carnet d’adresse. Ils seront carrément invité à Bercy pour rédiger eux-même la loi. Donc on n’est plus dans le trafic d’influence sans utiliser de terme trop juridique, on est véritablement sur “Voilà, c’est à vous d’écrire le texte” et là, évidemment, on a eu un énorme problème, c’est qu’après quand le texte arrive à l’assemblée nationale, repartir en arrière sur certains points va être extrêmement difficile. ”
      Gilles Huart BNP PARIBAS (1995-2016) Responsable salle de marché : ” Je n’ai pas constaté de changement majeur dans la banque suite à cette loi.
      – Pas majeur, mais au moins, est-ce qu’il y a eu des changements mineures ?
      – (mine dubitative) Je ne vois pas du tout quel secteur aurait pu être impacté… Non, non, je ne vois pas, vraiment je ne vois pas parce que vous avez toujours une banque de réseau d’un côté, une banque d’affaire, mais il n’y a pas eu cette séparation comme on pourrait l’imaginer dans certain pays où on sépare, ou on veut séparer de manière très formelle, avec des dates, avec un calendrier très précis, vous séparez d’un côté la banque d’affaire, d’un autre côté la banque de réseau. Pour l’instant, ce n’est pas encore dans les faits chez nous.

      (voix off) Au moment de la réforme bancaire, BNP Paribas a pu compter sur la bienveillance du Ministère de l’Economie mais aussi sur le soutien d’un des réseaux les plus puissant de la République. Un réseau composé de femmes et d’hommes au plus haut sommet de l’Etat, l’IGF, l’Inspection Générale des Finances.

      Laurence Scialom (économiste université Paris ouest -Nanterre, à mn 38′) : Ce sont les meilleurs étudiants de l’ENA. On appel cela “sortir dans la botte”. Et donc tous les ans -ils sont très peu, c’est vraiment une élite excessivement restreinte : je crois qu’il doit y avoir un peu plus de 200 inspecteurs des finances actuellement en activité. Cela doit être 6-7 par an, quelque chose comme cela. Et ce sont souvent eux, que vous retrouvez à la tête,enfin dans les comités exécutifs disons, des plus grands groupes bancaires français, mais pas uniquement des plus grands groupes bancaires français, mais principalement des plus grands groupes bancaires français.

      Christophe Nijdam, Analyste financier : Alors l’inspection des finances, il se trouve que pour des raisons un peu historique liées aux privatisations, eh bien l’inspection des finances a bien égrainé dans le secteur bancaire. Et du coup, c’est quelque chose qui se perpétue, qui se perpétue mais qui va même un petit peu plus loin puisque que si vous avez suffisamment d’inspecteur des finances ici ou là, vous arrivez à verrouiller un système.

      Laurence Scialom : Michel Peybereau le disait à qui voulait bien l’entendre, il se vantait que BNP était le plus gros recruteur de l’Inspection des Finances, plus évidemment que l’Etat.

      Voix off : Ils seront 18 à travailler sous la présidence de Michel Peybereau. Michel Peybereau est d’ailleurs lui-même issu de ce réseau. Il lui doit d’ailleurs son poste à la tête de la BNP. Si Edouard Balladur le désigne pour privatiser la banque en 1993, c’est que son nom lui avait été soufflé par l’ancien président de la BNP, René Thomas, un socialiste, mais avant tout un inspecteur des finances.

      Jacques Desponts (BNP Paribas (1974-2012) Membre du comité de direction générale) : Vous savez, la vie m’a appris qu’un inspecteur des finances de droite est plus proche d’un inspecteur des finances de gauche que d’un non inspecteur des finances de droite ! Il y a une solidarité au sein du corps de l’inspection des finances qui redoutable.

      Voix off : Une solidarité dont Arnaud Montebourg a pu prendre la mesure lors qu’il était Ministre du Redressement Productif à Bercy, au moment ou la loi sur la séparation bancaire était rédigée.

      Arnaud Montebourg (Ministre du Redressement Productif (2012-2014) Ministre de l’économie (2014)) : Ils disposent d’une influence dans l’administration sur les cabinets ministériels droite gauche confondus. C’est la même chose, hein, on se refile les mêmes dossiers. C’est toujours pareil. Et donc, finalement quand des intérêts bancaires sont menacés, le réseau se met en marche des inspecteurs des finances, et ils bloquent tout. Alors s’ils n’arrivent pas à bloquer au niveau ministériel, ils bloquent à Matignon, s’ils n’arrivent pas à bloquer à Matignon, ils bloquent à l’Elysée. Donc il y a toujours un inspecteur des finances qui veille. Donc il y a toujours finalement des cordes de rappel.

      Voix off : Si la crise n’a pas permis une réforme du modèle bancaire français incarné par BPN Paribas, elle a eu une autre conséquence plus inattendue. Elle va mettre un coup de projecteur sur une activité bancaire interdite…

      Sous-titre “Le magot suisse” etc (min 41’25)

  1. Bonjour,
    Je pense que l’ouverture des marchés Européens ce matin reflète bien ce que vous dite sur l’€ crash. Hier les marchés Américain ont fait une séance intersidérale ( dont je ne connait pas la cause ), aprés une semaine de baisse consécutive. Et pour l’Europe rien de similaire ! la confiance n’y ai plus surtout avec la fin du 4eme trimestre !
    Les bons Allemand repars fort a la baisse et celui des ptits Suisse aussi.
    Et pour couronner le tout le 10 US et le 2 ans arrive dans le sillage du 1 mois US !!!
    Tout va bien, ouf, j’avais eu peur…

      1. bonjour Jp, votre nouveau site est très agréable et c’est sympa de pouvoir envoyer des messages; je ne suis pas en vacances et je suis les marchés financiers depuis 30 ans, oui la DB continue de nouveaux plus bas ce matin, la crise serait donc une question de jours …je regrette que vous ne disiez jamais QUOI FAIRE pour s’en prémunir pratiquement, sachant qu’évidemment tout placement bancaire et/ou en euro est à proscrire…peut-on échanger sur ce point ? ou préparez-vous une rubrique là dessus (qui pourrait être “évidemment” payante, je trouve cela plus que normal). merci ! je vous consulte à peu près tous les jours….

          1. oui, on est en plein dedans pendant que les braves gens sont en vacances….les 7€ ont bien cédé et de fait la reprise d’hier soir à WST n’a pas sauvé le CAC 40 qui tangente toujours le support paraît-il important des 4600….question d’heures? de jours ?

  2. … comme si nos banques déjà très critiques avaient besoin de cela, que les Usa coupe le robinet des Dollars !
    Comme la situation est bien plus grave qu’en 2011, les banques us pourraient vraiment fermées et rapidement cet afflue en dollars par crainte de la situation européenne… au vu des taux !!!… ?
    (Si les banques françaises devaient se concerter j’imagine que personne ne le saurait vu la gravité.)
    Le Secrétaire au Trésor us l’a fait auprès de ses banques principales, j’imagine qu’elles ont abordés le sujet.
    il y a bien des années autour de 80 j’avais vu (en rêve) tout qui s’écroulait et je prévenais ma famille, bien en mal de peine; on me traitait de “dérangé” et ma phrase favorite était : -“j’avais tort d’avoir raison” et cela n’était pas… qu’au niveau financier. Nous avons tout cela devant les yeux maintenant,….. mais pas tout encore; à tous ceux qui doutent, ils n’auront pas de seconde chance de comprendre ou trop tard !

  3. La Deutsche Bank clôture à 6,70, une capitalisation de 13,84 milliards
    WTF ? Jusqu’où il faudra descendre pour tout arrêter ?
    J’avais annoncé 2nd semestre 2019 au mois d’août, mais je commence à penser que j’avais vu un peu large.
    En tout cas tout se passe comme prévu : no problème pour Trump aux midterms, fin du QE de la BCE, relèvement des taux par la FED
    On attend le Hard Brexit et surtout le massacre de Macron aux Européennes.
    Mais le must c’est quand même les gilets jaunes et ça ça fait plaisir !

    En tout cas, prenez soin de vous et de vos proches

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