USA : Masse monétaire libre M3 et croissance du PIB, au 11 janvier 2026

La baisse de l’augmentation de l’agrégat monétaire M3 provoque logiquement une augmentation de la croissance du PIB réel en application de ma loi de la masse monétaire libre.

Cependant, il faut bien comprendre que cette augmentation de l’agrégat monétaire M3 a pu baisser (surtout d’une année sur l’autre, en pourcentage) parce que les Américains ont globalement un peu moins d’argent sur leurs comptes bancaires (M1) et sur leurs comptes d’épargne (M1-M2) !

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J’ai analysé les relations entre les variations de la masse monétaire et le PIB réel dans mon article précédent, mais sur la base des seuls chiffres publiés par la Fed pour ce qui concerne l’agrégat monétaire M2 car depuis 2006, Ben Bernanke a fait interdire la publication du montant de la masse monétaire totale des États-Unis, M3, pour que les économistes monétaristes ne puissent plus les analyse et en tirer des conclusions qui sont pourtant essentielles.

Cependant, j’ai réussi à reconstituer le montant de la masse monétaire M3 des États-Unis, notée M3r pour révisée, à partir des entités qui constituent l’agrégat M3-M2, et qui sont encore et toujours publiées par ailleurs, cf. mes articles précédents à ce sujet.

Je reprends ici mon analyse de l’incidence des variations de cette masse monétaire globale des États-Unis, M3, l’instar de ce celle de M2, cf. mon article précédent…

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L’évolution de la masse monétaire M3 des États-Unis montre qu’elle n’a augmenté que de 24,4 milliards de dollars au mois de novembre dernier pour un total de plus de 34 500 milliards de dollars alors qu’elle avait augmenté de 593,5 milliards de dollars au cours du mois d’octobre,

Document 1 :

Cette baisse d’un mois sur l’autre de l’augmentation de M3 n’est pas inhabituelle mais elle est significative sur la base de sa variation d’une année sur l’autre en pourcentage, cf. le document 3…

Elle s’explique par la prise en compte de l’augmentation de ses composantes sur la base de données trimestrielles et non pas mensuelles.

Les variations d’un mois sur l’autre de l’agrégat monétaire M3 ont été de faible ampleur dans les années 70 et 80 mais tout a changé à partir de 1994 et surtout après le mois d’octobre 2005 : ces variations sont devenues de grande ampleur, totalement hors normes, surtout en 2020 (à cause de cette histoire de coronavirus) et en 2023 du fait du stress provoqué par le plongeon de trois banques américaines sauvées de la faillite dans des circonstances extraordinaires,

Document 2 :

Les variations de la masse monétaire M3 d’une année sur l’autre font apparaitre une baisse de son augmentation de + 7,40 % à fin septembre 2025 à + 6,80 % à fin novembre, et c’est cette baisse (de la dérivée) qui est à l’origine de la hausse du PIB réel au troisième trimestre 2025 en application de cette loi de la masse monétaire libre, cf. infra !

Document 3 :

En valeurs absolues, la croissance de cet agrégat monétaire M3 a dépassé sa tendance longue (en pointillés, document 4).

Fin novembre 2025, derniers chiffres publiés à ce jour, cet agrégat monétaire M3 aurait atteint un total de 34 513 milliards de dollars dont…9 233 milliards de dollars hors normes, surtout à cause de milliards de dollars indus à la suite de cette histoire de coronavirus,

Document 4 :

Note : pour les deux derniers mois sous revue, les données de l’agrégat M3-M2 étant publiées trimestriellement, sont extrapolées de celles des deux trimestres précédents.

C’est la raison pour laquelle les données de M3r sont des estimations, mais fiables dans la mesure où elles sont basées sur la reconduction des variations des données des trimestres précédents. Elles répercutent donc logiquement les variations de M2 pour le mois de novembre.

Zoom sur la période récente,

Document 5 :

Pour rappel, d’après les normes définies à partir de l’observation des variations des agrégats monétaires depuis que ces données sont publiées (1959), le montant de cet masse monétaire M3 ne devrait pas dépasser 80 % du PIB annuel courant.

Ces normes ont été plus ou moins respectées pendant une trentaine d’années mais elles ont été dépassées juste avant la Grande récession de 2008 (dès le mois de juillet 2007, document 6) en explosant en 2020 sans revenir dans une zone acceptable.

La hausse (d’une année sur l’autre en pourcentage) de la masse monétaire M3 étant supérieure à celle du PIB courant entraine logiquement une augmentation du ratio M3/PIB (en pourcentage) sur le mois de novembre 2025 et il est difficilement concevable que ce ratio M3/PIB revienne dans les normes dans un avenir envisageable,

Document 6 :

Pour rappel, M3, la masse monétaire totale d’une nation est composée de l’agrégat monétaire M2 (dont les montants sont encore et toujours publiés mensuellement aux États-Unis) et de l’agrégat M3-M2 qui est constitué des fonds mutuels de trésorerie (Money Market Mutual Funds, MMMF) et de la trésorerie globale des entreprises, cash-flow.

Document 7 :

Cette masse monétaire M3 est surtout composée de l’agrégat monétaire M2.

MMMF et les cash-flows continuent à augmenter fortement après 2020 contrairement à M2 qui est passé par une nette baisse après le pic de 2020,

Document 8 :

La vitesse de circulation de la monnaie calculée à partir de la masse monétaire M3 stagne depuis fin 2024 car c’est le rapport PIB/M3, c’est-à-dire l’inverse du ratio M3/PIB (lui, en pourcentage),

Document 9 :

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Ces données ainsi précisées et analysées permettent de comprendre les relations entre les variations de la masse monétaire M3 d’une nation et celles de son PIB réel…

Pour simplifier, l’augmentation de cette masse monétaire M3 détenue par les Américains entraine une baisse du PIB réel, et inversement, ce qui se vérifie sur la longue période, depuis que ces données sont publiées par notre ami Fred de Saint Louis.

Plus précisément, c’est la variation de ce que j’appelle la masse monétaire libre M3r, qui est la différence entre, d’une part la variation (d’une année sur l’autre en pourcentage) de la masse monétaire M3, et d’autre part (moins) la variation du PIB réel (d’une année sur l’autre en pourcentage), qui provoque une réaction inverse du PIB réel.

La petite baisse de l’augmentation de l’agrégat monétaire M3 a ainsi suffit à faire rebondir le PIB réel du troisième trimestre 2025 contrairement à beaucoup de prédictions et pour la plus grande satisfaction du Donald !

Document 10 :

Les droites de tendance arithmétique des variations de la masse monétaire libre M3 et du PIB réel sont quasiment parallèles (légèrement convergentes et en baisse), passant de l’ordre de 6 et 4 % en 1976 à 3 et 2 % en novembre dernier,

Document 11 :

La droite faisant office d’axe de symétrie entre ces variables baisse en gros de 5 à 3 % sur cette longue période de 50 ans,

Document 12 :

Les courbes de tendance polynomiale d’ordre 5 mettent bien en évidence l’alternance de l’opposition des variations de ces données,

Document 13 :

Zoom sur la période récente depuis le début des années 2000,

Document 14 :

Les droites de tendance arithmétique des variations de la masse monétaire libre M3 et du PIB réel sont quasiment parallèles (légèrement convergentes, et haussière pour le PIB) et plates (horizontales), de l’ordre de 4 et 2 % sur cette période récente du premier quart du XXI° siècle,

Document 15 :

La droite faisant office d’axe de symétrie entre ces variables est donc plate (horizontale) de l’ordre de 3 % sur cette longue période déjà de 25 ans,

Document 16 :

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Les analyses et conclusions concernant les incidences des variations des agrégats monétaires sur celles du PIB réel ne sont plus prises en considération par les personnes qui interviennent sur les marchés financiers depuis une vingtaine d’années alors qu’il s’agit là de problèmes et de solutions qui sont pourtant à la base de l’activité économique de toute nation.

C’est la raison pour laquelle Ben Bernanke a pris soin de prendre ses dispositions pour que la Fed ne publie plus les chiffres hebdomadaires des agrégats monétaires M1, M2 et M3 à partir du moment où il a pris ses fonctions de chairman de la Fed en février 2006.

Par la suite, Jerome Powell a rajouté une couche d’opacité en ne publiant plus que les seules données mensuelles du seul agrégat monétaire M2.

Ainsi, seules les personnes qui agissent en interne à la Fed disposent de ces données fondamentales et elles peuvent manipuler à leur guise la communication financière et les marchés financiers !

Il est donc possible que des partisans du Donald aient pu agir de façon à faire baisser marginalement le montant de l’agrégat monétaire M3 de façon à doper la croissance du PIB dès le troisième trimestre 2025 contre les prédictions de leurs adversaires.

Cependant, il faut bien comprendre que cette augmentation de l’agrégat monétaire M3 a pu baisser parce que les Américains ont globalement un peu moins d’argent sur leurs comptes bancaires (M1) et sur leurs comptes d’épargne (M1-M2) !

Ces Américains sont les consommateurs et les épargnants qui sont à la base de l’activité économique et ils sont aussi des électeurs qui peuvent manifester leur mécontentement lors des prochaines élections de midterm

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Les conclusions qui peuvent être tirées de ces données sont intellectuellement dérangeantes car, d’une part elles justifient une croissance satisfaisante du PIB réel fin 2025 mais d’autre part, elles confirment qu’une hypertrophie monétaire (toujours létale à terme) menace gravement les États-Unis à tout moment, surtout en cas de perturbations exogènes, ce qui est effectivement le cas en ce début d’année 2026.

Dès lors, une crise majeure est en gestation, en concordance avec l’adage d’Arthur, Laffer : le premier pilier des Reaganomics (et des monétaristes) est l’argent sain, c’est-à-dire une nation avec un ratio M3/PIB inférieur à 80 %, ce qui n’est pas le cas présentement.

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Les données sur les fonds mutuels de trésorerie (MMMF) sont celles qui sont codées MMMFFAQ027S.

Cliquer ici pour y accéder.

Les données pour le troisième trimestre 2025 pour les fonds mutuels de trésorerie (MMMF) et du Corporate net cash flow (CNCF) sont celles qui sont publiées par les autorités et reportées par notre ami Fred de Saint Louis.

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Il est important de revenir calmement aux fondamentaux pour comprendre le monde dans lequel nous vivons…

Cliquer ici pour lire mon article précédent à ce sujet.

© Chevallier.biz

 

1 réflexion sur “USA : Masse monétaire libre M3 et croissance du PIB, au 11 janvier 2026”

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