Banques systémiques : USA et le reste du monde 2° trimestre

8 banques des Etats-Unis font partie de la liste des banques mondiales présentant un risque systémique (SIFIs pour Systemically Important Financial Institutions).
Elles ont déjà publié leur bilan arrêté à la fin du 2° trimestre 2012.

5 d’entre elles respectent les règles prudentielles d’endettement dites de Bâle III telles qu’elles ont été définies par ce bon vieux Greenspan, les gens de la Fed et de la BRI, à savoir un multiple d’endettement inférieur à 10 (mon µ, le leverage en anglais), c’est-à-dire un ratio Tier 1 réel supérieur à 10 %,

Document 1 :

2012 Q2Bk New York MellonWells FargoBank of AmericaState Street
Preferred stocks0,511,69418,7620,5
Liabilities296,251 199,661 943,64181,38
Equity34,033136,547217,21319,397
Leverage (µ)8,78,88,99,4
Tier 1 (%)11,511,411,210,7

Les 3 autres s’en rapprochent tout en respectant les règles de Bâle II,

Document 2 :

2012 Q2CitigroupMorgan StanleyJPMorganGoldman Sachs
Preferred stocks0,3121,5087,84,85
Liabilities1 732,85692,4242 106,40880,995
Equity183,59961,333183,868,005
Leverage (µ)9,411,311,513
Tier 1 (%)10,68,98,77,7

Les autres banques (non américaines) n’ont pas encore publié leur bilan arrêté fin 2011. Compte tenu de ces données, le classement provisoire de ces banques présentant un risque systémique est le suivant,

Document 3 :

RankBanks 2012 Q1LiabilitiesEquityLeverageTier 1
1New York Mellon296,2534,0338,711,5
2Wells Fargo1 199,66136,5478,811,4
3Bank of America1 943,64217,2138,911,2
4State Street181,3819,3979,410,7
5Citigroup1 732,85183,5999,410,6
6Morgan Stanley692,42461,33311,38,9
7JP Morgan Chase2 106,37183,77211,58,7
8Goldman Sachs880,99568,005137,7
9Unicredit Group871,94861,11514,37
10Santander1 202,6580,69514,96,7
11HSBC2 473,51163,70815,16,6
12Bank of China12 132,54761,47215,96,3
13Mitsubishi UFJ FG208 861,0010 001,0020,94,8
14Royal Bank of Scotland1 342,6160,41622,24,5
15Société Générale1 092,1047,822,84,4
16Banque Populaire CdE1 106,8547,72123,24,3
17UBS1 312,6153,22624,74,1
18ING Bank1 194,1147,61625,14
19Nordea668,16925,87925,83,9
20Sumitomo Mitsui FG137 8305 21126,43,8
21Barclays1 446,6054,40526,63,8
22Lloyds Banking Group932,88133,88927,53,6
23Commerzbank666,63524,37927,33,7
24BNP Paribas1 897,1768,10927,93,6
25Credit Suisse966,43533,58528,83,5
26Mizuho FG160 449,004 912,0032,73,1
27Deutsche Bank2 048,3454,95837,32,7
28Crédit Agricole1 678,5044,737,62,7

Sommes en milliards dans la monnaie nationale.

Le classement de ces banques d’après le ratio Tier 1 montre clairement que les 8 banques américaines sont les seules au monde à respecter les règles prudentielles d’endettement,

Document 4 :

En bleu, les big banks des Etats-Unis, en rouge les Gos banques françaises, en orange leurs consœurs teutonnes, en vert les autres banques européennes, en jaune les banques… asiatiques.

Le même classement de ces banques d’après le multiple d’endettement (mon µ, le leverage en anglais) montre clairement que les banques européennes sont très loin de respecter ces règles d’endettement,

Document 5 :

Comme je l’ai déjà écrit…
Dans ces conditions, il est compréhensible que les dirigeants des banques européennes n’aient pas confiance entre eux (et en eux !), ce qui explique que les marchés interbancaires ne fonctionnent plus depuis la faillite de la banque des frères Lehman, la BCE s’y substituant.
Un petit rappel : pour déterminer le véritable leverage de ces banques, il est indispensable de bien identifier le montant des capitaux propres réels, c’est-à-dire le capital plus les bénéfices accumulés, à l’exclusion des actions de préférence et des titres divers et exotiques qui ne sont pas de véritables capitaux propres, c’est-à-dire apportés par les actionnaires et ensuite fructifiés comme par exemple les titres subordonnés à la française et les Cocos helvètes.
Le total des dettes est obtenu en diminuant le total du bilan du montant de ces capitaux propres réels car les actifs ne peuvent être financés que par des capitaux propres et des dettes (ou capitaux dits étrangers, à l’entreprise).
Le multiple réel est celui du total des dettes sur le montant des capitaux propres. Il doit être inférieur à 10 dixit ce bon vieux Greenspan.
C’est simple, tout est simple… à condition d’avoir un minimum de culture économique et financière, en particulier en comprenant et en interprétant correctement les analyses de ce bon vieux Greenspan et certaines des recommandations pertinentes d’organismes tels que la Fed, la BRI et le IASB, et en effectuant un certain travail d’analyse et de recherche pour trouver les données fiables et en tirer les bonnes conclusions, ce qui n’a rien à voir avec les réactions épidermiques anti-américaines et anti-banques des innombrables idiots inutiles
.

Cliquer ici pour lire mon dernier article sur le même sujet à partir des données arrêtées au 20 mai 2012 et,
cliquer ici pour lire mon article sur le comité de Bâle qui s’inquiétait du fait qu’il n’est pas admissible que certains pays ne fassent pas appliquer aux banques qui sont de leur ressort les règles prudentielles d’endettement qui ont été édictées par la BRI en concordance avec le Bureau international des normes comptables (International Accounting Standards Board, IASB).

4 réflexions sur “Banques systémiques : USA et le reste du monde 2° trimestre”

    1. Bonjour,

      Le Credit Mutuel n’est pas une banque consideree comme systemique. Le groupe des 28 banques n’est pas definti par Mr Chevallier mais par le G20.

  1. Vendredi 20 juillet 2012 :

    Vers 15 heures :

    Espagne : taux des obligations à 10 ans : 7,222 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/quote/GSPG10YR:IND

    Espagne : la région de Valence demande l’aide de l’Etat.

    La région espagnole de Valence, fortement endettée, a fait savoir vendredi qu’elle demanderait à bénéficier du mécanisme d’aide de quelque 18 milliards d’euros proposé par le gouvernement pour assainir les finances publiques des régions.

    Le plan d’aide est assorti de la stricte condition que la région concernée se conforme à ses objectifs de réduction des déficits.

    L’annonce a fait chuter les Bourses européennes ainsi que l’euro, tombé sous le seuil de 1,22 dollar.

    Le gouvernement espagnol a approuvé la semaine dernière la création d’un nouveau fonds pouvant atteindre 18 milliards d’euros destiné à aider les régions en difficulté à se financer.

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