Grèce, Fed, €ffondrement et monétarisme

Le 28 avril, les membres du FOMC ont confirmé aux journalistes qu’ils augmenteraient leur taux de base au second semestre 2015 du fait qu’ils anticipaient une croissance du PIB proche de son potentiel optimal, ce qui a eu pour conséquence évidemment de faire remonter les rendements des Notes à 10 ans et surtout ceux du Bund beaucoup plus élastiques à ce genre d’information, cf. ce que j’en ai écrit.

Document 1 :

Ça, c’est la version officielle pour enfants sages.
Il faut toujours se méfier des déclarations des autorités américaines.

Sous ses airs de gentil caniche Démocrate, Janet Yellen peut être pire que le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke

En effet, ces déclarations ont eu pour effet de faire rebondir miraculeusement les rendements du Bund qui, sans cela, aurait continué à plonger sur sa tendance lourde et longue pour atteindre des valeurs négatives et le niveau du Schatz au mois d’août, comme je l’ai déjà écrit.

Document 2 :

Ainsi, après ces déclarations convaincantes des gens de la Fed, les rendements du Bund ont bondi mais ensuite ils ont repris leur baisse dans leur tendance lourde et longue.

J’en suis venu maintenant à penser que les gens de la Fed qui ont une excellente culture monétariste (sans le montrer), ont fait ces déclarations de façon à faire rebondir les rendements du Bund, car, sinon (sans ces déclarations), avec un écart entre le Bund et le Schatz à zéro, même les plus idiots des stratégistes obligataires de Natixis et autres auraient fini par comprendre que quelque chose n’allait pas très bien dans la vieille Europe continentale

Document 3 :

D’après la tendance lourde de l’écart entre le Bund et le Schatz, le pire devrait se produire au mois d’août.

Le piège a ainsi bien été posé par les Américains qui comptent sur l’incompétence totale des dirigeants européens en matière monétariste.

Les milliards d’euros qui ont été versés à l’Etat grec en fin de semaine dernière (alors qu’en début de semaine tous les dirigeants de la nomenklatura euro-zonarde annonçaient qu’une multitude d’obstacles juridiques et politiques s’opposaient à un règlement rapide de ce prétendu sauvetage de la Grèce) ne serviront qu’à retarder et à aggraver l’échéance fatale pour les Grecs.

Les écarts entre d’une part les rendements des Notes à 10 ans et à 2ans et du Bund et du Schatz montrent une fois de plus que la croissance est proche de son potentiel optimal sans inflation aux Etats-Unis alors que même l’Allemagne va devoir supporter les dommages collatéraux du Grexit.

Document 4 :

Tout est pourtant simple.

Il est quand même étonnant que les dirigeants de la nomenklatura euro-zonarde se soient ainsi laissé piéger par leur manque de culture monétariste que leurs homologues américains maitrisent parfaitement.

Les 500 milliards d’euros qui auront été prêtés à la Grèce l’auront été en pures pertes.
Ce n’est pas en rajoutant des milliards aux milliards déjà engloutis pour éviter un défaut de paiement de l’Etat grec et des banques grecques que les entreprises grecques pourront fonctionner à nouveau et atteindre un même niveau de productivité que leurs homologues allemandes.
De plus, les mesures dites de sauvetage ne font qu’aggraver la crise en Grèce car elles ont pour conséquence de bloquer la circulation monétaire, ce qui bloque l’activité économique.

7 réflexions sur “Grèce, Fed, €ffondrement et monétarisme”

  1. “Le pire devrait se produire au mois d’Aout” : le fait que le spread ait remonte ne change rien alors? (Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg?)

    Si je vous comprend bien, les gens de la FED ont faussé l’indicateur pour faire croire qu’une théorie a laquelle ils ne croient pas est vraie.
    Quel est la finalité la dedans?

  2. bonsoir monsieur chevalier rdv au mois de septembre pour voir ce qui se passera, je suis un peu comme saint thomas je crois que ce que je vois et encore je pourrai loucher

  3. Tout va bien, la Grèce reste dans la zone eruro :

    La Grèce s’enfonce dans la misère.

    Crise Le gouvernement a dû émettre des tickets d’approvisionnement alors que l’Eglise et les ONG amplifient leurs efforts.

    «En Grèce, les enfants et les familles connaissent l’horreur de la faim et du dénuement», a alerté cette semaine Julien Lauprêtre, président du Secours populaire français, en lançant un appel à la générosité. La situation, qui n’a cessé de se dégrader ces derniers mois, devient en effet dramatique.

    Le gouvernement a ainsi décidé de mettre en circulation des cartes alimentaires prépayées, utilisables dans 5000 magasins d’alimentation. Elles sont destinées à près de 150?000 personnes: familles nombreuses, monoparentales, avec enfants handicapés, ou chômeurs de longue durée. Cette mesure a été prise en urgence, car le filet social existant ne suffit plus.

    Le rapport 2014 des œuvres sociales de l’Eglise orthodoxe faisait pourtant déjà état de plus de 500?000 personnes secourues par 280 soupes populaires et plus de 75?000 Grecs aidés dans 150 «magasins sociaux», pour un coût total de 120 millions d’euros. Les mairies sont aussi impliquées, dont celle d’Athènes qui a vu la demande en aliments, médicaments et habits exploser ces dernières semaines.

    Des associations offrent également des douches et des générateurs à ceux qui n’ont plus d’eau ou d’électricité. Avec l’aide de nombreux bénévoles, souvent démunis eux-mêmes. Mais pour eux, aider les autres est le seul antidépresseur qu’il leur reste.

    Les entreprises s’y mettent à leur tour. Venetis, une chaîne boulangère de 80 magasins, distribue ainsi gratuitement plus de 100?000 pains par jour, le tiers de sa production. Car pour Panagiotis Monembasiotis, son directeur général, «avec ce 3e plan de rigueur qui commence, il n’y aura bientôt plus de consommateurs en Grèce, il ne restera que des mendiants».

    Dans les beaux quartiers, les gens vont discrètement le soir chercher leur pain offert. Ailleurs, on n’a plus cette honte. Fotis Pedikas, peintre au chômage, attend chaque jour la dernière heure pour aller au marché en plein air, quand les prix baissent de moitié. Les plus mauvais jours, il ramasse les fruits jetés, ou récupère autour des poubelles les sacs plastiques avec les restes des repas que d’autres laissent exprès. Et dans un grand éclat de rire, il interpelle le premier ministre Alexis Tsipras, qui a signé le fameux accord avec les créanciers du pays afin de rester dans la zone euro: «Pour que la Grèce continue d’appartenir au Club, faut-il que les Grecs meurent?»

    (TDG)

    (Créé: 24.07.2015, 22h54)

    http://www.tdg.ch/monde/grece-s-enfonce-misere/story/24602071

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