Pentification de la courbe des taux

Les rendements des bons des Trésors sont à la base de tous les marchés. Ceux des bons à échéance de 10 ans jouent un rôle critique car ils sont en quelque sorte les pivots de tous les autres.

Compte tenu d’une inflation au taux optimal de 1,0 à 1,5 % et d’une rémunération de père de famille de l’ordre de 2 à 2,5 %, ils devraient fluctuer dans la bande des 3 %.

Des taux négatifs, surtout à cette échéance, ça n’existe pas, c’était inconcevable, inimaginable (dixit Jean-Claude le Tricheur) mais c’est devenu maintenant une réalité !
Aujourd’hui 6 juillet, la plupart des taux à 10 ans dans le monde ont encore battu leurs plus bas record en séance, comme par exemple ceux des petits Suisses, de l’Allemagne et de la France…

Document 1 :

… ainsi que les Notes,

Document 2 :

Ce dernier document montre clairement le jeu des taux…

Lorsque la croissance du PIB est forte, trop forte, la banque centrale est obligée de relever ses taux de base pour la freiner car des taux d’emprunts bancaires élevés freinent les investissements, donc la croissance, comme cela s’est passé de 2003 à 2005.
Les rendements des bons à 2 ans qui suivent ceux de la banque centrale remontent alors pour rejoindre ceux à 10 ans.
La pentification de la courbe des taux est alors nulle
comme cela a été le cas en 2006-2007, ce qui annonce une chute de la croissance.

Par la suite, après la chute du PIB ou une crise, pour relancer la croissance, la banque centrale baisse ses taux car cela diminue les frais financiers des entreprises qui veulent investir.
L’écart entre les taux longs (à 10 ans) et les taux courts (à 2 ans) est alors élevé, ce qui annonce une reprise de la croissance forte, comme cela s’est produit en 2008-2009.
La Fed sous la présidence d’Alan Greenspan a ainsi initié des cycles… que ses successeurs ont voulu briser, le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke assénant un grand coup de pied dans la fourmilière,

Document 3 :

Ces analyses sont bien connues, du moins par les analystes financiers qui les connaissent (!), c’est-à-dire par les bons spéculateurs, ceux qui voient juste et loin.
Cependant, elles doivent être complétées par les analyses monétaristes qui montrent que, après le Japon et la Chine, une hypertrophie de certains agrégats monétaires s’est développée dans la zone euro et elle entraine une situation tout à fait nouvelle.

En effet, cette création monétaire (surtout dans la zone euro, du fait de son existence) bloque la reprise de la croissance en Europe d’abord évidemment, et par répercussion aux Etats-Unis et partout dans le monde.

L’agrégat monétaire M1 représente 63 % du PIB dans la zone euro fin mai contre 13 % aux Etats-Unis !

Document 4 :

Au mois de mai dernier, M1 a augmenté de 42 milliards d’euros (par rapport au mois précédent),

Document 5 :

Ainsi, comparativement aux Etats-Unis, ce sont presque 5 500 milliards d’euros qui sont en excédent dans la zone euro, et qui se trouvent dans des banques qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement !

Document 6 :

C’est le résultat d’une gigantesque création monétaire létale car la croissance du PIB est inversement proportionnelle à la variation de la masse monétaire libre.
En d’autres termes, plus les malheureux Euro-zonards gardent de l’argent sur leurs comptes bancaires, plus la croissance faiblit car la demande faiblissant fait baisser la croissance, ou autre formulation : moins l’argent circule, plus la croissance du PIB faiblit.

Dans la mesure où les anticipations de croissance sont faibles, les rendements des bons à 10 ans des Trésors baissent logiquement (parce qu’ils n’anticipent pas de croissance) mais comme les banques centrales baissent leurs taux pour relancer (en vain) la croissance, tous les taux baissent si bien que l’on arrive à une configuration inédite dans laquelle la courbe des taux est plate à des niveaux très bas, tellement bas qu’ils ont atteint des niveaux inimaginables : à zéro, voire en territoire négatif !

Le Japon a été chronologiquement le premier touché et le plus gravement,

Document 7 :

L’Allemagne qui fut vertueuse, est touchée aussi évidemment, par contagion,

Document 8 :

Les Etats-Unis subissent eux-aussi les conséquences négatives de l’€-crise,

Document 9 :

La baisse des taux a commencé en juin 2007 car c’est à partir de cette date que les bons spéculateurs, ceux qui voient juste et loin, ont intégré l’€clatement,

Document 10 :

Le fameux Brexit n’est qu’un épisode anecdotique dans cette saga de longue haleine dont on ne connait pas exactement comment elle se termine mais on le saura bientôt.

Pour terminer, une petite devinette : quelle est la seule issue de secours envisageable en Europe ?

32 réflexions sur “Pentification de la courbe des taux”

  1. Heureux d’apprendre qu’il existe (semble t’il selon vous) une solution pout l’Europe …
    Retour aux monnaies nationales et dévaluations
    Faillite des banques et “plumage” des épargnants

  2. Bonsoir.réponse à votre devinette : marché arrière toute.on reprends nos anciennes monnaies avec réajustement des parités,on organise des coopérations entre nations européennes.on pourrait garder un euro de référence avec ajustement des monnaies nationales.

  3. A part émigrer? 🙂
    Issue de secours.. Pour qui?
    Chypriotisation des dépôts bancaires : réduction de M1 a la source… mais ça c’est du point de vue des Etats.
    Pour s’en sortir individuellement… acheter du Bund?

  4. quelle est la seule issue de secours envisageable en Europe ?

    – Un retour aux monnaies nationales tout en gardant une zone de libres échanges…Sans oublier une application stricte de la loi Bâle III !

  5. La seule issue?Le revenu universel,la semaine de 24h,congés payés pour tous financés par la Caf:appliquons au commun des mortels les conditions des grandes entreprises françaises protégées par l’état ou des notaires!Si ça marche pour eux ça doit pouvoir marcher pour tous.Faisons comme la chine,changeons de mode de calcul du PIB et du taux de chomage.Il n’y a plus aucun tabou!

  6. Partout en Europe, les bulles gonflent de plus en plus.

    Problème : les bulles ne peuvent pas gonfler jusqu’au ciel. Il arrive toujours un moment où une bulle éclate.

    Ce moment précis de l’éclatement d’une bulle, c’est le début d’une crise financière comme en 1929, en 2008, etc.

    En Europe, trois bulles vont éclater en même temps :

    1- Royaume-Uni :

    Brexit : la bulle immobilière britannique menace l’économie réelle.

    Les investisseurs craignent l’explosion de la bulle immobilière au Royaume-Uni, alors que les gels de fonds immobilier se multiplient. Le danger ? Un effet domino qui rattrape l’économie, puis des banques déjà fragilisées par les taux négatifs.

    C’est le deuxième effet du Brexit… Depuis deux jours, les gels de retrait des fonds investis dans l’immobilier britannique se multiplient comme des petits pains. Après Aviva, M&G et Standard Life, trois nouveaux fonds (Henderson, Canada Life, et Columbia Threadneedle), au moins, viennent de prendre cette décision, symbole d’un vrai malaise sur les marchés.

    http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0211104011952-brexit-la-bulle-immobiliere-britannique-menace-dexploser-2012720.php

    2- Allemagne :

    Inquiétudes sur Deutsche Bank, ex-fleuron allemand de la finance.

    Autrefois fleuron de la finance allemande, le groupe bancaire Deutsche Bank n’en finit pas de s’effondrer en Bourse, plombé par ses errements passés et par des inquiétudes grandissantes quant à sa santé.

    L’action Deutsche Bank a atteint mercredi un nouveau plus bas historique en clôture à la Bourse de Francfort, à 11,54 euros, portant sa chute depuis le début de l’année à près de 49%, la plus mauvaise performance du Dax. Sur dix ans, le déclin est encore plus marqué: en mai 2007, à la veille du déclenchement de la crise des subprimes, le titre de la banque culminait à plus de 100 euros.

    http://www.romandie.com/news/Inquietudes-sur-Deutsche-Bank-exfleuron-allemand-de-la-finance/718320.rom

    3- Italie :

    Bruxelles autorise Rome à soutenir ses banques, mais pas à les sauver.

    La Commission européenne a permis à l’Italie de venir en aide à ses banques dimanche dernier. Rome va activer pendant six mois un programme de 150 milliards d’euros de garanties publiques pour soutenir le besoin de liquidités des établissements financiers italiens.

    Si cette annonce peut rassurer sur les risques à court terme liée aux banques italiennes, elle ne règle pas le vrai problème du secteur : celui de créances douteuses s’élevant à 360 milliards d’euros. Or, ce montant et la quasi-impossibilité pour le secteur de réaliser des levées de fonds suffisantes sur le marché pose le problème de la solvabilité des banques italiennes. Le vrai enjeu pour elles est donc de savoir comment elles vont pouvoir être recapitalisées pour un montant estimé à 40 milliards d’euros.

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/bruxelles-autorise-rome-a-soutenir-ses-banques-mais-pas-a-les-sauver-583807.html

  7. Juste pour vous signaler (au cas vous ne seriez pas au courant) que votre site est souvent inaccessible quand on veut le consulter depuis une connexion SFR/Numericable

    Je viens de faire le tes à l’instant :
    Depuis SFR : le site ne répond pas
    Depuis mon portable Free: je peux consulter et écrire ce message

    Censure?

    1. SFR l’entreprise qui ne devrait pas avoir le droit de faire de pub tant qu’on ne peut s’en désabonner, ainsi le scandale probable des vrais faux abonnés pour fausser les statistiques, faire croire que la fuite des clients (plus de 500 mille perdus) est endiguée… et ainsi faire croire aux actionnaires que cette société va mieux.
      Moi et deux de mes voisins avons quitté SFR début novembre 2015 pour un autre opérateur. Le matériel a été restitué avant la fin de l’année 2015… Juin 2016, nous recevons toujours des factures mensuelles comme si nous étions encore abonnés…
      Mais avec le copinage à la française que semble très bien maîtriser son pdg… SFR a peu de chance d’être inquiété malgré ses dysfonctionnements nombreux et sa pub mensongère (faire croire qu’il y a la fibre alors que celle-ci n’est que pour l’immeuble et donc à partager…)

  8. Un scénario de sortie ordonnée de l’Euro:
    Tous les états coopérent pour mettre en place secrètement les conditions d’un retour aux monnaies nationales,
    puis le jour J : Gel des transactions, conversion des avoirs en banque en monnaies nationales avec un taux de change dévalué immédiatement. Et echange progressif des espèces en Euros contre des francs, des lires …

    Et procédures de Bail-In avec mise sous tutelle ou nationalisation pour les banques qui seraient mises en faillites…

  9. hefaillitos, qui a répondu à la devinette

    Il y a une solution très simple pour tout régler, et vous en parlez de façon discrète dans vos article…

    Il y a une hypertrophie de la “masse monnétaire”.
    Vous parlez aussi “d’argent en trop dans les banques”… cet argent, c’est leur actif dans la colonne de bilan.
    donc dans le bilan, en face, les banques ont un passif… qui est constitué de leurs dettes.

    Si on pouvait supprimer une partie de ces dettes, tout irait bien : fin de l’hypertrophie monnétaire, sans compter qu’on déleviétiserait les banques. Ce qui est une bonne nouvelle pour les banksters voyait leur incompétence masquée au yeux du grand public.

    Comment supprimer “cet argent en trop” ? C’est à cela que revient la question.
    Donc quelle partie de la colonne du passif des banques peut-on supprimer ???
    Nos politiques ont choisi votre épargne !!!

    Votre épargne n’est plus une somme d’argent qui vous appartient mais une dette des banques dans leur colonne passif. (cf votre relevé on y lit “vos avoirs” et non “votre argent”) Vous étes hypothéqué à votre insu.
    Comme l’a souhaité le président du pouvoir d’achat.
    Et depuis, les successeurs (moscovici entre autres) ont créé des instruments qu’on appelle “union bankstère”.
    P.Herlin remarquait récemment que ces mécanismes n’étaient bon qu’à spolier les épargnants, comme à chypre.
    Alors que faire pour éviter la rapine bankstéro-gouvernementeuse ? …
    un compte ailleurs. ou autre chose qu’un compte en banque (des actifs tangibles)

  10. Que faire à titre individuel,
    1/ ne jamais avoir un (des) dépots qui dépasserai le montant de la garantie des dépots dans une seule et même banque …
    quand bien même cette garantie est illusoire car le fond de garantie est sous capitalisé les précautions suivantes s’imposent:
    2/ avoir une partie de ses avoirs sur des livrets garantis par l’état (livrets A, LDD, PEL) qui ont une garantie autre que celle des dépots et titres
    3/ S’autoriser à détenir dans une même banque disont au maximum ~50% du montant garanti (soit 50k pour les comptes et livrets non réglementés et 35k pour les titres)
    4/ choisir une/des banques avec un leverage ratio solide … a part BMM faut chercher un peu …
    5/ éviter à tout prix de détenir des actions et Obligations de Go banques qui seraient réduites à 0 …
    6/ si on en a l’opportunité, détenir des obligations d’états du Nord de l’Europe et des USA, Suisse, de L’or …
    7/ si possible et souhaitable selon la situation de chacun ouvrir un compte dans une banque étrangère solide et y répartir une partie sécurisée de son capital en titres de qualité …

  11. Devinette:
    Transformation forcée des dettes des banques auprès des épargnants et déposants (particuliers, sociétés) en actions des mêmes banques (avec à la clé valeur en forte baisse et plusieurs générations pour éponger les pertes).
    Dans tous les cas, révolution à la clé. Mais ce n’est pas grave puisque l’armée est déjà déployée sur le territoire pour contenir tout cela sous prétexte d’état d’urgence…..

  12. J’ai aussi ma solution reconstitué une nouvelle Europe mais avec uniquement des pays qui sont proche économiquement de l’économie Allemande et faire une vrais Europe fédérale comme les USA et aider les autres pays de la zone à sortir et reprendre leur monnaie nationale avec des dévaluations qu’il mérite de faire pour retrouvé leur compétitivité , vous ne pouvez pas courir sur un circuit une porche et une deux chevaux pour être compétitif mais entre une Porche et une Ferrari sa fonctionnera très bien , je verrai bien cette nouvelle Europe à dix états

  13. Actionnaires de Monte Passssssshhiiittttt

    Actionnaires
    Nom Actions %
    Fintech Advisory, Inc. 131 943 594 4,50%
    Government of Italy 117 986 894 4,02%
    Alken Asset Management Ltd. 101 155 332 3,45%
    AXA Investment Managers (Paris) SA 92 946 931 3,17%
    OppenheimerFunds, Inc. 68 127 532 2,32%
    BWM AG 58 876 164 2,01%
    The People’s Bank of China 56 765 066 1,94%
    BTG Pactual Europe LLP 56 178 650 1,92%
    Banca Monte dei Paschi di Siena SpA 52 398 225 1,79%
    Norges Bank Investment Management 52 396 267 1,79%

  14. Bonsoir.une solution qui semble logique: partir à Londres.ils ont leur monnaie,sont libres du carcan européen,ils ont baissé les impôts et sont placés dans la mondialisation.pas mal d atouts

  15. Expliquez-moi, la France est endettée mais les Français sont riches. La force de la France, c’est sa capacité à lever l’impôt, donc à rembourser sa dette.
    La dette de la France n’est-elle pas tout simplement l’assurance-vie des Français, leurs trop-pleins de liquidités ? Même si une part importante est à l’étranger.
    Où va l’argent ? Si les OAT sont de moins en moins intéressantes, les Français vont sur l’immobilier, ils ont beaucoup d’argent dont-ils ne savent pas quoi faire… Ils ne veulent pas prendre de risque avec un argent “artificiel”.
    Comment relever les taux dans ces conditions ?
    Comment mettre en œuvre un “retour quantitatif” ? appauvrir les Français par l’impôt ou une inflation artificielle ? dévaluer la monnaie ?
    L’Allemagne aime l’Europe qui mange du boeuf américain et permet aux Américains d’acheter ses voitures. Elle, qui a toujours voulu un Mark fort et bénéficie d’un Euro/Mark faible.
    L’ancien Franc est-il plus faible ou plus fort que l’euro/Franc ? D’accord, plus faible que le Mark ou que la monnaie danoise, mais plus fort que les monnaies italienne, espagnole, irlandaise, portugaise, grecque. L’euro c’est une moyenne. L’Euro est une monnaie unique et non commune.
    Quelle est la seule issue de secours envisageable en Europe ?
    Au siècle dernier, j’aurais répondu… La guerre !
    Faire la même chose, à l’envers . En fait, on vit de mieux en mieux, génération après génération, la vie est plus belle, de quoi se plain t-on ?
    Des trois piliers de Maastricht, 60% d’endettement, 3% de déficit
    et monnaie unique, il ne reste que cette dernière. Il n’y a que F.Fillion qui a un programme “Maastrichtien”, les Français décideront…

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