Les mécanos de la Générale, 4° trimestre 2013 : sanctionnés par l’AMF !

Les mécanos de la Générale viennent de publier leurs résultats pour ce dernier trimestre… et ô miracle : ils avouent, mais particulièrement maladroitement, que leur ratio de levier (le leverage !) est de… 3,5 % fin décembre 2013 !

Document 1 extrait du communiqué de presse :

En fait, ils ne comprennent absolument plus rien à rien et ils confondent tout : ils voulaient annoncer par-là que leur véritable ratio Core Tier 1 était effectivement (catastrophique) à… 3,5 % fin décembre 2013 en confondant ce concept avec le ratio de levier d’endettement, le leverage en anglais, c’est à dire son inverse, qui serait donc de 28,5 !

Les chiffres qu’ils publient dans leurs documents ne sont d’ailleurs pas exactement cohérents entre eux.
En effet, ils publient pour la première fois, page 42 de la présentation avec annexes, un tableau détaillé qui permet de calculer le montant des véritables capitaux propres (comme je l’ai toujours écrit contrairement à eux) qui est obtenu en retranchant du montant des capitaux propres publiés (51,0 milliards d’euros, sans les minoritaires), les sommes correspondant aux titres dits hybrides (TSS, TSDI, coupons et dividendes, soit 7,9 milliards) et les écarts d’acquisitions (goodwill dont les provisions pour plantages prévisibles, soit 11,7 milliards),

Document 2 :

De ce fait, il est maintenant possible de calculer le véritable leverage qui était de 38,3 et son inverse le véritable ratio Core Tier 1 qui était de 2,6 % fin décembre 2013,

Document 3 :

Société Générale2012 Q42013 Q12013 Q22013 Q3*2013 Q4*
1 Assets1 250,901 246,301 254,101 254,401 235,30
2 Equity49,27949,90749,41350,88551
3 TSDI6,8837,0136,1047,57,9
4 Goodwill6,296,2766,1691211,7
5 Tangible eq36,10636,61837,1431,38531,4
6 Liabilities1 214,791 209,681 216,961 223,021 203,90
7 Leverage (µ)33,63332,83938,3
8 Tier 1 (%)2,973,033,052,572,61

Sommes en milliards d’euros. Seuls les chiffres des deux derniers trimestres donnent véritablement une image fidèle de la réalité car les informations indispensables pour les autres trimestres ne sont pas fournies par la banque.

Euh… Un petit rappel : la banque des frères Lehman a fait faillite avec un leverage de 32

Et un autre rappel : d’après les règles dites de Bâle I, les banques doivent avoir un leverage inférieur à 12,5 ou un ratio Core Tier 1, son inverse, supérieur à 8 %.

A la suite des turbulences financières de ces dernières années, ce bon vieux Greenspan a relevé ces exigences à un leverage inférieur à 10 correspondant à un ratio Core Tier 1 supérieur à 10 %, sans pondérer les actifs, comme le préconisent également la BRI, Axel Weber et la Prudential Regulatory Authority du Royaume-Uni.

Document 4 :

Les mécanos de la Générale viennent donc de confirmer que mes calculs de l’été 2011 donnaient parfaitement bien une image fidèle de la réalité quand j’ai publié un ratio Core Tier 1 dans les 2 % alors qu’ils prétendaient à tort qu’il était de 9 % !

Document 5 :

L’AMF m’a donc sanctionné totalement à tort alors que les mécanos de la Générale viennent de me donner finalement totalement raison !

En fait, ils commencent à essayer de comprendre les règles de gestion prudentielles d’endettement telles qu’elles vont être appliquées par l’Autorité Bancaire Européenne (EBA) qui calcule, comme je l’ai toujours fait à juste titre, les montants des véritables capitaux propres sans les titres dits hybrides, ces Titres Super Subordonnés (TSS) et Titres Subordonnés à Durée Indéterminée (TSDI) que seuls les banksters franchouillards de nos Gos banques ont fait passer officiellement pour des capitaux propres alors que tout le monde partout dans le monde les considère comme des dettes, comme je l’ai toujours écrit.

Il est particulièrement grave de constater qu’une autorité officielle, l’AMF, de connivence avec ces banksters, puisse sanctionner à tort une personne (moi !) qui publie des études financière justes, en conformité avec les règles internationales, et qui dénonce ces irrégularités en France.

Il est particulièrement grave de constater que les gens de la Banque de France qui sont chargés de faire appliquer les règles internationales ne le font pas, sciemment, de connivence avec les banksters.

Il est particulièrement grave de constater que les mécanos de la Générale qui gèrent 1 235 milliards d’euros d’actifs n’ont toujours pas compris le mécanisme de gestion des règles prudentielles d’endettement bancaire.

Il est particulièrement grave de constater que tous les autres professionnels en France puissent être aussi incompétents, en particulier les bonimenteurs tels que les analystes financiers patentés de la Société Française des Analystes Financiers et tous les journaleux de tous les médias.

Par ailleurs, les mécanos de la Générale ne donnent évidemment aucune information explicite sur les 40 milliards d’euros qu’ils empruntent à la Banque de France dans le cadre des Titres de Créances Négociables (TCN) en mettant en pension des titres.

Par contre, ils mentionnent, sans en donner d’explications claires, qu’ils ont emprunté… 151 milliards d’euros ! au titre d’opérations sur titres

Document 6 :

ce qui peut inclure ces 40 milliards de TCN et… une centaine de milliards empruntés à la BCE qui ne donne pas les détails sur les 671 milliards qu’elle prête à des banques au titre des LTRO.

Heureusement, je suis le seul, à ma connaissance à faire de telles analyses.

Les règles comptables sont redoutables car, lorsqu’on sait décrypter correctement les comptes, il est toujours possible de savoir si tout se passe bien ou si quelque chose ne va pas quelque part.

Pour l’instant, tout va bien : pas de tsunami.

Cliquer ici pour rechercher les résultats de la Générale de ce dernier trimestre.

14 réflexions sur “Les mécanos de la Générale, 4° trimestre 2013 : sanctionnés par l’AMF !”

  1. Grave effectivement ; je suis enfin rassurer par JPC ; il y a vingt deux ans j’avais tenté d’intégrer le monde de la banque sans succès ; à cet occasion je fus confronter à la morgue et la suffisance d’une pléthore de banquiers ; rien n’a changé aujourd’hui ; quand nos apprentis banksters n’ont que la morgue à revendre ne soyons pas étonnés qu’ils ne comprennent rien à rien ;

  2. Bonsoir,

    Il était intéressant d’écouter Frédéric Oudéa, le PDG de la SocGen, ce matin sur BFM Business. Il y professait un optimisme impressionnant. Difficile pour lui d’en être autrement. On l’imagine mal laisser entendre que la situation n’est pas aussi bonne qu’il le prétend. Mais maintenant que la vérité commence à se faire jour (il est aisé d’attaquer un modeste blogueur. Par contre, l’EBA….), il va être intéressant de voir comment les journalistes vont réagir. Les menaces proférées par Mme Danièle Nouy, dirigeante du Mécanisme de supervision bancaire européen, ont finalement peut être une base de vérité. Du coup, le message passe finalement et les bilans annuels sont plu conformes à ce qu’ils devraient être.

    Bonne soirée

  3. Dans le mille, bravo !

    Bon, vos deux derniers messages m’ont décidé : je dois maintenant trouver un banque… moins pire. Je vais relire vos analyses des six derniers mois 🙂

  4. Quelle banque française recommandez vous? Je suis à la Société Générale et plutôt mécontent de leurs services et surtout de leurs frais. Si en plus la banque est fragile..

  5. @ tous : vous pouvez rester à la SG pour les sévices bancaires.

    Pour votre épargne par contre… Laissez-leur 1.000 € histoire que vos opérations par chèque et par CB passent sans problème, mais en un mot comme en cent : “barrez-vous” ^_^

    Anecdote. J’ai un ami exeprt-comptable qui m’a raconté les péripéties d’un candidat à l’évaporation fiscale qui avait “omis” de déclarer détenir un compte dans une banque suisse.
    Ok, vilain, pas beau, pas gentil bouuuuu.

    Cependant, après contrôle fiscal et pénalités et tutti quanti, il en ressort que LE RENDEMENT EFFECTIF NET DE FRAIS ET DE FISCALITE s’est établi à…. 7.5% / an ! En dépit de tout ça !

    Moralité : les fonds restent en Suisse, géré par des banquiers compétents. Ce Monsieur paie la fiscalité adéquate des 2 côtés du Léman, mais….. ça surperforme ce qu’il peut trouver en France.

  6. Bonjour
    j’ai lu avec intérêt leurs comptes. Ils n’insistent vraiment pas, mais alors pas du tout sur leur total de bilan de 1235mds (tout juste 1 slide).. mais plutôt sur le bilan financé à 600mds qui est présenté dans ses moindres détails… ce qui tend à minimiser votre leverage, M. Chevallier.
    Je n’ai pas trop compris à quoi correspond la différence : des opérations sur dérivés ? il faudrait regarder plus dans les détails quand le rapport annuel sera disponible, mais en tout état de cause, leur présentation n’est pas d’une grande honnêteté sur ce point.

  7. Voilà ce que nous dit 20 minutes/20 secondes du 13 février 2014 page 8.
    BANQUES
    La Société générale
    a triplé ses bénéfices
    La Société générale
    a quasiment triplé
    son bénéfice net en 2013,
    à 2,18 milliards d’euros
    (+ 175 %), et a amélioré
    ses ratios financiers
    au quatrième trimestre,
    selon ses résultats dévoilés
    mercredi.

  8. En quoi une dette subordonnée type TSDI vous gêne , n’est ce pas des quasi fonds propres dont de surcroit malgré leur intérêt élevé réduise le résultat financier imposable ?
    merci pour votre réponse
    cordialement
    Franck jalaber

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