Mélenchon et l’annulation de 600 milliards d’euros de dette française

600 milliards d’euros de la dette française peuvent et même devraient être annulés, ce qui permettrait de diminuer le budget de l’État et les impôts de… 25 milliards d’euros par an !

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Dans le cadre de sa campagne électorale en vue des prochaines élections présidentielles, Jean-Luc Mélenchon propose d’intervenir sur la dette de l’État français…

Ses propositions sont confuses et exposées dans un certain désordre, mais paradoxalement, il soulève là un problème très important et très sérieux qui doit être correctement décrypté…

Pour l’essentiel, il a raison : 600 milliards d’euros de la dette française peuvent et même devraient être annulés, ce qui permettrait de diminuer le budget de l’État et les impôts de… 25 milliards d’euros par an !

En effet, 792 milliards d’euros de titres sont enregistrés dans les actifs du bilan la Banque de France pour l’exercice 2025 sous le poste A 71.

Document 1 :

Ces titres sont constitués pour l’essentiel de bons du Trésor français. La note 6 page 126 montre que 601 milliards d’euros de bons du Trésor français y sont ainsi comptabilisés…

Document 2 :

… comme l’explique plus ou moins clairement le début de cette note,

Document 3 :

Selon le principe comptable incontestable suivant : toute dette sur soi-même est annulable, une excellente idée serait donc de… l’annuler effectivement !

Comme la durée moyenne des bons du Trésor français est proche de 10 ans, en appliquant un taux de 4 % sur ces 600 milliards d’euros, ce sont environ 25 milliards d’euros d’intérêts par an qui ne seraient alors plus à être versés… à la Banque de France ni in fine au budget de l’État et donc qui ne devraient logiquement plus être payés par les contribuables !

Evidemment, la dette de l’État de 3 536 milliards d’euros sur la base de Maastricht et de 2 877,5 milliards d’euros de dette négociable (couverte par des bons du Trésor) diminuerait alors de 600 milliards d’euros.

Tout est simple.

Le plus drôle est que personne en France n’a analysé correctement ce problème et surtout que personne n’en a donné les bonnes solutions, même pas Jean-Luc Mélenchon ni Matthieu Pigasse !

25 milliards d’euros d’impôts en moins, ou 25 milliards d’euros d’investissements publics productifs supplémentaires devraient être pourtant un argument attractif.

Le principal obstacle à l’annulation de cette dette de 600 milliards d’euros serait le véto qui pourrait alors être formulé par les dirigeants de la Banque Centrale Européenne car les banques centrales nationales de la zone euro ont perdu leur autonomie, y compris sur la gestion de leur propre dette nationale !

Ce serait là un excellent débat et même un combat politique que pourrait mener un homme politique français contre la BCE.

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Petit supplément amusant…

La Banque de France a dégagé un bénéfice de 8 milliards d’euros (après impôts) grâce, entre autres aux produits financiers de 25 milliards d’euros constitués des intérêts de ces 600 milliards d’euros de bons du Trésor qui auraient pu être annulés.

Donc, si ces 600 milliards avaient été annulés, la Banque de France aurait dégagé des pertes de l’ordre de 17 milliards d’euros en 2025, toutes choses égales par ailleurs.

Une fois de plus : bravo les artistes !

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Pour rappel, ou pour information, les dirigeants de la BCE, comme ceux de la Fed, ont décidé de lancer de vastes politiques de rachats de bons des Trésors par les banques centrales nationales de façon à apporter des liquidités au système bancaire de la zone euro (par des opérations de cavalerie financière !), ce qui augmente la masse monétaire en circulation qui dépasse largement et dangereusement les normes (c’est l’assouplissement quantitatif, QE, Quantitaive Easing), cf. mes articles à ce sujet.

La BCE a donc obligé les banques centrales nationales de la zone euro de racheter une partie des bons de leur Trésor respectif, sous-entendu sans leur donner la possibilité de s’y opposer.

Cliquer ici pour accéder au bilan de la Banque de France pour l’exercice 2025.

Heureusement, je suis le seul à analyser ainsi les comptes de certaines entités en France…

Et une fois de plus, je tiens à remercier Corinne qui m’a mis sur la voie de cette pépite.

Les vacances sont presque finies…

© Chevallier.biz

 

5 réflexions sur “Mélenchon et l’annulation de 600 milliards d’euros de dette française”

  1. « Le plus drôle est que personne en France n’a analysé correctement ce problème et surtout que personne n’en a donné les bonnes solutions, même pas Jean-Luc Mélenchon ni Matthieu Pigasse ! »
    Si, il y a un homme politique qui a expressément évoqué ce problème, et donné la seule solution : Sortir de la zone euro, et de l’UE. Cet homme est François ASSELINEAU, qui est complètement invisibilisé dans le débat politique puisque le seul à porter véritablement le projet de FREXIT en France.

  2. Le patron de Crédit mutuel Alliance fédérale, Daniel Baal, a déclaré mardi que le niveau de la dette souveraine déjà « inacceptable » le sera encore plus avec la hausse des taux d’intérêts auxquels emprunte la France.

    Le rendement de l’emprunt à 10 ans pour la France a touché un nouveau plus haut depuis 2008 alors que la dette publique atteignait 117,5% du produit intérieur brut fin mars, selon l’Insee.

    « Le niveau de la dette française aujourd’hui est inacceptable. Le fait qu’il faille la payer cher rend encore cette dette plus difficilement acceptable », a déclaré le patron du Crédit Mutuel sur France 5, estimant que « le seuil d’alerte est atteint depuis un moment, non seulement sur les taux, mais également à cause du volume de la dette française ».

    « Si la France venait à être dégradée par les agences de notation, et ça nous pend quand même au nez », la conséquence directe, « c’est qu’il y aurait encore une augmentation des taux, et peut-être qu’un jour, l’État français aurait du mal à se financer », a-t-il indiqué.

    Les banques françaises sont parmi les principaux prêteurs de l’État français, de même que les assurances-vie prêtent à l’État français.

    Elles seraient donc « menacées si la France était en défaut, c’est-à-dire si la France ne remboursait plus sa dette », a-t-il expliqué.

    Interrogé sur la possibilité d’effacer la dette comme Jean-Luc Mélenchon en a lancé l’idée, M. Baal a indiqué qu’il fallait rester « très raisonnable »: « d’abord, ce n’est pas possible de par les traités. Éventuellement, on pourrait sortir de la zone euro, mais on se rend compte de la situation dans laquelle nous serions », a-t-il déclaré.

    Il a rappelé qu’après « la dissolution d’il y a deux ans », et « le fait que l’État a quand même eu beaucoup de mal à être dirigé », « si nous n’avions pas été en zone euro, nous n’aurions pas eu la protection que nous avons aujourd’hui, et certainement que les taux seraient beaucoup plus élevés ».

    Pour le banquier, « il faut espérer que l’élection présidentielle apportera une nouvelle perspective à la France pour revenir dans un mode de fonctionnement qui soit plus sain, plus serein ».

    L’agence Fitch Ratings a maintenu vendredi la note de la dette souveraine de la France à A+ avec une perspective toujours stable.

    Les deux autres grandes agences de notation doivent se prononcer sur la note française dans les mois qui viennent: Moody’s le 23 octobre, puis S&P Global Ratings le 27 novembre.

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