Thomas Jordan pire que le Mariole !

Le Mariole Draghi a déclaré qu’en aucun il ne fera marcher la planche à billets et que la BCE ne créera jamais de monnaie par ce moyen du moins.

C’est une évidence. Il était bon quand même de le préciser car tous les idiots inutiles répètent que cette mythique planche à billets tourne à plein régime alors que le bilan de la BCE prouve le contraire comme je l’ai écrit à maintes reprises.

Par contre, il est surprenant de constater que Thomas Jordan, l’actuel patron de la BNS ait pu déclarer qu’une banque centrale peut toujours faire marcher cette planche à billets sans inconvénients (comme le fit jadis la République de Weimar) et même avoir des capitaux propres négatifs !

Il est étonnant qu’une personne faisant de telles erreurs dans ce domaine monétaire puisse diriger la banque centrale helvète. C’est grave, car les gens de la BNS continuent à faire d’autres erreurs monumentales en maintenant un franc (relativement) faible par rapport à l’euro.

Ainsi, les réserves en devises de la BNS se montaient à 430 milliards de francs fin septembre avec des capitaux propres aux alentours de 60 milliards de francs qui risquent de fondre rapidement quand la BNS comptabilisera ses pertes sur sa politique monétaire.

De plus, elle est amenée à investir une partie de ses euros en mauvais bons de Trésors euro-zonards, en particulier français, ce qui fait croire dangereusement que les fondamentaux de la France sont bons. Ainsi, le signal avertisseur qu’est la hausse des rendements des bons ne peut pas fonctionner normalement.

Le Mariole Draghi aura donc donné une bonne leçon à Thomas Jordan ! C’est à peine croyable. La passivité des petits Suisses à ce sujet est là aussi surprenante.

Cliquer ici pour lire mon article sur le discours de Thomas Jordan justifiant le recours à la planche à billets par les banques centrales.

14 réflexions sur “Thomas Jordan pire que le Mariole !”

  1. De 2 choses l’une : soit il est plus fort que B2 pour être encore plus furtif que furtif en jouant au ravi de la crèche, soit…. je ne vois pas d’autre “soit” en fait. C’est trop gros. Trop à contre-courant. Non ?
    Bon, si ce brave homme est sincère dans ses paroles, alors effectivement, y’a de quoi être perplexe grâce à votre éclairage monétariste…

  2. Tout ceci m’amène à une question pour tous les monétaristes du coin:

    Quid de la libéralisation des monnaies ? Pourquoi se cantonner à une monnaie nationale ? Ne vivrions-nous pas mieux si les monnaies nationales étaient libéralisées ? Si chaque banque pouvait émettre sa propre monnaie qui ferait ainsi librement concurrence aux autres monnaies des autres banques, ne vivrions-nous pas mieux ?

    J’aimerais comprendre 🙂

    MERCI.

    1. Oula, après on touche aux fondements et au ciment d’une nation : une culture, une langue, une monnaie. Je pense qu’une monnaie ne doit pas seulement être vue d’un oeil “tangible” et matériel. C’est un lien, cela créé une appartenance (ou une soumission dans le cadre de l’euro !).

  3. Comme vous le dites souvent, tout est simple.
    Malheureusement vu les réserves en euros de la BNS, il est trop tard pour eux…..
    Quand le Tsunami passera il s’occupera également d’eux.
    On verra à ce moment si une banque centrale avec des capitaux propres négatifs ca marche si bien que ça…
    Et finalement, le pire c’est tous les moutons qui partant du principe que ce qui était valable il y a 20 ans l’est encore aujourd’hui, ont “placer” à l’Abri leur épargne en suisse… se rendent ils vraiment compte.. j’ai un gros doute.

    1. En tant que Suisse, je me permets d’être d’accord avec vous, MAGAJA. Lors de la grande débacle, il est plus que probable que la Suisse sera emportée dans le chaos avec ses voisins européens, si chéris.

      Courage à nous, donc, également!

  4. Les paires de devise s’analyse assez facilement, et particulièrement l’Eur/CHF.
    Cela permet, selon moi, d’analyser la vision des investisseurs dits “avisés”.
    La BNS va devoir lacher un peu de leste sinon cela pourrait vite lui couter cher.
    Elle ne pourra pas tout absorber. J’ai pour ma part comme vous pourrez le lire sur le lien suivant,
    engagé une position short sur cette paire. Vous avez également la tendance qui devrait se dessiner. On repasser dans un cycle baissier.
    http://attrading.unblog.fr/2012/10/10/eurchf-juste-un-graph/

  5. On comprends pourquoi l’ U.E n’est pas plus sévère avec les privilèges fiscaux accordés aux entreprises est aux privés,car je pense qu’il vont faire plier la Suisse simplement par ces Euros qui ne seront pas
    remboursés.

  6. @MAGAJA

    Déjà pour vous resituer un peu les choses, la Fed (et ne parlons même pas de la BoE, et de la BoJ) aussi est encore plus leveragé que la BNS, (de mémoire ratio de 30:1, je crois, plus que Lehman lorsqu’ils ont fait faillite) et serait de facto techniquement insolvable si une remontée violente des taux se produirait. Evidemment, en pratique, ils pourraient l’éviter puisqu’ils pourraient littéralemment “imprimer” leur propre renflouement, en s’octroyant des lignes de crédit à eux-mêmes. Bref, parenthèse faite.

    Vous oubliez trois facteurs essentiels dans vos propos, trois aspects stratégiques que les suisses possèdent, contrairement aux autres européens : la vigilance, la stabilité et le caractère pro-actif intrinsèque de la politique suisse à travers les ages (250 ans d’histoire pour preuve), leur réserves d’or, dont leur emplacement géographique est par ailleurs diversifié et non divulgué par la BNS, et leur situation macro-économique (surplus de la balance des paiements, endettemment parmis les pays développées les plus faibles au monde, finances saines). On à également tendance à oublier, mais sur un ratio population totale / population réserviste au niveau militaire, c’est aussi l’un des pays les plus pourvus (sur le même plan que Singapour d’ailleurs). Récemment ils ont d’ailleurs mené une opération militaire à grande échelle nommée “STABILO DUE” qui simulait une gestion de crise européenne hors de contrôle et d’autres scénarios catastrophes. Bref, contrairement à nous, ils ont plus d’un tour dans leur sac et ne font pas preuve de l’oisivité de nos dirigeants politiques européens. Les Suisses ne sont pas si bête que ca, le peg de l’EURCHF mené actuellement par la SNB était inévitable sans quoi les exportations auraient plongés, entrainant une bonne partie de leur PIB avec. Cette manoeuvre de court terme ne présume pas de leur orientation stratégique monétaire sur le plus long terme……

    1. @Stopler
      On peut tous avoir une vision différente de la gestion de la crise par la suisse.
      Toutefois certains principes me gênent un peu:
      Le passé est le passé, la crise actuelle est bien différente des précédentes:
      La BNS détient des millions d’euros, et cette monnaie n’est pas , contrairement à ce que l’on peut croire, réellement flottante, et représentative de l’économie des pays concernés, car elle ne tient que par un fil, et un faux fil, l’Allemagne and co.
      Assimiler les pratiques des petits Suisses du passé à celles actuelles me gêne. Chaque crise est différente. Celle vécue actuellement n’a rien à voir avec les précédentes, et toute comparaison serait une grossière erreur d’appréciation. D’autant que dans les services la part du système bancaire est plus qu’importante, et qu’en cas de crise en zone euro les banques suisses risquent également d’être touchées.
      La guerre monétariste actuelle n’est pas comprise par les dirigeants de la BNS. Ils peuvent largement se permettre une contraction du PIB, sans pour autant mettre à mal leur politique monétariste. La valeur du CHF augmente l’afflux de monnaie le cas échéant et permet dans ce cas une compensation du PIB au travers des transactions financières réalisées;

      Selon moi vous suivez mal l’actualité sur les flux d’or des banques centrales.
      LA BNS a pas mal vendu d’or ces dernières années et ses réserves fondent.. c’est bien joué, mais un certain temps cette politique ne peut pas être maintenue indéfiniment…
      Vous devriez suivre les cessions d’or de la BNS qui modifie les capitaux. Mr chevalier en parlait il n’y a pas si longtemps que ça. Enorme réserve d’or, maintenant tout est relatif…..

      Laisser monter le CHF ne ferait pas obligatoirement baisser les exportations. Avez vous regardé la composition des exportations suisse?
      La Suisse tire également un avantage conséquent de sa position de plate forme tournante au niveau de l’Europe.

      bref de nombreux facteurs rentrent en ligne de compte. N’est pas Suisse qui veut, la main d’oeuvre y est extrèmenment qualifiée par exemple.

      Quoi qu’il en soit, la Suisse tient car le système tient, pour le moment.

      Un franc suisse fort quand la France était au Franc n’a jamais pour autant gêné les exportations Suisse avec la France.
      La suisse avait plus la capacité à supporter une appréciation de sa monnaie que n’importe quel autre pays, de part ses particularités.
      Vouloir aller contre le flottant, dans le contexte tel qu’il est, est une erreur de la part du banquier central Suisse.

      Je soupçonne, (et j’espère pour eux), que les Suisses ont voulu faire du Draghi avec des discours qu’ils n’appliqueront pas ou plus, et qu’ils ne pensent pas réellement ce qu’ils disent. Sinon ils finiront, eux aussi, mal, alors que leur problème n’est pas économique, mais actuellement uniquement monétariste.

      Si le graphique dit juste les Suisses devrait un peu laisser leur monnaie s’apprécier.

      Je peux aussi faire des erreurs d’interprétation bien entendu, c’est pour ça qu’il existe les stops 😀 Seul l’avenir le dira !!

  7. @MERIO,

    Je ne vois pas comment “ils” pourraient faire ” plier la suisse avec ces euros” non remboursés. Déjà une dette est toujours remboursée, implicitement ou explicitement, par le débiteur ou le créancier : via l’inflation (débiteur) ou via le défault (créancier). Pour l’instant on a plutôt tendance à emprunter la première solution. Les réserves FX de la BNS sont principalement realloué dans des liquidités allemandes à trés court terme (bubils 1Y et bunds 5Y). C’est plutôt la suisse qui pourrait faire plier les européens en reinstituant une monnaie forte via un décrochage de leur peg devenu insoutenable, ou en remonétisant partiellement leur énormes réserves d’or.

  8. @Stopler,
    La Suisse a prêté 400 milliards de francs de devises(une fois le PIB)est le risque de pas ce faire rembourser appartient toujours à celui qui prête.

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