Déficits dans la balance des paiements : juin 2011

La Banque de France vient de publier les chiffres de la balance des paiements du mois de juin 2011…

Le déficit de la balance commerciale du mois de juin est de 5,837 milliards d’euros contre un excédent de 12,7 milliards pour l’Allemagne,
Graphique 1 :

Sur les 12 derniers mois, ce déficit est de 68 milliards d’euros, record historique,
Graphique 2 :

La dégradation du solde des échanges vis-à-vis de l’étranger est continue depuis l’adoption de l’euro : le taux de couverture est tombé à 85,5 %,
Graphique 3 :

Comme la France n’est plus compétitive vis-à-vis de l’étranger, surtout avec un euro fort, les entreprises étrangères désinvestissent de France et les entreprises françaises investissent de préférence à l’étranger : la tendance est très claire sur la longue période et ce problème s’aggrave,
Graphique 4 :

Depuis mi 2004, le cumul des déficits des IDE (Investissements directs étrangers) et ceux sur les biens seuls atteignent plus ou moins 290 milliards d’euros chacun,
Graphique 5 :

Depuis l’adoption de l’euro, le cumul des déficits des IDE est de l’ordre de 600 milliards d’euros !
Graphique 6 :

Les déficits des différentes rubriques de la balance des paiements sont obligatoirement compensés par des transferts, provenant essentiellement des excédents allemands, comptabilisés dans cette rubrique absconse N.4.700. Compte financier, Autres Investissements, Transactions nettes, France vis-à-vis du reste du monde, Solde, Non CVS-CJO, Mensuel, correspondant à la dette nette de la France vis-à-vis de l’étranger, soit 146 milliards d’euros,
Graphique 7 :

L’amélioration apparente provient des investissements en portefeuille en France d’opérateurs étrangers faussement attirés par le AAA de la dette publique française, ce qui cache l’ampleur des déficits réels.

La véritable dette nette de la France vis-à-vis de l’étranger doit être majorée des capitaux finançant la dette publique : 850 milliards d’euros d’après l’Agence France Trésor, soit une position nette négative aux alentours de 1 000 milliards d’euros.

Ce sont ces déficits qui sont importants, et non pas le déficit de l’Etat. Les investisseurs avisés, c’est-à-dire les bons spéculateurs, effrayés par la mauvaise situation de la France, vendent les titres français, dont les bons du Trésor, pour se réfugier sur le Bund ou sur des titres helvètes, ce qui fait monter leurs rendements.

Il est inutile de diminuer les dettes de l’Etat pour faire baisser l’écart des rendements des bons à 10 ans du Trésor français par rapport à ceux du Bund.
Il faut sortir de l’euro-système pour faire fluctuer le franc français dans le système de changes libres, ce qui obligera tout le monde à s’adapter de façon à rétablir les équilibres fondamentaux.

Pour les autres de ces cochons de pays du Club Med, c’est pire…

10 réflexions sur “Déficits dans la balance des paiements : juin 2011”

  1. N’ayez pas peur, sa majesté Valérie Pécresse va s’attaquer aux niches fiscales et récolter 3 ou 4 milliards d’euros. Nous sommes sauvés !

    Merci qui ? merci Valérie !

    PS : plus rien ne peut empêcher l’inéluctable.

  2. Grosse flaque d’huile pour les mécanos de la Générale… -15% en bourse !

    Au Figaro, son PDG dit respecter la “méthodologie recommandée par l’institut international de la finance.”

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/08/10/04016-20110810ARTFIG00505-le-pdg-de-la-societe-generale-reagit-aux-rumeurs.php

    Y’a plus qu’à appliquer les standards IFRS 🙂

    Et le Daily Mail qui a présenté des excuses “sans réserve” à la banque , en reconnaissant comme sans fondement un article daté du 7 août assurant que la banque était “au bord du désastre”.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/08/10/97002-20110810FILWWW00427-societe-generale-daily-mail-s-excuse.php

    On se demande pourquoi ! 🙂

  3. Vous avez parfaitement raison , les dettes fixes d’état ne sont que des dettes fixes dont le pendant est l’ass-vie , l’important est le revenu du pays..+de sorties que d’entrées …..çà c’est la faillite.

  4. Incroyable comme le monde anglo-saxon est méconnaissant des réalités européennes. Je recopie un message sur twitter diffusé assez largement à l’instant :

    Jim Grant says European banks are levered 40 or 50 to 1 … if true, that is stunning. And concerning

  5. Merci pour le lien Amaury. Dumb & Dumber version éco ou quand Jim Carrey est dépassé sur le plan comique par des “experts” de Libé sortis tout droit de “C dans l’air”.

    Mine de rien avec DSK /Lagarde / Pécresse on peut former une dream team capable de rivaliser avec Shirley & Dino. On pourrais les exporter dans des salles de spectacles étrangères afin de combler le déficit de la balance commerciale.

  6. Oui, L’euro est trop surévalué pour la sous-zone France et trop sousévalué pour la sous-zone Allemagne. Nos “brillants” économistes n’ont pas vu, dans les années 1990 – 2000 que la zone euro n’était pas une “zone monétaire optimale”: les pays concernés n’ont pas les mêmes règles sociales: SMIC, conventions collectives .. etc… La création de la monnaie unique: l’euro, était donc une erreur pour les pays dont la compétitivité allait en décroissant par rapport aux autres.
    Dans les faits, la sous-zone Allemagne est gagnante avec cette monnaie unique: l’euro. Elles s’est adaptée pour une compétitivité supérieure à celle des autres sous-zones et, avec la monnaie unique: l’euro, elle a l’assurance (jusqu’à un certain point..) que les autres sous-zones de la zone euro ne pourront dévaluer (puisque l’euro est une monnaie unique dans la zone). En plus, la sous-zone Allemagne, avec la monnaie unique: l’euro, est à l’abri d’une réévaluation (néfaste pour ses exportations) de la monnaie de sa sous-zone: elle va continuer à engranger des excédents et donc développer son activité économique tandis que les autres (dont la sous-zone France) vont voir leur activité économique décroître…
    Sortons de l’euro: soit, mais la dette des résidents français (dont l’Etat surendetté…) libellée en euro détenue par les non-résidents extérieurs à la sous-zone France: nous en faisons quoi? Nous nous déclarons en “banqueroute” comme sous le Directoire en 1797, et si nos voisins protestent, on envoie le “Charles De Gaulle”?
    De plus, notre industrie pourrait t’elle réellement profiter de la “sortie de l’euro”? nos entreprises ont plus chercher à faire du profit en délocalisant (merci à la liberté de circulation des capitaux datant du traité de Maastricht de 1992) qu’à maintenir localement des activités qu’on puisse développer (alors que la sous-zone Allemagne a toujours chercher à maintenir localement des activités en sous-traitant à l’extérieur certaines parties de ses éléments à produire)…
    Nous sommes comme des apprentis sorciers qui ont fait des choix erronés. Il n’y a plus de solutions “toutes faites” et faciles pour nous. Il nous faut prendre conscience de notre malheureuse situation et essayer de rattraper la compétitivité allemande.
    Par contre, pour la liberté de circulation des capitaux que les Etats doivent pouvoir contrôler, nous pouvons demander la révision des articles 63 à 65 du traité européen TFUE.
    Quant à la dette de l’Etat, on ne peut plus continuer à la voir grossir indéfiniment, surtout que nous nous sommes tirés une balle dans le pied en acceptant, stupidement, qu’il soit interdit à la banque centrale de prêter (à taux réduit ou nul) directement aux Etats (Banque de France depuis 1973, toute banque centrale de l’union européenne depuis le sinistre traité de Maastricht de 1992). Il est tellement “jouissif” pour les contribuables de payer des impôts supplémentaires afin que l’Etat verse, pour sa dette, des intérêts à des prêteurs privés….
    La Réserve Fédérale des Etats Unis ne s’embarasse pas de ces scrupules d’ultra-libéraux stupides… Elle prête directement à l’Etat fédéral (à taux réduit): elle respecte le contribuable américain., elle…
    Là encore, nous sommes comme des “appentis sorciers”, mais nous pouvons demander une réforme du traité européen sur ce point de bon sens (art. 123 du traité européen: TFUE).

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