Goodwill, création monétaire, Greenspan et Etat

Ce bon vieux Greenspan avait bien identifié le problème majeur qui a été à l’origine de la bulle internet : le mauvais enregistrement comptable des écarts d’acquisition, cf. ce que j’en ai écrit alors.

Malheureusement, les groupes de pression des dirigeants des grandes entreprises ont réussi par la suite à tourner la règle qu’il avait imposée.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, une nouvelle bulle s’est reformée : les grandes entreprises pour la plupart affichent des bénéfices indus car elles auraient dû comptabiliser ces écarts d’acquisition en diminution de leurs bénéfices et donc de leurs capitaux propres réels.

De l’argent non gagné s’est ainsi développé, ce qui correspond à de la création monétaire.

Cet argent circule. En effet, les grandes entreprises ne peuvent que verser cet excédent de trésorerie auprès de la Fed qui bénéficie ainsi de 1 800 milliards de dépôts inscrits à son passif,

Document 1 :

Les gens de la Fed ne peuvent que faire circuler à leur tour cet argent en rachetant des bons du Trésor et d’autres titres pour 2 800 milliards de dollars (grâce aussi à 1 100 milliards empruntés),

Document 2 :

Ainsi, il n’y a donc pas de création monétaire par la Fed du fait de sa politique. Elle ne fait que faire circuler de l’argent, ce qui est tout à fait différent et même indispensable car sans ces mesures, ces 1 800 milliards auraient eu un effet déflationniste dangereux.

Ce bon vieux Greenspan s’est élevé à plusieurs reprises contre la politique menée par son successeur en critiquant surtout l’excès du total du bilan de la Fed et des dépenses de l’Etat, et il a parfaitement raison.
Dans la mesure où il ne préside plus la Fed, il ne peut pas aller plus loin dans ses critiques car les gens de la Fed veillent toujours à garder un certain flou dans ce domaine monétariste de façon à ce que le public ne comprenne pas trop bien leur action qui doit garder un certain aspect furtif.
Le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke, excelle dans l’art de la furtivité.

L’argent non gagné n’étant pas négligeable aux Etats-Unis, l’argent n’y est donc plus tout à fait sain, ce qui est inquiétant car le premier pilier des Reaganomics est l’argent sain.

En fait, les dirigeants américains tirent avantage de cette situation car cela permet de financer à bon compte le déficit de l’Etat et de ralentir la croissance légèrement sous son potentiel optimal, sans inflation, ce qui accentue la crise dans la vieille Europe.

En réintroduisant les bonnes règles obligeant les entreprises à comptabiliser correctement les écarts d’acquisition, B-2 et le gouvernement produiront alors un nouveau choc.
L’avenir s’annonce plein de nouvelles turbulences.

Tout est simple, finalement.

3 réflexions sur “Goodwill, création monétaire, Greenspan et Etat”

  1. Ce n’est une perte une perte, comme pour une entreprise qui se met en Redressement, elle peut restructurer par étalement ses dettes (dont certaines peuvent être effacer par négociation avec les créanciers).
    L’entreprise reste sous surveillance pendant le temps du redressement pour prouver que grâce à cette restructuration elle peut continuer ou être liquider dans le cas contraire.
    Pour un État, il n’est jamais liquidé au sens propre du terme.

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