Greenspan, Bernanke et l’Amérique

Ce bon vieux Greenspan critique de plus en plus son successeur après avoir pris sa défense au plus fort des turbulences après la faillite de la banque des frères Lehman, et il a raison…

Il n’aurait jamais provoqué cette guerre monétariste dévastatrice pour défendre le leadership de l’Amérique en précipitant le désordre dans la zone euro.

Il menait une politique monétaire pour que la croissance du PIB atteigne sur la longue période son potentiel optimal en provoquant quand c’était nécessaire une baisse de cette croissance qu’il prenait soin de ne pas faire plonger et de faire repartir très fortement par la suite, tout en faisant baisser durablement l’inflation à son niveau optimal en résolvant au passage les problèmes qui se posaient.

Il défendait en toutes occasions le capitalisme libéral et contribuait toujours à améliorer le niveau général des connaissances des investisseurs pour qu’ils agissent plus rationnellement.

Rien de tel avec le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke. Certes, l’euro système est au plus mal mais les dommages collatéraux sont considérables.

Le plus grave est que B-2 et ses acolytes piègent les marchés agissant rationnellement, au moins à deux reprises : en provoquant la faillite de la banque des frères Lehman et cette histoire abracadabrantesque du prétendu risque de défaut de paiement des Etats-Unis.

Ce bon vieux Greenspan a toujours pris soin d’expliquer les problèmes qui se posaient et de préparer les marchés aux décisions qu’il allait prendre pour qu’ils prennent les bonnes orientations.

Ainsi, il vient de rappeler une fois de plus que l’Amérique n’est pas au bord du gouffre alors que de gros problèmes se posent en Europe où les intérêts américains sont importants.
Pour lui, il n’est donc pas de l’intérêt de son pays de faire éclater précipitamment l’euro système.
Cliquer ici pour lire une déclaration récente de ce bon vieux Greenspan, lien transmis par un de mes honorables lecteurs que je remercie…

Extrait :
Greenspan said the current sense of crisis that has unnerved investors is about the euro zone, not the US.
‘The United States was actually doing relatively well, sluggish but going forward until Italy ran into trouble,” he said. “That destabilized the European system, and the crisis re-emerged. Europe is very critical to the United States in the sense not only do we have a fourth of our experts there, but more importantly, significant proportion of the foreign affiliate profits, in fact half of U.S. corporations, are in Europe.”
“When Italy showed signs of significant weakness in selling its bonds—the yield is now over 6 percent, which is an unsustainable level—it created a massive problem within Europe because Italy is a very large country, cannot be easily bailed out and, indeed, cannot be bailed out,” Greenspan added

8 réflexions sur “Greenspan, Bernanke et l’Amérique”

  1. Scandaleux, la Fed vient de promettre un QE3 quelques jours à peine après avoir annoncé la fin des QE’s. C’est vraiment pitoyable. Ils débasent le dollar ce qui va provoquer des turbulences importantes à travers le monde et faire refluer les capitaux hors des US. Mais cela va aussi enrichir. les banques avec des différentiels déments (elles empruntent à 0 et prêtent à 3 ou 4%). Cela ne profitera pas aux consommateurs américains car l’inflation réelle va reprendre de plus belle. Les matières premières en tête. BAC a repris 16%. Il va falloir vendre tout ce qui est retail pour acheter des financières. Je suis un peu dégouté.

  2. A noter quand même que le FOMC commence à tanguer. Pour la 1ere fois, il y a eu 3 votes contre au sein du comité. Bernanke commence à perdre des soutiens… Pour le moment il roule pour obama en reconduisant le QE3 jusqu’en 2013, après les élections… quel hasard !

  3. Je pense que Bernanke n’a pas pu annoncé un QE3 car il n’aurait pas été soutenu mais comme vous l’avez très bien montré (et c’est ce qui a fait monter les marchés), il laisse la porte plus qu’ouverte!
    Je pense que le comité lui a dit d’agir ainsi en disant que si la situation se dégradait alors… même si je suis convaincu qu’il n’aura pas plus d’effets que les deux premiers…

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