BCE : bilan et US$

La BCE vient enfin de publier cet après midi 4 janvier son dernier bilan hebdomadaire arrêté au 30 décembre alors qu’il aurait dû être publié mardi 3 janvier.

La rubrique 6 du passif n’est curieusement jamais commentée (entourée en bleu). Elle fait pourtant apparaitre une augmentation anormale des engagements… en devises en réalité de la BCE vis-à-vis de non résidents (mais notés en euros) qui ont augmenté en une semaine de 24,7 milliards d’euros pour atteindre un montant record de 156 milliards

Document 1 :

… ce qui signifie que la BCE augmente de plus en plus ses emprunts auprès, non seulement de la Fed, mais d’autres institutions. Ils se montaient à 51 milliards… seulement le 2 décembre dernier avant les folles turbulences de cette fin d’année.

Pire, les gens de la BCE font apparaitre ces emprunts de dollars non pas dans la rubrique 8 des engagements en devises envers de non résidents (qui ne se montent qu’à 9 milliards d’euros, entourée en orange) mais dans cette rubrique 6 d’engagements en… euros envers de non résidents !

Il s’agit là manifestement d’une présentation pour le moins contestable en vue de tromper les investisseurs qui se bornent à lire les commentaires officiels de la BCE qui ne donnent aucune information à ce sujet, évidemment !

Par ailleurs, les généreux prêts de la BCE aux banques sont couverts par 850 milliards d’euros déposés par des banques en position créditrice au 30 décembre (rubrique 2 entourée en jaune).

Enfin, le total du bilan de la BCE atteint la somme faramineuse de 2 700 milliards d’euros pour 81 milliards de capitaux propres ! Du délire total.

A l’actif, la rubrique 5 (entourée en jaune) fait apparaitre 863 milliards de prêts de la BCE aux banques a priori débitrices le 30 décembre,

Document 2 :

Compte tenu d’autres rubriques, il n’y a pas de création monétaire dans les opérations acrobatiques de la BCE, les prêts étant couverts par des dépôts.

Le plus grave est cet endettement en dollars de la zone (euro) vis-à-vis des Etats-Unis car la tendance est de plus en plus catastrophique.

Tout est simple

16 réflexions sur “BCE : bilan et US$”

  1. Mercredi 4 janvier 2012 :

    Italie : Unicredit annonce une décote de 43 % pour son augmentation de capital.

    L’action Unicredit a été réservée à la baisse alors qu’elle perdait 9,87 % à 5,705 euros à la Bourse de Milan, la première banque d’Italie par les actifs ayant annoncé que son augmentation de capital de 7,5 milliards d’euros s’effectuerait au prix de 1,943 euro par action, soit une décote de 43 %.

    Dans un communiqué publié après une réunion de son conseil d’aministration, la banque Unicredit a déclaré que la décote sur le cours théorique une fois détachés des droits préférentiels de souscription (TERP) était calculée en fonction du cours officiel du 3 janvier et reflétait les conditions actuelles de marché.

    L’établissement propose deux nouvelles actions ordinaires pour chaque titre ordinaire ou d’épargne détenu. La banque est confrontée à un déficit de fonds propres de 7,97 milliards d’euros, le plus élevé en Europe après celui de Santander.

    http://www.agefi.fr/articles/Unicredit-annonce-decote-43-augmentation-capital-1205909.html

  2. Bonjour,
    Tout d’abord bonne année 2012 et merci pour le temps que vous consacrez à nous éclairer.
    Bien vu, effectivement pas de création monétaire

  3. Bonne année et tous mes voeux de bonheur à vous-mêmes et à vos chers. Que 2012 vous apporte santé et bonheurs.

    J’en profite pour vous remercier pour votre immense travail d’une précision chirurgicale.

    MERCI!

  4. Merci BA pour le lien vers Herlin.

    D’ailleurs il semblerait que certains stratégistes obligataires ou leur confrères viennent de « changer de stratégie » en cessant de menacer de poursuivre les économistes pour se mettre à commenter l’article en question…

    y’a un gars qui prétend (5 janvier 11:26) que les banksters ont pas besoin du tout de se refinancer et qu’il n’y a aucun problème de confiance.
    encore un « idiot utile » ?

    le problème est, comme l’explique M.Chevallier, que cet argent revient illico à la BCE… donc il y a bel et bien de problèmes à venir.

    ensuite, ça c’est l’interprétation que j’en fais…
    puisque cet argent ne va ni dans l’économie, ni dans les oat des états… par ce petit jeu
    la bce vend des liquidités qui serviront juste aux banksters à présenter des bilans 2011 présentables.
    et ce service leur est facturé à0.75% de la somme empruntée : 1% (taux d’emprunt) – 0.25% (taux de replacement à la BCE)

  5. Jeudi 5 janvier 2012 :

    Espagne :

    La Bourse de Madrid chute de 2,94 %, emportée par les banques.

    La Bourse de Madrid a terminé jeudi sur une chute de 2,94 % à 8.329,6 points, emportée par la débâcle des valeurs bancaires, dans un climat d’inquiétudes des marchés envers le secteur en Europe et en Espagne.

    La banque Santander, numéro un dans la zone euro par la capitalisation, a cédé 4,51 % à 5,529 euros, tandis que BBVA, deuxième banque espagnole, a plongé de 5,03 % à 6,3 euros.

    Le numéro trois Caixabank a lui perdu 3,13 % à 3,749 euros, et la quatrième banque du pays Bankia a reculé de 1,98 % à 3,511 euros.

    Les marchés demeurent inquiets face à la santé du secteur bancaire européen, tandis qu’en Espagne, le ministre de l’Economie Luis de Guindos a chiffré à 50 milliards d’euros le besoin de provisions supplémentaires des banques.

    Italie :

    La Bourse de Milan lâche 3,65 %, la banque UniCredit dévisse encore de 17 %.

    La Bourse de Milan a terminé la séance jeudi sur une chute de 3,65 % à 14.767 points, plombée par les craintes des investisseurs au sujet des banques, et en particulier d’UniCredit qui a dévissé de 17,27 % à 4,48 euros, après s’être effondrée de plus de 14 % mercredi.

    UniCredit a entraîné dans sa chute les autres valeurs bancaires. Banca Popolare di Milano a ainsi abandonné 10,74 % à 0,2735 euro, UBI Banca a chuté de 8,90 % à 2,928 euros, et Intesa Sanpaolo 7,33 % à 1,189 euro.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___La_Bourse_de_Milan_lache_365_UniCredit_devisse_encore_de_17050120121701.asp

  6. Firstly, the publication day for the first financial statement of each quarter will normally be a Wednesday (instead of Tuesday) in order to allow more time to complete the quarterly revaluation of assets and liabilities, which is reflected in these statements.

  7. http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/01/05/04016-20120105ARTFIG00913-la-crise-bancaire-rattrape-le-secteur-public.php

    Tiens les banques ne prêtent plus, même au poids lourds du service public à court terme. Si cela commence à filtrer dans la presse officiel, c’est que c’est devenu tellement gros que cela ne tient même plus sous le tapis. Bien sûr, on ne parle pas des entreprises privés ou pire des PME dont les crédits ont probablement été supprimés il y a bien longtemps et qui se débrouillent autrement depuis, si elle n’ont pas fait faillite. Mais ce n’est pas vraiment dans le sens du discours rassurant de Bercy … On nous aurait menti ? Impossible …

    Cette fuite dans le Figaro, cela sent la préparation médiatique d’une nouvelle fumisterie du gouvernement pour intervenir avec ses grosses paluches au forceps directement sur le crédit et dans l’économie.

  8. ECB says EUR 1.861bln borrowed using overnight loan facility, EUR 455.299bln deposited
    ECB says first covered bond purchase programme total now EUR 58.65bln
    ECB says second covered bond purchase programme total EUR 3,122bln

  9. « Il y aura un 2eme prêt illimité à 3 ans de la BCE aux banques d’ici février (…) si c’est nécessaire, ça peu aller à 500 ou 600 milliards »
    Et c’est Christian Noyer, le gouverneur de la BDF !

    Noyer: la BCE peut refinancer massivement les banques sans risque 06/01/2012 09:47

    PARIS (Dow Jones)–La Banque centrale européenne (BCE) est en mesure de lancer de nouvelles opérations massives de refinancement des banques, et celle déjà réalisée a permis de soutenir les émissions de dette souveraine, a déclaré vendredi Christian Noyer, membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

    « Nous sommes seulement limités par notre volonté de maintenir les prix stables, donc d’éviter l’inflation. Dans la situation actuelle, nous considérons que nous pouvons refinancer massivement les banques sans risque », a affirmé Christian Noyer sur Europe 1.

    Fin décembre, la BCE a lancé une vaste opération de refinancement à trois ans qui a permis aux banques européennes d’emprunter 489,1 milliards d’euros à un taux d’intérêt de 1%. Une nouvelle opération de ce type est prévue en février.

    « Depuis que la BCE a fait sa grosse opération de refinancement à trois ans, les opérations d’émissions publiques par les Etats se sont très bien passées », a souligné Christian Noyer. Les banques « ont toutes les capacités d’acheter des dettes d’Etat. C’est un placement qui est sûr, qui leur rapporte : il n’y a aucune raison qu’elles soient timorées là-dessus », a-t-il ajouté.

    Christian Noyer, qui est également gouverneur de la Banque de France, a par ailleurs voulu se montrer rassurant concernant la situation de la France, à qui l’agence de notation Standard & Poor’s a menacé de retirer sa note « AAA » pour l’abaisser de deux crans.

    « Compte tenu des intentions de politique budgétaire, des décisions qui ont été prises, la dette de la France est parfaitement fiable. Il n’y a aucun doute sur sa capacité à la rembourser intégralement « , a-t-il affirmé. La dette française reste prisée et le pays continue d’émettre à des taux très bas, a-t-il ajouté.

    Christian Noyer a également insisté sur le fait que l’euro demeurait une « devise forte et très cotée sur le plan international », et constituait « un choix irréversible

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