€ crise : toujours en mode attente

L’€ crise est encore et toujours en mode attente de la chute finale, seules les dates (et les détails de la chute des dominos) sont les véritables inconnues…

L’un des meilleurs indicateurs du développement de cette crise est le graphique représentant l’évolution de l’écart entre les rendements des bons à 10 ans des Trésors de pays de référence : ceux du Bund et des Notes par rapport aux bons bons à 10 ans du Trésor de ces maudits petits Suisses,

Document 1 :

(données actualisées en milieu de matinée)

Ils atteignent les sommets des précédents pics de crise car les bons spéculateurs placent préférentiellement leurs capitaux en bons bons du Trésor helvète, refuge suprême en cas de grosses turbulences mondiales (les rendements sont très bas), les rendements des autres titres s’établissant logiquement par rapport à ce havre,

Document 2 :

Les rendements des mauvais bons des trésors de ces cochons de pays du Club Med décrochent inexorablement les uns après les autres, ceux de la Grèce et du Portugal étant déjà hors course depuis le krach éclair du début mai 2010,

Document 3 :

Comme l’avaient fort justement relevé les monétaristes lors du développement des Etats-Unis en tant que nation, en l’absence de monnaies nationales, les rendements des titres les plus liquides jouent le rôle d’ersatz de monnaie, l’écart relatif par rapport aux meilleurs donnant l’indication de la dévaluation potentielle lors de l’€clatement.

Les chiffres atteints donnent une idée de l’étendue du désastre avec une dévaluation potentielle du franc français de l’ordre de 80 % par rapport au deutsche mark, comme l’Argentine en 2002,

Document 4 :

Les pourcentages concernant les autres pays du Club Med sont encore plus apocalyptiques.
Quelques informations publiées récemment donnent une idée de ce qui pourrait se passer en Grèce dans les semaines à venir : y’a plus de sous dans les caisses publiques ! Plus rien pour payer les traitements des fonctionnaires, les pensions des retraités, etc. Tout est dans le etc.

Angela a donné une solution : augmenter la productivité, la compétitivité, diminuer la souveraineté des nations de la zone pour les faire disparaitre à terme, etc. … ce que refusent légitimement tous les peuples euro-zonards.

Milton Friedman a peut-être eu tort de ne pas insister sur le désastre monumental qu’aura représenté l’€clatement.

14 réflexions sur “€ crise : toujours en mode attente”

  1. Bonjour Jean-pierre,

    A nouveau un article qui a du sens, Merci !

    Les politiciens européens comme économistes à la noix ne mesurent pas le poids de la crise Euro ou préfèrent conserver des oeillères.

    Mais les pays HORS euro, ont-il d’avantage votre vision de crise inéluctable ou non ? Je pense ici à la Suisses, aux USA et aux pays émergents.
    Comment voir si cela est envisagé ailleurs ? référents…

    Bien à vous

    1. Ici en Suisse, je pense que les gens réalisent lentement ce qu’il se passe. Mais on est bien imprégné de l’euro-propagande quand même, donc ce n’est pas gagné non plus, je dirais…

        1. Oui, l’expérience de plus de 700 ans a montré que cette lenteur est très souvent salvatrice. L’avenir nous dira si cette fois c’est une exception. 🙂

  2. Bonjour Mr Chevallier,

    Vous citez les “monétaristes [qui] lors du développement des Etats-Unis en tant que nation [montrèrent que] en l’absence de monnaies nationales, les rendements des titres les plus liquides jouent le rôle d’ersatz de monnaie.”
    Vous serait-il possible SVP de développer davantage voire indiquer des noms, dates, analyses, documents, sources, de façon à donner des pistes de recherche à celles et ceux que ça intéresse. ?

    Cette requête car il est bien évident que toute logique comptable ou monétaire a été outrageusement dépassée, ignorée par l’ensemble des élus, ceci depuis nombre d’années.

    Semble alors se poser la question de savoir quelle logique va s’imposer à l’autre, entre la logique “politique” et celle “monétaire / financière”.
    En clair, le politique va-t-il pouvoir continuer d’imposer des orientations contre nature ?
    Et par là même, continuer de menacer de précipiter l’Europe dans un chaos qui serait comparable à la situation honteuse que connut la France pendant 10 ans à partir de 1789…

    Dans cette optique, je relisais hier soir les écrits ou déclarations de :
    – Condorcet qui a influencé nombre de philosophes et politiques américains, à l’aube de ce qu’allaient devenir les USA, Adam Smith, … puis Kurt Rotschild, Emma Rotschild,
    – Et Bodin, Hume, Friedman, Keynes, … puis Reagan, Volcker Greenspan, Bernanke,

    La période que nous vivons est riche d’évènements, finalement très excitante d’un certain point de vue.

    Cordialement.

  3. Mardi 19 juin 2012 :

    L’Espagne a emprunté mardi 3,040 milliards d’euros à douze et dix-huit mois et a vu ses taux d’intérêt s’envoler.

    La somme levée est certes légèrement supérieure à l’objectif (2 à 3 milliards). Mais les taux concédés sont en très nette hausse par rapport à la dernière émission similaire, le 14 mai : 5,074 % à douze mois (contre 2,985 % lors de la précédente émission) et 5,107 % à dix-huit mois (contre 3,302 %).

    Seul indice rassurant, la demande des investisseurs reste forte, dépassant mardi les 8 milliards d’euros.

    Cette envolée du niveau d’emprunt était attendue alors que l’Espagne inquiète toujours les marchés, impatients de connaître le montant que devra avancer la zone euro pour redresser ses banques.

    Si Madrid prend la totalité de l’enveloppe disponible, soit 100 milliards d’euros, alors sa dette publique devrait grimper immédiatement de dix points et avoisiner en fin d’année les 90 % du PIB, un niveau qui rend les taux d’intérêt actuels très préoccupants.

    Le taux des obligations espagnoles à dix ans, qui a franchi lundi, pour la première fois depuis la création de la zone euro, la barre symbolique des 7 %, restait mardi au-dessus de ce niveau jugé insoutenable à moyen terme, à 7,043 %.

    (Dépêche AFP)

    1. “Seul indice rassurant, la demande des investisseurs reste forte, dépassant mardi les 8 milliards d’euros.”

      Bonjour, est-il possible de connaître l’identité des investisseurs ?
      On m’accusera de voir le mal partout… mais vu l’incertitude croissante, quels investisseurs peuvent encore prendre un tel risque ? … à part des banques locales nationales alimentées par de l’emprunt publique…
      On voit les dettes nationales se re nationaliser, non ? l’argent doit bien venir de quelque part …

      1. Les bk de la zone ont reçu + €1 000 milliards pour pas grand chose, les Gos bk françaises peuvent en placer 8 en remerciement, c’est quand même la moindre des choses entre gens de la nomenklatura !

  4. Hmm, ça se confirme : la messe est dite !
    Quand l’€ recevra-t-il l’extrême onction ?
    Les voies du seigneur sont impénétrables …

  5. Attention ! : je vais être triviale ! ( âmes sensibles et sans humour, ne lisez surtout pas mes propos ! ).

    Tous nos dirigeants de l’€-zone ( 27 !!! ) se tortillent du Q chacun de leur côté dans une supposée confraternelle camaraderie, avec cependant certaines affinités formant de petit groupe de même nature ( nature de leur économie, au regard de leur étatique dette…. ), pour chier plus ou moins droit de concert !.

    Il y en a qui chient plus droit que d’autres, et ceux là, ils commencent à en avoir marre de nettoyer la cuvette et les abords du wc collectif !, ce pour couvrir les autres qui chient et pissent de travers !.

    Les chiffres sont là. On sait maintenant qui chie droit et nettoie pour les autres, afin d’éviter la sanction du pion en collectif ( le système financier et sa dette sur emprunts ). Et on sait ceux qui n’en sont pas capables.
    Tous font partie de la même école qui s’appelle l’€.

    Les règlements de comptes, les petites phrases “sympathiques”, au Conseil de classe, ne font que commencer entre camarades d’une même €-école.
    Attendons la suite ?…

    Je suis intimement convaincue que de cette situation, qui ne peut plus durer bien longtemps dans le contexte qui a dépassé les limites de l’imaginable, il va y avoir une explication de bavures et que chacun reprendra ses billes. Plus ou moins de billes !.
    Certains iront dans une autre école, plus à même de les accueillir compte tenu de leur niveau, à la rentrée prochaine.

    C’est simple, tout est simple !.

  6. @ BFA : un petit peu de pipi-caca-prout, ça détend parfois. Imaginons un instant les articles de Mr Chevallier illustrés par des sketches de Jean-Marie Bigard ^_^

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