Inflation, déflation et monétarisme

Avec ces turbulences financières, quid de l’inflation et de la déflation ?

Le problème est important et il se pose en des termes originaux et intéressants…

Pendant tout l’après-guerre, le problème majeur a été celui de l’inflation qu’il aura fallu combattre avant tout.
Aux Etats-Unis, la hausse des prix a culminé à 10 % (d’une année sur l’autre hors produits aux prix volatils) aux pires années,


Les tensions inflationnistes sont a priori bien jugulées maintenant aux Etats-Unis car le taux de hausse des prix (hors produits aux prix volatils) reste dans la bande optimale de 1,0 à 1,5 %, donc sans risque d’inflation ni de déflation.

Par contre, de l’argent non gagné a été distribué en masse dans la zone euro d’autant plus facilement qu’il n’y avait plus de freins nationaux à son développement (c’est-à-dire de risques de dévaluation).

L’hypertrophie de la masse monétaire aurait dû provoquer logiquement de nouveau une forte inflation, ce qui ne s’est produit (mais dans des proportions limitées) que lors des premières années de l’institution de cette monnaie unique inique.

L’hypertrophie de la masse monétaire dans la zone euro a provoqué en fait logiquement le plus grand désordre dans les pays dont les gains de productivité sont inférieurs à ceux de l’Allemagne et il a fallu y remettre un peu d’ordre, c’est-à-dire, en particulier, diminuer les déficits publics et recapitaliser les banques, surtout dans les pires des pays du Club Med, ce qui a pour conséquence de faire baisser les prix, donc de créer une déflation.

D’après les derniers chiffres publiés pour février, les prix des produits aux prix non volatils (hors énergie et produits alimentaires saisonniers) ont baissé d’une année sur l’autre de 1,1 % à Chypre, de 0,8 % en Grèce, de 0,2 % au Portugal, de 0,1 % en Espagne.

L’inflation est inférieure ou égale à 1 % dans la plupart des autres pays, c’est-à-dire au bord de la déflation, sans marge de manœuvre, et la tendance est mauvaise.

En effet, dans la mesure où de l’argent non gagné n’est plus distribué en masse, l’argent gagné est plus rare et les entreprises sont obligées de chercher à baisser leurs prix pour gagner des clients, ce qui entraine une course à la baisse des prix qui s’observe sur les produits de consommation finale et même sur les produits industriels.

Ces baisses de prix sont cumulatives et il est très difficile d’arrêter un tel mouvement.

La déflation est pire que l’inflation, surtout quand subsiste une hypertrophie monétaire.

La vieille Europe est tombée dans le piège monétariste de l’hypertrophie (tendu par les Américains) de l’agrégat M1 tout comme le Japon est tombé dans celui de M3-M2 sans pouvoir s’en sortir après plusieurs décennies de stagnation relative.

En effet, les entreprises européennes, comme celles du Japon, auraient pu être de très redoutables concurrents des entreprises américaines dans le monde entier. Elles sont maintenant durablement et profondément pénalisées.

De cette façon, l’Amérique garde sans trop d’efforts son leadership sur le monde libre grâce à la maitrise des concepts monétaristes par ses dirigeants les plus importants, officiels et occultes.

Il est étonnant de constater qu’il n’existe maintenant pratiquement plus personne pour répandre la culture monétariste, même aux Etats-Unis.
Les Reaganomics se sont tus. Auparavant, Milton Friedman, ce bon vieux Greenspan et d’autres comme Arthur Laffer ne perdaient aucune occasion pour diffuser leurs connaissances de façon à ce que les problèmes économiques, financiers, monétaires soient mieux compris, ce qui devait contribuer à améliorer les connaissances de tout le monde et par conséquence le fonctionnement des marchés.

La culture monétariste n’est plus enseignée. Elle ne se perd pas. Elle reste confinée dans les sphères dirigeantes américaines. Et ça marche !

Cliquer ici pour voir les derniers chiffres de l’inflation publiés par Eurostat.

4 réflexions sur “Inflation, déflation et monétarisme”

  1. Pour moi 1,5 % d’ inflation est insuffisant il n’incite pas à investir en immo seul vrai gain pour relancer les économies depuis la mondialisation qui tire les prix en bas.
    Les bénéfices financiers ne sont pas incitatifs à l’action au contraire.
    Un bonne solution serait une inflation de 5/6% durant 2/3 ans , 4/5 ans de stabilité et 3/4 ans d’inflation à 5/6%.

  2. Bonjour,

    Vos quatre derniers billets sont un véritable régal. Tout est simple comme vous sous plaisez à dire. Les deux questions qui viennent à l’esprit sont les suivantes: 1) les américains sont-ils à ce point machiavéliques qu’ils ont patiemment imaginé et tissé la toile dans laquelle la vielle Europe s’est ou a été engluée (je pense en particulier au rôle joué par Jean Monnet, grand américanophile devant l’Eternel) ou sont-ils simplement les plus grands pragmatiques du monde? 2) Vous expliquez très simplement comment le mécanisme infernal de la déflation s’engrange. L’hypertrophie de M1 étant la mèche, peut-on considérer que le pétard a d’ores et déjà explosé?

    Au plaisir de vous lire. Bonne journée.

    1. Pour moi, c’est clair… Juste un petit correctif : les Américains n’ont pas vraiment intérêt à ce qu’il y ait un tsunami en Europe mais un désordre croissant et un marasme persistant, et ça marche !

Répondre à bertrand Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *