206 milliards de pertes pour les € banques !

Les banques de la zone euro qui ont investi en mauvais bons du Trésor grec vont perdre… 206 milliards d’euros et non pas 107 milliards seulement comme l’annonce triomphalement la propaganda de l’€-nomenklatura !

En effet, ces banques sont obligées d’accepter volontairement de perdre dans un premier temps 107 milliards d’euros (cf. toutes les informations publiées) mais ensuite, elles recevront en cadeau de nouveaux mauvais bons du Trésor grec dont les taux d’intérêt seront de 2 à 4,3 % sur des échéances longues (jusqu’à 30 ans), ce qui est très nettement inférieur aux valeurs du marché.

Des personnes bien informées et sachant bien calculer n’ont pas eu beaucoup de difficultés à trouver que l’ardoise se montera finalement pour ces banques à 206 milliards d’euros en valeur nette actualisée, information rapportée par une dépêche de Reuters émanant des bureaux de Londres et de Francfort (et non pas de Paris !), ce qui correspond à une perte réelle de… 74 %.

Dans la mesure où les banques créancières ont provisionné dans le meilleur des cas 50 % de pertes sur ces mauvais bons grecs, il ne leur reste plus qu’à en comptabiliser moitié plus !

Notre génial stratégiste obligataire Nordine Naam de Natixis vient de déclarer à l’Agence Française de Propagande : « Le diable se cache dans les détails et nous nous interrogeons sur de nombreux éléments techniques ». 99 milliards de pertes en plus, c’est un détail qui lui a échappé pour l’instant. Il faut espérer qu’il lit encore ce que j’écris…

Et pour terminer, un autre petit problème : tout le monde parle des pertes des banques européennes sur les mauvais bons du Trésor grec, mais personne ne relève que ce sont les seules qui en ont acheté !
Pourquoi les banques américaines, asiatiques et autres n’ont-elles pas acheté de tels titres ?

13 réflexions sur “206 milliards de pertes pour les € banques !”

  1. Comme d’habitude, merci J.P pour les informations.

    C’est quand même de plus en plus inquiétant pour l’euro-zone-potemkine.

    Dans les divers journaux de désinformation, on disait quand même une chose de vraie : le chiffre de la décote. Et les milliards annoncés augmentaient proportionnellement à la décote. D’accord, cela suivait avec du retard (15 jours) mais on s’amusait pas à annoncer que la décote passait de 20 à 23.5%

    ils ont annoncé 20% en juillet 2011, puis “il faudra plus”, puis 50 en novembre 2011.

    Et maintenant, on passe de 50… à 53.5% officiellement à france 2 à 13 h. alors qu’on balance 130 milliards.

    Notez d’ailleurs un nouvel anglicisme abscons que nous envahit, la fameux “haircut” au lieu du si joli “décote” que tous les français comprennent.

    dans le même ordre d’idée… licenciement boursier ==> transfert de compétence ==> plan social ==> plan de départ volontaire ==> ???? (recyclage du carbone ?)

  2. Mardi 21 février 2012 :

    Après 110 milliards d’euros d’aide en mai 2010, voici donc le deuxième plan d’aide à la Grèce : 230 milliards d’euros.

    Dans le détail : 117 milliards d’aide directe des Etats (via le FESF, qui va donc devoir lever cette somme sur les marchés…), 13 milliards d’aide du FMI (à confirmer), 100 milliards d’abandon de créance de la part des banques, des assurances et des fonds d’investissement. Soit 230 milliards au total, auxquels on pourrait rajouter 12 milliards d’intérêts que la BCE abandonne.

    Le montant des deux plans s’élève donc à 340 milliards d’euros, sans que la Grèce ne voit le bout du tunnel, au contraire. La volonté des dirigeants européens est toujours de maintenir la Grèce dans la zone euro, ce qui est absurde tant chacun comprend que cela n’est pas viable économiquement.

    On note cependant que ces 130 milliards d’aide seront déposés sur un compte dédié, c’est-à-dire dont l’activation ne pourra pas se faire sans l’accord de l’Europe. Ceci peut préluder à une prochaine sortie de la Grèce de la zone euro : un compte alimenté par le FESF garantit la dette émise en euro, ce qui permettrait de sortir le pays sans effet de contagion… Ce sera sans doute le troisième plan.

    http://ladettedelafrance.blogspot.com/2012/02/230-milliards-pour-gagner-du-temps.html

  3. Aide record pour la Grèce, mais les inquiétudes persistent.

    De nombreux économistes doutent que le nouveau plan de sauvetage soit le dernier chapitre de la crise grecque et de celle de la dette. Beaucoup parient à terme sur une banqueroute du pays, estimant que la zone euro cherche surtout à gagner du temps pour pouvoir renforcer d’ici là ses défenses.

    Pour le responsable de l’institut Bruegel, Jean Pisani-Ferry, le plan ne fait sans doute “que repousser l’échéance funeste”, car “la Grèce ne va pas mettre en oeuvre l’austérité promise et va se retrouver au bout du compte à devoir décider de sortir de l’euro ou à être poussée vers la sortie”.

    http://www.boursorama.com/actualites/aide-record-pour-la-grece-mais-les-inquietudes-persistent-4f014e8c4dffd920e84d53a48a63cb1d

  4. Comme d’habitude, le contenu exact du plan est incompréhensible dans la presse. cet article du Figaro sous-entend que la décote est plus ou moins obligatoire, y compris pour les investisseurs non européens (“anglo-saxons”).

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/02/21/20002-20120221ARTFIG00606-grece-sauvetage-historique-mais-douloureux.php

    Quelqu’un a-t-il des liens vers les “vrais” documents avant demi-digestion par des journalistes afin d’essayer d’y comprendre quelque chose ?

    Si internet a bien apporté quelque chose aux gens intelligents, c’est qu’il est souvent possible d’accéder aux mêmes sources que les journalistes donc de se passer de leurs approximations et points de vue orientés. C’est d’ailleurs ce que fait Mr. Chevallier (merci) en utilisant directement les bilans des banques privées, centrales et des instituts de statistiques. A noter qu’il est aussi possible de le faire pour les accidents d’avions (BEA) ainsi que pour tout ce qui concerne le nucléaire (ASN). Idem pour le rapport compte de la cour des comptes par exemple.

  5. les francais se battent pour acheter une entreprise qui frappait la semaine dernière à la parte de la BCE pour avoir des prêts d’urgence (Peugeot flambe ce matin)

    Dans le même genre, je vois RENAULT qui propose des comptes de dépots rémunérés et la BNP qui se lance dans les mobiles

    PAUVRE FRANCE !!

  6. Mercredi 22 février 2012 :

    La Grèce table sur un déficit 2012 plus élevé que prévu à cause de la récession.

    Le gouvernement grec table sur un déficit public de 6,7 % du PIB en 2012, contre 5,4 % prévu initialement, pour cause de récession plus importante que prévue en 2011, selon des chiffres officiels publiés mercredi.

    “En raison de la récession plus importante, des écarts sont intervenus avec les prévisions initiales et les résultats de 2011, c’est pourquoi il faut réviser les chiffres de 2012 selon les objectifs posés dans le cadre de la loi sur l’assainissement des finances publiques”, indique un projet de loi publié mercredi et qui décline les mesures de rigueur imposées à la Grèce par le nouveau plan d’aide européen.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___La_Grece_table_sur_un_deficit_2012_plus_eleve_a_cause_de_la_recession220220121202.asp

  7. Fitch abaisse de deux crans la note à long terme de la Grèce à “C”.

    L’agence de notation Fitch a abaissé de deux crans la note de la dette à long terme de la Grèce à “C”, contre “CCC” auparavant, à la suite de l’accord européen pour le déblocage d’un nouveau plan d’aide au pays et lui éviter ainsi un défaut de paiement en mars.

    http://www.boursorama.com/actualites/fitch-abaisse-de-deux-crans-la-note-a-long-terme-de-la-grece-a-c-fd5525501ab0d291b5c68194d1141176

    Voici les 10 notes que donne Fitch pour la dette à long terme :

    AAA : meilleure qualité

    AA : fourchette haute

    A : notation supérieure – la qualité du crédit peut toutefois être influencée par la situation économique

    BBB : notation moyenne, satisfaisante

    BB : fourchette haute – éléments spéculatifs

    B : notation spéculative moyenne – la situation financière peut varier

    CCC : vulnérable, requiert des conditions économiques favorables pour respecter ses engagements

    CC : obligation très spéculative et très risquée

    C : hautement vulnérable, en faillite ou en retard de paiements, mais continue les paiements sur les obligations

    D : défaut de paiement sur les obligations, Fitch estime que la plupart ou la totalité des obligations seront impayées.

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