Agrégats monétaires de la zone euro (décembre 2014)

Les données les plus pertinentes sont les agrégats M1, M2-M1 et M3-M2 à relativiser par rapport au PIB (en %) et par rapport aux Etats-Unis qui sont la référence en la matière car l’argent y est resté sain, sans création monétaire, après l’éclatement (par le bombardier furtif B-2, Ben Bernanke) de la bulle qui s’était développée en M3-M2.

Ainsi, il apparait clairement une augmentation totalement anormale de M1 (dans la zone euro) à partir de 1999 qui dépasse maintenant 60 % du PIB,

Document 1 :

Avant la convergence des monnaies préludant à l’adoption de cette monnaie unique contre nature qu’est l’euro, la structure des agrégats était acceptable avec M1 qui représentait entre 25 et 30 % du PIB, dans une proportion proche de celle qui prévalait alors aux Etats-Unis.

Cependant, par la suite, M1 est tombé à 16 % (par rapport au PIB) aux Etats-Unis, ce qui montre qu’il n’y a pas eu de création monétaire pendant cette période dans ce pays, mais ce rapport a augmenté dans la zone euro pour se situer maintenant à ce niveau tout à fait hors normes de 60,5 %, ce qui est le résultat d’une création monétaire létale.

L’adoption de l’euro a laissé se développer sans sanction possible (ou sans frein naturel) une hypertrophie en M1. De l’argent non gagné a été distribué en masse : plus de 4 000 milliards d’euros se trouvent ainsi indûment dans les poches et sur les comptes courants des malheureux Euro-zonards,

Document 2 :

La distribution d’argent non gagné (en M1) augmente considérablement et très dangereusement depuis quelques mois : + 93 milliards d’euros en décembre !

Document 3 :

Les malheureux Euro-zonards accumulent l’argent non gagné au détriment de la trésorerie des entreprises, c’est à dire en M3-M2 qui ne représente plus que… 6,9 % du PIB !

Document 4 :

Il aurait fallu que cette situation évolue comme aux Etats-Unis, avec une baisse relative de M1 (qui aurait dû tendre vers 16 %) et une augmentation relative de M3-M2 (qui aurait dû dépasser les 30 % du PIB).

M3-M2 ne se monte qu’à 676 milliards d’euros, c’est-à-dire à un niveau à peine supérieur à ce qu’il était en 1996, ce qui est dramatiquement faible compte tenu de l’inflation (les chiffres sont évidemment en euros courants),

Document 5 :

Il y a eu une sorte de chassé-croisé entre M1 et M3-M2, les Euro-zonards s’étant indument accaparé l’argent qui aurait dû rester dans les comptes des entreprises,

Document 6 :

Dans ce document 5, les lignes en pointillés représentent l’évolution qui aurait dû être celle de M1 et de M3-M2 (par rapport au PIB), à l’image de ce qui en a été aux Etats-Unis qui sont la référence.

En fait, les salariés, les fonctionnaires et tous les parasites qui profitent des divers organismes étatiques ont confisqué globalement plus de 4 000 milliards d’euros qui auraient dû rester dans les comptes des entreprises qui sont de ce fait à l’agonie.

Pas de bénéfices, pas d’investissements, donc pas de croissance, c’est-à-dire pas de création de richesse ni de création d’emplois.
Tout est simple.

Une baisse de 2,3 % de M2-M1 aurait dû se manifester par un bond prodigieux de la croissance car cela aurait signifié que les Euro-zonards diminuaient leur épargne pour augmenter leurs achats, ce qui aurait dû stimuler la croissance, or il n’en est rien : cette baisse de M2-M1 signifie que les malheureux Euro-zonards sont obligés de puiser dans leur épargne pour vivre,

Document 7 :

La situation dans la zone euro est donc maintenant totalement incontrôlable, irrécupérable à cause de l’hypertrophie de plus de 4 000 milliards d’euros en M1.
C’est tellement gros que personne ne la voit, à part une exception qui s’exprime…

Ces déséquilibres dans la structure des agrégats de la zone euro conduisent à une augmentation non significative de M3,

Document 8 :

Comme je l’ai déjà écrit, Il est vraiment étonnant que personne ne voit que ce ne sont pas les Marioles de la BCE qui sont les initiateurs de la création monétaire : c’est M1 qui augmente, indépendamment de la politique menée par la BCE, de près de 100 milliards d’euros en décembre, dernier chiffre publié à ce jour.

Le QE des Marioles de la BCE n’est qu’un artifice qui n’aura aucune incidence sur la masse monétaire.

***

L’argent sain est le premier pilier des Reaganomics. Le problème essentiel à résoudre pour refaire partir la croissance sur des bases saines, c’est-à-dire sur de l’argent sain, serait donc de faire éclater cette hypertrophie en M1 (et d’en supprimer les causes, c’est-à-dire de sortir en douleur de l’euro-système), ce qui permettrait donc de mettre fin à la distribution d’argent non gagné, ce qui est difficile à mettre en œuvre auprès du peuple de gauche qui en est le principal bénéficiaire.

Comment se fait-il que les malheureux Euro-zonards, aient pu tomber dans ce piège grossier tendu par les monétaristes américains qui auront ainsi gagné cette première guerre monétariste mondiale en affaiblissant considérablement et durablement leurs concurrents pour garder leur leadership sur le monde libre ?

6 réflexions sur “Agrégats monétaires de la zone euro (décembre 2014)”

  1. Dans votre document 2 de la courbe de M1, je suis étonné par les variation rapides entre 2005 et 2011. Il y a par exemple un magnifique “cran” de 250 millions en 2005. Qu’elle est l’origine de ces changements d’in flexion brutaux ?

  2. “Les inspecteurs des finances, la “fine fleur” des énarques, qui comptaient moins de 200 membres en 2004 lors du “dossier noir” de l’iFRAP et qui sont à peine 50 de plus aujourd’hui, adorent littéralement le monde bancaire, qui est leur terrain de jeu préféré. Rien n’a changé : il y a deux ans, en France, une étude relevait 29 énarques à BNP Paribas, 24 à la Société générale, 13 au Crédit agricole, 12 à Natixis et 6 à la Fédération bancaire française. La plupart du temps, les inspecteurs occupent les postes les plus élevés et les plus lucratifs, les “simples” énarques se déployant dans les services, mais parvenant quelques fois au sommet des organigrammes.”
    http://www.lepoint.fr/invites-du-point/jean-nouailhac/nouailhac-le-dossier-noir-de-l-ena-12-02-2015-1904322_2428.php

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