Grèce, zone euro, Etats-Unis

La zone euro n’est pas une nation comme les Etats-Unis mais une zone monétaire contre nature regroupant des nations aux caractéristiques différentes.
Les rendements des bons à 10 ans des Trésors y jouent le rôle d’ersatz de monnaie nationale. Ceux de la Grèce sont très nettement en dehors des limites en culminant autour de 16 à 18 %,
Graphique 1 :

Les mesures de redressement qui sont prises depuis l’an dernier ne servent qu’à accentuer les problèmes de la Grèce alors qu’il aurait fallu les résoudre en sortant au plus tôt de l’euro système, c’est-à-dire en restaurant la drachme et en la laissant fluctuer et se dévaluer fortement, ce qui aurait permis de rétablir à terme les fondamentaux.

Les CDS à 5 ans ont brusquement monté à plus de 2 000 points de base cette semaine, ce qui signifie qu’assurer un investissement dans ces bons du Trésor coûte plus cher que le montant qui devrait être perçu à cette échéance (plus de 2 millions de dollars par an pour un prêt de 10 millions) !
Graphique 2 :

Dans ces conditions, aucun investisseur sensé ne met plus aucun euro dans la dette publique grecque !
Le plan de sauvetage consistant à inciter les établissements financiers prêteurs à renouveler leurs prêts à la Grèce arrivés à échéance est complètement irréaliste.
Les big banks qui ne respectent pas les règles prudentielles d’endettement devront être recapitalisées par les constribuables, le désordre augmentera dans la zone euro, ce qui se répercutera d’une certaine façon dans le monde et en particulier aux Etats-Unis sans créer toutefois de récession.

Dans cette optique, les rendements des Notes à 10 ans sont sur une tendance baissière lourde depuis l’annonce de la démission d’Axel Weber qui, bien conscient de ces difficultés, ne voulait plus cautionner les errements des hommes, et des femmes, politiques,
Graphique 3 :

La crise actuelle est une répétition de celle de l’an dernier, en pire pour la zone euro,
Graphique 4 :

Les problèmes de la zone euro ont le gros avantage de bénéficier aux Américains car ils font baisser les rendements des Treasuries sous leur bande de fluctuation normale, surtout ceux des Notes à 2 ans qui viennent d’atteindre un plus bas historique en cette fin de semaine,
Graphique 5 :

Cette structure des rendements des Treasuries a l’avantage de maintenir l’écart entre ceux des Notes à 10 ans et à 2 ans dans la zone (verte) optimale qui prédit le maintien de la croissance du PIB réel à son potentiel optimal, prolongeant ainsi le cycle initié par la Fed qui était de 6 à 7 ans sous la présidence de ce bon vieux Greenspan (le sommet du cycle se décale sur la droite),
Graphique 6 :

Ces analyses sont corroborées par le comportement des Américains qui continuent à faire baisser lentement mais sûrement l’augmentation de leur épargne (M2-M1) d’après les derniers chiffres de la Fed publiés jeudi soir,
Graphique 7 :

Conclusion : les idiots inutiles euro-zonards se sont miraculeusement métamorphosés en consconsbres très utiles (pour les Américains).

6 réflexions sur “Grèce, zone euro, Etats-Unis”

  1. Dimanche 19 juin 2011 :

    “La faillite de la Grèce peut contaminer le Portugal et l’Irlande, et en raison de leur endettement élevé la Belgique et l’Italie, même avant l’Espagne”, a prévenu le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Plus largement, la crise de la dette menace le projet européen tout entier, selon une étude publiée cette semaine par un think tank réputé à Bruxelles, le European Policy Center.

    “L’inimaginable est devenu imaginable : la sortie d’un pays de la zone euro, la fin de l’euro et même une désintégration de l’UE ne sont plus taboues”, écrit le think tank.

    http://www.lepoint.fr/economie/l-eurogroupe-se-reunit-pour-accorder-une-bouffee-d-air-a-athenes-19-06-2011-1343570_28.php

  2. Lundi 20 juin 2011 :

    La zone euro a renvoyé dimanche soir la balle dans le camp de la Grèce en refusant de débloquer la cinquième tranche de l’aide à Athènes et de valider un second plan d’aide au pays tant que le Parlement grec n’aura pas voté un nouveau programme d’austérité.

    Alors que la date de ce vote n’est pas encore arrêtée, les ministres des Finances de la zone euro, qui se sont réunis huit heures durant à Luxembourg, se sont donné jusqu’à début juillet pour prendre une décision sur ces deux dossiers, faute de quoi la Grèce ferait défaut sur sa dette dans les jours suivants.

    Ils ont, en revanche, d’ores et déjà clarifié la manière dont les créanciers privés seraient associés à un second plan de soutien. Il s’agira d’une participation informelle et volontaire, correspondant à ce que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient décidé à Berlin vendredi. “Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de définir d’ici début juillet les principaux paramètres d’une stratégie de financement pour la Grèce”, peut-on lire dans un communiqué d’une page publié à l’issue de la réunion.

    “Les ministres des Finances de la zone euro sont d’avis que tout financement supplémentaire pour la Grèce sera de source publique et privée. (…) Une participation du secteur privé à un second plan d’aide à la Grèce se fera sur une base volontaire et informelle via un roll-over d’obligations grecques arrivant à maturité”, est-il encore indiqué. Cette modalité est connue comme “l’initiative de Vienne”, par laquelle des banques privées avaient accepté en 2009 de ne pas se désengager d’Europe centrale au plus fort de la crise.

    Après la valse-hésitation au cours de la semaine sur l’opportunité de débloquer la cinquième tranche d’aide de 12 milliards d’euros prévue dans le cadre du plan de 110 milliards approuvé en mai 2010, les ministres ont décidé de rester fermes. Ils ont de nouveau appelé à une unité politique nationale en Grèce “compte tenu de la longueur, de la magnitude et de la nature des réformes requises”.

    Surtout, ils “(ont) rappelé avec force au gouvernement grec que, d’ici la fin du mois, il doit faire en sorte que tous soient convaincus que tous les engagements pris par les autorités grecques soient remplis”, selon les mots du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, à la sortie de la réunion. “Vous ne pouvez pas imaginer une seconde que nous nous engagions à financer sans savoir si le gouvernement grec a endossé les obligations qui sont celles de la Grèce”, a-t-il encore indiqué aux journalistes.

    Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a confirmé que les fonds ne seraient pas débloqués pour le moment, même si des discussions s’engageront entre les départements du Trésor des principaux États membres et les créanciers privés de la Grèce.

    http://www.lepoint.fr/economie/l-europe-demande-des-garanties-a-la-grece-20-06-2011-1343721_28.php

  3. BA ne dit dit rien du tout, il répète ce qu’il lit dans les autres sites, on n’apprend rien.

    Je crois qu’il devrait ouvrir un blog à son nom afin d’éviter de polluer sans cesse le travail des autres.

  4. Bonjour,

    BA je le vois sur de nombreux blog que je consulte, et cela ne me derange pas du tout au contraire. Les info qu’il rapporte ne sont pas ininteressantes. Personne n’est obligé de le lire.

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